Polluer plus pour gagner plus : Ce n’est pas à vous de culpabiliser sur l’état de la planète, c’est aux riches !

Plus on est riche, plus on pollue. C’est ce que l’ONG britannique Oxfam a démontré dans un rapport intitulé « Inégalités extrêmes et émissions de CO2 » en 2015. Pourtant, à l’heure où le gratin international multiplie les déclarations de bonnes intentions environnementales et les confessions larmoyantes, les gouvernements occidentaux, à commencer par le gouvernement français, s’entêtent à répéter qu’il est question de prise de conscience individuelle. Et tant que l’on continue de dénoncer la paille dans l’œil du voisin, on ne regarde pas la poutre dans le sien. Habile. Mais les « petits gestes pour la planète » ne suffiront pas. C’est le pouvoir des très riches qu’il faut réduire. Et la neutralisation de leur pouvoir de nuire commence par comprendre comment ils nous enfoncent dans la crise écologique. Décryptage.

La Suite

La planète brûle, des gens meurent, mais les riches le sont suffisamment pour pouvoir s’en foutre

Toutes les études de psychologie sociale, toutes les enquêtes sur les dons aux associations le montrent : les riches sont des énormes égoïstes. Ils se foutent de façon croissante du monde qui les entoure, car ils sont de plus en plus riches et que leur vie s’est autonomisée du reste de la société. Ils ont leur propre système de santé, de retraite – le gouvernement envisage d’ailleurs, dans sa future réforme de sortir les riches du système par répartition – leur propre système éducatif. S’ils ne rechignent pas à être subventionnés par la société – en France, les établissements privées sont largement financés par l’Etat, les entreprises privées le sont aussi sous forme de crédit d’impôts et d’exonérations en continu – l’idée de contribuer à la solidarité nationale les révulsent.
 
Le gouvernement a su entendre l’expression de leur dégoût puisqu’il les a exonéré de l’Impôt sur la Fortune (ISF). Ils justifient leur égoïsme en se victimisant, en racontant qu”“En France, on n’aime pas les gens qui réussissent”, alors que ce que la plupart d’entre eux ont réussi c’est être des riches fils de riches pères. Ils racontent qu’il y a une “haine des riches” dans ce pays alors que c’est la haine du pauvre, du migrant et du chômeur qui règne et qui est organisée par toutes les administrations qui les fliquent et les brutalisent, tandis qu’elles déroulent aux riches le tapis rouge sans la moindre contrepartie exigée.
 
Bien entendu, les gouvernements successifs nous racontent qu’à force de brosser les riches dans le sens du poil nous recueillerons les fruits de leur pouvoir. Leurs investissements, leurs dons, leurs multiples bienfaits viendront tous nous combler.
 
Foutaises : au moment même où l’ISF a été supprimé, on a assisté à une baisse de 50% des dons en moyenne sur l’ensemble des associations ou fondations collectrices : ces dons qui permettaient une déduction immédiate sur l’ISF n’a désormais plus d’intérêt.
 
Les actionnaires se sont gavés d’autant plus que leurs placements étaient exonérés d’impôts et réduits par la “flat tax” tandis que les grands patrons peuvent se réjouir et licencier et précariser plus facilement. Et que s’est-il passé ? Rien. Parce que les courbettes de nos gouvernants rendent le peuple encore plus méprisable qu’il ne l’était déjà aux yeux des riches, ils nous snobent encore davantage.
 
La Société nationale de sauvetage en mer a besoin de dons pour financer la réparation d’un de ses canots ? Qu’est-ce que vous voulez que les propriétaires de yachts en aient à faire ? Tout leur est dû dans ce monde, et ils possèdent tout. La notion même de service public leur est devenue inconnue. L’avenir de la planète ? Ils s’en balancent, suffisamment riches qu’ils sont pour avoir toujours un havre de paix et de fraîcheur où se rendre. Vous croyez que les riches parisiens ou les riches lyonnais sont restés en ville pendant que vous creviez de chaud dans vos appartements chers et exiguës (dont ils perçoivent certainement le loyer) ? Non, ils ont fuit la canicule dans quelque maison de campagne, à l’air de la montagne ou face aux embruns.
 
La bienveillance et la solidarité, ils ne savent tout simplement plus ce que cela signifie. Ils méprisent ces valeurs qu’ils jugent d’un autre temps pour se rassurer et se complaire dans leur cynisme.
 
Il n’y a qu’un peuple en furie et un gouvernement expropriateur qui sauront leur rappeler leur commune appartenance à une humanité qu’ils détruisent.

Bonne année de colère unificatrice

Bonne année à toutes nos lectrices et tous nos lecteurs fidèles ainsi qu’à celles et ceux qui nous suivent sur ce site !

Ce que l’on sait de l’année à venir c’est que le gouvernement va continuer à nous faire tous nous faire nous sentir de trop : trop coûteux pour les entreprises, trop difficiles à indemniser pour notre “modèle social à rénover”, trop compliqué à soigner, impossible à tous héberger ou accueillir.

