En chaque grand bourgeois qui flippe sommeille un petit fasciste assoiffé de répression (Acte II)

Il y a quelques semaines, Luc Ferry se situait à l’avant-garde de la bourgeoisie paniquée par le mouvement des gilets jaunes. Il appelait à tirer sur les foules factieuses, before it was cool. Depuis Ferry est mainstream chez les bourgeois : depuis samedi, “la manif de trop”, le gouvernement lui-même a fait appel à l’armée.

Pardon, on exagère, il s’agit seulement des soldats de l’opération “Sentinelle” (comme ce nom est doux et rassurant) et ils ne seront pas envoyés “au contact” des manifestants de samedi prochain, ils seront déployés sur des “points fixes” autour des bâtiments publics, pour laisser à leurs collègues gendarmes et policiers le loisir d’avoir la main plus légère sur le Lanceur de Balle de Défense, comme le premier ministre leur a demandé lundi soir.

Un plan bien rôdé ? Pas sûr, mercredi soir le JT de 2 laissait 3 secondes de parole à un syndicaliste policier mitigé, qui expliquait, plein de bons sens, que les soldats n’étaient pas équipés pour faire face aux manifestants qui s’approcheraient trop près de leurs “points fixes”, qu’ils n’avaient qu’un FAMAS sur eux (selon Google, un FAMAS est “un fusil d’assaut français de calibre 5,56 × 45 mm Otan de type bullpup”) et rien de non-létal pour repousser la foule. Le JT en restait là, comme s’il s’agissait d’un détail. Et pourtant, on est en droit de se demander ce que vont faire les soldats face à une foule qui s’approcherait trop près de l’Assemblée Nationale ou d’un ministère (ça arrive à chaque fois) ? Coup de crosse ? tirs de sommation ? Paniquer et tirer dans le tas ?

Un risque qui ne semble pas déranger grand monde : le petit train-train des rédactions médias parisiennes continue, aucune de ces belles âmes ne panique ou ne s’étonne, et Ségolène Royal a dit qu’elle trouvait ça chouette que ça arrive enfin.

La bourgeoisie se prépare à son premier mort par balle. Elle évoque maintenant sérieusement des foules arrêtées et enfermées dans des stades. Et avec l’assurance que confère aux fascistes en herbe l’idée qu’après tout les gens peuvent aussi rester chez eux devant Stéphane Plaza et foutre la paix sociale. Le journaliste Yves Calvi déclarait ainsi mardi dernier :

“Si, en effet, les périmètres sont franchis, on doit procéder à des arrestations. Et ces gens-là, à un moment, l’acte de police, et des policiers, il consiste à mettre des gens… La seule solution, c’est dans un stade, avec tout ce que sur le plan historique et imaginaire, ça provoque. Après, on pourrait dire qu’aujourd’hui, ils sont prévenus.”

Ahh, “ils sont prévenus”. La population a été intimidée, donc maintenant elle doit cesser sa rébellion. Car les bourgeois sont fatigués de tout ça. Ils avaient des projets grandioses pour nous (et pour eux surtout) : réduire notre assurance-chômage, augmenter l’âge de départ à la retraite, continuer à démolir le service public de la santé, privatiser à tout va, nous faire travailler gratos un jour de plus… Et toute cette histoire perturbe la bonne marche des “réformes” pour lequel ils ont tous soutenu Macron.

Tout ça, c’est de la bonne grosse dérive autoritaire, mais les bourgeois sont comme OSS 117 : “une dictature c’est quand il y a des communistes, qu’il fait froid et que les gens portent des chapeaux gris et des chaussures à fermeture éclair”. Ils voient et crient à la dictature chez les autres (pas quand on leur vend des armes et des avions hein!) mais chez nous ils fermeront toujours les yeux, sourire tranquille aux lèvres.

Les bourgeois nous dominent depuis au moins deux siècles et ils ont donc de glorieux ancêtres qui n’ont pas eu la main légère sur la gâchette. En 1871, Paris a été reprise par l’armée, sous le regard bienveillant de l’élite intellectuelle de l’époque : Zola disait à ce sujet que “le bain de sang qu’il [le peuple] vient de prendre était peut-être d’une horrible nécessité, pour calmer certaines de ses fièvres” tandis que Flaubert écrivait à George Sand “le peuple est un éternel mineur. Je hais la démocratie. (…) Le premier remède serait d’en finir avec le suffrage universel, la honte de l’esprit humain”. Humanistes, nos élites ? Seulement en temps de paix sociale, quand le peuple courbe l’échine.

Mais quand les classes populaires se battent pour la justice sociale, c’est la panique générale, et tous les moyens sont bons pour sauver son petit pouvoir et son gros portefeuille, les principes attendront. Aujourd’hui le nouveau préfet de police de Paris a été nommé. Durant son discours d’intronisation Castaner lui a dit : “je vous demande l’impunité zéro“. Ils sont où les artistes, “intellectuels”, humanistes qui s’opposent habituellement aux “surenchères sécuritaires”, aux “dérives totalitaires” et au “risque fasciste” ?

