Le fasciste Zemmour a ses collabos

A chaque fois qu’Eric Zemmour revient sur un plateau, dit une connerie suprématiste et nationaliste, ensuite reprise, commentée et au final rediffusée par toutes les autres chaînes, on se demande toujours : « mais pourquoi a-t-il été invité au juste ?! ». Parce qu’il a écrit un bouquin truffé de mensonges sur l’histoire de France ? Parce qu’il représente quelque chose dans la société française ? Parce qu’il peut « enrichir le débat » ?

Malin, le type sait jouer avec les limites légales pour rester sur la corde, et fait progresser de polémique en polémique la diffusion du fascisme – car ça s’appelle comme ça – en France. Par conséquent, celles et ceux qui l’invitent ou acceptent de faire mumuse avec lui sur un plateau TV sont complices. Leur comportement peut s’expliquer d’au moins trois façons :

1 – Ce sont des cyniques uniquement intéressés par leur audience et le fric dégagé pour les annonceurs et les actionnaires : Zemmour est un « bon client », et quelle que soit la dégueulasserie politique et morale de ce qu’il raconte, rien de tel qu’un bon buzz pour faire parler de leurs émissions nulles à chier – un plateau avec Ardisson, Franz-Olivier Gisbert, Natacha Polony, Raquel Garrido (ex-insoumise dont on se demande au juste ce qu’elle fait encore là après ce qu’il s’est passé), et quelques autres personnes dont on ne sait jamais trop ce qu’elles ont fait dans la vie, à part squatter notre télé.

2 – Ce sont des gens qui, à force de jouer leur rôle, ont perdu tout sens moral et notions élémentaires de responsabilité. Ils masquent leur absence totale de conviction derrière une tolérance sélective à la noix qui implique d’inviter un fasciste parce qu’il faut « parler avec tout le monde ». Un type comme Ardisson, on imagine bien que c’est ce genre de bourgeois parisien arrogant qui traite mal son personnel, dit « la province » ou « en banlieue » avec un rictus de mépris, ne doit plus avoir de conviction politique ou de sens moral depuis des décennies.

3 – Ce sont des stratèges qui pensent que quand Macron chute dans les sondages et devient pour le peuple « le président des riches » et que Mélenchon monte en parlant de redistribution des richesses et de taxation des hauts revenus tandis que la question sociale revient au premier plan, il devient sage de sortir l’épouvantail de l’extrême-droite. Or, une dose régulière de Zemmour peut ranimer un Rassemblement National actuellement bien trop moribond pour jouer son rôle de faire-valoir des candidats moisis de la bourgeoisie, c’est un bon traitement.

Ces hypothèses ne s’excluent pas, car notre bourgeoisie médiatique n’a plus une très grande diversité, et les financiers aux dents longues sont sur le dos de l’essentiel des chaînes. Cyniques, irresponsables ou stratèges, celles et ceux qui invitent Zemmour et se nourrissent de leur buzz – par leur audience et leurs indignations factices – sont les collabos de notre époque, et il faut les nommer ainsi.

 

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L’industrie pharmaceutique a-t-elle intérêt à nous soigner ? Enquête sur le premier marché mondial

