Égalité femmes/hommes en entreprise, au rapport !

Les femmes représentent près de la moitié de la population active et sont toujours victimes de fortes inégalités dans les entreprises. Pourtant, l’objectif d’égalité entre hommes et femmes est affirmé, réaffirmé, la main sur le cœur par les gouvernements successifs. Il y en a même qui jurent en faire une grande cause nationale. Les employeurs aussi arguent œuvrer chaque jour davantage pour gommer les différences de traitement existantes. De nombreux textes ont été instaurés afin d’obtenir une égalité des chances et d’évolution dans la vie professionnelle. Malgré cela, la situation des femmes n’est toujours pas aussi simple et tranquille que celle des hommes. Alors, atteindre une véritable égalité femmes/hommes au travail, une volonté sincère ou de la poudre de perlimpinpin ?

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Auto-apitoiement des grands médias, saison 35

La corporation des grands journalistes pose un problème de taille à la démocratie : elle est son propre juge. Si toutes les professions passent par le laminoir du jugement médiatique (en ce moment ce sont les cheminots), ce n’est pas le cas des journalistes eux-mêmes. Leurs difficultés et leurs méthodes ne sont traitées que du point de vue de la victimisation.

Ces derniers jours en sont l’énième démonstration : dans le Monde, au JT de la 2,

Le journaliste Laurent Delahousse en plein exercice de son “4e pouvoir” face au président de la République : “C’est pas une légende, vous dormez très peu ?”

dans l’ensemble de la presse magazine, ça se victimise très très fort sur la haine dont les médias seraient l’objet de la part des mouvements politiques d’opposition. Une façon commode pour mettre la France Insoumise et le Front National dans le même sac, ce qui constitue aussi une véritable obsession professionnelle dans ce milieu-là.

Hier soir au JT de la 2, les principes élémentaires enseignés dans les écoles de journalisme n’avaient plus cours : une présentation schématique, aucune explication du phénomène (pourquoi les politiques crachent sur les médias ? pourquoi tant de gens s’en méfient ?) et surtout aucun contradictoire : pas le moindre micro-trottoir pour demander aux “Français” ce qu’ils en pensent, comme il est de mise quand on parle des cheminots par exemple.

 

Une armée de journaliste d’investigation tentant de révéler les dessous de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.

Ça chouine fort dans la corporation, au nom de la “démocratie” et de la “liberté de la presse”, mais c’est un chouinage sélectif : nulle tirade contre le président de la République par exemple, qui a écarté consciencieusement les journalistes de l’Élysée ou qui a insulté l’audiovisuel public. Être tenu en laisse par le pouvoir, aucun problème ! On se souvient de cette meute de journalistes parqués dans une remorque pour avoir l’infinie honneur de filmer une des mises en scène de Nicolas Sarkozy à cheval en Camargue. Il en va de même avec Macron, qui joue au sous-marinier ou au pilote de chasse dans des mises en scènes qui devraient scandaliser tout grand “démocrate” : les journalistes n’y trouvent pas grand chose à redire et jouent le jeu.

On ne trouvera pas non plus un mot contre les grands propriétaires de la presse, ces milliardaires qui régissent les rédactions et achètent titres sur titres.

Derrière ces grandes tirades sur la “liberté d’expression” et le “4e pouvoir”, les grands journalistes veulent le beurre et l’argent du beurre : qu’on les laisse être des larbins du pouvoir et des puissants mais sans subir la moindre critique de la part des citoyens. Qu’ils ne comptent pas sur nous

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Argumentaire à emporter : Contrer les mensonges du gouvernement sur la SNCF