Ils attendant sagement que leur Fouquet’s rouvre ses portes.

« Dans une quête d’émancipation politique, il est légitime de recourir au mensonge »


Chez Frustration, nous n’avons pas l’habitude des entretiens car nous avons toujours dit qu’il fallait se méfier des intellectuels qui disent le « Bon » et le « Vrai » du combat politique. Mais lorsque l’on est tombé sur quelqu’un qui osait expliquer que, justement, l’action politique, ce n’est pas de dire la Vérité Vraie, on s’est dit qu’on était en phase. Manuel Cervera-Marzal est un philosophe et sociologue qui se penche dans son dernier livre « Post-Vérité, pourquoi il faut s’en réjouir » sur tout ce délire autour du terme « Post-vérité », qui s’est imposé comme le mot de l’année 2016 par le « prestigieux » dictionnaire d’Oxford. Cette expression a pour ambition d’expliquer la montée de forces dites « populistes » un peu partout dans le monde, telles que Donald Trump aux États-Unis ou dernièrement Jair Bolsonaro au Brésil. Depuis quelques années, elle est également  utilisée pour disqualifier des alternatives de gauche comme Bernie Sanders aux EU ou Jeremy Corbyn en Grande-Bretagne. C’est-à-dire, en somme, des courants qui se situeraient en dehors de « l’extrême-centre » et du « cercle de la raison », et dans lesquels les bas instincts les plus téméraires du peuple y trouveraient une issue de secours politique. On se serait ainsi engagés, au cours des années 2000, dans une ère de la « post-vérité », où les faits « objectifs » auraient moins d’importance que les affects et les opinions personnelles. Dévoyé en un concept journalistique à la fois creux et dépolitisant, omettant plusieurs siècles d’Histoire de diffusion de la rumeur, la « post-vérité » serait, au contraire, quelque chose dont il faudrait se « réjouir », selon Manuel Cervera-Marzal. Dans son livre, aux éditons Le Bord de l’eau, il tord le cou à certaines évidences binaires – le fact-checking apparaissant comme l’arme du bien face au poison de la post vérité -, afin d’« en finir avec l’idolâtrie de la Vérité ». Il défend l’idée que la « post-vérité » nous fait, au contraire, renouer avec la politique.                           

Sur le plateau de Pujadas, on se demandait clairement, la semaine dernière, si l’avis de l’ONU contre la répression policière en France était le fruit d’une alliance secrète entre la France Insoumise, l’ONU et le diable.

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Tout régime autoritaire a les “journalistes” qu’il mérite

Vous voyez cette phrase ? Elle est signée France Info. On n’a pas le nom du ou de la petite personne méprisable qui a imaginé une tournure aussi pétée. On y met “matraqué” entre guillemet, parce que bon, ce gars de la France Insoumise ment certainement. On y explique que certes, un policier “lève” puis “baisse” (une façon extraordinairement euphémisée de dire “frapper”) “un objet ressemblant à une matraque”. Car pas sûr que dans une rue, en marge d’une manifestant de gilets jaunes, ce soit bien de cet objet qu’il s’agit, si ? ça pourrait être un saucisson, un concombre ou un gode non ? Donc, conclue le larbin prodigieux de la télé d’Etat, “les images ne permettent pas de confirmer” les affirmations du député de l’opposition insoumise.

Il n’y a que dans les régimes autoritaires que le journalisme contient à ce point ce mélange de grossièreté, de drôlerie et de cruauté.

Chaque semaine depuis novembre, les journalistes mettent en doute les violences policières. On a le droit à des “checks news” dont le titre est “un policier a-t-il vraiment gazé un homme en fauteuil roulant ?” (la réponse, oui, n’apparaît pas dans le titre, c’est le doute qui règne).

Suite au matraquage – oui c’est bien un matraquage car quand on “lève” puis “baisse” un objet “qui ressemble à une matraque” sur quelqu’un, c’est généralement un matraquage – du député Loïc Prudhomme, le ministre de l’intérieur est resté plus que droit dans ses bottes. Il l’a accusé de mentir devant toute l’Assemblée Nationale (sans doute qu’il aurait confondu une matraque et un saucisson), a méprisé ses droits frontalement. A l’heure où les élus sont aussi impopulaires, il n’est pas bon ton de rappeler que les parlementaires ne doivent particulièrement pas être frappés par les forces de l’ordre, et qu’ils ont liberté de fourrer leur nez où ils le souhaitent sans être inquiétés. Il faut pourtant le dire.

Comme des grenouilles plongées dans une eau froide puis tiède puis bouillante, nous nageons dans un régime autoritaire en plein développement : son président mégalomane et menaçant, ses barbouzes que la justice laisse en paix, son ministre de l’intérieur mafieux et cynique, ses journalistes de cour déployant tout leur savoir-faire pour minimiser, excuser, justifier l’injustifiable.