« Alors, je vais vous mettre cinq jours de Doliprane, à prendre le matin et le soir si les douleurs persistent, ça c’est pour la gorge, pas plus d’une pulvérisation toutes les deux heures, et pour le mal de ventre du Gaviscon ». Votre médecin remplit la sacro-sainte ordonnance, de son écriture le plus souvent illisible, et vous patientez en parcourant du regard son bureau encombré. Une règle Sanofi par-ci, un presse-livre Novartis par-là, mais une fois votre Carte Vitale validée, vous ne craignez plus rien. Après être passé à la pharmacie de votre quartier, qui ressemble décidément de plus en plus à un supermarché, avec ses présentoirs colorés et ses alignements de produits de beauté, vous prendrez votre traitement en partie remboursé, en jetant un coup d’œil discret aux notices pléthoriques et aux caractères microscopiques qui accompagnent vos gélules, sachets et comprimés. Vous êtes, comme tous vos compatriotes, un client de l’industrie pharmaceutique. Vous savez, car vous écoutez la radio et regardez la télé, que cette industrie fait partie des secteurs les plus rentables de l’économie mondiale. Peut-être savez-vous aussi qu’il s’agit du premier marché économique du monde en termes de chiffre d’affaires. Vous connaissez quelques scandales dans lesquels cette industrie s’est tristement illustrée : le Dépakine, le Mediator, le Lévothyrox… Et vous savez certainement qu’avec ses visiteurs médicaux et ses lobbyistes, ce secteur a un pouvoir d’influence considérable sur les professionnels de santé et les politiques. Mais comme beaucoup de gens, cette situation vous dépasse. Les médecines alternatives sont là mais quelle efficacité réelle face à des médicaments ? On ne peut en effet pas se passer de médicaments, mais on peut se passer d’industrie pharmaceutique. Voici plusieurs arguments pour défendre la nationalisation de la recherche et de la production de médicament.

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Les classes populaires à Sciences Po, « social washing » dans l’école des élites ?

C’est bientôt la rentrée universitaire et avec elle les reportages plein de bons sentiments sur telle lycéenne “de banlieue” (un terme qui a du sens pour un journaliste parisien mais pas pour grand-monde, c’est comme “province”) qui entre à Sciences Po grâce à sa célèbre Convention d’Education Prioritaire. Une façon de redorer chaque année le blason d’une école qui est associée – à juste titre – à la reproduction sociale et la revendication par les élites de leur supériorité morale et intellectuelle. Ces reportages ne disent pas grand chose de la réalité. Car elle est la suivante : la convention n’est qu’une nouvelle façon pour les enfants de bourgeois d’entrer à Sciences Po, comme le raconte cette enquête inédite sur le web, publiée initialement dans le numéro 14 de Frustration (été 2018) :

En 2016, plus de 40 % des élèves admis par la filière « convention d’éducation prioritaire » (CEP) de Sciences Po Paris étaient issus de familles CSP+ – pour catégories socio-professionnelles supérieures – selon une étude parue dans Libération en 2017. « Depuis quelques années, il y a à la fois des lycées qui ne sont pas du tout des lieux de mixité sociale qui ont été conventionnés CEP par Sciences Po, type certains lycées ruraux, qui sont tout ce qu’il y a de plus lambda, avec leur lot de bourgeoisie rurale et des gens aisés qui mettent leurs gamins juste pour le lycée, voire juste pour la terminale, dans des lycées conventionnés CEP », précise Garance*, une apprentie journaliste à Sciences Po de 23 ans, non bénéficiaire de cette convention. Un constat terrible alors que ce dispositif, vieux de 17 ans désormais, s’était donné pour objectif de diversifier les profils sociologiques de cette Grande école française, bien connue de nos élites dirigeantes. Une filière parallèle au Bac qui est à l’origine disponible dans sept lycées conventionnés ZEP (zone d’éducation prioritaire), et désormais dans plus d’une centaine éparpillés dans toute la France. Et c’est à se demander si ce dispositif, issu de la « discrimination positive », n’est pas équivalent aux pratiques d’entreprises qui font du « green washing » ou du « pink washing », afin de dissimuler leurs pratiques salariales derrière un écologisme superficiel ou la promotion toute théorique des droits des minorités. Avec cette convention, Sciences Po ne pratique-t-il pas le « social washing », cachant la forêt de l’élitisme et de la reproduction sociale derrière l’arbre d’une ouverture affichée aux classes populaires ?

