L’élite adore encore la guerre

Notre armée a commencé, depuis le début de l’automne, une série de bombardements sur les positions de l’Etat islamique (Daesh) en Syrie. Ces bombardements présentent des risques pour les pilotes en service sur le front, coûtent très cher à nos finances publiques et font de la France un État interventionniste, belliqueux et aligné sur les Etats-Unis. Et pourtant ni nous, citoyens, ni même notre Parlement, n’avons été consultés.

C’est le quatrième pays dans lequel la France intervient simultanément. Notre armée est présente aux côtés des Américains en Syrie, mais aussi en Irak, en Centrafrique et au Mali. Nous l’oublions tous régulièrement car nos médias en parlent assez peu. Nous ne savons pas grand-chose des réalités de ces engagements militaires, et on ne nous en demande pas plus. L’élite au pouvoir pense pour nous et tous ses membres sont très enthousiastes vis-à-vis de ces guerres et ont réussi à en faire un devoir moral. Comment s’y sont-ils pris ?

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Frustration au 25ème Salon de la revue

A une époque où la presse se concentre toujours plus entre quelques mains qui aiment décrire le monde selon leurs principes (chemise de patron déchirée = drame horrible / Milliers de licenciement = mal nécessaire), les productions alternatives et indépendantes méritent d’être soutenues. Frustration sera, avec d’autres, au Salon de la revue à Paris !

Si vous êtes en région parisienne, passez nous voir, nous serons tout à fait disponible pour discuter de notre projet, de vos idées de contributions ou de vos critiques !

Scandale Volkswagen : On ne peut pas attendre du capitalisme qu’il soit moral ou écologique.

Scandale Volkswagen : On ne peut ni attendre du capitalisme qu’il soit écolo, ni qu’il soit moral. Journalistes, politiques et “experts” qui nous affirment le contraire sont soit très malhonnêtes, soit de gros gros naïfs !

Dans un débat entre un économiste “de gauche” (Alternatives économiques) et un économiste “libéral” (citant à foison le technocrate Jean Tirole), ce matin sur France Inter​, nous pouvions entendre les deux idioties classiques qu’on nous sort en cas de “scandâaale” de ce genre :

1) Position “libérale” : “il faut de la déontologie, il faut dire aux patrons d’être moins méchant et plus “verts”. Le patron de VW est en cause personnellement” : Cette position nous prend pour des crétins ignorants du fonctionnement de l’économie de marché, où l’objectif est de rémunérer ses actionnaires, pas de planter des arbres ou d’être “gentil”.

2) Positions “sociale-démocrate” : “il faut plus de régulation, que les États et la “société civile” aient leur mot à dire pour contrôler ça” : Cette position “bisounours” oublie que les entreprises qu’on souhaite “réguler” sont des monstres financiers, désormais plus riches que les États, dont les dirigeants possèdent journaux et chaines de télé, envoient des milliers de lobbyistes tapiner au parlement européen, et ont pour eux une foule de politiques près à se faire graisser la patte. Même des allemands prétendument vertueux et rigoureux.

Les grandes entreprises du capitalisme contemporain sont trop puissantes pour être “régulées” et encore moins “moralisées”. On n’aurait jamais du laisser des intérêts privés être aussi tentaculaires, et la seule solution pour remettre de la morale dans l’économie mondiale et sauver la planète serait de décapiter ces cartels et de les ramener sous contrôle démocratique.

Une baisse des inégalités, vraiment ?

Depuis ce matin, radios et journaux titrent sur la baisse des inégalités. Un rapport de l’INSEE est en effet sorti, et il porte sur les chiffres de 2013. Selon ce rapport, alors que les inégalités avaient considérablement augmenté entre 2008 et 2012, elles auraient diminué entre 2012 et 2013.

Certains responsables socialistes se félicitent déjà, comme si un gouvernement pouvait avoir fait reculer les inégalités sociales en 6 mois.

A y regarder de plus près, la petite hausse du niveau de vie des pauvres peut en partie s’expliquer par l’augmentation du temps de cotisations des nouveaux chômeurs : Fin 2013, les personnes au chômage étaient en moyenne plus âgées que l’année d’avant. Elles avaient donc cotisé plus longtemps avant de perdre leur emploi et étaient par conséquent mieux indemnisées, nous dit le rapport de l’INSEE.

Ensuite, concernant cette prétendue baisse de la pauvreté, l’Observatoire des inégalités nous rappelle que la pauvreté est calculée à partir d’un pourcentage du revenu médian (celui qui partage 50% de Français touchant plus, et 50% moins). Or, comme celui tend plutôt à stagner ou diminuer, le niveau du seuil de pauvreté diminue et donc des gens “sortent” de la pauvreté théorique. On ne peut donc pas dire qu’il y a moins de pauvres qu’avant : la situation des gens n’a pas changé, mais la définition de la pauvreté est plus restrictive du fait du marasme général.

