Campagne de financement participatif pour diffuser Frustration en kiosque

Chères lectrices et chers lecteurs,

Après trois ans d’activité bénévole et de diffusion dans un réseau de librairies, nous souhaitons franchir un cap ! Vous trouverez dans cet article les contours de ce projet et les raisons qui nous poussent à vous demander votre soutien. Petite nouveauté, nous présentons les quatre personnes qui sont derrière le fonctionnement quotidien de Frustration. Bonne lecture !

La rédaction

La Suite

L’esprit coursier contre le capitalisme: Quand les ex-coursiers de l’entreprise Take Eat Easy menacent l’uberisation du travail

On les croit souvent en concurrence, isolés les uns des autres, endormis par des entreprises qui leur promettaient le rêve de liberté des entrepreneurs tout en les rendant plus exploitables que les moins protégés des salariés. Dans les grandes villes de France, on peut les voir filer à toute vitesse, énorme sac cubique sur le dos, pour tenir leur temps de livraison. On peut parfois en voir cinq ou six affalés sur un banc, le vélo posé non loin d’eux, le smartphone à la main, en train de recharger leur batterie ou d’attendre un nouveau trajet. Les coursiers à vélo, auto-entrepreneurs et fiers de l’être, n’avaient sans doute pas l’air à la pointe du combat contre le libéralisme. Après tout, ce n’était pas eux qui débattaient à Nuit Debout et qui tenaient tête au pouvoir dans les cortèges des manifestations contre la loi Travail. Eh bien on se trompait. On avait sous-estimé leur (conscience de) classe et leur débrouillardise, et surtout leur sens de la solidarité. Pour cette fin d’année 2016, nous voulons vous raconter une histoire qui vous donnera foi en vos collègues et vos concitoyens et courage pour vos combats futurs : elle raconte la victoire de l’esprit coursier contre les combines du capitalisme 2.0 [Article extrait du n°8 de Frustration – « L’esprit coursier contre le capitalisme » – octobre 2016]

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#TouchePasAMonHeetch : la communication cynique d’une entreprise ubérisée

Quand une entreprise de l’ubérisation récupère les codes de la rébellion et instrumentalise la jeunesse populaire pour sauver ses profits

Nous faisons sans doute partie de la cible publicitaire définie par l’entreprise Heetch auprès de Facebook, Google et autres géants du web qui vendent à des entreprises les services de leur algorithme pour toucher une population spécifique. Grâce à ces techniques, l’entreprise Heetch envoie aux jeunes adultes urbains  que nous sommes une vidéo accompagnée du message suivant « Notre procès a lieu le 8 décembre et rien n’est plus fort que vos mots pour nous défendre. Faites entendre votre voix ! #TouchePasAMonHeetch ». La vidéo met en scène des jeunes de toute condition sociale et de toute couleur de peau, tous séduisants et avenants, en train de décrire les services que Heetch leur rend, notamment les ramener en banlieue lorsqu’ils font la fête en ville (Les images qu’on nous montre pourraient être celles d’une grande ville comme Paris ou Lyon). Leur voix est pleine d’empathie pour la plate-forme de chauffeurs privés, et leur ton est dur à l’égard de ceux qui s’en prennent à elle : les taxis – « un seul sur quatre accepte de me ramener en banlieue » et les pouvoirs publics – « Si l’État a un problème avec Heetch, j’suis en état de dire que j’ai un problème avec lui ». Une jeune femme va jusqu’à dire, d’un ton décidé « Heetch est un service d’intérêt public, je descendrai dans la rue s’il le faut ! ». La vidéo se termine sur le hashtag « #TouchePasAMonHeetch », directement inspiré du célèbre slogan du mouvement anti-raciste des années 1980 « Touche pas à mon pote ».

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Fillon ou Juppé : Bourgeoisie vraiment affamée cherche candidats faussement « modérés »

Les grands vainqueurs du premier tour de la primaire de la droite (et soi-disant du centre) sont ceux qui, pour prendre le contrepied du petit teigneux Sarkozy, ont joué le rôle des grands garçons sages et modérés, Fillon et Juppé, Juppé et Fillon. Pourtant leur sagesse et leur modération se révèlent un grave danger pour la très grande majorité de la population puisque l’un comme l’autre promettent un « choc libéral » à la Thatcher et demandent aux Français de « faire des efforts » (travailler plus en gagnant moins ou troquer des statuts un minimum protecteurs pour celui d’auto-entrepreneur). Juppé a prévenu : « Il faut des réformes radicales, ça va être difficile » (Tf1 le 6 novembre). Services publics, droit du travail, protections sociales : ils veulent tout détruire. Il n’y en a pas un pour rattraper l’autre, le deuxième tour de la primaire sera donc un duel fratricide : candidat des riches contre candidat des riches.