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Revenu universel d’activité : la mesure anti-pauvres par excellence

Hier après-midi, BFM TV a fait venir une experte pour décrypter le discours de Macron et que disait-elle ? Qu’avec son revenu universel d’activité, Macron “fait un pas important vers les plus modestes” et que c’est un “virage à gauche”. Pardon ?? A gauche du FN c’est ça ?! Le revenu universel d’activité est LA mesure régressive de l’année, voici pourquoi :

1 – Concrètement, elle va mettre sous condition de recherche d’emploi, comme pour les allocations chômage, nombre de prestations qui étaient attribuées selon une autre logique, comme les APL. L’allocataire devra signer un contrat et faire la preuve de sa recherche, et ne pourra pas refuser deux offres d’emploi. Pour continuer à toucher des prestations et ne pas crever de faim il sera fliqué en permanence et devra accepter le premier boulot de merde venu. Comme l’a dit Buzyn sur France Inter ce matin, il s’agit “d’aider les gens à s’en sortir par eux-mêmes”, et non de les aider tout court. Ce faisant, le gouvernement se situe dans la droite ligne de Sarkozy lorsqu’il a transformé le RMI et RSA : bougez-vous les pauvres !

2 – Bien entendu, ce revenu se contente de fusionner des prestations déjà existantes, il n’ajoute aucun nouveau revenu pour les 9 millions de pauvres. Il y aura d’ailleurs des perdants, comme l’explique le rapport de France Stratégie commandé par le gouvernement pour anticiper les différents scénarios de fusion. Comme on harmonisera des critères d’attributions de prestations très différentes, le rapport nous apprend que les chômeurs en fin de mois perdront de l’argent, ainsi que les personnes seuls. ça suffit les cassos !

3 – Ce qui est génial quand on fusionne des trucs, c’est qu’on peut tout raboter au passage l’air de rien. Puisqu’on ne sait rien des modalités de cette fusion, on peut supposer qu’il s’agit là d’un potentiel plan d’économie pour le gouvernement, qui adore couper les vivres aux pauvres. Un virage à gauche vous dites ?

En appelant sa fusion “revenu universel”, Macron a été malin : il a face à lui pléthore de journalistes débordés et complètement incultes politiquement, qui gobent ses détournements orwelliens sans trop broncher. Le plan de com’ pour cette rentrée c’est d’avoir l’air “social”, et il peut compter sur BFM TV pour affirmer sans rire, face caméra, qu’une fusion de prestation potentiellement rabotée et désormais conditionnée à la recherche frénétique et surveillée de n’importe quel emploi, pour éviter l’oisiveté des pauvres, est une mesure “de gauche”.

Mais nous tous, on nous la fera pas.

Plan pauvreté : derrière le pathos de Macron, une approche bourgeoise et paternaliste

 

“Faire plus pour ceux qui ont moins”, est, sans rire, le slogan du discours de Macron sur la pauvreté, qui se tient ce jeudi matin. Après avoir faire tout pour ceux qui ont tout, le président se penche la larme à l’œil sur “les pauvres”. Comme d’habitude, la presse a repris complaisamment les éléments de communication du président, et l’a accompagné dans sa volonté de montrer un “visage social” aux Français qui désormais le détestent très majoritairement.  Ainsi entends-on parler d’un “virage social” du gouvernement. Après avoir gavé les riches, est venu le moment de donner quelques miettes aux pauvres, et les bourgeois ont la larme à l’œil devant tant de bonté. Pourtant, à y regarder de près, le plan pauvreté du gouvernement n’a absolument rien d’un cadeau aux “pauvres”. Voici pourquoi :

