Résultats du premier tour des élections présidentielles

Jeune prodige de la mondialisation heureuse VS marraine de l’identité honteuse. Le genre de fausse alternative foireuse contre lequel notre collectif s’est battu depuis 2013, et continuera de se battre.

Une pensée heureuse pour les 19.5% de la France Insoumise, score jamais atteint par un mouvement critique du libéralisme depuis des décennies, et premier chez les 18-25 ans : la possibilité d’une résistance acharnée contre les ordonnances antisociales du président Macron.

Mais c’est quoi son PROJEEET en fait ? – Le vocabulaire sans risque d’Emmanuel Macron

Comme beaucoup, nous sommes depuis des semaines perplexes face à la place de favori de Monsieur Macron dans les sondages. N’est-ce pas quelqu’un qui veut radicaliser la loi Travail,  à laquelle s’opposaient près de 2 français sur 3 ? Ne veut-il pas généraliser le Crédit Impôt Compétitivité, ce pack d’exonérations de cotisations sociales dont le très sérieux organisme France Stratégie a montré dans un rapport qu’il n’avait eu aucun impact sur l’emploi mais qu’il avait augmenté les marges et les dividendes ? N’est-il pas l’ancien secrétaire général puis ministre de l’économie du président le plus impopulaire de la Vème République ? Lui, ses discours creux et ses enfonçages de portes ouvertes, comment peut-il susciter autant d’adhésion ? Nous avons eu la réponse grâce à l’un d’entre nous qui a assisté, courageusement, à son discours de Bercy, le 17 avril dernier. Son discours impeccablement vide et sans aspérité ne dit rien de la société. Il rassure toutes celles et ceux qui ne veulent rien entendre à ce sujet, qui nient la violence qui la traverse car cette société leur convient plutôt bien. Macron parle à toutes celles et ceux qui évoluent dans le monde des cadres supérieurs, des gens aisés et ambitieux qui n’ont jamais été contrôlés par la police ou galéré avec des CDD sous-payés et dont il est un des plus ardents défenseurs.

 

Pas un programme, un projet :

Le fameux « projet » est le mot phare du discours de Macron, et il le répète aussi souvent qu’il peut, comme s’il participait à une sorte de concours. « C’est notre projet » « nous allons mener ce projet » « car c’est ce projet qu’il faut pour la France », et la récurrence de ce terme sans définition me fait penser à mon éphémère passage au catéchisme en classe de 5ème, quand le père Bigot (il s’appelait vraiment comme ça) nous lisait de longs passages du Nouveau Testament où Jésus et ses apôtres serinaient à leur entourage cette « bonne nouvelle » qu’il fallait à tout prix annoncer à tout le monde. Or, la Bible dit très rarement de quoi il s’agit au juste et le sens métaphysique de cette Bonne Nouvelle est donc difficile à saisir pour un collégien distrait. C’est la même chose avec Macron : il a un projet, mais il se garde bien de dire clairement de quoi il s’agit. Et on le comprend : c’est certain que l’harmonisation vers le bas de la fiscalité du capital ou le détricotage de l’impôt de solidarité sur la fortune n’est pas un projet très populaire en France, alors autant dire « le projet », c’est moins douloureux. Quand on sera tous dans la rue après un an de sa présidence il aura beau jeu de nous dire « ah mais c’était ça mon projet ! Surprise ! ».

Pas de classes sociales, des « générations » :

Le discours de Macron s’adresse à tout le monde et à personne à la fois. Ce  lundi à Bercy il n’a quasiment pas prononcé des noms de métiers ou de catégories socio professionnelles (ouvriers, employés, cadres…) et n’a même pas mentionné la fameuse « classe moyenne », marotte des politiques qui s’essayent à parler de la classe sociale à laquelle le plus de monde s’identifie. Non, Macron va plus loin que ça dans le consensuel, il parle de « génération » : le terme apparaît au moment où il évoque dans son discours toute notre histoire contemporaine, de façon disons… synthétique : « Il y a eu une génération, après la guerre, qui a reconstruit et libéré le pays ! Ensuite il y a eu mai 68, et une génération qui a voulu plus de liberté, et qui a fait aller son souffle jusqu’à faire chuter le mur de Berlin en 1989 ! ». Ni classes sociales, ni politique, ni conflits, non, « une génération ». Et maintenant, nous dit-il ensuite, « nous sommes cette génération qui va à son tour reconstruire son pays, une génération débout, une génération en marche !!! ».Cet énoncé provoque cris de joies et applaudissements nourris du public. On ne sait pas quelle génération crie le plus fort, car il y en a pourtant plusieurs dans la salle, de la génération ORTF à la « minikeum génération » en passant par la génération Hélène et les garçons, mais ça n’a pas d’importance parce que « génération » est un terme flou, non conflictuel, qui désigne tout le monde et personne à fois, et qui ne blesse ni n’exclut donc qui que ce soit.