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Macron, et un candidat de l’oligarchie de plus !

Aujourd’hui, l’ancien ministre de l’Économie de François Hollande a annoncé sa candidature à la présidentielle. Quel scoop ! Un faux suspense savamment calculé par Macron et son équipe et transformé en feuilleton politique vaguement excitant par une presse totalement soumise au plan de communication de celui qu’ils décrivent comme le « trublion » ou le « briseur de tabous » de la présidentielle à venir. De l’Express (qui a ouvertement pris parti pour lui) à l’Obs (qui frissonne de plaisir à l’entendre dire que les 35 heures sont de l’histoire ancienne), en passant par les grandes chaînes de télé et radio, un seul mot d’ordre : Macron est le candidat du renouveau. Mais ce discours s’auto-alimente sans reposer sur le moindre fondement. Le programme du candidat, à peine évoqué, donne pourtant de nombreux indices sur le degré de « nouveauté » ou la posture « anti-système» de l’ancien secrétaire général adjoint de l’Élysée. Quant à son parcours, il met plutôt en lumière l’appartenance de classe d’Emmanuel Macron. Rétablissons donc les faits : Macron est un membre de l’oligarchie dont le programme politique est l’extension de ses profits et de ses privilèges, grâce à des réformes économiques nous ramenant au 19e siècle.

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Trois ans de Frustration et beaucoup d’espoir – Invitation à fêter ça avec nous

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Chères lectrices et chers lecteurs,

Il y a trois ans nous nous réunissions à quelques amis pour lancer un projet de revue papier susceptible de rendre accessible au plus de monde possible une critique de notre société qui nous semblait généralement réservée aux plus diplômés et aux plus politisés. Un numéro pilote en est sorti, tiré à 50 exemplaires, et trois ans plus tard de gros progrès ont été accomplis : Frustration n°8 a été envoyé à nos cent abonnés, il est présent dans 45 librairies en France et, grâce aux bonnes ventes des précédents numéros et du n°7 en particulier, nous sommes à l’équilibre financier sans le moindre apport extérieur, subvention ou publicité.

Pour fêter ces trois années de travail et parler de la suite, nous invitons nos lecteurs, nos abonnés et nos contributeurs à venir nous rejoindre le vendredi 4 novembre à l’étage du bar La Comédie, 11 rue de la Reynie à Paris (métro Châtelet, Les Halles ou Rambuteau) à 19h.

Ce sera l’occasion d’échanger autour d’un verre et de parler de nos frustrations, de nos espoirs et de nos projets pour une société meilleure. C’est important pour nous que tous ceux qui ont la possibilité de venir (c’est-à-dire qui vivent en Ile de France) se sentent légitime de le faire ! Toute l’équipe sera présente, c’est-à-dire le collectif éditorial et les contributeurs, et nous avons prévu quelques cadeaux pour nos invités. Et pour celles ou ceux qui ne l’ont pas encore, ce sera l’occasion de se procurer le n°8 !

Au plaisir de vous voir le 4 novembre,

la rédaction : Benjamin, Benoit, Nicolas, Thibaut

 

Sortie du n°1

Jean-Charles Naouri : parcours d’un capitaliste « de gauche »

 Jean-Charles Naouri est l’ancien directeur de cabinet du ministre des Finances du gouvernement socialiste de 1982 à 1986 et il est défini comme l’ « architecte principal de la dérégulation des marchés financiers » par… Wikipédia. Aujourd’hui, le brave homme est à la tête du groupe Casino (Leader Price, Monoprix, Casino) qui vend de la nourriture industrielle dangereuse pour la santé en exploitant les agriculteurs et les petits commerçants en France et dans le monde. Comme beaucoup d’autres, il est coupable d’avoir pris à la collectivité pour donner au secteur privé et, au passage, s’en mettre plein les poches. Portrait d’un homme clef du triomphe contemporain de l’oligarchie française.

