L’esprit coursier contre le capitalisme : Quand les livreurs à vélo défient l’uberisation du travail

On les croit souvent en concurrence, isolés les uns des autres, endormis par des entreprises qui leur promettaient le rêve de liberté des entrepreneurs tout en les rendant plus exploitables que les moins protégés des salariés. Dans les grandes villes de France, on peut les voir filer à toute vitesse, énorme sac cubique sur le dos, pour tenir leur temps de livraison. On peut parfois en voir cinq ou six affalés sur un banc, le vélo posé non loin d’eux, le smartphone à la main, en train de recharger leur batterie ou d’attendre un nouveau trajet. Les coursiers à vélo, auto-entrepreneurs et fiers de l’être, n’avaient sans doute pas l’air à la pointe du combat contre le libéralisme. Après tout, ce n’était pas eux qui débattaient à Nuit Debout et qui tenaient tête au pouvoir dans les cortèges des manifestations contre la loi Travail. Eh bien on se trompait. On avait sous-estimé leur (conscience de) classe et leur débrouillardise, et surtout leur sens de la solidarité. Pour l’été, nous voulons vous raconter une histoire qui vous donnera foi en vos collègues et vos concitoyens et courage pour vos combats futurs : elle raconte la victoire de l’esprit coursier contre les combines du capitalisme 2.0. Réalisée en 2016, cette enquête a été mise à jour à partir des évolutions récentes d’un combat qui se poursuit.

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CHÔMAGE PARTIEL POUR LES OUVRIERS DE FIAT, 30 MILLIONS PAR AN POUR RONALDO

Un syndicat d’ouvriers de l’usine automobile Fiat de Melfi (Italie du sud) a prévu de se mettre en grève du 15 juillet au soir au 17 juillet au matin, lors de la présentation de la star portugaise Cristiano Ronaldo dans son nouveau club de foot de la Juventus Turin. Celui-ci arrive du Real Madrid contre 112 millions d’euros et percevra un salaire de 30 millions d’euros.

Loin de nous l’idée de critiquer des « millionnaires qui tapent dans un ballon », ce serait bien trop facile alors que les médias ne critiquent pas d’autres millionnaires qui apportent un divertissement jugé plus noble (les acteurs) ou les fortunes des grandes familles actionnaires rentières qui font encore beaucoup moins pour le bien commun. Mais force est de constater que Ronaldo n’est pas non plus un exemple puisqu’il a récemment accepté de verser 18,8 millions d’euros au fisc espagnol afin d’échapper à une peine de prison pour plusieurs délits fiscaux pour lesquels il a plaidé coupable. Après ça c’est facile d’avoir un engagement humanitaire pour lustrer son image. Avec ce transfert, il pensait être tranquille loin de l’Espagne. C’était sans compter l’action des ouvriers de Fiat écœurés par les inégalités de traitement entre salariés d’un même patron.

Car qu’est-ce qui pose problème au syndicat USB au juste ? Ils ont les mêmes actionnaires majoritaires que le club de football piémontais, la famille Agnelli. Pendant qu’eux subiront des périodes de carence imposées jusqu’en 2022, la famille Agnelli consent des dépenses faramineuses. Autrement dit leurs sacrifices servent in fine à engraisser Ronaldo.

Voici leur communiqué :
« Il est inacceptable que l’on dépense des centaines de millions d’euros pour l’achat d’un joueur alors que l’on demande dans le même temps à nous, travailleurs, des sacrifices.
On nous dit que les temps sont difficiles, qu’il faut recourir à des plans sociaux en attendant le lancement de nouveaux modèles qui n’arrivent jamais.
Alors que les salariés et leurs familles se serrent de plus en plus la ceinture, l’entreprise décide d’investir énormément d’argent sur un seul homme.
Est-ce juste ? Est-ce normal qu’un seul individu gagne des millions et que des milliers de familles n’arrivent pas à terminer le mois ?
Nous dépendons tous du même patron et ce traitement inégal ne peut être toléré.
Les salariés ont fait la fortune des propriétaires depuis trois générations, et en retour, ils n’ont reçu qu’une vie de misère[…] »

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Versailles, ses jardins, sa galerie des glaces et les milliers de morts de sa construction, symbole du mépris historique de nos élites envers le peuple