Pas le peuple, la « société civile » :

Dans le même genre, Macron multiplie les références à la « société civile », terme qui déclenche les applaudissements nourris du public, en opposition avec la « vieille classe politique » qui suscite des moues de désapprobation. Car Macron veut la renouveler et la sortir de ses vieilles routines, et veut que « chacun et chacune » puisse prendre part aux décisions du pays. Il veut donc rendre le pouvoir au peuple ? Non ! A la « société civile » ! Le terme est séduisant, car la « société civile », ça peut être vous et moi, ça peut être Bernard Arnault ou Philippe Martinez, mais il ne faudra pas non plus s’étonner si « la majorité parlementaire composée pour la moitié de membres de la société civile » que Macron appelle de ses vœux compte plus de Bernard Arnault que de Philippe Martinez. Quand on s’étonnera de la surreprésentation de cadres, de patrons et d’avocats à l’Assemblée Nationale (comme c’est déjà le cas, puisque 81% de nos députés sont cadres et professions intellectuelles supérieures), Il aura beau jeu de nous dire : « ah mais c’était ça ma société civile ! Surprise ! ». Et cela se vérifie déjà dans les comités de soutien En Marche ! montés pour la campagne présidentielle. Un autre membre de la rédaction de Frustration s’est rendu à l’une des réunions de coordination du mouvement organisées dans le 18ème arrondissement fin mars. Le référent du comité était un jeune banquier admiratif depuis longtemps du parcours d’ Emmanuel Macron du temps où celui-ci se taillait une notoriété dans la sphère de la finance. Le reste de l’équipe se composait majoritairement d’étudiants en médecine, à Sciences Po et en école de commerce issus de milieux aisés, peu politisés au départ. Tous avaient été séduits par l’aventure Macron évoquant régulièrement avec émotion leur participation à La “Grande March”e, ce moment d’élaboration du programme de Macron où des “marcheurs” déambulaient questionnaires à la main pour se persuader de faire émerger un programme de la société civile.

Des termes vides de sens ? Pas pour tout le monde.

On pourrait croire que la juxtaposition de ces termes creux, entrecoupée de déclarations d’une platitude quasi insultante pour les spectateurs qui ont fait le déplacement (Macron annonce d’un air exalté qu’il veut porter « la confiance contre la défiance, l’unité contre la division, la lucidité contre les chimères, la générosité contre la cupidité, l’espoir et le courage contre la résignation ») devrait susciter ennui et rejet, y compris de la part de ses fans s’ils avaient un peu d’honnêteté intellectuelle. Mais non, le public de Bercy, dont une bonne partie arbore un tee-shirt « En marche ! » ou « Emmanuel Macron président » dans des tons jaunes délavés, roses pâles ou bleus ciel (qui évoquent les couleurs des glaces en pot de cantines scolaires), agite ses drapeaux européens et ses pancartes aux couleurs vives sans tiquer sur le vide du discours qu’on leur tient. S’il est désormais bien connu que lors de précédent meeting, des dizaines de participants partaient avant la finnon sans témoigner de leur ennui auprès des journalistes, rien de tel ne se produit pourtant au sein de la foule parisienne.

Et c’est compréhensible : pour les plus fervents supporters de Macron, ces termes creux sont chargés de sens, ils sont autant de codes qui peuplent leurs quotidiens et qui rythment leurs vies de citadins qualifiés du secteur tertiaire. Un monde où les « workaholic » du marketing ou de la com’ multiplient le nombre de « projets », un monde où l’important est de mettre en scène sa créativité et sa capacité à « innover » et où donc le projet est un concept phare auquel tout le monde doit s’identifier, de gré ou de force. Cette idéologie du projet s’étend à tous les corps de métiers, et envahit les lycées et les universités, où les étudiants sont sommés de réaliser des affiches et des exposés sur leur « projet professionnel », histoire de leur donner l’illusion que tous finiront par travailler eux aussi dans un open space bien décoré au dixième étage d’une tour en verre ou dans un atelier reconverti avec goût.

