SI NOUS NE VOULONS PAS DE LEUR MONDE, QUE VOULONS-NOUS ? – FRUSTRATION N°7

La loi Travail à laquelle s’opposent des centaines de milliers de personnes depuis trois mois n’a pas grand chose pour elle : des effets contre le chômage très discutables, une transgression évidente des grands principes du code du travail, une logique anti-sociale claire et le reniement des nos conquis sociaux les plus fondamentaux. Mais elle a un argument incontournable en sa faveur : dans ce monde concurrentiel et fonctionnant selon la logique du profit, elle est potentiellement indispensable.

Sauf ses milliers d’opposants et nous ne nous sommes pas contentés cette fois-ci de mener une guerre défensive, un combat d’arrière-garde. Nous sommes en train de dessiner les contours d’un monde où la loi Travail serait inutile. Mieux, un monde où la loi Travail figurerait dans la mémoire commune comme la dernière violence infligée au peuple par un ancien régime aux abois.

C’est pour contribuer à la critique du vieux monde et aux propositions pour le nouveau que nous avons réalisé ce numéro 7, dont nous avons la joie de vous annoncer la sortie le vendredi 17 juin. Plus long que d’ordinaire (56 pages), il contient :

UN EDITO : Et si 2016 était le début de la fin des mouvements sociaux défensifs ? Imparfaitement, en ordre dispersé et avec le côté laborieux des Nuit Debout, ne sommes-nous pas enfin en train de dessiner une alternative crédible et pragmatique au capitalisme ? – « En découdre pour reprendre le pouvoir » – 4ème de couverture et ici

UNE ENQUETE : Il y a un an, nous avions enquêté sur les industries agro-alimentaires, leur moyen de contrôle de l’information et de la législation pour nous empêcher d’y voir clair dans notre assiette. Nous avons récidivé sur ce thème en nous interrogeant sur l’agriculture. Comment un système qui nous coûte tant de subventions publiques peut-il aller aussi mal ? Car il est lui aussi à la merci de quelques grandes multinationales.- “Comment reprendre le pouvoir sur notre alimentation #2 – Enquête sur l’agriculture capitaliste sous perfusion” p. 39

UN DOSSIER : La loi Travail est décrite par les économistes comme une mesure incontournable dans le monde complexe qui nous entoure. Mais qui sont ces nouveaux grands prêtres qui nous prodiguent leurs prophéties ? Pour se désintoxiquer de leurs discours, nous donnons quelques conseils pour sortir du cercle infernal des lois économiques techniques qui nous échappent et pour revenir à une réflexion économique politique et démocratique. – “Repolitiser l’économie” p. 9

UN TEMOIGNAGE : A Nuit Debout Paris, la commission économie politique a tenté de rendre le débat économique accessible à tous. Gràce à des règles de fonctionnement strictes et une recherche acharné de l’accessibilité elle a pu montrer que même en économie le collectif pouvait raisonner mieux que l’individu.  – “Une soirée ordinaire à la commission économie politique de Nuit Debout Paris” p. 21
UN REPORTAGE : Et si on redonnait le pouvoir de décision aux salariés plutôt qu’aux actionnaires ? C’est ce qui se pratique dans les entreprises coopératives. Loin d’être folklorique, ce secteur permet d’illustrer ce que serait en actes une économie non-capitaliste et ce que cela change au quotidien de travailler dans une coopérative. Nous sommes allés voir ce que cela donnait dans une grande librairie de centre-ville reprise par ses salariés.- “Sur le chemin du collectif. Quelques heures avec des sociétaires de la librairie les Volcans à Clermont Ferrand” p. 31

UNE MISE AU POINT : En voulant combattre le développement des théories du complot sur internet dans les écoles, le gouvernement tente au passage de rendre impossible la critique des élites. Il peut s’appuyer sur des chercheurs soit disant “neutres” mais qui ne le sont pas vraiment. Lorsque les élites complotent, que faire si l’on ne veut pas tomber dans le complotisme ? – “Il n’y a pas de lézards mais il y a bien des capitalistes ! Comment complotistes et anti-complotistes empêchent la critique des élites” – p. 1

 

FRUSTRATION N°7, 56 pages, 4€70

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SORTIE DU N°7 – SI NOUS NE VOULONS PAS DE LEUR MONDE, QUE VOULONS-NOUS ?

