Vivent les abstentionnistes !

Au premier tour des élections régionales, un Français sur deux s’est abstenu. En ajoutant les votes blancs et nuls, et ceux qui ne se sont pas inscrits, 58 % des gens n’ont pas voté pour les partis en lice. Durant l’entre-deux tours, ces millions de personnes, dont nous faisons partie, ont été insultés sur les réseaux sociaux, condamnés par une grande partie des chroniqueurs radios et des éditorialistes de la presse écrite, quand ils n’étaient pas décrits comme une masse perdue et qu’il fallait ramener vers la lumière de la démocratie. Mais qui tient le plus à la démocratie ? Ceux qui se méfient des partis politiques, de leurs alliances, leurs guerres de postes, leurs fausses promesses et beaux discours ? Ou ceux qui soutiennent encore et toujours qu’on a bien de la chance de pouvoir voter pour nos chefs ? Dans la période sombre que nous vivons, où les élites économiques gagnent chaque jour du terrain, où le peuple perd chaque mois des revenus et des droits, l’abstention est le seul signe d’espoir, le signe que le peuple n’est pas dupe du jeu malsain qui se joue contre lui. Pas étonnant que de plus en plus de citoyens soient tentés par l’abstention, et qu’une bonne partie de ceux qui votent encore ne le fasse plus qu’à reculons.

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Le numéro 5 “Tous domestiques” en librairie et en commande web !

FRUSTRATION est une jeune revue qui s’adresse À TOUS, une revue INDÉPENDANTE réalisée par des BÉNÉVOLES. Nous donnons des ARGUMENTS et non des leçons, CONTRE LES ÉLITES qui s’approprient le bien commun, et recherchons modestement des solutions pour REPRENDRE LE POUVOIR afin d’instaurer une société PLUS JUSTE.

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Dans sa nouvelle loi, le ministre de l’économie Emmanuel Macron veut adapter notre droit du travail aux évolutions des entreprises du numérique : contrats courts, temps de travail dérégulé, négociations à l’échelle de l’entreprise plutôt qu’au niveau de la loi, et tout le monde sera touché par ces réformes… Le gouvernement et les grands médias nous présentent la précarisation de l’emploi, le développement du multitâche et la compression infinie des coûts de production comme des évolutions nécessaires et modernes. Flexibiliser l’emploi irait dans le sens de l’Histoire et serait la seule façon de faire baisser le chômage.  Épouvantail bien pratique, justification à tous les reculs, le chômage à 10 % est un moyen confortable de nous garder à genoux. Nos gouvernants ont-ils d’ailleurs déjà eu l’intention de le faire baisser, tant il est pratique pour maintenir leurs profits et leur pouvoir ? Pour reprendre le pouvoir de décider de décider de nos conditions de travail et donc de nos vies,  Frustration commence, dans ce numéro 5, par donner des arguments qui légitiment notre méfiance envers ces élites qui jouent pour leurs propres intérêts.

Vous avez sans doute pu vous rendre compte que ce gouvernement est le plus agressif que nous ayons connu envers le Code du travail, qu’il accuse de tous les maux. C’est une démarche à la fois malhonnête, mensongère et destructrice pour la qualité de vie de millions de salariés. Alors pourquoi nos élites s’acharnent-elles ? Pour quels intérêts ? C’est ce que nous nous employons à découvrir dans notre premier article, « Qui veut la peau du code du travail ? Le plan des élites pour une société sans salariés »

Si les grandes entreprises et leurs alliés politiques arrivent à faire croire que leurs régressions sociales du côté de la modernité, c’est sans doute parce que nous autres consommateurs ne percevons au quotidien que les effets positifs de cette mise sous pression des salariés : après tout, ne pouvons nous pas voyager pour moins cher, faire nos courses en ligne, nous sentir choyés et respectés par des entreprises qui nous envoient à longueur de temps des questionnaires de satisfaction ? Mais à quel prix ? Et qui bénéficie vraiment des prix cassés, des compagnies low-cost et de la déréglementation des professions ? Pas tout le monde, et c’est le thème d’un deuxième article intitulé « Les nouveaux domestiques : comment la nouvelle économie numérique dresse les consommateurs contre les salariés ».

Malheureusement, on ne les entends pas beaucoup, les salariés. On ne les voit pas beaucoup non plus, à la télé comme au cinéma, où cadres et riches sont surreprésentés. Ou bien, lorsque cela arrive, c’est caméra à l’épaule, lumière grise et ton désabusé, comme dans le film La Loi du marché, de Stéphane Brizé, sorti cette année au cinéma. Heureusement, il y a aussi eu Discount, qui met en scène des salariés de supermarché révoltés, à l’enthousiasme communicatif. Pourquoi la façon de montrer le travail au cinéma compte pour réactiver nos solidarités ? C’est l’objet de notre article « Solidaires ! La Loi du marché et Discount : deux manières de mettre en scène les travailleurs au cinéma ».