Les libéraux et l’ensemble de la bourgeoisie en rêvaient, Macron et ses sbires vont le faire : S’attaquer à l’anomalie néolibérale que constituent la SNCF et ses cheminots, les priver de leur régime et de leur statut pour en faire une main d’oeuvre moins coûteuse que vont pouvoir se répartir les entreprises privées qui se jetteront sur le juteux marché du rail lorsqu’il sera ouvert à la concurrence. Le réseau, moins rentable, restera à la charge du contribuable, car ce gouvernement est fidèle au premier précepte de ceux qui l’ont précédé : Nationalisez les pertes, privatisez les gains. On ne peut pas se dire surpris, on le sentait venir depuis un moment, avec les intenses campagnes de dénigrement de la SNCF et de ses travailleuses et travailleurs depuis plusieurs mois. Désormais, le gouvernement joue la fermeté thatchérienne et agite la haine et la division parmi la population, en ciblant le cheminot : “Voilà le privilégié !”. Pour contrer cette rhétorique écœurante, plusieurs mensonges sont à dénoncer, plusieurs vérités sont à rétablir :

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Ce qu’ont déjà gagné les gros donateurs de Macron (partie II)

Lorsqu’il se lance dans la campagne présidentielle, le ministre de l’Économie Emmanuel Macron n’a pas d’appareil partisan derrière lui. Pour atteindre les 16,7 millions d’euros qu’il a dépensés dans sa campagne victorieuse (celle de Hamon a coûté 15 millions, celle de Mélenchon 10 millions), il lui a fallu rassembler des fonds en un temps record. Pour cela, une équipe de « fundraising » a été créée à En Marche, chargée d’organiser une série d’événement avec des « gros donateurs », c’est-à-dire ceux qui donnent le maximum autorisé par la loi, 7 500 € par personne et par an. Des têtes de réseaux (surnommées dans les mails de son équipe, que Wikileaks a fait fuiter en juillet 2017, les « PP » pour « poisson pilote ») ont organisé en France mais aussi auprès des résidents français à l’étranger de nombreux dîners où chacun venait écouter le candidat et donnait un chèque en fonction du profit qu’il espérait tirer de son futur règne. Ces donateurs ont été déterminants : en mars 2017, ils représentaient à eux seuls 45 % de la collecte totale. L’équipe du candidat a préféré communiquer sur les « petits donateurs » qui offraient quelques dizaines d’euros via un site web, mais nos informations montrent que leur impact a été faible : le démarrage de la campagne (au printemps 2016) a uniquement été rendu possible par de riches compagnons de route. Pourquoi l’ont-ils fait ? D’abord parce que pour des PDG et des rentiers, 7 500 € ne représentent pas grand-chose, d’autant moins que le don à un candidat donne droit à une réduction d’impôts à 66 %. Ensuite parce qu’ils partagent certainement la vision du monde du candidat, et son coté europhile et pro-libre-échange n’est sans doute pas étranger à la surreprésentation des Français résidant à l’étranger ou dirigeants de filiales de multinationales parmi les donateurs. Il existe aussi des raisons très personnelles qui ont poussé des « poissons pilotes » à offrir leur salon et leur réseau au futur président. Le cas de Gilles de Margerie, organisateur d’un dîner en juillet 2016 et devenu directeur de cabinet de la ministre de la Santé deux semaines après la victoire de Macron, est à cet égard révélateur. Enfin, les gros donateurs ont agi par conscience de classe : ils étaient en droit d’espérer, pour quelques milliers d’euros lâchés et des dîners organisés, faire gagner un président attentif à leurs intérêts, leurs obsessions et leurs rêves. Six mois après la victoire de leur poulain, leurs désirs ont tous été accomplis. Pour cette deuxième partie de notre enquête publiée dans le numéro 13 de Frustration (sortie le 23 février), nous nous sommes attardés sur trois villes où Macron et son équipe ont levé des fonds : Bruxelles, Londres et New York :

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Les inégalités sociales face au risque industriel

17 février, une explosion dans une usine « soumise à autorisation administrative d’exploitation » à Dieppe. Des morts parmi les employés d’un sous-traitant qui intervenaient sur le site. Au-delà du drame, il faut rappeler que le risque industriel est très inégalement réparti dans la population. Dans le numéro 13 de Frustration (en kiosques et librairies vendredi prochain, 23/02), l’article « Polluer plus pour gagner plus ; Ce n’est pas à vous de culpabiliser sur l’état de la planète, c’est aux riches ! [rubrique Criminalité] » revient sur quelques idées reçues, notamment celle comme quoi : « Nous sommes tous égaux face aux désastres ». Beau mais complètement faux !

