Oui, l’avis de “jojo” vaut mieux que celui d’un ministre de Macron

Ce qui est bien avec Macron, c’est que plus il parle et plus on comprend pourquoi on le déteste autant. Et il a le mérite d’être explicite : il dit tout haut ce que tous les bourgeois comme lui pensent tout bas. Ainsi, se confiant à des journalistes du Figaro et de Paris Match la semaine dernière, il pestait contre les chaînes d’infos en continu où “Jojo avec un gilet jaune a le même statut qu’un ministre ou un député !”. Et ça, ce n’est quand même pas possible.

On notera d’abord l’emploi du surnom “jojo”, qui renvoie à un imaginaire parisien bourgeois du “beauf” avec son ricard et sa moto qui s’appelle forcément “jojo” ou “jacky”. Evidemment “jojo” c’est aussi un petit surnom ridicule, histoire d’insister sur le fait que jojo, face à Monsieur le Ministre et Monsieur le Député, il ferait mieux de la fermer.

Ensuite, voilà qui est intéressant dans la conception de la démocratie selon Macron : On voit vraiment que pour un gars comme lui, le peuple est juste là pour voter sagement tous les 5 ans et la fermer le reste du temps. Et même s’il ne vote pas, ce n’est pas bien grave : élus avec à peine 50% du corps électoral, et donc représentant au mieux 25% des électrices et électeurs quand ils gagnent, nos députés seraient plus légitime. Et les ministres encore plus : eux ne sont pas élus, ils viennent parfois directement du lobbying pour Danone, comme Emmanuelle Wargon, la secrétaire d’Etat à l’écologie (Danone, Ecologie, Danone, Ecologie).

Bref, c’est une conception bien particulière de la souveraineté populaire qu’il nous a exposé hier. On y a appris aussi qu’il est ouvert aux référendums, sur “tous les sujets” sauuuuuf le retour de l’ISF. Bah oui les beaufs, écharpez-vous sur l’immigration, la PMA et la lutte contre “l’assistanat”, et laissez les histoires de fiscalité des riches à leurs copains.

Une chose est sûre : actuellement dans ce pays, tous les jojos ont un avis beaucoup plus fiable sur ce qu’il convient de faire pour le peuple et la planète qu’une ex-lobbyiste de Danone (Wargon), un ex-banquier d’affaire plein aux as (Macron), une ex-DRH licencieuse de chez Danone également (Pénicaud) ou des médecins et hauts cadres du privé qui squattent l’Assemblée Nationale.

Et qu’est-ce que ça a fait du bien de voir débarquer sur les plateaux télés les jojos et les jojottes, avec leurs gilets jaunes, pour contredire les ministres bien peignés et les députés bouffis d’orgueil !

Comme d’habitude, Manu, tu as tout faux.

Les équations bidons du petit Macron

Sous prétexte de “Grand Débat”, nos télés diffusent en continu la Grande Propagande : un président qui parle des heures à des maires – avec respect – et à des citoyens – avec condescendance – pour dérouler une série de fausses alternatives, d’équations issues de l’imagination rabougrie de sa tête de banquier énarque. Toutes ces équations sont fausses, destinées à réduire le champ des possibles politiques qui s’offrent à nous

“POUR FINANCER CECI, IL FAUT RÉDUIRE CELA” :

Dans l’absolu c’est vrai, sauf que Macron exclut systématiquement de l’équation tout l’argent que lui et ses prédécesseurs ont donné aux riches, aux patrons et aux actionnaires. Comme dans le questionnaire bidon du grand débat, il nous demande de choisir entre tailler dans l’éducation, la santé ou la solidarité. Avoir plus de droits ou plus d’impôts. C’est oublier que nos richesses ont été captées par une minorité. Chaque année, nos impôts financent 20 milliards qui vont aux entreprises, sous forme d’exonérations d’impôts (jusqu’en 2019) et d’exonérations de cotisations sociales compensées par l’Etat (à partir de 2019). Désormais, nos services publics vont devoir fonctionner sans les milliards de l’ISF. Et la flat tax, et l’évasion fiscale ? Des dizaines de milliards peuvent être réinvestis dans notre modèle social et nos services publics sans que notre solidarité soit réduite pour autant.