Enfin, après l’été, nous avons choisi de dresser un bilan de l’aménagement de nos littoraux. En France, ils sont protégés et considérés comme des biens publics. Mais c’est sans compter sur l’appétit des riches qui, ces derniers temps, se sentent le droit de reprendre nos plages et nos côtes pour les privatiser, pour leur usage propre ou le dégagement de profit. Un mouvement inquiétant sur lequel nous alerte notre article « Les riches à l’assaut des côtes : des petits arrangements avec la protection du littoral ».

Cet automne, Frustration, est disponible en librairie ou en ligne, via notre site Internet. Nous allons bientôt proposer un abonnement. N’hésitez pas à nous écrire pour nous faire part de vos impressions, critiques, encouragements, et propositions !

 

L’élite adore encore la guerre

Notre armée a commencé, depuis le début de l’automne, une série de bombardements sur les positions de l’Etat islamique (Daesh) en Syrie. Ces bombardements présentent des risques pour les pilotes en service sur le front, coûtent très cher à nos finances publiques et font de la France un État interventionniste, belliqueux et aligné sur les Etats-Unis. Et pourtant ni nous, citoyens, ni même notre Parlement, n’avons été consultés.

C’est le quatrième pays dans lequel la France intervient simultanément. Notre armée est présente aux côtés des Américains en Syrie, mais aussi en Irak, en Centrafrique et au Mali. Nous l’oublions tous régulièrement car nos médias en parlent assez peu. Nous ne savons pas grand-chose des réalités de ces engagements militaires, et on ne nous en demande pas plus. L’élite au pouvoir pense pour nous et tous ses membres sont très enthousiastes vis-à-vis de ces guerres et ont réussi à en faire un devoir moral. Comment s’y sont-ils pris ?

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Frustration au 25ème Salon de la revue

A une époque où la presse se concentre toujours plus entre quelques mains qui aiment décrire le monde selon leurs principes (chemise de patron déchirée = drame horrible / Milliers de licenciement = mal nécessaire), les productions alternatives et indépendantes méritent d’être soutenues. Frustration sera, avec d’autres, au Salon de la revue à Paris !

Si vous êtes en région parisienne, passez nous voir, nous serons tout à fait disponible pour discuter de notre projet, de vos idées de contributions ou de vos critiques !

Scandale Volkswagen : On ne peut pas attendre du capitalisme qu’il soit moral ou écologique.

Scandale Volkswagen : On ne peut ni attendre du capitalisme qu’il soit écolo, ni qu’il soit moral. Journalistes, politiques et “experts” qui nous affirment le contraire sont soit très malhonnêtes, soit de gros gros naïfs !

Dans un débat entre un économiste “de gauche” (Alternatives économiques) et un économiste “libéral” (citant à foison le technocrate Jean Tirole), ce matin sur France Inter​, nous pouvions entendre les deux idioties classiques qu’on nous sort en cas de “scandâaale” de ce genre :

1) Position “libérale” : “il faut de la déontologie, il faut dire aux patrons d’être moins méchant et plus “verts”. Le patron de VW est en cause personnellement” : Cette position nous prend pour des crétins ignorants du fonctionnement de l’économie de marché, où l’objectif est de rémunérer ses actionnaires, pas de planter des arbres ou d’être “gentil”.

2) Positions “sociale-démocrate” : “il faut plus de régulation, que les États et la “société civile” aient leur mot à dire pour contrôler ça” : Cette position “bisounours” oublie que les entreprises qu’on souhaite “réguler” sont des monstres financiers, désormais plus riches que les États, dont les dirigeants possèdent journaux et chaines de télé, envoient des milliers de lobbyistes tapiner au parlement européen, et ont pour eux une foule de politiques près à se faire graisser la patte. Même des allemands prétendument vertueux et rigoureux.

Les grandes entreprises du capitalisme contemporain sont trop puissantes pour être “régulées” et encore moins “moralisées”. On n’aurait jamais du laisser des intérêts privés être aussi tentaculaires, et la seule solution pour remettre de la morale dans l’économie mondiale et sauver la planète serait de décapiter ces cartels et de les ramener sous contrôle démocratique.

Une baisse des inégalités, vraiment ?

Depuis ce matin, radios et journaux titrent sur la baisse des inégalités. Un rapport de l’INSEE est en effet sorti, et il porte sur les chiffres de 2013. Selon ce rapport, alors que les inégalités avaient considérablement augmenté entre 2008 et 2012, elles auraient diminué entre 2012 et 2013.

Certains responsables socialistes se félicitent déjà, comme si un gouvernement pouvait avoir fait reculer les inégalités sociales en 6 mois.

A y regarder de plus près, la petite hausse du niveau de vie des pauvres peut en partie s’expliquer par l’augmentation du temps de cotisations des nouveaux chômeurs : Fin 2013, les personnes au chômage étaient en moyenne plus âgées que l’année d’avant. Elles avaient donc cotisé plus longtemps avant de perdre leur emploi et étaient par conséquent mieux indemnisées, nous dit le rapport de l’INSEE.