« Il existe également en France près de 700 sites industriels classés “Seveso”, c’est-à-dire des zones soumises à des réglementations strictes car potentiellement sujettes à des accidents industriels majeurs. Les deux tiers de la population résidant dans ces zones sont des habitants de zones urbaines sensibles. Autrement dit des quartiers en difficulté économique et sociale, confrontés plus qu’ailleurs au chômage et à des inégalités d’accès aux services publics. »

 

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La ruée vers l’or blanc

À en croire les grands médias, aujourd’hui la France part en vacances au ski. Pourtant ce n’est clairement pas le cas : une semaine de vacances pour une famille de 4 personnes dans les Alpes revient en moyenne à 3 600 euros, soit plus de trois mois de smic. Malgré la vision que les riches métropolitains imposent dans leurs médias et malgré la massification de ce tourisme, on est encore loin d’un loisir accessible au plus grand nombre.

Et faut-il souhaiter que ce loisir se développe ? Le réchauffement climatique est toujours plus visible et les pouvoirs publics continuent à aménager la montagne comme si de rien de rien n’était. Dans la station de Macron (La Mongie, Hautes-Pyrénées), pas moins de 29 canons à neige (« enneigeurs » comme on dit poliment) ont été installés avant la saison hivernale ! Et les saisonniers qui permettent que toute cette économie tourne ont un statut de misère. Alors faut-il maintenir sous perfusion d’argent public un secteur économique loin d’être d’intérêt public ?

Dans le numéro 13 de Frustration (en kiosques et librairies vendredi prochain, 23/02), nous avons enquêté sur les dégâts sociaux et écologiques de l’économie de l’or blanc dans les Pyrénées. Extrait.

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Être homosexuel·le en 2018, c’est toujours la merde

De la dépénalisation de l’homosexualité en 1981 à la légalisation des mariages entre personnes du même sexe en 2013, les dernières décennies ont permis aux femmes et hommes homosexuels vivant en France de n’être plus pourchassés ou limités dans leurs droits. Mais ces progrès politiques indéniables occultent trop souvent les conditions de vie réelles des 5 à 10 % de Français non-hétéros. Sur le plan économique, ils restent en moyenne moins bien payés que les hétéros ; sur le plan social, ils subissent encore des discriminations ou du mépris qui peuvent prendre des formes variées ; sur le plan psychique, ils sont surexposés au suicide et à la dépression. En 2018, l’homosexualité reste une caractéristique en contradiction avec la norme dominante qui associe masculinité et sexualité hétéro. Celles et ceux qui en sortent en payent toujours le prix. Cet article vise à raconter à celles et ceux qui ne le vivent pas ce qu’il se passe encore et ce qu’on pourrait changer et à celles et ceux qui ont connu ces étapes de contribuer à atténuer la haine de soi et la honte causées par ce qu’ils perçoivent encore, trop souvent, comme un terrible coup du sort. Il est extrait de notre enquête “en immersion” disponible en intégralité dans le numéro 13 de Frustration.

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Ce qu’ont déjà gagné les gros donateurs de Macron

Les courageux journalistes d’investigation du Monde et consorts ont bien du courage d’attaquer Jean-Luc Mélenchon, une cible facile si on veut être sûr de ne vexer aucun actionnaire ni aucun confrère. De notre côté, nous avons préféré nous pencher sur le financement de la campagne de Macron. Vous vous souvenez des Macron Leaks ? L’ensemble des mails de l’équipe de Macron ont été diffusés sur le web en juillet 2017, et à l’époque personne n’y a trouvé grand chose. Pourtant, cette correspondance montre que dès avril 2016, du temps où il était encore ministre de l’économie, Macron s’est pressé de dîners en cocktails, organisés par des gros bonnets à gros réseaux appelés par son équipe “poissons pilotes”, pour rassembler en un temps record l’argent nécessaire au lancement de sa campagne “hors parti”. Quelques noms en disent long sur la logique implicite de ces dîners pas désintéressés. Voici quelques noms, issus de notre enquête “Retour sur investissement, ce qu’on déjà gagné les soutiens et donateurs du candidat Macron”, qui paraîtra le 23 février :