  • Le leitmotiv du gouvernement est “l’accompagnement”. Des allocataires du RSA, des demandeurs d’emploi, etc. Plutôt que d’augmenter le niveau des prestations, l’objectif est de fliquer tout le monde, pour vérifier que chacun prend la route de l’emploi (de merde et mal payé de préférence).
  • A l’anglo-saxonne, le gouvernement se concentre sur “les plus en difficulté”. Après avoir dégradé l’assurance-maladie pour tout le monde, il propose d’étendre un peu la CMU-C, cette complémentaire santé à bas coût pour les bas revenus. Après avoir précarisé l’ensemble des salariés, dont les salaires n’augmentent plus, il fait tout pour donner n’importe quel emploi aux gens. Après avoir fermé les portes de l’université à tous les jeunes de milieux populaires, il va faire quelques mesurettes pour aider les plus pauvres d’entre eux à ne pas décrocher à l’école.
  • Macron a introduit son discours en définissant la pauvreté comme, on cite “le résultat d’accident de la vie, de batailles perdues…”. Ce faisant, il fait de la pauvreté un coup de malchance, un accident de parcours individuel bien triste mais qui ne remet en aucun cas en cause le système. Avec Macron et son “plan pauvreté”, il n’y a plus d’exploitation, d’aliénation, de mépris de classe et de mauvaise répartition des richesses : il n’y a que des petits accidents bien tristes et des individus qu’il faut “accompagner” de façon paternaliste.
  • La philosophie de tout ça c’est que le modèle social doit être destiné, de façon très fliquée, aux “plus en difficulté”, qu’on considère de haut et avec la plus bourgeoise des compassions. Là où le combat ouvrier avait permis la mise en place d’un système de solidarité globale ponctionnant les revenus du capital, les libéraux rêvent d’un modèle où seuls les “nécessiteux” bénéficient d’un petit transfert de richesses. Et encore pas vraiment, puisque la plupart des dispositifs reposent sur des ressources de l’Etat, collectée par l’impôt de tout le monde, et non sur les cotisations, qui ponctionnent les richesses produites par l’économie capitaliste.
  • D’ailleurs, Macron a bien rappelé que pour aider les “derniers de cordée”, il fallait des “premiers de cordée”, et que notre système productif actuel est indispensable pour sauver les pauvres, alors que c’est précisément l’inverse qui se passe. Bref, le salut des pauvres, ce sont les riches : il fallait oser.

Bref, il n’y aucun “virage social” dans ce plan pauvreté. Il se situe en grande cohérence avec l’action de torpillage de notre modèle social issu du combat de classe à la Libération. A travers les miettes qu’il nous donne, Macron continue de voler ce qu’on a.

Polluer plus pour gagner plus : Ce n’est pas à vous de culpabiliser sur l’état de la planète, c’est aux riches !

Plus on est riche, plus on pollue. C’est ce que l’ONG britannique Oxfam a démontré dans un rapport intitulé « Inégalités extrêmes et émissions de CO2 » en 2015. Pourtant, à l’heure où le gratin international multiplie les déclarations de bonnes intentions environnementales et les confessions larmoyantes, les gouvernements occidentaux, à commencer par le gouvernement français, s’entêtent à répéter qu’il est question de prise de conscience individuelle. Et tant que l’on continue de dénoncer la paille dans l’œil du voisin, on ne regarde pas la poutre dans le sien. Habile. Mais les « petits gestes pour la planète » ne suffiront pas. C’est le pouvoir des très riches qu’il faut réduire. Et la neutralisation de leur pouvoir de nuire commence par comprendre comment ils nous enfoncent dans la crise écologique. Décryptage.

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Macron, le dernier fusible des riches, va sauter

En 2006, le président Chirac vieillissant cédait face à une mobilisation d’ampleur de la jeunesse et des syndicats contre le CPE, un contrat précaire destiné aux jeunes, selon l’équation miracle à l’époque presque nouvelle : “il faut flexibiliser le travail pour faire baisser le chômage”. Une catastrophe de plus pour la bourgeoisie française, après le “Non” au référendum sur le traité européen, le bas peuple inculte n’ayant pas saisi le bonheur du libre-échange et de la concurrence généralisée. Le MEDEF fulminait, les intellectuels médiatiques tapaient du pied : y’en a marre des gauchistes et des syndicats qui appartiennent au passé !