“ON NE VIVAIT PAS MIEUX AVEC L’ISF, IL N’Y AVAIT PAS MOINS DE SDF”,

répète Macron en boucle, trop fier de sa punchline. Eh si champion ! (on se permet d’être familier, lui nous appelle “les enfants”) le nombre de pauvres augmente dans ce pays à mesure que la fiscalité des riches s’est allégée. Depuis la crise de 2008, causée par la stupidité et l’irresponsabilité des financiers, une partie de la population s’appauvrit. Et dans le même temps, les gouvernements successifs et surtout le sien ont réduit la fiscalité des riches et des entreprises et la font peser sur les ménages sous forme d’augmentation d’impôts (la CSG pour les retraités…) et de coupes dans la sécurité sociale et les services publiques. On vivrait mieux avec un gros ISF : on pourrait sortir les urgences du chaos, on pourrait bâtir des centres d’accueils, les communes arrêteraient d’être saignées, on ne baisserait pas les APL et on ne gèlerait pas le RSA pour permettre aux riches de prospérer. Si la part de rémunération des actionnaires n’avait pas augmenté dans toute l’économie, au détriment des salaires, ces derniers ne stagneraient pas. Comme il le dit lui-même, “on ne peut pas financer ceci sans réduire cela”, on ne peut pas donner aux riches sans prendre aux pauvres.

“JE N’AI PAS FAIT DE CADEAUX”

“Ben si”, a répondu l’Assemblée citoyenne devant lequel Macron a déclaré cette ineptie. Et elle a raison ! Distribuer de l’argent aux riches et aux entreprises plutôt qu’aux ménages moyens et populaires, c’est un cadeau, dans la mesure où ça ne s’explique pas autrement que par l’affection et la profonde solidarité qu’entretient le président, son gouvernement et sa majorité envers ceux à qui ce transfert bénéficie. Cet amour, qui est idéologique et social, “a ses raisons que la raison ignore”, comme dit le proverbe. Car Macron et ses sbires sont bien incapables d’expliquer clairement quels effets vertueux et rationnels une telle dépense budgétaire (20 milliards de transformation du CICE en baisse de cotisations + 7 milliards d’ISF, sans compter la flat tax) va produire. Ils nous demandent d’attendre de voir. Sauf que les effets sont déjà là : les riches ne sont plus incités à investir dans l’économie réelle (car c’était un des objectifs de l’ISF, empêcher l’argent de dormir ou de s’en aller, car quand un riche investissait dans une PME, il avait une réduction de son ISF) et ne sont plus incités à être solidaires : les dons aux associations se sont effondrés en 2018, à cause de la suppression de l’ISF : l’ISF était une carotte pour les forcer à donner. Ils ne sont plus incités fiscalement à le faire et voilà le résultat, bébé Macron, il y aura de plus en plus de SDF car les associations ne vont plus avoir les moyens de les aider.

Toutes les équations du petit Manu sont fausses, en plus de se contredire les unes par rapport aux autres : Oui, la suppression de l’ISF et moins d’efforts demandés aux riches, aux actionnaires et aux patrons, aggravent la pauvreté. Car oui, ce n’est pas open bar, et donner d’un coté pousse à réduire de l’autre, et c’est ce que Macron en offrant des cadeaux. De vrais cadeaux, pour ceux qu’il aime, ceux pour qui il bosse, car oui, son passage à Rothschild a laissé des traces profondes chez ce monsieur, et rien à voir avec des “relents” antisémites, comme il l’a laissé entendre pendant son one man show miteux d’hier, mais parce que cette banque d’affaire est un formidable créateur de réseaux entre riches et politiciens.