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Frustration n°13 : Osez l’égalité

SOMMAIRE :

– REPORTAGE : L’Assemblée nationale, zone de non-droit pour les femmes

« Est ce qu’elle a une culotte là-dessous ? », « Cotcotcotcodeq’ », « C’est qui cette nana ? », « mais qui va garder les enfants ? », « NVB suce son stylo très érotiquement », … Ceci est un panel, très succinct, des propos adressés à des femmes politiques, respectivement à Édith Cresson, Véronique Massoneau, Laurence Rossignol, Ségolène Royal, Najat Vallaud-Belkacem. Les médias ont effacé de la mémoire collective les auteurs de ces propos, seules restent en scène, avec cette misogynie qui leur colle aux basques, les femmes qui en ont été les victimes.

– TÉMOIGNAGES : Égalité femmes/hommes en entreprise, au rapport !

Les femmes représentent près de la moitié de la population active et sont toujours victimes de fortes inégalités dans les entreprises. Pourtant, l’objectif d’égalité entre hommes et femmes est affirmé, réaffirmé, la main sur le cœur par les gouvernements successifs. Il y en a même qui jurent en faire une grande cause nationale. Les employeurs aussi arguent œuvrer chaque jour davantage pour gommer les différences de traitement existantes. De nombreux textes ont été instaurés afin d’obtenir une égalité des chances et d’évolution dans la vie professionnelle. Malgré cela, la situation des femmes n’est toujours pas aussi simple et tranquille que celle des hommes. Alors, atteindre une véritable égalité femmes/hommes au travail, une volonté sincère ou de la poudre de perlimpinpin ?

– EN IMMERSION : Être homosexuel·le en 2018, c’est toujours la merde

De la dépénalisation de l’homosexualité en 1981 à la légalisation des mariages entre personnes du même sexe en 2013, les dernières décennies ont permis aux femmes et hommes homosexuels vivant en France de n’être plus pourchassés ou limités dans leurs droits. Mais ces progrès politiques indéniables occultent trop souvent les conditions de vie réelles des 5 à 10 % de Français non-hétéros. Sur le plan économique, ils restent en moyenne moins bien payés que les hétéros ; sur le plan social, ils subissent encore des discriminations ou du mépris qui peuvent prendre des formes variées ; sur le plan psychique, ils sont surexposés au suicide et à la dépression. En 2018, l’homosexualité reste une caractéristique en contradiction avec la norme dominante qui associe masculinité et sexualité hétéro. Celles et ceux qui en sortent en payent toujours le prix.

– HISTOIRE : Le passé est-il (forcément) sexiste ? Trois époques de l’histoire des femmes en Occident

D’un côté, on a parfois l’impression que le chemin vers l’égalité des sexes est un processus linéaire et acquis, presque automatique ; de l’autre, côté réac’, on entend que « les femmes n’incarnent pas le pouvoir » (dixit Zemmour) et que si leur « rôle traditionnel » doit les renvoyer aux fourneaux, ce n’est pas plus mal ! Dans un contexte où la question du rapport femmes-hommes est toujours plus d’actualité, il n’est sans doute pas inutile de prendre quelques siècles de recul et de revisiter trois périodes historiques charriant avec elles un certain nombre d’a priori sur la vie et le statut des femmes. Alors, le passé est-il (forcément) sexiste ?