A Versailles, les riches s’amusent comme des fous pendant que les pauvres crèvent dans leur taudis. Mais QU’EST-CE QUE C’EST JOLI !
Macron reçoit cette après-midi les députés et sénateurs à Versailles, il va leur faire un beau discours puis se tirer, et eux pourront en débattre entre eux. Imaginez la scène : un pote vous fait venir dans sa grosse baraque avec héliport et jacuzzi, il vous dit que vous coûtez un pognon de dingue et que vous êtes tous une bande de fainéants, et se tire dans sa limousine, vous laissant en discuter avec les autres invités. C’est un peu ce qui va arriver aux députés et sénateurs, et on ne va pas pleurer sur le sort de ces masos qui acceptent de se faire traîner dans le Palais des oppresseurs de la France pendant des siècles sous prétexte de respecter une disposition de la Constitution mise en place sous le règne du mafieux notoire Sarkozy.
 
Oppresser le peuple depuis Versailles est un sport national pour nos délites, et ce depuis le début du XVIIe siècle : à cette époque que les gens de droite estiment être “l’âge d’or de la Fraaaance” (notamment parce que ses armateurs partait en Afrique charger à ras bord des navires d’esclaves enchaînés à même le sol puis les amener en Amérique dont les habitants étaient méthodiquement exterminés), un petit roi paranoïaque et fébrile nommé Louis XIV décidait d’entamer un chantier pharaonique, mobilisant plus de 30 000 ouvriers, et ayant provoqué des milliers de morts, jusqu’à 10 000 selon les sources.
 
Des milliers de morts pour kiffer la vibe avec sa famille et une horde de nobles venus de toute la France pour accepter de jouer les pots de fleurs à tout moment de la journée du monarque. ça le vaut non ?
 
Hélas, ce chantier à 10 000 morts n’aura pas suffit à protéger Louis XVI de la foule venu le chercher, lui et sa famille, en 1789. Si une foule de bigot nostalgique fête depuis ce décès officiel de la monarchie, Versailles est resté, monarchie ou pas, le symbole du pouvoir et de la hargne anti-peuple des gens qui règnent sur nous depuis. Napoléon, qui a perpétué la tradition de la boucherie sur peuple, y a fait quelques bricoles, puis la bourgeoisie régnante y a fuit en 1871 quand le peuple de Paris a voulu prendre son destin en main. C’est depuis Versailles que le premier ministre Adolphe Thiers, dont nombre de nos rues et boulevard portent le nom, a déclenché une invasion militaire contre sa propre capitale. Rue par rue depuis le sud-ouest Paris fut repris depuis Versailles, tandis que les anciens ennemis prussiens assiégeaient le coté Nord-Est (C’est beau l’amitié entre Nation quand il s’agit de canarder le peuple). Et le mouvement ouvrier fut exterminé ou exilé pour 10 ans.
 
Pendant le vingtième siècle, le peuple a pu un peu domestiquer sa bourgeoisie, bien que celle-ci ait reconduit la tradition tribale de la boucherie populaire en 14-18. Versailles est devenu un musée, où on n’apprend cependant guère le prix humain de sa “magnificence”. D’illustres énarques y sont nommés et touchent un salaire mirobolant tandis que des grandes entreprises comme Vinci subventionnent tel ou tel rénovation de tel allégorie de Louis XIV jouant de la harpe d’or, pour redorer leur blason et toucher la petite réduction d’impôt qui va bien.
 
Avec les résistances populaires qui s’effilochent, le triomphe du néolibéralisme contre les peuples et les succès des forces de droite ou de gauche-de droite puis “ni gauche ni gauche, de droite”, pas étonnant que les présidents et leurs fidèles se remettent à baver sur Versailles. Comme tous les enfants mégalomanes de riches, ils pensent qu’un “destin exceptionnel” les attend, et donc tout ce qu’a touché un Louis XIV ou un Napoléon leur donne la trique. Est-ce pour cela que Sarkozy a modifié en 2008 la constitution pour avoir le droit d’y faire une apparition régulière devant le parlement ? Est-ce pour cela que Macron y rassemble aujourd’hui un public dévoué alors qu’il n’a rien de spécial à dire ?
 