Toute la bourgeoisie porta alors aux nues le ministre Sarkozy, homme de droite aux accents populaires, passé maître dans l’art de dresser les smicards contre les allocataires du RSA. Après une année faste passée à réduire les impôts des riches, limiter le droit de grève et criminaliser les pauvres, une crise financière mondiale s’abattit sur le pays, tandis que les délires narcissiques et égotiques du président le faisait passer pour le mafieux qu’il est. Déception chez les bourgeois : 5 ans de sarkozysme n’étaient pas venu à bout du modèle social tant detesté. Des coups sérieux avaient été portés, mais les Français possédaient encore une carte Vitale et pouvaient mettre leur employeur devant les Prud’hommes.

5 ans de “social-libéralisme” incarné par la bouille inoffensive de François Hollande produisirent de meilleurs effets, mais non durables. La loi El Khomri réformant le Code du travail passa à coup de répression policière et de propagande transpartisane, mais Hollande devint très  vite aussi détesté que son prédécesseur.

Toute la bourgeoisie porta alors aux nues le ministre Macron, homme “ni de gauche ni de droite” donc de droite, jeune riche aux accents marketing, passé maître dans l’art de dresser les précaires contre les CDI, suffisamment bien entouré pour labeliser cela “le nouveau monde”. Après une année faste passée à supprimer les impôts des riches, restreindre le pouvoir des syndicats et taxer les retraités, le vent de l’impopularité l’emporte désormais, notament parce que derrière sa tronche de gendre idéal se cachait en fait un homme imbus de lui-même, aux pulsions despotiques, et singulièrement lâche (“venez me chercher!” quand on a l’immunité : quel courage !). Stupéfaction chez les riches : tout était si bien parti ! La sécurité sociale et l’assurance-chômage était sur le point d’être des souvenirs. Le droit du travail était liquidé. Les retraites allaient être démantelées.

Tristesse chez les riches : Peu après le début de l’affaire Benalla Le Point titrait en Une “La déception Macron”. Car Macron était leur dernier fusible. Le dernier monarque républicain en stock. Le dernier produit marketing encore disponible, après trente ans à tester de nouvelles formules : le monarque de droite mais qui aime disneyland, le monarque de gauche mais qui détruit le droit du travail, le monarque ni gauche ni droite mais super de droite … Qui sauvera désormais leur profits des appétits égalitaires du peuple ? Qui fera diversion de leur colère ? Qui débitera le discours consistant à raconter que la crise écologique, la précarité, le chômage seront miraculeusement résolu en donnant plus à ceux qui ont plus ?

Il n’y a plus grand monde en stock. Pour faire passer leur prochain candidat pourri au second tour ou pour empêcher une alternative d’émerger, il ne va rester aux bourgeois que Le Pen.

Comme au bon vieux temps.

 

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La planète brûle, des gens meurent, mais les riches le sont suffisamment pour pouvoir s’en foutre

Toutes les études de psychologie sociale, toutes les enquêtes sur les dons aux associations le montrent : les riches sont des énormes égoïstes. Ils se foutent de façon croissante du monde qui les entoure, car ils sont de plus en plus riches et que leur vie s’est autonomisée du reste de la société. Ils ont leur propre système de santé, de retraite – le gouvernement envisage d’ailleurs, dans sa future réforme de sortir les riches du système par répartition – leur propre système éducatif. S’ils ne rechignent pas à être subventionnés par la société – en France, les établissements privées sont largement financés par l’Etat, les entreprises privées le sont aussi sous forme de crédit d’impôts et d’exonérations en continu – l’idée de contribuer à la solidarité nationale les révulsent.
 
Le gouvernement a su entendre l’expression de leur dégoût puisqu’il les a exonéré de l’Impôt sur la Fortune (ISF). Ils justifient leur égoïsme en se victimisant, en racontant qu”“En France, on n’aime pas les gens qui réussissent”, alors que ce que la plupart d’entre eux ont réussi c’est être des riches fils de riches pères. Ils racontent qu’il y a une “haine des riches” dans ce pays alors que c’est la haine du pauvre, du migrant et du chômeur qui règne et qui est organisée par toutes les administrations qui les fliquent et les brutalisent, tandis qu’elles déroulent aux riches le tapis rouge sans la moindre contrepartie exigée.
 