– MACRONIE: Retour sur investissement. Ce qu’ont déjà gagné les soutiens et donateurs du candidat Macron

Lorsqu’il se lance dans la campagne présidentielle, l’ex-ministre de l’Économie n’a pas d’appareil partisan derrière lui. Pour atteindre les 16,7 millions d’euros qu’il a dépensés dans sa campagne victorieuse, il lui a fallu rassembler des fonds en un temps record. Pour cela, une équipe de « fundraising » a été créée à En Marche, chargée d’organiser une série d’événement avec des « gros donateurs », c’est-à-dire ceux qui donnent le maximum autorisé par la loi, 7 500 € par personne et par an. Des têtes de réseaux (surnommées dans les mails de son équipe, que Wikileaks a fait fuiter en juillet 2017, les « PP » pour « poisson pilote ») ont organisé en France mais aussi auprès des résidents français à l’étranger de nombreux dîners où chacun venait écouter le candidat et donnait un chèque en fonction du profit qu’il espérait tirer de son futur règne. Ces poissons pilotes et ces donateurs étaient en droit d’espérer, pour quelques milliers d’euros lâchés et des dîners organisés, faire gagner un président attentif à leurs intérêts, leurs obsessions et leurs rêves. Six mois après la victoire de leur poulain, leurs désirs ont tous été accomplis. de Paris à Bruxelles en passant par New York, retour sur ces réseaux et leurs récompenses.

– MOT-CLÉ : Fisc Wars : La guerre contre les fraudeurs du fisc freinée par le verrou de Bercy

« Je n’ai pas, je n’ai jamais eu de compte en Suisse, à aucun moment, et la réponse apportée aux autorités françaises par la Suisse, permettra, je l’espère, très vite, et le plus vite serait le mieux, d’en finir, avec ces saletés », déclarait l’ancien ministre délégué au Budget Jérôme Cahuzac en 2013, depuis condamné à trois ans de prison ferme et cinq ans d’inéligibilité en première instance pour fraude fiscale et blanchiment de fraude fiscale. En parallèle, la banque suisse Reyl, qui avait participé à cacher cet argent, et le banquier de Jérôme Cahuzac ont également été condamnés à respectivement 1,875 million et 375 000 euros d’amende. On pourrait penser que cette affaire serait emblématique de la faute morale et du mensonge maladif d’un seul homme, mais elle révèle l’absurdité d’un système dont l’une des pierres angulaires est ce que l’on appelle dans le jargon fiscal le « verrou de Bercy ». En réalité, le verrou de Bercy est bien plus qu’un simple cadenas institutionnel dans le processus de poursuites judiciaires pour fraude fiscale, il en est la clef de voûte.

– ENQUÊTE : La ruée vers l’or blanc. Enquête sur la fuite en avant d’un modèle touristique insensé

Pendant les fêtes de fin d’année, les télévisions nous ont abreuvés d’images volées d’un chef de l’État descendant tout sourire les pistes du Grand Tourmalet – le domaine skiable de la station de La Mongie (Hautes-Pyrénées) dont il est un habitué depuis son plus jeune âge – entouré de nombreux gardes du corps, s’arrêtant seulement pour confirmer qu’il fallait davantage contrôler les chômeurs. Il est bon de rappeler que les sports d’hiver sont un loisir que seuls 8 % de Français privilégiés peuvent s’offrir régulièrement. Alors pourquoi en parler dans Frustration ? Parce que les sports d’hiver, c’est aussi une économie, celle de l’ « or blanc » qui, durant des décennies d’exode rural, a certes limité les dégâts dans les vallées en sauvegardant de l’emploi local, mais au prix d’aménagements de tourisme de masse ruineux, incompatibles avec la sauvegarde d’un environnement sauvage et qui profitent finalement peu à l’économie locale et à ses travailleurs. La question qui se pose est : faut-il maintenir sous perfusion d’argent public un secteur économique loin d’être d’intérêt public ?

– CRIMINALITÉ : Polluer plus pour gagner plus. Ce n’est pas à vous de culpabiliser sur l’état de la planète, c’est aux riches !