Ce qui est sûr, c’est qu’en ce début de siècle où notre grande bourgeoisie a repris tout le poil de la bête après quelques décennies compliquées, Versailles est redevenu le meilleur endroit depuis lequel les puissants peuvent nous regarder et nous dire combien ils nous méprisent. De notre coté, ça reste le meilleur endroit pour aller les cueillir et leur rappeler que si la France semble être toujours le pays des mégalos puérils, elle doit toujours un peu être celui d’un peuple rebelle et qu’il ne faut pas pousser dans les retranchements de sa dignité.

Pourquoi le remplacement de “sécurité sociale” par “protection sociale” dans la Constitution est le coup de semonce précédent la bataille contre notre modèle social

L’amendement qui dissout la sécurité sociale
C’est un petit amendement d’apparence inoffensive qui est venu, lors de l’examen à l’Assemblée du projet de loi de révision constitutionnelle, révéler les pires intentions des macronistes pour la sécurité sociale : jusqu’à présent, notre Constitution mentionnait la sécurité sociale, désormais elle mentionnera la « protection sociale ». Voici pourquoi ce changement ouvre la porte à la dilution puis la liquidation de la sécurité sociale.

 

  • Alors que « sécurité sociale » faisait référence à un système d’assurance collective face aux risques de la vie (santé, vieillesse, famille, accident du travail…) qui fonctionne par la cotisation et est gérée par les travailleurs pour l’ensemble de la population, « protection sociale » est le terme générique qui désigne toutes les institutions d’assurances : la sécu oui, mais aussi les assurances-privées, les mutuelles, les complémentaires…. Autrement dit, la Constitution modifiée par les macronistes permettra au gouvernement et au parlement de légiférer sur nos droits à la protection et à la santé au sein d’un champ plus vaste que la seule sécurité sociale. Les assurances-privées deviendront une option constitutionnellement viable.

 

 

  • A cause de ces plans d’austérité, la France est passée de meilleure système de santé du monde en 2000 à un pays où des gens meurent aux urgences faute de prise en charge rapide et où nos anciens sont maltraités dans des EHPAD par des personnels sous pression. Les macronistes ont poursuivi ce mouvement en votant fin 2017 le plus important plan d’économie sur la sécurité sociale depuis les années 1990 : 4,2 milliards sur l’assurance-maladie.

 

  • Les quelques évolutions qu’ils décident, comme un meilleur remboursement des prothèses dentaires et des lunettes, repose entièrement sur les mutuelles complémentaires. L’idée est bien, pour s’assurer collectivement, de ne plus passer par la sécu mais par le privé. Et comme ils n’ont eu de cesse de briser la sécu, tous ceux qui en ont les moyens seront bien content de pouvoir un jour rendre une Carte Vitale qui ne vaut plus rien. Une sécurité sociale pourrie pour les pauvres, des assurances-privées pour les autres : c’est ce à quoi conduit la politique macroniste, rendue désormais acceptable du point de vue de notre constitution avec cet amendement scélérat.

 

Il est possible de s’opposer à cette ultime crasse qui révèle l’ampleur antisociale du projet macroniste. L’amendement n’a été votée qu’en commission et, avec une mobilisation suffisamment grande, pourrait passer à la trappe d’un gouvernement qui se sait de plus en plus haï. Cette crasse macroniste doit aussi nous redonner des ambitions populaires : le projet des fondateurs de la Sécurité Sociale était qu’à terme, elle soit l’unique système d’assurance face aux risques de la vie. Finies les complémentaires, finies les assurances privées, finie le reste à charge pour les assurés sociaux : dans un pays aussi riche et productif que le nôtre, le système qui consiste à dire “à chacun selon ses besoins, à chacun selon ses besoins” peut assurer la protection de toutes et tous. Et éradiquer le mutualisme dévoyé, l’assurance-privé coûteuse et la dépense individuelle dispendieuse et inégalitaire.

 

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Geoffroy Roux de Bézieux, grand bourgeois banal et chiant, est le nouveau porte-flingue de la grande bourgeoisie

Un bon vieux capitaliste bien de chez nous.