Bien entendu, les gouvernements successifs nous racontent qu’à force de brosser les riches dans le sens du poil nous recueillerons les fruits de leur pouvoir. Leurs investissements, leurs dons, leurs multiples bienfaits viendront tous nous combler.
 
Foutaises : au moment même où l’ISF a été supprimé, on a assisté à une baisse de 50% des dons en moyenne sur l’ensemble des associations ou fondations collectrices : ces dons qui permettaient une déduction immédiate sur l’ISF n’a désormais plus d’intérêt.
 
Les actionnaires se sont gavés d’autant plus que leurs placements étaient exonérés d’impôts et réduits par la “flat tax” tandis que les grands patrons peuvent se réjouir et licencier et précariser plus facilement. Et que s’est-il passé ? Rien. Parce que les courbettes de nos gouvernants rendent le peuple encore plus méprisable qu’il ne l’était déjà aux yeux des riches, ils nous snobent encore davantage.
 
La Société nationale de sauvetage en mer a besoin de dons pour financer la réparation d’un de ses canots ? Qu’est-ce que vous voulez que les propriétaires de yachts en aient à faire ? Tout leur est dû dans ce monde, et ils possèdent tout. La notion même de service public leur est devenue inconnue. L’avenir de la planète ? Ils s’en balancent, suffisamment riches qu’ils sont pour avoir toujours un havre de paix et de fraîcheur où se rendre. Vous croyez que les riches parisiens ou les riches lyonnais sont restés en ville pendant que vous creviez de chaud dans vos appartements chers et exiguës (dont ils perçoivent certainement le loyer) ? Non, ils ont fuit la canicule dans quelque maison de campagne, à l’air de la montagne ou face aux embruns.
 
La bienveillance et la solidarité, ils ne savent tout simplement plus ce que cela signifie. Ils méprisent ces valeurs qu’ils jugent d’un autre temps pour se rassurer et se complaire dans leur cynisme.
 
Il n’y a qu’un peuple en furie et un gouvernement expropriateur qui sauront leur rappeler leur commune appartenance à une humanité qu’ils détruisent.

L’Assurance-Chômage, prochaine cible de Macron

L’Assurance-Chômage telle que nous la connaissons a été créée en 1958. Gérée par un organisme paritaire (y siègent syndicats de salariés et représentants du patronat) nommé Unédic, elle indemnise les chômeurs et elle est financée par les cotisations patronales et salariales… Jusqu’à l’automne dernier. La dernière Loi de financement de la sécurité sociale a remplacé les cotisations salariales par la CSG, et elle a mis en place, pour 2019, une exonérations de cotisations patronales sur les salaires autour du SMIC. Si cette mesure a beaucoup fait parler d’elle en raison de l’imposition brutale et injuste de milliers de retraité.e.s (qui avaient pourtant cotisé durant toute leur vie professionnelle), elle a moins fait couler d’encre au sujet de ses conséquences sur notre droit au chômage.

Certes, ce droit n’a cessé d’être raboté ces dernières années. Perpétuellement attaqué par le patronat et ses alliés (pour la docilité des travailleurs le chômage ce n’est pas terrible, et surtout ils ne veulent pas supporter ce qu’ils appellent les “charges sociales”), l’indemnisation du risque chômage est passée de 90% du dernier salaire sous Pompidou à 57% du salaire  brut de nos jours… si l’on répond à tous les critères et toutes les obligations qui encadrent désormais son recours, des critères si épuisants et exigeants que la moitié des chômeurs français ne sont plus du tout indemnisés.