“Grand Débat” : Donner son avis sans savoir ce qu’ils en feront, ça ne sert à rien

Dans une vidéo mise en ligne https://twitter.com/gouvernementFR/status/1087998020229255169par le gouvernement, on voit la secrétaire d’Etat Emmanuelle Wargon nous raconter, face caméra, qu’on va “vraiment pouvoir s’exprimer” avec le Grand Débat. Vous entendez ? Une femme qui était lobbyiste en chef pour Danone avant d’entrer au gouvernement, et qui est donc habitué au seul débat que celui-ci pratique – avec le CAC 40 -, vient nous raconter, sans honte, des cracs sur notre capacité à nous “exprimer”.

Dire à des gens de “venir s’exprimer” sans prendre la peine de donner la moindre information sur ce qu’il adviendra de leurs avis (Référendum ? Loi ? Sondage ? Aucun indice n’est donné) c’est aussi “démocratique” et “à l’écoute” que le Carrefour City du coin de la rue qui vous demande d’appuyer sur un bouton en sortant pour dire si le rayon légume était assez attrayant pour vous. Le Grand Débat c’est “cause toujours petit peuple, à la fin on va bien continuer à faire ce qu’on veut !”. Et c’est une ex-lobbyiste de Danone passée au ministère de l’écologie (vraiment, prenons tous ensemble la mesure de la violence et de l’absurdité de cet énoncé) qui vous le dit.

Le seul intérêt de ce grand bullshit est électoral : utiliser une initiative bidon pour préparer les élections européennes. Car nos gouvernants le savent mieux que quiconque : dans notre système politique ce sont les élections qui font la légitimité d’un pouvoir, pas les “Grands Débats”. Ces gens savent que même si on a 50% d’abstention aux européennes (comme d’hab), ils pourront se targuer d’avoir été “plébiscités par les Français”. Ils ne seront pas gêné de le dire, ils ne l’étaient pas non plus quand Macron avait gagné face à Le Pen, malgré un taux de vote blanc et d’abstention record.

Aller chez Hanouna parce que ça “fait peuple” (et que le gars est un gros bourgeois macroniste, eh oui “mes chéris”), parler 7h d’affilée devant les maires, qui sont des gros relais d’opinion, se faire inviter par tous les éditocrates crédules (parce qu’ils le veulent bien) pour parler du “grand débat” : le gouvernement détourne l’événement pour faire campagne sans le dire. Evidemment, c’est illégal, mais la légalité ces gens s’en foutent – sauf quand il s’agit de mettre des manifestants en taule. Ils sont aux abois, ils vacillent alors qu’ils commencent tout juste la mission néolibérale que la grande bourgeoisie leur a confié, il leur faut donc un second souffle électoral.

Qui croient-ils berner ?!

Dites les gueux, vous ne voudriez pas plutôt parler immigration ?

Macron a envoyé sa “lettre au Français” hier soir, et c’est un peu la liste au Père Noël d’un grand bourgeois en temps de crise sociale : On y trouve toutes les fumisteries qui imbibent la pensée libérale depuis des décennies, comme l’idée que “les travailleurs payent pour la pensions des retraités” – Non Macron, les retraités ont cotisé pour leur retraites, le fait que tu dises ça ne va rien changer au fait que tu les fasses cotiser une deuxième fois avec la CSG – ou encore que nous avons un très bon modèle social : “chez nous, l’éducation, la santé, la sécurité, la justice sont accessibles à tous indépendamment de la situation et de la fortune” – la désertification médicale, les gens qui meurent aux urgence, la justice à deux vitesses, les écoles privées, Macron ne connaît apparemment pas.

Après nous avoir dit qu’on ne pourrait pas parler, au cours de ce grand débat, de ce qu’il a fait lui, il nous propose de choisir le service public à dégraisser : “pour baisser les effectifs dans les hôpitaux, tapez 1”. “Pour baisser le salaire des profs, tapez 2”. Rétablir l’ISF et arrêter de dépenser des milliards dans le vide pour les entreprises ? “Pardon, nous n’avons pas compris votre saisie, tapez # pour obtenir des explications pédagogiques”.