Cet homme dont le nom reflète la classe sociale a été élu nouveau président du MEDEF. On pensait toucher le fond aristocratique avec Pierre Gattaz, qui était le fils d’Yvon Gattaz, ancien président du CNPF (ancien nom du MEDEF), mais non : Geoffroy Roux de Bézieux est l’héritier d’une famille de banquiers lyonnais (depuis au moins Louis XV) croisée avec une famille aristocratique au 19e siècle : c’est cette subtile alliance de nobles et de bourgeois qui a formé la grande bourgeoisie française qui règne toujours et plus que jamais sur nos vies.

Geoffroy Roux de Bézieux (on dira « GRDB » pour ne pas postillonner notre conscience de classe) est un cliché social vivant, une preuve à balancer à tous ceux qui sont encore capables de dire « maaais la bourgeoisie ça n’existe plus enfiiiin ! » : établissement privé catholique à Neuilly, prestigieuse école de commerce, haut cadre de l’Oréal puis associé d’un fond d’investissement dans le numérique, il est – naturellement « père comblé de 4 enfants » et passionné de rubgy (il a acheté son propre club). Catholique pratiquant comme les Mulliez (Auchan) ou de Castries (Axa), il était contre le mariage pour tous. Mais avant tout, GRDB est très peiné que les Français aient des a priori sur des patrons et c’est pourquoi il a publié en 2007 un bouquin, tellement c’est triste. Persuadé que les patrons sont les vrais martyrs de notre époque, il est allé jusqu’à inventer de toute pièce le fait qu’un patron de PME se suiciderait tous les deux jours.

En 2008, GRDB pensait que la solution à la crise était plus de capitalisme, et c’est donc en toute logique qu’il est plus macroniste que Macron. En octobre, face aux manifestants contre les ordonnances travail il l’enjoignait à « ne pas céder » car « Ceux qui manifestent sont obnubilés par l’égalitarisme », le péché suprême pour les grands bourgeois.

Comme tout grand bourgeois qui se respecte, GRDB estime que notre dette publique est colossale, et que la priorité qu’il veut faire porter par le MEDEF est – très original – la baisse des dépenses publiques. Naturellement ce mec se fout des services publics, et comme Macron il doit penser qu’on met un « pognon de dingues » dans nos minima sociaux. Mais votre vie, il arrive à peine à s’y intéresser : interrogé le 29 juin sur le montant du SMIC, il s’est trompé de 110€. Alors vous pensez bien que vos 5€ d’APL, il n’en a rien à carrer, bande d’égalitaristes.

Geoffroy Roux de Bézieux, grand bourgeois banal et chiant, mais éminent ennemi du peuple.

 

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Ce qu’il nous a déjà pris : Les prises de guerre (des classes) de Macron – an I

On parle souvent, notamment ici dans les colonnes de Frustration, du CNR (Conseil national de la Résistance) pour évoquer les grandes conquêtes sociales encore en vigueur de nos jours, quoique largement affaiblies. Son action ne fut pas aussi unitaire qu’il y paraît : il n’eut pas d’existence institutionnelle – il n’y a pas eu de gouvernement du CNR – mais la réunion des mouvements de Résistance sous l’égide de Jean Moulin en 1943 aboutit à un « plan d’action immédiate » de libération ainsi qu’à un programme socio-économique intitulé « Les Jours heureux », paru en mars 1944, qui rassemblait derrière lui les diverses tendances politiques participant à la Résistance, et grandement nourri par le Parti communiste, seul parti entré en résistance, et qui allait inspirer les gouvernements de l’immédiat après-guerre (Voir le documentaire de Gilles Perret, Les Jours heureux, qui donne la parole à des membres du CNR qui expliquent le sens quasi révolutionnaire que ce programme politique allait donner à une Résistance menée en grande partie par des militants communistes et socialistes).

Résister, pour quoi ? Ce programme donnait un sens quasi révolutionnaire à la Résistance :  il comprenait des mesures pour rétablir des mécanismes démocratiques (suffrage universel, indépendance de la presse vis-à-vis des capitaux de l’industrie) et aller vers une économie plus progressiste et sociale « impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie » (la nationalisation des grandes entreprises exploitées par l’Allemagne nazie, le renouveau de la représentation syndicale), « un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État » (assurance contre la maladie maladie, retraites pour tous les salariés). Un programme articulant épuration et partage des pouvoirs et des richesses, dans la lignée des avancées sociales créées par le Front populaire avant guerre. C’est ce qui donna naissance au « modèle social » français, un compromis entre capitalisme et socialisation. Un compromis fragile que Macron et ses prédécesseurs s’emploient à briser dans le sens des intérêts de la bourgeoisie.