Nos profs si républicains nous ont inculqués qu’un régime autoritaire débutait le jour où des milices vêtues de noir commençaient à arrêter arbitrairement des gens : depuis novembre, des milices vêtues de bleus arrêtent préventivement, frappent et tirent dans la tête de citoyens qui exercent leur droit constitutionnel, et la comparaison avec le fascisme n’est pourtant pas répandue dans les cercles dit éduqués. Nos livres d’Histoire nous ont montré la propagande éhontée des Pravda et autres gazettes dictatoriales, et les grossières manipulations des BFM et autre France Info ne donnent pas lieu à des tribunes d’historiens. Nos lois prônent la séparation des pouvoirs, les droits de l’opposition, et pourtant les quelques députés qui jouent leur rôle démocratique sont traités comme des agitateurs ridicules.

A nous de réécrire cette phrase en étant fidèle aux faits :

“On y voit un homme ou une femme écrire un article, en se disant “journaliste”. Si les mots ne permettent pas de confirmer cette affirmation, on aperçoit bien un scribouillard aux ordres utiliser un objet ressemblant à un clavier d’ordinateur et s’en servir en direction de ce qu’il prétend être son devoir d’informer.”

UN ARTICLE DESTINÉ AUX BLANCS.

Ou quand le racisme, quotidien et structurel, n’est ni un délire victimaire ni réservé aux cours magistraux.

Frustration documente depuis plus de 5 ans toutes les formes de domination. Nous avons commencé par parler de l’exploitation économique et de la lutte des classes, nous avons poursuivi avec la dénonciation du sexisme, et nous avons tenté de traduire les discriminations et la domination vécue par les personnes homosexuelles. A chaque fois, nous tentons de mêler l’expérience vécue à l’analyse théorique, pour que les personnes concernées s’y retrouve et celles qui ne le sont pas directement comprennent ce qui leur échappe. Nous écrivons avec colère, le plus sincèrement possible et en assumant que la rage puisse déboucher sur la révolte, et ainsi des horizons meilleurs. Ce texte, qui documente par l’expérience et la connaissance ce qu’est être une personne racisée en France, s’inscrit pleinement dans notre démarche.

Il est signé Manon Monmirel :

J’ai voulu écrire ce texte parce que, au-delà d’apporter ma modeste pierre à l’édifice de la pensée décoloniale, j’en avais gros sur la patate : je ne compte plus les fois où j’ai été renvoyée à l’indigénisme ou à l’image de l’enragée, dès lors que je soulevais le caractère structurel du racisme. Globalement, les racisés sont contraints au silence et à l’infantilisation, à la négation de leurs vécus et à l’invisibilisation. Analyser les rouages du racisme et sa généalogie, mais aussi la façon dont ce racisme structurel, parfois inconscient, se perpétue dans notre quotidien : cela constitue les bases sérieuses d’une volonté de lutte décoloniale.

La Suite

Les seuls réseaux de pouvoir sont bourgeois

Depuis hier, Challenges nous gratifie de sa couverture foireuse sur les kiosques à journaux et dans les gares de France : “Francs-maçons, ENA, LGBT : les réseaux du pouvoir aujourd’hui”. Soyons juste avec Challenges, ils ne sont pas les premiers à nous faire ce coup-là. D’ordinaire c’est le Point et l’Express qui s’y collent. Les balais à chiotte du macronisme font dans le complotisme bon chic bon genre, mais pas un complotisme qu’iront dénoncer ses habituels chasseurs (Conspiracy Watch, les Décodeurs du Monde, “le vrai du faux” de France 2…): car là on fait dans le fantasme des minorités qui tire les ficelles pour en protéger une autre : la bourgeoisie. Et le but des chasseurs de complot est de montrer que le peuple est con, pas que la bourgeoisie est coupable.

Pourtant, avec cette couverture, on est dans un délire total, sans fondement et à visée politique évidente.

Qui a conçu et a bénéficié de la réforme de l’ISF ? Les lesbiennes ? C’est elles qui ont financé le candidat Macron pour qu’il fasse ça, plus vite que prévu ? Qui se gave des milliards du CICE et du crédit impôt recherche tout en délocalisant quand ça l’arrange ? Les transgenres ? Qui possède la presse qui a fait monté et soutient encore à bout de bras un président qui met le pays à genou ? Les juifs ? Les francs-maçons ? Non, les bourgeois. La bourgeoisie, l’indécrottable, l’indéboulonnable et l’inaltérable foutue bourgeoisie qui, au moins depuis la Révolution de 1789, tient notre pays entre ses mains et manipule notre “démocratie”.