Pour finir, Macron en vient au grand sujet essentiel pour les élites en temps de crise sociale : l’immigration. Faut-il des quotas ? Et la religion, on en parle ? Faut-il revenir sur la laïcité ? En voilà des beaux sujets, qui ont permis à l’oligarchie de régner sur nos vies en nous poussant à nous entre-déchirer. Les étrangers, on en reparle s’il vous plaît ? C’était tellement bien quand en 2007 la France populaire votait Sarkozy sur la base d’enjeux sécuritaire plutôt que de s’intéresser à la question sociale !

L’ensemble des éditorialistes partage son analyse. Ils sont fatigués de parler SMIC, fiscalité et partage des richesses. Ils ont hâte de refaire des couverture sur l’immigration. De reprendre leurs affrontements factices entre bourgeois un peu ouverts mais pas trop et bourgeois bien fermés et nationalistes.

C’est pourquoi, la semaine passée, ils ont ramené Marine Lepen sur le devant de la scène. Hier soir le JT de la 2 passait un long et vibrant extrait de son meeting : en voilà une belle représentante des gilets jaunes, non ?

Car les membres de l’oligarchie ne l’ont pas oublié. Ce qui a permis à leur poulain Macron d’arriver au pouvoir, c’est elle. Alors il est impératif pour eux de ramener la FN, sa présidente, ses sujets, sur le devant de la table.

Sauvez l’oligarchie : parlez immigration.

Pas un “tournant social” mais une accélération du macronisme

Hier soir, l’énarque millionnaire qui nous sert de président est venu faire une série d’annonces que les éditorialistes au poil de brosse à reluire les plus doux ont immédiatement qualifié de “tournant social”. Ces gens se sont dit que puisque les gilets jaunes s’habillaient mal ils allaient pouvoir les embobiner, et profiter de leur mouvement pour faire encore plus de néolibéralisme en appelant ça du “social”.

  • “100€ de plus pour le SMIC” mais payé par vous et nos coupes budgétaires : la réalité c’est qu’il s’agit d’une revalorisation à hauteur de l’inflation (donc neutre pour le pouvoir d’achat des gens) + une augmentation de la prime d’activité, cette prestation sociale destinée aux bas revenus et que nous payons tous. Elle était DÉJÀ prévue, il n’a donc rien annoncé. Et en plus, plutôt que de partager le gâteau des riches, il nous demande de payer les miettes pour les Smicards. Et ça va coûter beaucoup d’argent : un trou d’une dizaine de milliards d’euros dans le budget de l’Etat, à prendre sur nos services publics. Et les chômeurs, les jeunes ? Rien pour eux, circulez.
  • “une prime exceptionnelle de 1000€”, c’est Noël pour les gueux ! Sauf que cette prime défiscalisée et sans cotisations sociales est facultative, ne la verseront que les employeurs qui le veulent. Super pour eux : s’ils avaient déjà prévu d’en verser une, ils le feront mais sans cotisations, la belle affaire. S’ils ne le voulaient pas, aucun problème.
  • “l’annulation de la hausse de la CSG pour les retraités qui gagnent moins de 2000€” : une annulation de hausse, ce n’est pas une baisse hein. Les retraité.e.s ne gagnent rien, ils perdent juste moins que prévu. En revanche, leur pensions de retraites ne vont plus augmenter autant que l’inflation l’année prochaine : ils perdront quand même.
  • “la défiscalisation des heures supplémentaires” qui s’ajoute à leur exonérations de cotisations sociales, votées il y a quelques semaines. Cette mesure a tellement marché sous Sarkozy qu’elle a du être abandonnée : elle coûtait un fric monstre aux finances de l’Etat, elle provoquait une politique d’austérité pour tenir le rythme, et elle détruisait des dizaines de milliers d’emploi chaque année. Le patronat, en revanche, c’était régalé de pouvoir ainsi faire travailler davantage à moindre coût. Normal qu’il en redemande.