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Macron relance la grande braderie publique !

Schéma réalisé pour le numéro 14 de Frustration

Les « investisseurs » en rêvaient, Macron l’a fait : le capital d’entreprises publiques stratégiques et en situation de monopole, donc très rentables, va leur être ouvert une nouvelle fois ! Ces derniers vont se ruer pour dépecer le peu qu’il reste encore à l’Etat… En effet, Macron s’inscrit là dans la droite ligne de ses prédécesseurs, qui n’ont cessé de vendre les entreprises publiques afin d’engranger de l’argent à très court terme et de satisfaire toujours plus le secteur privé, friand de ces bonnes affaires ! Mais cela se fait toujours au détriment du peuple !

Ces nouvelles privatisations concerneront les Aéroports de Paris, la Française des Jeux et Engie. Mais quelle absurdité que de privatiser un aéroport ! C’est un domaine où la concurrence n’existe pas, puisqu’on ne va pas hésiter entre prendre son avion à Paris ou à Marseille selon la qualité du service… On le prend de là où on part ! Dès lors, une fois privatisée, cet aéroport sera un monopole privé, qui permettra à son heureux acquéreur de se gaver sur le dos des voyageurs. Même aux États-Unis, où la concurrence est le maître d’ordre partout, jusque dans les hôpitaux, les aéroports restent la propriété publique !

L’arnaque saute encore plus aux yeux concernant la FDJ. C’est tout simplement le seul acteur autorisé en France à vendre des jeux de tirage et de grattage et à pouvoir proposer des paris sportifs dans le réseau physique. Et comme vous en avez sûrement déjà fait l’expérience, on perd plus souvent qu’on ne gagne à ces jeux d’argent… Bonne nouvelle : votre argent perdu dans ces jeux ira maintenant directement dans les poches d’un riche investisseur ! Celui-ci n’hésitera donc pas à proposer des jeux de plus en plus addictifs, pour ruiner de pauvres gens qui rêvent de s’en sortir en gagnant le gros lot…

Quant à l’électricité, c’est un secteur stratégique que l’Etat devrait conserver ! L’investisseur privé risque de couper les investissements de long terme dans le renouvelable pour se gaver à court terme, en augmentant toujours plus les tarifs pour les usagers…

Cette escroquerie du peuple par les élites a beaucoup trop duré. Elle doit cesser.


Retrouvez notre enquête “Je vous tous vous privatiser : comment Macron brade le bien commun” dans le numéro 14 de Frustration

 

Sous coke, le président vous fait un “brief” expliquant pourquoi vous coûtez trop cher, les gueux

 

Toute fière, la directrice de la communication du président a publié sur twitter hier soir cette vidéo montrant le président recadrer ses collaborateurs sur un discours qu’il prononcera aujourd’hui sur les “aides sociales” (on a hâte !).

Complètement fébrile, il raconte pourquoi les minima sociaux coûtent “un pognon dingue” et sont inefficaces. La clef ? “responsabiliser les acteurs”, pour que les chômeurs arrêtent de partir au Bahamas, les familles arrêtent de faire des enfants pour toucher les allocs, les allocataires du RSA arrêtent de s’acheter des grandes télés. Le bureau présidentiel c’est un café du commerce croisé avec un open space de start uppers friqués.

Inefficace notre modèle social ? C’est ce que pense le président des riches et la classe qu’il défend ! Pourtant, selon Alternatives économiques, “notre système socio-fiscal réduit les inégalités et la pauvreté. Les 10 % les plus riches gagnent vingt fois plus que les 10 % les plus pauvres, mais après impôts et redistributions ils ne gagnent plus « que » six fois plus. Le taux de pauvreté est d’environ 14 % après redistribution ; sans cette redistribution, il serait un peu supérieur à 20 %.”

Mais la réduction des inégalités, Macron et ses sbires s’en cognent ! Au contraire, ils veulent éliminer la dimension redistributive de notre modèle social. Eux veulent un système charitable, où on donne un petit pécule aux “accidentés de la vie”, pour avoir bonne conscience et contenter la populace et ses bons sentiments. Tous les autres doivent se démerder et arrêter de ponctionner les riches.