Dans ce monde, être un « acteur de la société civile » est une sorte de titre honorifique qui salue l’appartenance à un univers où la mondialisation est un atout, où de nombreuses « opportunités » sont à saisir et où rien n’est pire que « s’enferrer dans sa petite routine » ou de travailler à un guichet. C’est dans ce monde que la jeunesse est un argument de vente et où la « génération Y » est un thème de débat. Ce monde des cadres et des créatifs des centre-villes, la majorité de la population n’en fait pas partie, mais il constituele modèle que les médias, la fiction et la publicité nous montrent le plus, et Macron en est le stéréotype.

Un journaliste de l’émission Quotidien, Hugo Clément, disait le 4 février dernier, à propos des participants aux meetings de Macron  : « En fait, pour résumer mon impression : Macron attire des gens heureux, qui réussissent. Pas de colère ni de hargne dans ses meetings ». Quelle injustice de saluer l’absence de colère ou de hargne de gens qui sont heureux d’abord parce qu’ils sont plus riches que les autres, et content d’eux-mêmes car ils sont partout érigés en modèle ! Mais comment s’étonner que c’est gens-là adorent l’ambiance consensuelle de ces meetings et des discours qui ne critiquent rien de cette société qui leur profite ?

Ne nous y trompons donc pas : les discours de Macron ne sont pas creux, ne sont pas vides, ils sont saturés de signaux clignotants à destination de ce monde des cadres riches et heureux, content d’eux-mêmes parce qu’ils « créent » et qu’ils « innovent ». Ces gens aisés qui jusqu’à présent votaient tantôt PS  – pour la beauté du geste – tantôt UMP – pour la santé de leur portefeuille – la moindre des syllabes des discours de Macron tentent de leur dire « venez me soutenir, je suis votre candidat ! ». Car,à eux, Macron promet monts et merveille, moins d’impôts et plus d’argent, moins de syndicats et plus de décisions par ordonnances, moins de régulations et plus de libre-échange. Aux autres, il réserve seulement quelques tirades compatissantes et un programme de guerre sociale sur fond d’ubérisation de la société. Espérons que les seconds, majoritaires dans notre société, ne se laissent pas duper par les mots creux pour beaucoup mais en réalité profondément bourgeois d’Emmanuel Macron.

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Misère de la lutte contre le FN (2)

Daniel Cohn-Bendit mais aussi Bertrand Delanoë et tant d’autres justifient leur ralliement au néolibéral décomplexé Emmanuel Macron par la nécessité impérieuse de « voter utile » contre le Front national. « Si vous voulez vraiment éviter Marine Le Pen, Emmanuel Macron est le mieux placé aujourd’hui », expliquait sur France Inter le leader en peau de lapin de mai 68. Et nombre de riches diplômés bien pensants leur emboîtent le pas en hurlant au péril fasciste, persuadés de faire une fois encore preuve de leurs qualités visionnaires et profondément humanistes.

Pour commencer, le pronostic politicien n’est pas d’une grande lucidité : Macron est l’adversaire dont Le Pen a toujours rêvé : le champion du système, « mondialiste » décomplexé, qui pense que le CETA est une très bonne chose, qu’il faut une société de winners qui n’ont pas peur de la « formidable ouverture » que représente le libre-échange décomplexé. Vu la popularité de telles idées dans la population française, et en partie chez les classes populaires, on se dit qu’une victoire de Le Pen sera bien possible face à une incarnation parfaite de ce que la majorité des Français détestent depuis les années 1990.

Mais surtout, ce qui écœure dans l’attitude de ces hiérarques bien introduits de notre classe politique et intellectuelle, c’est leur façon d’instrumentaliser le dégoût légitime et nécessaire que provoque Le Pen pour justifier leur propre passage du côté néolibéral, leur propre renoncement à ce à quoi ils ont prétendu croire pendant décennies, bref, leur propre évolution logique de grands bourgeois qui voient d’abord les intérêts de leur classe avant celle du peuple.

Cohn-Bendit était macroniste avant l’arrivée de Macron, exaltant un fédéralisme européen où les peuples rétrogrades auraient moins leur mot à dire, tandis que dès 2008, Bertrand Delanoë ressortait la célèbre phrase de Tony Blair « l’économie n’est ni de droite ni de gauche, l’économie est. » : autrement dit, au revoir la discussion démocratique sur le partage des richesses, laissez faire la Commission européenne et la BCE.

Le Pen ou pas Le Pen, ces gens auraient rejoint Emmanuel Macron, le second souffle que notre classe politique offre aux mécanismes détestés de notre République néolibéralisée. Qu’ils se servent de cette raison légitime pour pouvoir continuer à se regarder dans une glace et être considérés par des éditocrates laquais comme de sympathiques rebelles n’est qu’une infamie de plus dans le parcours particulièrement sinueux de ces « hommes de gauche ».