Les bourgeois sont parfois juifs. Parfois ils sont francs-maçons. Parfois même ils sont gays. Mais ce n’est pas en tant que gays, franc-maçons ou juifs qu’ils se retrouvent régulièrement aux dîners du Siècle ou de l’Automobile club dans leur cher 8e arrondissement, ou dans les Rotary club et terrain de golf de toutes les villes du pays. Ce n’est pas en tant que juif, que gay ou que franc-maçon qu’ils ont soutenu leur sauveur Macron, dans des dîners de levée de fonds tenu dans tel immense appartement parisien, tel club de riches expatriés à Londres, tel hôtel particulier d’évadé fiscal à Bruxelles. Ce n’est pas au nom d’une religion ou d’une quelconque appartenance ethnique qu’ils sont venus nous vendre sur tous les plateaux une nouvelle camelote pro-bourgeoise après l’épuisement du faux clivage droite-gauche caviar. C’est parce qu’ils tiennent à leur portefeuille et à la fructification de leur capital, le principe de vie des bourgeois.

La bourgeoisie règne sur notre vie, les réseaux du pouvoir c’est elle. Elle monopolise les meilleures écoles, elle les réservent à sa progénitures, et si de temps en temps elle accepte une portion de pauvres c’est pour redorer son blason et raconter que “chacun a sa chance” et que si elle domine, c’est parce qu’elle a bien bossé, pas parce que tout lui était donné. Et si en son sein, les gays se font des soirées et les franc-maçons des réunions, ce n’est qu’un épiphénomène qui ne saurait définir la structure du pouvoir en France. Les grands patrons catholiques comme les Mulliez s’entendent fort bien avec les grands patrons juifs. Et un grand bourgeois gay sera d’abord un bourgeois avant d’être un gay.

Mais il n’y a pas si longtemps que ça, pendant que la bourgeoisie collaborait allègrement avec les nazis, les juifs, les homosexuels et les franc-maçons étaient pourchassés, preuve que que lâcher des minorités pour protéger son pouvoir, c’est historiquement dans ses cordes.

Car “Les réseaux de pouvoir aujourd’hui” se foutent bien du fait que les jeunes LGBT se suicident trois fois plus que les autres, que les hommes gays sont deux fois plus exposés au chômage que les hommes hétéros, que les transgenres (le “t” de LGBT) sont encore considérés comme des malades mentaux par bien des médecins.

Les réseaux de pouvoir sont conçus pour maintenir la domination de la bourgeoisie sur nos vies. Tout le reste c’est de la diversion, alimentée par les nervis fascistes de la bourgeoisie, leur meilleure arme pour réprimer en ayant l’air de libérer, de triompher électoralement en ayant l’air de nous sauver du péril brun. Et la rhétorique de ces gens est confortée par des couvertures comme celle-ci.

Les extrêmes se rejoignent décidément : l’extrême-capitalisme de Challenges rejoint l’extrême-droite des Le Pen dans sa nécessité de nourrir des fantasmes pour protéger la classe dominante fort menacée par le contexte social.

PS : l’ENA est par contre bien un réseau de pouvoir. Mais tous les bourgeois ne sont pas énarques, et tous les énarques ne sont pas… ah si !

“Offres qui ne trouvent pas preneurs” et autres entourloupes médiatiques pour faire des chômeurs les seuls responsables de leur état

L’avenir c’est le verre, et c’est France 2 qui vous le dit. Alors bougez-vous les glandus !

C’est une marotte des Journaux Télévisés : il y a des secteurs qui marchent très fort mais qui ne trouvent pas d’emploi, comment donc expliquer cela ?! Hier encore, France 2 passait de longues minutes à nous parler de l’industrie du verre, qui se porte très bien parce que les entreprises françaises “ont joué la carte de la qualité” pour faire face à la concurrence internationale. Très bien. On y apprend au passage que les salariés ont subi des mesures de “flexibilisation” du temps de travail, pour être plus “souple et adaptable”, façon de dire que les recettes du gouvernement fonctionnent.

Mais alors pourquoi diantre le chômage est-il encore là ? Parce que “le secteur peine à recruter” (un refrain auquel on a droit au moins une fois par semaine, quand ce n’est pas le secteur du verre c’est celui de l’intelligence artificielle ou des portails en fer forgé). Aucun commentaire ne sera fait sur l’enclavement de certains sites de production ou sur le niveau des rémunérations (Et puis quoi encore ?!), on ne demandera pas l’avis des syndicats maisons (si tout a été “flexibilisé” façon Pénicaud il ne doit plus y en avoir) car le fin mot de l’histoire sera laissé au patron, qui nous explique que les gens ne sont pas qualifiés pour travailler du verre, et qu’il n’est pas prêt à laisser sa chère machine à n’importe qui.