Plus on est riche, plus on pollue. C’est ce que l’ONG britannique Oxfam a démontré dans un rapport intitulé « Inégalités extrêmes et émissions de CO2 » en 2015. Pourtant, à l’heure où le gratin international multiplie les déclarations de bonnes intentions environnementales et les confessions larmoyantes, les gouvernements occidentaux, à commencer par le gouvernement français, s’entêtent à répéter qu’il est question de prise de conscience individuelle. Et tant que l’on continue de dénoncer la paille dans l’œil du voisin, on ne regarde pas la poutre dans le sien. Habile. Mais les « petits gestes pour la planète » ne suffiront pas. C’est le pouvoir des très riches qu’il faut réduire. Et la neutralisation de leur pouvoir de nuire commence par comprendre comment ils nous enfoncent dans la crise écologique. Décryptage.

– SPECTACLE : Blockbuster, un mash-up anti-élites

« Blockbuster », c’est le nom du mash-up joué par les comédiens liégeois du Collectif mensuel, qu’on peut voir ce printemps sur les planches de nombreux théâtres de France. Le concept du mash-up, c’est de détourner des films hollywoodiens en faisant un nouveau montage à base d’extraits de films avec doublage, musique et bruitage parodiques. Le mash-up le plus connu est sans doute celui réalisé par Michel Hazanavicius (OSS 177) dans les années 1990 : La Classe américaine (Le Grand Détournement). L’originalité du mash-up qui nous occupe, c’est qu’il est réalisé en direct sur scène.

– ET AUSSI : Nos actualités du semestre passé et la présentation de l’équipe de rédaction, qui a bien grandi (16 personnes ont travaillé à l’élaboration de ce numéro)

 

Sortie le 23 février 2018 en kiosque et librairie.

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Du cas individuel de Jérôme Cahuzac au scandale politique du Verrou de Bercy

Cette semaine, le procès en appel de Jérôme Cahuzac rappelle à toutes et tous l’épisode navrant et profondément choquant de ce ministre du budget en charge des questions fiscales démasqué par le journal Mediapart pour sa fraude fiscale et ses mensonges répétés, y compris devant l’Assemblée Nationale. Le traitement médiatique du procès fait la part belle aux considérations individuelles, souvent teintées de complaisance : Les articles et reportages insistent beaucoup sur la peur de l’ex-ministre de connaître la prison, comme si ce n’était pas le cas de n’importe quel délinquant. Cahuzac est pourtant l’arbre scandaleux qui cache la forêt d’un laxisme institutionnalisé à l’égard des gros fraudeurs du fisc. Cet extrait de notre enquête “Fisc Wars : la guerre contre les fraudeurs du fisc”, issue du numéro 13 de Frustration (sortie le 23 février 2018), revient sur les contours de ce dispositif discrétionnaire et dérogatoire au cours normal de la justice :

Le verrou de Bercy désigne un mécanisme juridique obscur d’autorisation de poursuites pénales en cas d’infraction fiscale qui repose sur le monopole de l’administration fiscale (et donc du ministre des Finances) et sur un avis contraignant d’une autorité administrative indépendante appelée la commission des infractions fiscales (CIF). Cette commission, créée en 1977, est composée de huit conseillers d’État, huit conseillers-maîtres à la Cour des comptes, quatre magistrats honoraires de la Cour de cassation et quatre personnalités nommées par les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat.

En préalable, il faut comprendre que nous parlons bien ici de poursuites pénales devant des institutions judiciaires et non de « poursuites fiscales » au sens par exemple de pénalités qui pourraient être décidées par l’administration. Si la commission des infractions fiscales donne un avis favorable à la demande de poursuites pénales par l’administration envers un contribuable, alors la direction générale des finances publiques peut les engager. Dans le cas contraire, toute plainte déposée sans avis favorable de la commission est jugée irrecevable.

Concrètement, cela signifie que si l’administration fiscale veut engager des poursuites pénales pour fraude fiscale contre un contribuable, elle doit avoir l’aval de son chef institutionnel, le ministre des Finances, et de la commission des infractions fiscales.

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