Autant dire que notre droit au chômage ce n’est pas le nirvana. Mais cela demeure trop pour Macron, le liquidateur de notre modèle social. En fiscalisant l’assurance-chômage, c’est-à-dire en faisant dépendre de son financement de l’impôt et non plus des cotisations, il a fait en sorte, comme il le dit lui-même dans cet extrait de son discours au Congrès de Versailles, qu’il n’y ait plus de droit au chômage. Il en vient à formuler cette contradiction incroyable “il y aura un droit mais il ne sera pas garanti à titre individuel” (du coup ça ne sera plus un droit) puisque tout le monde l’aura payé, et plus le travailleur par “ses cotisations”.

C’est évidement une vision très étroite de notre modèle social, vu par quelqu’un qui doit surtout vivre en souscrivant à des assurances-privées. L’Assurance-Chômage et la Sécurité Sociale (qui prend en charge le risque maladie, vieillesse et accident du travail) sont des systèmes assurantiels mais solidaires, qui ne se contentent pas de secourir ceux qui ont cotisés mais aussi leurs proches, les plus démunis, etc.

Ce que garantissait le financement par les cotisations sociales c’est d’une part, en payant les cotisations patronales, l’employeur s’acquitte de ses responsabilités à l’égard de ses salariés, voire qu’il contribue à réparer les dégâts qu’il commet (par les plans sociaux par exemple) et d’autre part que notre protection sociale soit gérée par les travailleurs eux-mêmes, puisqu’ils co-financent ce droit, et non par un pouvoir politique prompt à vouloir couper dans le budget au nom de “la lutte contre la dépense publique”.

Or, depuis que le financement par la CSG existe et que les gouvernements étendent leur pouvoir sur notre protection sociale, nos droits ne cessent d’être écrasés sous des considérations financières. L’assurance-maladie au régime dur nous propose désormais des services d’urgences saturées où les gens meurent, des zones désertifiés où l’accès à un médecin n’est plus garantit, des restes à charge pour le patient plus important.

Avec la CSG, Macron a pu écarter la cotisation sociale de l’Assurance-chômage. La prochaine étape sera d’évincer les syndicats de sa direction et de prendre les décisions qui, selon des types comme lui, “s’imposent”. Parce que c’est ce que ceux qui ont misé sur lui attendent.

 

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Quand Le Monde, TF1 et le JDD déroulent le tapis rouge à la brute du président

Le Benalla des médias est le gendre idéal : sympathique et toujours prêt à rendre service.
Pendant quelques jours, on a cru que nos grands médias étaient désireux de se racheter une conscience professionnelle après plus d’un an de roucoulage sous les fenêtres d’un président qui ne manquait pourtant pas de se moquer ouvertement d’eux à de maintes reprises. Entre la révélation du Monde (pourtant journal de révérence) et les multiples décryptages des mensonges de l’Elysée, on avait presque l’impression d’avoir à faire à un contre-pouvoir !
 
Puis est venu le temps de la reprise en main : on ne sait pas qui exactement, à l’Elysée, a passé les bons coup de fil, mais le sbire de Macron, pourtant mis en examen, s’est retrouvé relooké par Cristina Cordula (on suppose) et au JT de TF1 vendredi soir : même pas en direct, exposé à des questions gênantes. La veille il avait le droit à une loooongue interview au Monde, lui laissant le temps d’exposer ses mensonges sans grande contradiction : il a ainsi pu raconter que s’il avait le badge “H” de l’Assemblée Nationale (celui qui donne accès à l’hémicycle) c’était pour pouvoir fréquenter sa salle de sport… dont l’entrée ne nécessite pas un tel badge et qui est minuscule et en sous-sol. On sait aussi maintenant que cet interview s’est déroulé au domicile d’un lobbyiste et en présence d’une amie proche du couple Macron. 
 
Et le voilà maintenant dans le Journal du Dimanche, média pas connu pour pousser dans leurs retranchements les macronistes.
 
On aurait aimé que nos courageux journalistes soient aussi généreux avec les syndicalistes mis en examen de l’affaire de la chemise d’Air France, et de toutes celles et ceux qui ont affaire à notre justice de classe sans pouvoir organiser la moindre défense médiatique.
 
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