Certes, on le comprend, mais former les gens en interne, ça se fait non ? Plus maintenant : de nos jours, les employeurs veulent des recrues sur mesure, prêtes à l’emploi, et ne semblent plus vouloir dépenser un centime ou une heure à mettre quelqu’un au niveau de la tâche demandée. Une mentalité bien incohérente, qui semble totalement faire l’impasse sur les responsabilités de l’employeur. Le message, cher au gouvernement, s’adresse aux travailleuses et travailleurs, seuls responsables, désormais, de leur “employabilité” : “formez-vous” “adaptez-vous” : vous étiez coiffeur, devenez souffleur de verre ! Mais pour ça, il va falloir vous démerdez. Car depuis la loi “pour la liberté de choisir son avenir professionnel” (qui confirme le théorème orwellien selon lequel un nom de loi macroniste désigne toujours l’inverse de ce qu’elle produit), les moyens alloués à la formation par les entreprises ont diminué, ainsi que leurs obligations en la matière. La responsabilité est déplacée vers le salarié, qui doit se former lui-même, cotiser pour un “droit à la formation” de plus en plus théorique, qu’il pourra gérer directement depuis son “compte personnel d’activité en euro”, que la ministre du travail décrivait comme un “Trip Advisor de la formation professionnelle”, en espérant anticiper les besoins de l’économie en s’insérant dans la formation miracle et porteuse. Il fut un temps où on pouvait espérer obtenir un “congé individuel de formation” pour ça, mais c’est terminé : la production n’attend pas que vous vous mettiez au niveau, les cocos !

Le patron de ce secteur en pointe explique à France 2 que c’est bien beau tous ces CV de diplômés, mais lui a besoin de quelqu’un qui sache faire fonctionner SA machine.

Se former, s’adapter, ça va donc être de plus en plus galère, merci au gouvernement et au patronat. Mais le pire, c’est que ça ne résoudra pas le problème ! Car quand bien chaque chômeur mettrait toute son énergie à se former au travail du verre, du fer forgé ou du robot qui pleure, il n’y aurait pas assez de place pour tout le monde, et c’est ce que nos JT se gardent bien de préciser durant ce genre de reportage : la dernière enquête de Pôle Emploi sur les emplois vacants estime à 200 000 à 330 000 les offres qui ne trouvent pas de candidats adéquats (ça ne signifie pas que personne ne s’est présenté mais que personne ne convenait), dont 55% seulement concernent des CDI ou des CDD de plus de 6 mois. Il y a donc au mieux 1 emploi non pourvu à attraper pour 20 chômeurs. Et encore, les “offres non pourvues” sont aussi les offres illégales ou délirantes, estimées à 9.3% des offres par pôle emploi et 50% par la CGT.

Les motifs de sortie du chômage selon la dernière enquête de Pôle Emploi

Ces reportages sont donc mensongers et contribuent à décrire des chômeuses et chômeurs comme les vrais responsables de leur condition. Une idée à la mode, colportée par un gouvernement qui intensifie les contrôles des demandeurs d’emploi, pour vérifier qu’ils s’activent comme des beaux diables et se rendent à des rendez-vous mensuels de contrition. Des contrôles qui ne visent en réalité qu’à augmenter le nombre de “sortie administrative” et de radiation, et ainsi pouvoir raconter au monde entier que leurs solutions néolibérales fonctionnent. Alors que pas du tout : selon les derniers chiffres de Pôle Emploi (ceux de janvier dernier) seulement 1 chômeur sur 5 en moins l’est parce qu’il a trouvé un travail. Pour plus de la moitié d’entre eux, la sortie des listes de Pôle Emploi s’est faite par radiation ou “défaut d’actualisation”. Et 10% sont entrés en formation pour devenir les souffleurs de verre, inventeurs de portails et promeneurs de robots-chiens de demain…

Le profil type du « complotiste » ? Un jeune gueux qui ne vote pas pour Macron

Voici l’incroyable conclusion qui ressort du dernier sondage pondu par l’inénarrable Rudy Reichstag, directeur de l’officine pro-gouvernementale de l’observatoire du conspirationnisme, créé en 2007, Conspiracy Watch. Un an après un premier sondage déjà extrêmement perfectible et orienté, voilà qu’ils en remettent une couche en précisant cette fois que, o surprise, les gueux ainsi que les jeunes seraient les plus touchés par le conspirationnisme. C’est dire qu’un tel sondage tombe à point nommé, où les tentatives de-crédibilisations d’un mouvement des gilets jaunes composés de tartufes complotistes à la Maxime Nicolle font bondir les bourgeoisies de droite comme de gauche de leur siège doré.

“Les seniors sont moins concernés. Mais tout ça est corrélé au niveau de diplôme (les diplômés du supérieurs sont moins poreux que ceux qui n’ont pas ou que le Bac), au niveau de vie (plus on fait partie des défavorisés, plus on adhère à ce types de contenus)”, explique ainsi ce cher Rudy Reichstadt sur France inter .