C’est le rêve américain : des inégalités immenses, un petit “welfare” pour les très pauvres, à peine de quoi les empêcher de crever (mais ils crèveront quand même), et des réductions d’impôts massives et continues pour les riches. Voilà ce qui arrive quand on élit un riche millionnaire qui a avalé le pire de la culture d’entreprise des années 2000 : le mépris du peuple devient la seule politique possible.

PS : Le Crédit Impôt Compétitivité des Entreprises (CICE) mis en place sous Macron ministre et reconduit sous Macron président, a déjà coûté plus de 100 milliards d’euros, “un pognon dingue” comme il dirait, sans aucune contrepartie, aucun contrôle, etaurait détruit plus d’emploi qu’il n’en aurait créée, selon les rapports de la commission des finances. Mais quand il s’agit des entreprises et des riches, il n’est jamais question de “responsabiliser”, c’est open bar, champagne à volonté, caviar plein la gueule, sous vos yeux ébahis, les gueux !

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L’État, victime consentante de l’industrie pharmaceutique

L’annonce du déremboursement de plusieurs traitements contre la maladie d’Alzheimer, fin mai, a beaucoup choqué. De la part de la ministre de la santé qui met sous pression les hôpitaux et demande aux malades d’aller plutôt vers la médecine libérale, cela ressemble fort à un nouveau tour de vis dans les finances de santé. Mais il n’en est rien : ces traitements étaient inutiles. Depuis 2011, la Haute Autorité de Santé, chargée d’estimer le Service Médical Rendu d’un médicament pour lui fixer son taux de remboursement, était au courant. Mais il a fallu des années pour agir et faire cesser ce gaspillage sur le dos des assurés sociaux. Les industriels du secteur pharmaceutique, premier marché mondial, savent jouer avec nos institutions de santé pour faire passer pour nécessaire des produits qui ne le sont pas. Dans une enquête publiée dans le numéro 14 de Frustration, nous expliquons les ressorts des truquage des industriels et des politiques complaisants pour faire rembourser ce qui ne devrait pas l’être.

La Suite

Frustration n°14 : sortie le 1er juin 2018

Le numéro 14 de Frustration est sorti en kiosque, librairies et maisons de presse ce vendredi 1er juin. Intitulé sobrement “Solidaires”, en soutien aux luttes en cours, ce numéro compte 64 pages. Pour le recevoir, abonnez-vous, réabonnez-vous et abonnez autour de vous !

Pour trouver le point de vente le plus proche de chez vous, entrez votre code postal sur le site de notre distributeur ici.

AU SOMMAIRE :

Dossier : Ma santé détruite par le capital

-> Criminalité – La mort au travail : des chiffres officiels 10 fois en-dessous de la réalité
-> Cinéma – Corporate ou les harceleurs de bonne foi
-> Enquête – L’industrie pharmaceutique a-t-elle intérêt à nous soigner ?
-> Révélations – Un député actionnaire de Sanofi veut déréglementer les essais cliniques sur les humains

Dossier : La blitzkrieg de Macron
-> Escroquerie – “Je vais tous vous privatiser”, comment Macron brade bien commun
-> Macronie – Ce qu’il nous a déjà pris, les prises de guerre (des classes) de Macron – an I
-> Travail – Formation professionnelle, la prochaine crasse des libéraux

-> Innovation – Le mouvement du Libre contre la start-up nation – Rencontre avec des membres fondateurs de la Maison du Libre et des Communs
-> Reportage – Les classes populaires à Science Po, social-washing dans l’école des élites ?
-> Point de vue – Pour la suppression des grandes écoles
-> Mot-clé – “Parcoursup”, vers des études à prix d’ORE
-> Cinéma – Les héros sont-ils forcément conservateurs ?

Cahier été 
-> Test : Quel.le usager.ère mécontent.e êtes-vous ?
-> Socioscope : qu’allez-vous décider à la place des astres et des puissants ce mois-ci ?

Le nouveau numéro de Frustration est sorti ! Pour vous le procurer, abonnez-vous ou commandez-le en ligne via la boutique du site ! Ignorer