L’oligarchie flippe sa race

Tout était pourtant tellement bien parti : après avoir fait endosser à un candidat « de gauche » censé être « l’ennemi de la finance » des réformes clefs comme la loi Travail et des cadeaux qui font bien plaisir comme le CICE, nos éditocrates, grands patrons et intellectuels médiatiques avaient le plan idéal pour continuer à se gaver sur le dos des Français : il y a eu d’abord Juppé, dont la victoire était garantie (« la gentille droite modérée » et l’homme « droit dans ses bottes » de 1995 : du solide), puis Fillon, partisan d’une « blitzkrieg sociale » qui faisait saliver d’envie le MEDEF. Enfin, Macron, la synthèse idéale, le poulain parfait, qui satisfaisait tout le monde et confortait les oligarques bien-pensants comme Cohn-Bendit et BHL dans le sentiment de leur propre vertu. Un match était prévu entre ce jeune prodige incarnant à la fois le libéralisme et le « progressisme » et la poisseuse héritière du poujadisme, incarnant la fermeture et le capitalisme national. Un match sans risque, un scénario sécurisant pour nos élites.

Et voici qu’on ne sait comment (« comment est-ce possible ?! » répète désormais chaque soir Ruth Elkrief sur le plateau de BFM TV), le candidat de la France Insoumise, qu’on croyait destiné à un rôle de figuration à la fois rigolo et vintage, s’est invité dans les possibles dénouements de cette présidentielle qui, « décidément est pleine d’imprévus » (disent les éditocrates qui ronronnaient de plaisir devant la fausse alternance PS-Républicains en vigueur depuis 30 ans).

C’est donc la grande angoisse et Le Figaro a sorti son artillerie lourde, bien rouillée car peu utilisée depuis 1989 : la peur du rouge, tandis que Macron hurlait hier à Besançon, d’une voix de premier de la classe qui aurait eu moins de 18/20 en dictée : « Mélenchon c’est le modèle économique du Vénézuela » « sa paix est celle de Moscou, je n’en veux pas ! ».

Les grands patrons, leurs journaux et leurs candidats s’agitent car ils ont beaucoup à perdre en cas de victoire de la France Insoumise :

– Serge Dassault (Le Figaro) n’aura plus de « ministre de la défense VRP » pour écouler sa camelote guerrière dans toutes les dictatures du monde (un rôle jusque là assuré à la perfection par le cumulard Jean-Yves Le Drian, que Macron prévoit de reconduire à son poste en cas de victoire).

– Vincent Bolloré (Canal+ et Vivendi) ne va sans doute pas pouvoir inviter Mélenchon sur son yacht après sa victoire et il devra reverser une part conséquence de ses 7,3 milliards d’euros à l’État et faire en sorte que son salaire n’excède pas 20 fois celui de son salarié de base (actuellement il touche à peu près 200 SMIC annuels, il va falloir faire des efforts)

– Patrick Drahi (BFM TV, Libération, SFR..) va devoir payer ses impôts sur les sociétés, qu’actuellement il domicilie dans les paradis fiscaux, si toutefois le gouvernement de Mélenchon parvient à mettre en place son système d’impôt universel qui organise l’impossibilité pour les entreprises françaises d’utiliser le prétexte de la domiciliation à l’étranger pour se défiscaliser.

Maintenant que le spectre rouge se rapproche, ces messieurs dames craignent pour leur fortune, leurs exonérations de cotisations sociales, leurs boucliers fiscaux, leurs entreprises publiques rachetées à bas coût… Nul doute que durant cette dernière ligne droite, la presse du CAC 40 va multiplier ce genre de Unes. Quand l’oligarchie est attaquée, l’oligarchie contre-attaque, toujours.

Du positionnement politique d’Emmanuel Macron

Les affaires du candidat Macron sont bien arrangées par les éditorialistes qui font semblant de s’interroger sur son positionnement « centre-gauche ou centre-droit ? » : il sort gagnant dans tous les cas : il se trouve dans la zone centrale de la rationalité (par opposition aux « extrêmes ») et pas trop à droite non plus pour représenter le progressisme (sociétal s’entend).