Ensuite, concernant cette prétendue baisse de la pauvreté, l’Observatoire des inégalités nous rappelle que la pauvreté est calculée à partir d’un pourcentage du revenu médian (celui qui partage 50% de Français touchant plus, et 50% moins). Or, comme celui tend plutôt à stagner ou diminuer, le niveau du seuil de pauvreté diminue et donc des gens “sortent” de la pauvreté théorique. On ne peut donc pas dire qu’il y a moins de pauvres qu’avant : la situation des gens n’a pas changé, mais la définition de la pauvreté est plus restrictive du fait du marasme général.

Que penser ensuite de la baisse de niveau de vie des 10% les plus riches ? Serait-ce l’effet de la politique fiscale agressive de Hollande ? Sans doute pas. Cette baisse est à mettre en parallèle avec la hausse spectaculaire de l’exil fiscal en 2013 : + 40% !
Comme les enquêtes de l’INSEE sont basées sur les revenus déclarés, on peut légitimement penser que l’institut sous-estime nécessairement les revenus des plus riches, passés champions dans l’art de la dissimulation.

Cette capacité des élites à se réjouir et à grossir la moindre enquête qui prouveraient que leurs politiques de classe sont en réalité égalitaires ou efficaces tiennent de la tentative grossière de manipulation. Heureusement les citoyens ne sont pas dupes.

Pourquoi aimer l’impôt

LES CINQ BONNES RAISONS DE NE PAS JETER LE BÉBÉ AVEC L’EAU DU BAIN

La haine de l’impôt est un sentiment qui se répand dernièrement comme une traînée de poudre. Le travailleur qui peine à boucler son mois et le rentier qui veut garder son or se rejoignent pour contester l’impôt. Par haine de l’impôt, nous nous retrouvons à faire preuve d’empathie envers des puissants qui seraient « spoliés » de leurs biens par l’État, et à voir les plus pauvres comme des « assistés ».

Cette mascarade a trop duré. Il est temps de rétablir quelques vérités sur la fiscalité. Vous payez vos impôts la mort dans l’âme ? C’est terminé : Frustration vous donne les cinq bonnes raisons de le faire avec entrain.

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Service après-vente du capitalisme ? L’École face à la misère sociale

Les enseignants des zones d’éducation prioritaires de Marseille et de région parisienne mènent en ce moment un mouvement de grève et de manifestations, soutenus par les parents d’élèves. Regroupés autour du collectif Touche Pas à Ma ZEP, ils réclament la prise en compte des difficultés qui touchent leurs établissements et l’obtention d’un statut unique et clair pour l’éducation prioritaire. Qui sont ces profs qui amputent leur salaire en poursuivant cette grève depuis la rentrée de janvier ? Pour bien saisir les difficultés considérables et les contradictions auxquelles ils sont soumis, nous republions une analyse en forme de témoignage, réalisé pour notre n°3 par un de nos contributeurs, professeur à Marseille.

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L’Union Européenne déteste la démocratie : détestons l’Union Européenne

Lundi matin le réveil fut rude.  Nous apprenions que le gouvernement grec avait accepté les « réformes » demandées par les ministres des Finances européens, au sein de l’ « Eurogroupe », à commencer par le sinistre ministre allemand, Wolfang Schaüble, un défenseur fanatique de l’ordre capitaliste. C’est une terrible déconvenue pour ceux qui se soucient du sort du peuple grec. Avant de tirer les conclusions qui s’imposent, résumons ce qu’il s’est passé ces deux dernières semaines :

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Présentation-Discussion de Frustration, Samedi 4 juillet

ÉVÉNEMENT FRUSTRATION :

Samedi 4 Juillet, une partie de l’équipe de Frustration fera une présentation publique du n°4 et de la démarche de notre revue à la librairie “La lucarne des écrivains”, dans le 19ème arrondissement de Paris.

Nous parlerons de notre manière d’écrire, de notre hostilité à l’égard des trucs intellos ou militants de la vieille école, de notre propos sur la démocratie, du pouvoir des lobby de l’agroalimentaire et des mythes autour du caractère intrinsèquement démocratique d’internet.

C’est un format présentation puis discussions avec la salle (c’est un petit truc, une vingtaine de personne, pas intimidant pour un sous).

Vraiment, si Frustration vous intéresse, si vous avez des questions à nous poser, si vous avez des idées d’articles ou de participation mais que vous nous trouvez pour l’instant trop fond noir et impersonnel (on nous dit parfois ça parce que nos articles pas signés), venez nous voir, on pourra discuter et ça sera certainement très sympa !

C’est à 19h30, dans cette librairie située 115 rue de l’Ourq, métro Crimée, sur la ligne 7

A samedi !

Le nouveau numéro de Frustration est sorti ! Pour vous le procurer, abonnez-vous ou commandez-le en ligne via la boutique du site ! Ignorer