Faire du complotisme une affaire de classe est évidemment une manière de désigner et de dénigrer des imbéciles à remettre dans le droit chemin de la Vérité à coup d’éducation aux médias infantilisant et de fact-checking pour se racheter une crédibilité maintes fois perdues et, par conséquent, à contenir ou retenir toute remise en question de l’ordre économique sociale et politique existant. C’est que le complotisme de l’Elysée, comme le décrit si bien Frédéric Lordon dans son dernier billet , qui consiste à fantasmer sur des gilets jaunes soit disant contrôlés par l’affreuse main russe afin de se déresponsabiliser n’est nullement décrit dans ce sondage, comme celui des anti-complotistes complotistes souvent macronistes. Hélas, l’auto-analyse, ça n’est pas pour tout de suite non plus. Car en effet il ressort également de cette « enquête » une résistance au complotisme chez les Français qui ont voté Emmanuel Macron à la présidentielle de 2017, mais que l’électorat de Jean Luc Mélenchon, de Marine Le Pen ou de Nicolas Dupont Aignan sont d’avantage sensibles aux théories conspis. Diantre !  

Et s’il y a bien un naïf pour se laisser berner par ce genre de sondage, c’est le journaliste qui, par un mimétisme navrant, s’embourbe dans la brèche à recracher bêtement des conclusions à peine exagérées. « Le fléau du complotisme en France : une menace pour notre démocratie », titre le quotidien régional La Dépêche, « Sondage sur le complotisme : 4 enseignements à tirer », s’inquiète le JDD. Pourtant, il leur fallait seulement cinq petites minutes afin de questionner par téléphone Rudy Reichstag sur sa méthodologie douteuse : quels sont les échantillons ? Sont-ils réellement représentatifs ? Quel est le degré de réponses « trolls » ? Pourquoi ces catégories ? Les réponses sont-elles suffisamment nuancées ? Certains journalistes, décidément en roue libre, n’hésitent pas à conclure, comme sur France inter : « Une enquête qui montre une nouvelle fois que les Français sont de plus en plus perméables aux théories complotistes et notamment les jeunes adultes » (3).

Ils leur suffisaient également pour certains de dix petites minutes supplémentaires afin d’interroger les nombreux raccourcis surprenants qui sont une nouvelle fois effectués ici, c’est-à-dire mettre au même niveau la croyance en la terre plate et le fait que ministère de la Santé soit de mèche avec l’industrie pharmaceutique pour cacher au grand public la réalité sur la nocivité des vaccins, qui relève plus d’une défiance générale envers les institutions qui mériterait d’être interrogée plutôt que blâmée.

Cette confiance aveugle de ces journalistes envers cette enquête sans l’once d’esprit et de recul critique est, elle aussi, très inquiétante. Le sondage ne mérite aucune contre-expertise, ce qu’ils appellent en rédaction ou en école de journalisme le fameux « contre-pied », imposé une fois sur deux en fonction de leur « idéologie » non assumée, lorsque c’est par exemple trop « militant », mais rarement dans ce genre de cas présent. Vivement les analyses incroyablement fines de spécialistes et de chercheurs/euses en tout genre, de Marie Peltier en passant par Tristan Mendes France, qui étaient étonnement bien silencieux lorsque des journalistes accusaient des gilets jaunes d’avoir foutu le feu à des voitures devant le siège du quotidien Le Parisien.

En parallèle de ce qui semble bien être un véritable naufrage journalistique ridiculement cocasse, le journaliste Vincent Glad explique la raison pour laquelle selon lui les journalistes ont tardé à parler des violences policières lors des manifestations des gilets jaunes : « Au début, je ne voulais pas y croire, je me disais que ce n’était pas possible. Le gouvernement ne pouvait pas sciemment demander à sa police de tirer à coup de lanceur de balle de défense sur la tête des manifestants. J’ai l’impression que j’ai été victime de l’habitus journalistique qui fait qu’on se méfie toujours de toute théorie du complot, qu’on est toujours trop mesuré, trop lent avant de s’indigner. Je me disais « ce n’est pas possible, l’État ne peut pas faire ça, ça ne peut être que des bavures isolées ». Tout est dit.

Pourquoi les médias nous bassinent-ils avec leurs rubriques anti-“fake news” ?

A la traîne d’une tendance qui a débuté il y a quelques années, l’indétrônable JT de France 2 s’y est mis aussi : une nouvelle rubrique “faux et usage de faux” viendra éclairer les foyers français, leur “apprendre à lutter contre les fausses infos qui se multiplient avec les réseaux sociaux etc”. Anne-Sophie Lapix et son journaliste Expert de la Vérité en sont convaincu, comme toute la profession : les fausses infos, c’est terrible, et ça ne cesse de croître “avec les réseaux sociaux”. Car on le sait bien, avant internet, avant le téléphone, avant l’école obligatoire, les Infos que les gens se donnaient étaient ultra fiables. On ne cramait pas des prétendues sorcières sur des simples rumeurs, on ne massacrait pas des gens pour des histoires de religion (dans le genre “fake news” l’Eglise catholique a fait beaucoup, et pourtant il n’y avait pas Facebook!).