On a vraiment hâte d’envoyer à nos abonnés et à nos librairies notre dernier numéro, le 7ème, qui sort le 16 JUIN !! 56 pages, 4€70 !

Un numéro (plus long : 56 pages !) écrit dans la joie de voir enfin un mouvement social d’ampleur secouer notre pays, un mouvement qui n’est plus seulement défensif mais qui réfléchit à un autre monde. Le numéro 7 se veut une contribution à cette réflexion collective pour quitter le monde des costards et des chemises blanches.

LE NUMÉRO 7 CONTIENT :

Une ENQUÊTE sur l’agriculture productiviste, deuxième opus de notre article « comment reprendre le pouvoir sur notre alimentation ? »

Un REPORTAGE sur le fonctionnement concret d’une entreprise coopérative : répartition du pouvoir, prise des décisions, fixation des salaires. C’est la Librairie Les Volcans qui fait l’objet de cet article.

Un TÉMOIGNAGE sur le fonctionnement et les réflexions en cours dans la Commission économie #NuitDebout Paris , ou comment la discussion démocratique est plus qualitative, même sur des thèmes économiques a priori complexes.

Dans ce mouvement, un appel à REPOLITISER L’ÉCONOMIE qui analyse la fermeture du débat qu’ont tenté de créer les grands prêtres du libéralisme et les façons de penser un changement à la fois radical et pragmatique.

Une analyse de la manière dont le COMPLOTISME est utilisé pour décrédibiliser la critique des élites. Pour le ministère de l’éducation nationale, si vous dites que les multinationales contrôlent les lois, vous êtes complotiste. Oups !

LE 16 JUIN EN LIBRAIRIE ET LE 17 JUIN DANS VOS BOITES AUX LETTRES

PS, le vote inutile : Un parti conçu pour vous trahir

  Depuis 2012, à chaque élection intermédiaire, les visages se crispent à l’entre-deux-tours. On sait que le PS perd progressivement les postes conquis durant le mandat de Sarkozy et que le FN profite des records d’abstention pour grappiller de nouveaux élus et créer de nouveaux bastions. Alors, le dimanche suivant, on se résigne en traînant les baskets vers le bureau du coin à voter PS ou LR pour contrer Marine Le Pen. « Je l’ai fait sans conviction, hein… » entend-on le lendemain devant la machine à café, le regard fixé au sol. Mais comment des électeurs de gauche peuvent-ils se résoudre à voter pour la droite ou un parti qui les déçoit systématiquement ? Que dire d’un gouvernement indifférent face à ces dérouillées successives et qui préfère gâcher son personnel local (maires, conseillers départementaux et régionaux, etc.), en plus de désespérer son électorat, plutôt que d’appliquer une politique de gauche ? À la télé et la radio, politiques professionnels, experts et journalistes de service se pressent, la mine grave, pour vous exhorter à voter « républicain » ou « faire gagner la gauche » en choisissant PS dès le premier tour. Si vous vous révoltez, on vous montre du doigt et vous accuse de « faire le jeu du FN » ou d’être un « citoyen irresponsable » qui ne comprend rien aux enjeux et fait capoter les stratégies des partis. Bref, on vous engueule et on remet toute la faute sur votre dos. On envisage même de rendre le vote obligatoire avec quelques amendes pour dissuader les abstentionnistes tellement vous vous comportez mal… Et histoire de vous empêcher de faire d’autres bêtises, comme en cas de crise panique lors des dernières élections régionales, les partis ballotés se regroupent sur des listes communes ou se retirent pour laisser plus de place aux copains. Bref, le choix électoral devient de plus en plus un choix contraint.

De là vient l’argument du vote « utile » agité depuis plusieurs décennies. Car mieux vaut un peu de gauche que pas de gauche du tout. Et mieux vaut un peu de droite que l’extrême-droite. Avec ça, le gouvernement est toujours sûr de limiter la casse même en faisant n’importe quoi. Il suffit de lancer un vibrant appel au vote républicain et d’invoquer le rassemblement de la gauche avec quelques trémolos dans la voix pour s’en sortir et continuer tranquillement comme avant l’air de rien. Nous voyons bien que cette attitude devient intenable aujourd’hui. Cela revient à tuer toute alternative politique en reconduisant les mêmes partis majoritaires en faillite depuis trente ans. Le bulletin PS n’est en rien un vote utile, comme le pensent beaucoup d’électeurs, puisqu’il conduit à des politiques dont le rejet renforce progressivement le FN. Les électeurs n’ont pas à se culpabiliser de leur abstention et les plus coupables sont plutôt ceux qui continuent à se mobiliser pour le PS, parti qui ne possède rien de gauche, en se laissant prendre à l’argument du « moins pire ». Cela fait des années pourtant que le PS refuse de tenir ses engagements et tient des politiques en faveur des classes supérieures à chaque prise de pouvoir. Nous devrions être déjà alertés et arrêter de sauver ce parti à chaque gamelle électorale. D’où ce retour sur la trajectoire et l’historique du PS, utile pour en finir avec une prétendue gauche et balayer les incessants « oui, mais… » qu’on vous sert à chaque soirée post-électorale.