Que penser ensuite de la baisse de niveau de vie des 10% les plus riches ? Serait-ce l’effet de la politique fiscale agressive de Hollande ? Sans doute pas. Cette baisse est à mettre en parallèle avec la hausse spectaculaire de l’exil fiscal en 2013 : + 40% !
Comme les enquêtes de l’INSEE sont basées sur les revenus déclarés, on peut légitimement penser que l’institut sous-estime nécessairement les revenus des plus riches, passés champions dans l’art de la dissimulation.

Cette capacité des élites à se réjouir et à grossir la moindre enquête qui prouveraient que leurs politiques de classe sont en réalité égalitaires ou efficaces tiennent de la tentative grossière de manipulation. Heureusement les citoyens ne sont pas dupes.

Pourquoi aimer l’impôt

LES CINQ BONNES RAISONS DE NE PAS JETER LE BÉBÉ AVEC L’EAU DU BAIN

La haine de l’impôt est un sentiment qui se répand dernièrement comme une traînée de poudre. Le travailleur qui peine à boucler son mois et le rentier qui veut garder son or se rejoignent pour contester l’impôt. Par haine de l’impôt, nous nous retrouvons à faire preuve d’empathie envers des puissants qui seraient « spoliés » de leurs biens par l’État, et à voir les plus pauvres comme des « assistés ».

Cette mascarade a trop duré. Il est temps de rétablir quelques vérités sur la fiscalité. Vous payez vos impôts la mort dans l’âme ? C’est terminé : Frustration vous donne les cinq bonnes raisons de le faire avec entrain.

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Service après-vente du capitalisme ? L’École face à la misère sociale

Les enseignants des zones d’éducation prioritaires de Marseille et de région parisienne mènent en ce moment un mouvement de grève et de manifestations, soutenus par les parents d’élèves. Regroupés autour du collectif Touche Pas à Ma ZEP, ils réclament la prise en compte des difficultés qui touchent leurs établissements et l’obtention d’un statut unique et clair pour l’éducation prioritaire. Qui sont ces profs qui amputent leur salaire en poursuivant cette grève depuis la rentrée de janvier ? Pour bien saisir les difficultés considérables et les contradictions auxquelles ils sont soumis, nous republions une analyse en forme de témoignage, réalisé pour notre n°3 par un de nos contributeurs, professeur à Marseille.

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L’Union Européenne déteste la démocratie : détestons l’Union Européenne

Lundi matin le réveil fut rude.  Nous apprenions que le gouvernement grec avait accepté les « réformes » demandées par les ministres des Finances européens, au sein de l’ « Eurogroupe », à commencer par le sinistre ministre allemand, Wolfang Schaüble, un défenseur fanatique de l’ordre capitaliste. C’est une terrible déconvenue pour ceux qui se soucient du sort du peuple grec. Avant de tirer les conclusions qui s’imposent, résumons ce qu’il s’est passé ces deux dernières semaines :

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Présentation-Discussion de Frustration, Samedi 4 juillet

ÉVÉNEMENT FRUSTRATION :

Samedi 4 Juillet, une partie de l’équipe de Frustration fera une présentation publique du n°4 et de la démarche de notre revue à la librairie “La lucarne des écrivains”, dans le 19ème arrondissement de Paris.

Nous parlerons de notre manière d’écrire, de notre hostilité à l’égard des trucs intellos ou militants de la vieille école, de notre propos sur la démocratie, du pouvoir des lobby de l’agroalimentaire et des mythes autour du caractère intrinsèquement démocratique d’internet.

C’est un format présentation puis discussions avec la salle (c’est un petit truc, une vingtaine de personne, pas intimidant pour un sous).

Vraiment, si Frustration vous intéresse, si vous avez des questions à nous poser, si vous avez des idées d’articles ou de participation mais que vous nous trouvez pour l’instant trop fond noir et impersonnel (on nous dit parfois ça parce que nos articles pas signés), venez nous voir, on pourra discuter et ça sera certainement très sympa !

C’est à 19h30, dans cette librairie située 115 rue de l’Ourq, métro Crimée, sur la ligne 7

A samedi !

Pourquoi refuser d’être des « vrais hommes »

Les conservateurs comme Éric Zemmour, Alain Soral et les membres de la Manif pour tous nous racontent que la société s’est dévirilisée, et qu’il faudrait restaurer le règne des vrais bonshommes pour résister à la crise morale et économique. Rien n’est plus faux : parents, médias et institutions apprennent toujours aux hommes à vouloir devenir des « vrais hommes », et cela nous nuit à tous, hommes ou femmes, homosexuels, bisexuels ou hétérosexuels, en tant qu’individus et en tant que collectif.