Bref, c’est très très important et toutes les rédactions s’y sont mises. Les premiers adeptes ont été les journalistes du “Désintox” du Monde, des Gardiens de la Vérité qui ont même fait une petite liste de bonne mœurs, de “Décodex” qui détecte les médias Idéologiques et Biaisés, où l’on apprend par exemple que le Figaro est plus neutre que Fakir. Libération aussi, avec son “Check news”, qui pose des questions du genre “un manifestant a-t-il vraiment été éborgné par la police samedi dernier ?!” – comme si c’était incroyable.

Alors pourquoi cet engouement soudain des journalistes pour la lutte contre les Fausses Infos™ puisque le mensonge et les rumeurs ne datent pas d’hier ? Parce qu’il n’aura échappé à personne que la profession souffre d’un terrible discrédit, qui a sans doute à voir avec le rachat de la quasi intégralité des médias privés par des grands patrons qui s’en foutent totalement de la vérité ou de la fiabilité, le patron de Free (qui possède le Monde, notamment) ayant carrément admis “Quand les journalistes m’emmerdent, je prends une participation dans leur canard et ensuite ils me foutent la paix”. Ou encore de la façon dont tous les éditorialistes ont pris fait et cause pour l’actuel Président de la République, au premier comme au second tour ? Ou bien parce que le premier réflexe de ces gens bourgeois et parisiens face aux débuts des gilets jaunes a été le mépris de classe le plus décomplexé ?

Du coup, pour montrer que l’on sert à autre chose que cirer les bottes de l’ordre établi et prôner des “réformes” néolibérales, se mettre du coté de la Vérité contre le Mensonge constitue une sorte de retour au source pour redorer le blason d’une profession détestée.

Et ça marche ? Pas du tout. Car n’importe quel téléspectateur du JT de 2 se sent bizarre après les quelques lourdes minutes de cette nouvelle leçon de choses : on nous y a raconté hier soir que Noooon, des grenades lacrymogènes n’ont pas été tiré depuis un hélicoptère pendant une manifestation gilets jaunes à Toulouse, mais qu’elles ont été tiré de si loin – “en cloche” – que ça y ressemblait, et que Noooon Gérard Jugnot n’est pas mort. Alors pour Gérard Jugnot, on peut déjà émettre l’idée qu’on n’a pas besoin d’un journaliste pour ça et que pour savoir si quelqu’un est mort, il suffit de lui demander. Ensuite, pour le “désintox” de l’hélico lanceur de grenades, on a envie de dire : Et alors ?! Est-ce plus rassurant de savoir que le bouquet de grenades a été tiré “en cloche” depuis l’autre bout de la place du Capitale, et donc complètement aveuglément (les CRS ne disposant pas d’un système de guidage laser élaboré) et de façon arbitraire ?

Ce n’est pas parce que le journaliste nous donne la Vérité Vraie qu’il n’y a pas de biais dans son analyse et que sa petite rubrique est “neutre”. Car c’est lui qui choisit les questions. Et comme d’habitude, dans les “Désintox” et autre “Vrai du Faux”, c’est toujours au petit peuple qu’on dit “Nooon ce n’est pas la Vérité Vraie”. Derrière cette idée que dans le fond les gens sont débiles et influençables – “surtout à l’heure des réseaux sociaux”- , il y a aussi l’idée que nos élites, elles, disent souvent le Vrai. Et donc on a extrêmement rarement des réponses du genre “Nooooon, le CICE n’a pas crée des tas d’emploi”, ou des questions du genre “Est-il vrai la justice est indépendante ?”

Si chaque média doit créer sa rubrique anti “fake news”, c’est donc d’abord, égoïstement, pour redorer son blason, montrer qu’il recherche vraiment la vérité vraie – c’était pourtant déjà sensée être le cas, mais bon. Ensuite, il s’agit pour les journalistes de chercher à se rendre indispensable en nous rappelant quotidiennement que nous, les gens, le peuple, les-usagers-des-réseaux-sociaux, nous sommes cons et influençables. Et que par conséquent nous avons énormément besoin du JT de France 2, de Libé et du Monde. Enfin, il s’agit rappeler au passage que même si on déteste Macron et qu’on a envie d’envoyer Nathalie Saint-Cricq dans une rizière – payée au SMIC, il nous faut garder à l’esprit que la belle démocratie qu’on veut est drôlement risquée vue comme la moindre vidéo youtube peut buzzer même si elle dit le Faux. Vous voulez vraiment faire un référendum d’initiative populaire après le nombre de Fake News que le Monde et France 2 ont débusqué pour vous ?!