Face à ça, on peut se souhaiter une année de citoyenneté offensive et décomplexée : nous avons des droits et personne ne nous fait l’aumône quand nous touchons le chômage où quand nous utilisons notre carte vitale. Nous cotisons, nous payons des impôts, ce modèle social a été mis en place par le peuple résistant de la Libération, et s’il va mal c’est parce qu’il est géré depuis trente ans par des bourgeois qui rêvent de sa disparition et l’objectif le plus rationnel reste toujours de leur en reprendre les rênes avant que ces gens insensibles ne détruisent tout.

Ne nous excusons pas de vouloir vivre bien, de ne pas travailler trop, de n’avoir rien à “créer” ou aucun “projet à monter”. Cette année, ne marchons pas selon les leçons et les aspirations de gens qui sont nés avec du capital à investir.

On peut se souhaiter une année de colère unificatrice, de solidarité face à toutes les tentatives de division des gens face aux riches. Face à ceux qui inventent des fortunes que toucheraient les migrants quand ils arrivent chez nous et qui ne s’intéressent guère au fait que Muriel Pénicaud ne va payer aucun ISF en 2018 grâce à la réforme qu’elle a elle-même soutenu. On n’est jamais mieux servi que par soi-même et c’est 60 000€ que la ministre va économiser.

60 000€ ! Et les centaines de milliers de nos patrons, les millions de nos financiers, les milliards des gens les plus riches du monde qui gagnent autant à 10 que la moitié de l’humanité.

Cette année encore il y aura des tempêtes, des canicules et des inondations : souhaitons que nous nous ne culpabilisions plus pour nos “petits gestes du quotidiens” que nous aurions fait ou pas fait, et que nous regardions du coté des géants de l’agriculture productiviste et de la classe dirigeante qui pollue allègrement, en toute décomplexion, tout en s’affichant régulièrement à des sommets mondiaux où la lutte contre le réchauffement climatique se porte comme le dernier bijou à la mode dans le gotha.

Bref, une année de plus où, comme nous le disions dans notre premier numéro lancé il y a trois ans, plutôt que de haïr le voisin, mépriser le pauvre, lyncher le migrant, il nous faudra détester le riche.

Pénicaud, ministre à responsabilité limitée

Le 17 mai 2017, la petite foule des fonctionnaires du ministère du Travail, rue de Grenelle, est réunie dans la cour de l’hôtel du Châtelet pour assister à la passation entre la ministre sortante Myriam El Khomri et la nouvelle entrante Muriel Pénicaud. El Khomri a déjà derrière elle une loi controversée qui a fait descendre dans la rue des centaines de milliers de personnes et c’est avec un certain soulagement qu’elle constate que « les Français se sont donnés pour président de la République le seul candidat qui ne proposait pas son abrogation ». Et de lancer, comme une pique, à celle qui lui succède : « Pire, j’ai compris, chère Muriel, que votre feuille de route allait vous conduire à approfondir ce sillon de la négociation collective dans l’entreprise. » Un silence et puis : « Je vous souhaite bon courage ! ». Cette dernière exclamation n’a pas manqué de faire parcourir dans l’assemblée un petit rire cynique. Quoi qu’il en soit, cette anecdote est révélatrice du climat de tension sociale qui règne entre des ministres soucieux de donner leur nom à des réformes, tout en fragilisant des conquêtes sociales ainsi que la stabilité de vie des classes les plus populaires et des travailleurs, considérés comme enclins à l’immobilisme alors qu’ils ne font que défendre ce qui leur apparaît comme relevant de leur droit, fruit d’une longue histoire de luttes sociales.

La Suite

Pourquoi il faut détester les riches

Il y a une « haine des riches en France ». C’est ce que disent les éditorialistes environ tous les six mois. Espérons qu’ils aient raison ! C’est tellement plus efficace que la haine de l’immigré ou la haine de « l’assisté » ! Peut-être que votre égal ou votre inférieur vous bouscule dans le métro ou vous a grillé la priorité à droite, mais c’est le riche qui détourne vos impôts, ferme vos industries et détruit peu à peu votre modèle social. Malheureusement, non content de dicter nos politiques, ils possèdent un monde médiatique qui favorise en nous le dégoût du semblable plutôt que la haine du puissant. De nombreux intermédiaires, notables et autres amoureux de l’ordre établi, soumis et admiratifs, nous incitent à les encenser. Le riche a pourtant mille fois plus de pouvoir sur l’intégralité de votre vie que n’importe quel autre pékin moyen qui peut, à la limite, vous la pourrir pendant quelques heures. Voici pourquoi il est temps de rétablir à sa juste valeur un sentiment des plus respectables : détester les riches.

La Suite

Le nouveau numéro de Frustration est sorti ! Pour vous le procurer, abonnez-vous ou commandez-le en ligne via la boutique du site ! Ignorer