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« La politique je n’y connais rien »: Pourquoi la compétence politique n’existe pas

« Moi je n’y connais pas grand-chose en politique ». Qui n’a pas déjà entendu cette réaction de la part de parents, d’amis, de collègues, lorsqu’une discussion sur les grands problèmes du pays ou du monde est lancée ? Beaucoup de gens se censurent et s’estiment trop incompétents pour avoir un avis sur notre système économique, nos institutions, nos lois en général. Si l’on côtoie des gens diplômés ou des militants politiques, on entend également ce genre de constat mais pour les autres cette fois-ci : « les gens ne sont pas compétents » pour décider sur telle ou telle question, et il ne faudrait pas multiplier les référendums car non seulement nos concitoyens ne comprendraient pas toujours les enjeux mais en plus ils risqueraient d’y exprimer leurs plus bas instincts.

Il faut dire que nous sommes tous élevés avec l’idée que la politique est une affaire de grands esprits et que le peuple se trompe souvent. Notre classe politique nous le rappelle régulièrement : encore dernièrement, lorsque les citoyens britanniques ont voté pour la sortie de l’Union européenne (le brexit), une grande partie du personnel politique et des éditorialistes français s’est récriée d’une même voix : il ne fallait pas leur demander c’était bien trop sérieux ! Alain Minc, conseiller du pouvoir français depuis des décennies, a exprimé franchement le préjugé : « le Brexit, c’est la victoire des gens peu formés sur les gens éduqués ». Cette croyance en la supériorité de quelques-uns sur la masse est un argument massue pour notre élite, qui peut faire passer en force de nombreuses lois contre l’opinion de la majorité des gens sous prétexte que ceux-ci n’y connaîtraient rien et ne seraient pas aptes à penser le long terme. À Frustration, nous défendons depuis notre premier numéro l’idée que nous sommes tous à égalité face à la politique et que « les gens éduqués » ne sont en rien supérieurs aux « gens peu formés » pour prendre les décisions. Pour que ceux qui se sentent incompétents arrêtent de se censurer et qu’on cesse de suivre aveuglément les « gens cultivés » de tout bord, nous montrons ici que la compétence politique, ça n’existe pas.

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Pour qui travaille Michel Sapin ?

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Michel Sapin est un ministre important du gouvernement de Manuel Valls. Il a été ministre du Travail, puis des Finances et des Comptes publics, attributions auxquelles s’est ajoutée, fin août, l’Économie. Il est à ce titre un chantre de l’austérité et de la prudence budgétaire, incitant les Français à se serrer la ceinture. Or, ce régime a nettement profité aux grandes entreprises, qui ont quant à elles bénéficié des largesses budgétaires et du laxisme réglementaire du gouvernement. Michel Sapin s’est particulièrement illustré dans cette bienveillance générale à l’égard du secteur privé : de sa promotion du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) à sa réalisation d’une loi très molle contre la fraude fiscale (« Sapin 2 »), en passant par son refus de réclamer à Apple les impôts que le géant américain devait à la France, il est devenu de plus en plus évident que l’action du ministre de l’Économie et des Finances ne jouait pas en faveur de la majorité des citoyens. Si Michel Sapin ne travaille pas pour nous, pour qui travaille-t-il donc ?

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Nouvelle rubrique web : « Le visage des puissants »

Chères lectrices et chers lecteurs,

Frustration est avant tout une revue papier, mais nous fonctionnons sur nos deux jambes grâce à internet qui nous permet de rencontrer de nouveaux lecteurs et de communiquer avec eux. C’est pourquoi nous produisons aussi des contenus inédits destinés à la lecture sur le Web. C’est pour cet usage que nous ouvrons une nouvelle rubrique de chroniques web, intitulée « le Visage des puissants ». Cette rubrique fait écho au fameux discours de campagne de François Hollande, début 2012, dans lequel il fustigeait furieusement un adversaire qui n’aurait « pas de nom, pas de visage » et qui « pourtant gouverne ». Cet adversaire soi-disant invisible, c’était le « monde de la finance ». Depuis, le pouvoir socialiste nous a rappelé que le monde de la finance gouverne à visage découvert et qu’il n’est ni de droite ni de gauche. Ses nombreux visages sont présents dans notre paysage politique et médiatique, depuis des décennies comme Michel Sapin ou Pierre Moscovici ou arrivés plus récemment comme Emmanuel Macron. Décideurs et « capitaines d’industrie » comme Jean-Charles Naouri ou détenteurs d’un pouvoir d’influence comme Nicolas Baverez, nous vous proposons donc une série de mini-biographies, pour bien se souvenir de ces visages et démasquer leurs intérêts.

Bonne lecture !

La rédaction