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Frustration à la conférence-débat « Que voulons-nous ? »

Vendredi 15 avril prochain un membre de notre collectif sera un des trois intervenants de la conférence-débat « Si nous ne voulons pas de la loi travail, que voulons-nous? » qui a lieu à l’université Paris-Sorbonne, à 18h. Chaque intervenant présentera durant 15min des propositions pour un autre système économique (ou améliorer celui-ci), ce sera suivi d’1h de discussion avec le public.

A cause du plan vigipirate, l’inscription est impérative pour pouvoir y assister si vous n’êtes pas étudiants en Ile de France à framont.nicolas@gmail.com ou Elea.hm@free.fr

Voici la présentation de l’évènement :

« Première conférence-débat du cycle de conférences de Paris IV « Que voulons-nous? ».

Ce cycle de conférences-débat s’inscrit pleinement dans la mobilisation contre la « loi travail » et l’ensemble des mesures adoptées depuis des decennies au nom des politiques de « compétivité ».

Conscients de la nécéssité de proposer une alternative crédible à ce qui nous apparaît comme une fuite en avant pour sauver le système capitaliste (qui se porte bien mal depuis la crise de 2008), nous avons décidé d’organiser un cycle de conférence « que voulons-nous » qui rassemblerait à chaque fois plusieurs intervenants de différents milieux (experts, militants, citoyens de collectifs) pour proposer des alternatives crédibles à ce qui nous est présenté comme la seule voie possible.

Cette confèrence-débat laisse une grande place à la discussion avec la salle.

La première conférence s’intitule « si nous ne voulons pas de la loi travail, que voulons-nous?  » et porte sur les alternatives économiques et juridiques à la dérégulation du droit du travail.

Une juriste, un économiste-militant politique et un citoyen engagé présenteront leurs alternatives.

En présence de :
– Guillaume Etiévant, économiste et secrétaire nationale à l’économie du Parti de Gauche
Thibaut Izard, étudiant en master de sciences cognitives et membre du collectif éditorial de la Revue Frustration
– Christophe Vigneau, maître de conférence en Droit privé et sciences criminelles à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Venez nombreux, vous informer, échanger et débattre !

Salle D040, Maison de la Recherche, 28 rue Serpente, 75006 Paris

ATTENTION : pour cause de plan vigipirate, tous les participants qui ne sont pas étudiants en Ile de France doivent s’inscrire à l’une ou l’autre des adresses suivantes :
Elea.hm@free.fr
framont.nicolas@gmail.com »

Facebook : https://www.facebook.com/events/587341351425138/

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Quatre vérités sur l’impôt

Le scandale des « Panama papers » révèle une fois de plus l’ampleur de l’évasion fiscale dans tous les milieux. Il s’agit donc d’une véritable pratique chez les gens qui ont du capital, pratique encouragée par leurs conseillers et leurs banques privées.
Mais cela ne doit pas cacher le scandale bien plus grand dont l’évasion fiscale fait partie : l’impôt est en train de devenir complètement injuste. Il joue de moins en moins son rôle de redistribution du haut vers le bas car il taxe PLUS les petits revenus que les hauts revenus : l’impôt sur le revenu est injuste car il taxe les revenus du travail et il est régressif (plus on gagne moins on paie), la TVA est injuste car elle taxe la consommation de tous et les impôts sur les entreprises sont injustes car les entreprises du CAC 40 sont taxées en moyenne à 8 % contre 28 % pour les PME. L’impôt est devenu un outil de plus de la domination de ceux qui détiennent le capital avec la bénédiction de la classe politique (« Ça suffit ! Trop d’impôt, selon la vieille formule, tue l’impôt et tue surtout la compétitivité de notre pays », Manuel Valls sur TF1 le 11 mai 2014).