Pourtant cette soi-disant reconfiguration de « l’échiquier politique » qu’il mène en rassemblant « au-delà des clivages » (la liste de ses soutiens établie par Le Monde qui mériterait d’être actualisée) est en train de réaliser l’UMPS longtemps dénoncé par Marine Le Pen et donc de constituer un pôle extrême des idées politiques en France. Le Premier ministre Bernard Cazeneuve au bureau national du PS le 20 mars, cité par Le Canard, en a pris bonne note : « Si ce “ni-droite ni-gauche” venait à l’emporter, il ne resterait comme alternative que les extrêmes, notamment l’extrême droite ».

La représentation des idées politiques en forme de cercle ou de demi-cercle (qui a une Histoire) est bien commode pour l’esprit, mais surtout bien pratique pour les puissants qui accommodent leurs intérêts à la sauce centro-républicaine. Macron construit un pôle avec ces continuateurs d’un ordre établi profondément inégalitaire, en cela il est en fait un radical, un extrémiste, un fondamentaliste du libéralisme, qui veut perpétuer des logiques libérales néfastes (le développement du libre-échange au détriment de la planète, l’uberisation, l’affaiblissement du droit du travail, des services publics et de la Sécurité sociale), des logiques anti-démocratiques (à l’œuvre dans l’actuelle construction européenne), des logiques inhumaines vis-à-vis des demandeurs d’asile comme des Français les plus pauvres.

Alors est-ce que la rationalité, centrale si l’on veut (peu importe qu’on dessine un demi-cercle, une coquille d’escargot ou une crotte de chien), ce ne serait pas un pôle politique qui s’oppose à ces logiques pour proposer plus de redistribution et d’égalité ? Nous on pense que si.

Union européenne : plus de guerre que de paix

« L’Union européenne nous protège car elle est un vecteur de paix », « c’est grâce à elle que les dernières générations ont été épargnées par les guerres sur leur sol », voilà ce que répètent les défenseurs de l’ordre européen établi. C’était (peut-être) vrai avant. Mais ce n’est désormais plus le cas. La paix diplomatique est fragilisée par la guerre sociale, fiscale et environnementale que l’Union européenne du libre-échange porte en elle.

La Suite

Frustration sur Public Sénat

Lundi 27 mars, notre co-rédacteur en chef était invité de Public Sénat pour réagir au thème de l’abstention grandissante. Il défend dans cet extrait l’idée que notre système politique n’est pas à proprement parlé démocratique, et que l’affaire Fillon relève la monopolisation de la décision publique par une oligarchie qui n’a aucune idée du monde dans lequel la plupart des gens vit. L’émission est disponible en intégralité ici.

Frustration dans Le Monde Diplomatique

Dans son numéro d’avril, le Monde Diplomatique a recensé le numéro 9 de Frustration :

« L’élite — « le mot désigne un groupe qui a ses clubs, ses écoles, ses restaurants et ses fêtes » — existe. Laquelle détient le pouvoir en France ? Également : enquête sur le monopole des classes supérieures à la télévision. (N° 9, printemps, trimestriel, 4,90 euros. — Paris.) »

De Valls à Macron, mode d’emploi pour rester au pouvoir

Vous êtes un gouvernement usé par cinq ans au pouvoir, décrédibilisé par vos multiples trahisons envers les électeurs et lâché par une grande bourgeoisie qui estime que vous n’êtes plus le meilleur cheval ?

Voici le mode d’emploi pour conserver le pouvoir : faites sortir votre plus jeune poulain 6 mois avant l’élection, laissez-le incarner « le renouveau » et « l’antisystème » pendant que vous vous trouvez un candidat fantoche que vous laissez tout seul comme un benêt. Une fois que votre poulain a su conquérir le cœur des électeurs de sa bonne bouille, provoquez le ralliement progressif (pas trop vite, il ne faut pas que ça soit trop flagrant) de l’ensemble du gouvernement. Le ministre de la Défense, des flopées de secrétaires d’Etat opportunistes, tous les hauts fonctionnaires… Et maintenant un premier ministre.

Et hop, si tout va bien, vous serez à nouveau au pouvoir en mai, sans traîner avec vous l’étiquette si embarrassante de « gauche » : désormais, avec Macron, vous serez « progressiste », appellation qui permet de faire du libre-échange agressif en appelant cela de « l’ouverture sur le monde » (VS « le repli sur soi » des syndicalistes), qui permet de poursuivre votre oeuvre de destruction du droit du travail en expliquant que c’est une façon de promouvoir « l’autonomie et l’émancipation » et tout ira pour le mieux.

Sauf si dans les 26 prochains jours les citoyens prennent conscience de la supercherie et vous envoient bouler une bonne fois pour toute.