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Sortie de FRUSTRATION n°4 Vendredi 19 Juin

Vendredi sortira le 4ème Frustration. Cela fera un an que nous diffusons la revue, et nous vous avons préparé un numéro spécial démocratie. Entre le 49.3 et le chantage à la Grèce, nous sommes de saison ! Voici notre édito et notre sommaire :

EDITO

Il y a 10 ans, les Français rejetaient à 54,68 % des suffrages exprimés (69 % de participation) le traité constitutionnel européen. Peine perdue, 2 ans plus tard les dirigeants de l’Union européenne nous décrétaient incompétents et instituaient le traité de Lisbonne, voté cette fois par le Parlement en France, à une très large majorité. L’élite politique a décidé pour nous, au plus grand bénéfice de l’élite financière.

En écrivant ce numéro 4, en s’intéressant à des sujets qui nous concernent tous les jours, comme Internet, fausse utopie égalitariste ne profitant en fait qu’à quelques-uns, ou bien notre alimentation, monopolisée par une poignée de multinationales, ou encore l’École, qui n’est pas en mesure de dispenser le même enseignement à tous ses élèves, nous en sommes venus à nous dire que c’est cette absence de démocratie qui est à la base de toutes les inégalités : nous subissons au quotidien des choix qui ne sont pas les nôtres mais ceux de l’élite politico-financière, à son unique profit.

Et c’est devenu très grave car, en France, entre 2008 et 2012, alors que les revenus annuels des 10 % les plus riches ont augmenté de 450 euros, ceux des 40 % du bas de l’échelle ont subi une baisse de 400 à 500 euros (Observatoire des inégalités / INSEE). Par conséquent, ce sont 440 000 enfants supplémentaires qui sont devenus pauvres dans le même temps (selon une étude de l’Unicef rendue publique le 9 juin dernier).

Pourtant, beaucoup de gens se désintéressent de « La Politique ». Beaucoup s’abstiennent. Et ils ont raison, vu ce qu’on nous propose. En France, la bonne vieille politique politicienne, où un siège d’élu passe avant un programme. En Grèce, un gouvernement populaire voulant redistribuer les richesses et qui se retrouve étranglé par ses créanciers. Des institutions internationales imposées par l’élite qui tient à nous montrer que non, il n’y a décidément pas d’alternative.

Ne votons qu’à condition qu’on arrive à avoir un mouvement politique qui, comme en Espagne, abandonne le clivage droitegauche qui ne signifie plus rien, dise ciao aux élus et aux installés, établisse un programme clair et démocratique dont un des objectifs principaux serait de réduire considérablement le pouvoir de l’élite. Peut-être même ne faudrait-il pas l’attendre, ce mouvement, mais le faire ?

SOMMAIRE :

La Preuve que nous ne sommes pas en démocratie
La démocratie, on se l’est mise derrière l’oreille : on vote, et pourtant on n’a aucun contrôle sur ce qui nous arrive. Cet article nous démontre par A+B que tout ceci n’est pas qu’une impression. Car si nous n’avons aucun contrôle, ce n’est pas que l’intérêt général ou le consensus gouverne, c’est qu’une élite politico-financière a détourné nos institutions à son profit.

Le capitalisme en ligne. Internet n’est pas encore l’utopie rêvée
Internet, Eldorado de la démocratie ? Pas si sûr ! L’utopie voudrait pourtant que les inégalités s’effacent derrière les écrans de nos ordinateurs, que du plus pauvre au plus riche, chacun puisse avoir accès aux mêmes savoirs et aux mêmes chances de réussites. Mais Internet n’est pas gratuit : il demande du matériel, des connaissances, du temps que tous ne partageons pas. Comme « dans la vraie vie », les inégalités traditionnelles intimement liées au système capitaliste persistent et profitent à une poignée de grands groupes « 2.0 ».

Perdu au supermarché. Comment reprendre le pouvoir sur notre alimentation ?
On ne sait plus quoi acheter qui ne soit pas écologiquement nuisible ou dangereux pour notre santé : c’est normal, car une dizaine de multinationales vendent l’essentiel des marques disponibles et contrôlent l’information et l’expertise scientifique sur le sujet. Notre article “Perdu au supermarché” vous montre comment, et donne quelques pistes pour s’en sortir”

L’école, service après-vente du capitalisme ? L’école face à la misère sociale.
Nous avons parlé de l’École de manière plutôt théorique dans notre numéro 3. Cette fois-ci, nous avons décidé d’aborder la question scolaire par le biais d’un témoignage argumenté, réalisé par un nouveau contributeur qui partage son expérience professionnelle pour ce numéro 4 de Frustration