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En défense des taxis contre Uber, système de domesticité 2.0

Cette semaine, les taxis se mobilisent à nouveau contre la concurrence déloyale d’Uber. Ils ont raison et nous les soutenons. Le système des VTC et de toutes ces plates-formes dites « collaboratives », se présente de manière séduisante comme l’avant-garde d’une société où chacun pourra être taxi ou hotelier à ces heures. Sauf qu’en fait, cela devient un vrai métier, mais sans les garanties d’une profession. En plus de l’économie des normes et des conventions collectives, les plates-formes de ces nouveaux métiers n’ont plus à assurer le contrôle de leurs « associés », le client le fait pour eux ! C’est contre cette nouvelle domesticité que nous nous dressons. Voici un extrait de notre article « Les nouveaux domestiques » issu de notre n°5 :

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Les machines à démobiliser: Comment syndicats et partis tuent l’engagement politique et comment faire des organisations qui ne tombent pas dans ces travers.

InflexiblesLogoOn entend souvent dire que les Français ne s’engagent pas assez, qu’ils ont déserté les partis politiques et les syndicats. D’après les enquêtes de confiance, les syndicats et les partis sont d’ailleurs les institutions dont les gens se méfient le plus. Et c’est particulièrement le cas des moins de trente ans. Alors, pourquoi ce dégoût ? Est-ce parce que chacun préfère s’occuper de son « petit moi », que « l’individualisme » a pris le dessus, comme le disent les intellectuels et les militants soucieux de se dédouaner de la méfiance qu’ils suscitent ? Non, c’est parce que les lieux d’engagement que sont les syndicats et les partis sont trop souvent confisqués par une élite, même lorsqu’ils sont dédiés à la contestation de l’ordre social. Si les gens s’en détournent c’est parce que leurs accès sont verrouillés, et que ces organisations sont d’énormes machines à décourager et à dégoûter de la politique. Pourtant, certaines initiatives montrent que les organisations collectives ne sont pas vouées à l’échec. On peut permettre aux gens de s’engager politiquement à certaines conditions.

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Pour assurer notre sécurité face au terrorisme, mieux vaut nous organiser nous-mêmes !

Parce que nos dirigeants nous ont enferré dans des aventures guerrières menées en notre nom mais sans que nous ayons notre mot à dire, nous courrons désormais le risque de subir les nouveaux assauts du groupe fanatique religieux à l’idéologie fasciste Daesh. Les civils de Paris en janvier et en novembre, de Bruxelles et Lahore en mars ont été la cible du terrorisme. Notre élite politique nous demande de « nous tenir prêts » à de nouvelles attaques, et d’attendre sagement qu’elle résolve la situation pour nous. Mais que fait-elle ? Elle instrumentalise la police pour réprimer les mouvements sociaux, elle infantilise la population en cherchant à rassurer plutôt qu’à protéger ! Que faire lorsque notre sécurité est assurée par des dirigeants cyniques et des institutions inefficaces ? Nous organiser nous-mêmes, par le biais de la constitution d’une garde citoyenne, inspirée de la garde nationale des révolutions françaises. Dans cet extrait de notre article « Reprendre notre sécurité en main », issu de notre numéro 6, nous menons cette critique des politiques sécuritaires qui ne sécurisent rien et nous explicitons cette proposition de garde citoyenne.

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C’est aux citoyens de décider de la paix ou de la guerre – Reprendre notre défense aux élites

Depuis une décennie désormais Sarkozy puis Hollande ont adopté une approche particulièrement guerrière en matière de politique étrangère. C’est cette politique qui expose aujourd’hui les citoyens français. Au nom d’un prétendu devoir d’ingérence face à des dictateurs qui oppriment leurs peuples, nos gouvernants ont envoyé l’armée française éliminer Kadhafi puis s’enferrer dans le bourbier irakien issu des interventions américaines. La plupart des analystes s’accordent a minima pour considérer que le Gouvernement ne suit aucune ligne stratégique claire en la matière. Alors pourquoi continuer là-dedans ? Les journalistes aiment raconter que nos présidents l’ont fait pour grappiller des points de popularité. Ce serait vraiment prendre les gens pour des idiots, et d’ailleurs ça ne marche pas. Les élites font d’abord la guerre pour des intêrets financiers bien compris : ceux des entreprises d’armements et des grands groupes en général. Voici un extrait de notre article « Reprendre notre sécurité en main », issu du n°6 de Frustration.

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