Les riches n’ont aucun mérite

Dans l’imaginaire libéral, il y a des winners et des losers. Des gens « qui réussissent » et d’autres « qui ne sont rien ». Les inégalités, aussi profondes soient-elles, ne sont pas réellement remises en cause car elles sont présentées comme le résultat d’efforts individuels justement récompensés. Ce prétendu mérite repose pour l’essentiel sur la réussite scolaire, avec l’idée que ceux qui ont les meilleures places les ont obtenues par un labeur harassant sur les bancs de l’école et que ceux qui sont en bas de l’échelle sociale, qui subissent le chômage, la précarité, les bas salaires et les conditions de travail les plus usantes ne reçoivent que la monnaie de leur pièce puisqu’il leur aurait suffi de mieux travailler à l’école.

Or, en réalité, il ne suffit pas de faire des efforts. La réussite scolaire dépend fortement de l’origine sociale ; les enfants de cadres réussissent en moyenne bien mieux à l’école que les enfants d’ouvriers et il n’y a pas grand mérite à obtenir des diplômes quand on vient d’une famille riche. Les inégalités de réussite s’expliquent en grande partie par la transmission de ce que les sociologues appellent le capital culturel : les enfants dont les parents sont diplômés acquièrent des dispositions grâce auxquelles ils ont davantage de familiarité avec ce qui est attendu à l’école et donc de meilleures chances de réussite. Par exemple, entendre parler dès le berceau la langue dite soutenue, celle qui est attendue dans les copies d’examen, ou encore fréquenter les musées et les théâtres offre des facilités que n’ont pas ceux qui ne doivent compter que sur l’école pour tout apprendre.

Tout cela est bien connu et cette question a largement été explorée par la sociologie de l’éducation à la suite des travaux de Pierre Bourdieu. Mais il ne faut pas pour autant négliger le rôle joué par le capital économique. En effet, la réussite scolaire tient aussi aux conditions matérielles d’existence, dont on aurait tort de sous-estimer les effets, en particulier dans un monde où les rapports marchands gagnent du terrain. Grandir dans une famille aisée permet d’étudier plus sereinement, dans un plus grand confort, avec un logement plus spacieux, des loisirs et des vacances plus variées, sans devoir travailler trop tôt, etc.

Et surtout, à de nombreuses étapes d’une scolarité, avoir de l’argent peut faire la différence en permettant l’accès à tout un éventail de services marchands, scolaires et parascolaires, qui permettent d’accroître les chances de réussite des enfants de ceux qui peuvent les payer.

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Oui, l’avis de “jojo” vaut mieux que celui d’un ministre de Macron

Ce qui est bien avec Macron, c’est que plus il parle et plus on comprend pourquoi on le déteste autant. Et il a le mérite d’être explicite : il dit tout haut ce que tous les bourgeois comme lui pensent tout bas. Ainsi, se confiant à des journalistes du Figaro et de Paris Match la semaine dernière, il pestait contre les chaînes d’infos en continu où “Jojo avec un gilet jaune a le même statut qu’un ministre ou un député !”. Et ça, ce n’est quand même pas possible.

On notera d’abord l’emploi du surnom “jojo”, qui renvoie à un imaginaire parisien bourgeois du “beauf” avec son ricard et sa moto qui s’appelle forcément “jojo” ou “jacky”. Evidemment “jojo” c’est aussi un petit surnom ridicule, histoire d’insister sur le fait que jojo, face à Monsieur le Ministre et Monsieur le Député, il ferait mieux de la fermer.

Ensuite, voilà qui est intéressant dans la conception de la démocratie selon Macron : On voit vraiment que pour un gars comme lui, le peuple est juste là pour voter sagement tous les 5 ans et la fermer le reste du temps. Et même s’il ne vote pas, ce n’est pas bien grave : élus avec à peine 50% du corps électoral, et donc représentant au mieux 25% des électrices et électeurs quand ils gagnent, nos députés seraient plus légitime. Et les ministres encore plus : eux ne sont pas élus, ils viennent parfois directement du lobbying pour Danone, comme Emmanuelle Wargon, la secrétaire d’Etat à l’écologie (Danone, Ecologie, Danone, Ecologie).

Bref, c’est une conception bien particulière de la souveraineté populaire qu’il nous a exposé hier. On y a appris aussi qu’il est ouvert aux référendums, sur “tous les sujets” sauuuuuf le retour de l’ISF. Bah oui les beaufs, écharpez-vous sur l’immigration, la PMA et la lutte contre “l’assistanat”, et laissez les histoires de fiscalité des riches à leurs copains.

Une chose est sûre : actuellement dans ce pays, tous les jojos ont un avis beaucoup plus fiable sur ce qu’il convient de faire pour le peuple et la planète qu’une ex-lobbyiste de Danone (Wargon), un ex-banquier d’affaire plein aux as (Macron), une ex-DRH licencieuse de chez Danone également (Pénicaud) ou des médecins et hauts cadres du privé qui squattent l’Assemblée Nationale.

Et qu’est-ce que ça a fait du bien de voir débarquer sur les plateaux télés les jojos et les jojottes, avec leurs gilets jaunes, pour contredire les ministres bien peignés et les députés bouffis d’orgueil !

Comme d’habitude, Manu, tu as tout faux.