Nous n’avons donc rien obtenu. Ce président et sa troupe de technocrates et d’éditocrates cyniques sont suffisamment pervers pour tenter d’enfoncer le clou de leurs réformes néolibérales en faisant passer ça pour un progrès. Sur quoi comptent-ils ? Notre bêtise. Car c’est ce qu’on leur apprend dans leurs écoles : quand vous donnez des miettes aux gueux, ils se ruent dessus sans poser de questions. Nuls en maths, ils ne réalisent pas que ce qu’on leur donne d’une main, on leur reprend de l’autre. Inculte, ils ignorent que ça nourrit la destruction de leur sécu et de leur assurance-chômage.

Dommage pour eux, les choses ne fonctionnent pas comme ça : sur les ronds points, devant les lycées, sur les parking de supermarché, éclairés par les flammes des braseros, les gens se parlent. Ils n’ont sans doute pas fait l’ENA mais ils savent mieux que nos élites ce qu’est l’injustice, ce que sont le partage et la solidarité.

Pour fêter l’arrivée de Danone au ministère de l’écologie, Macron intimide et fiche en masse les membres du premier parti d’opposition

Emmanuelle Wargon devient secrétaire d’Etat à l’écologie. Cette écologie macroniste qui “va dans le bon sens”, nous disait ce matin à la radio un deputé playmobil d’un air guilleret. L’ancien job de cette dame ? Oh eh bien lobbyiste en chef pour Danone. Tout simplement. L’agroalimentaire faisant parti des secteurs les plus polluants, il est tout naturel que l’oligarchie y envoie un représentant au ministère de l’écologie, au cas où Macron nous emmènerait trop vite dans la transition écologique. Dans cette grande mafia qu’est la macronie, on ne laisse aucun riche de côté.

Pendant qu’on avance dans la lutte contre le climat, on progresse aussi sur le front de la lutte contre “tous les populismes”‘ (LREM représentant la Raison et la Science). La France Insoumise, son président, ses collaborateurs et son siège, ont été perquisitionnés à 7h du matin par des dizaines de flics (ou de collaborateurs de l’Elysée ? Avec le Nouveau Monde on ne sait plus trop). Lesquels ont agit sur ordre d’un procureur (Réputés pour leur grande indépendance sous Macron) et sans laisser de Procès Verbal. Ils sont repartis avec le contenu de tous les ordinateurs, téléphones portables, appareil divers. Un fichage de masse, en somme.

Ils auraient agis dans le cadre de deux enquêtes : l’une portant sur les emplois d’anciens collaborateurs parlementaires, l’autre sur les comptes de campagne. Dans le premier cas l’info de base vient d’une élue FN, donc c’est du solide. Dans l’autre on sait que coté compte de campagne, ça ne pose problème à personne que le parti du président de la République ait chopé du fric de la part de tous ceux au service desquels sa politique est menée. Pas plus que les immenses ristournes dont il a bénéficié de ses riches copains, pratique qui s’apparente pourtant à des dons illégaux.

Résumons : ce gouvernement coule. Il nous emporte avec. Les inondations mortelles, les actionnaires de Danone s’en foutent. Par contre le discrédit d’un président pourtant vendu comme le joker d’un régime en plein naufrage, ça leur fout les jetons. La montée d’une gauche franche, qui n’a plus peur de dire “capitalisme”, “taxer les riches” et “planification écologique”, encore plus. Alors on applique la méthode mainte fois éprouvée : faire passer ce type, ce Mélenchon, pour un gros-ma-la-de. Et malhonnête si possible. “Pas de fumée sans feu”, se diront les braves gens.

Espérons qu’une stratégie aussi pourrie montre qu’avant tout, c’est leurs foutus palais qui commencent à cramer.

Les “grands hommes”, notre malédiction

A la fin du XVIIIe siècle, Bonaparte qui n’était pas encore empereur entraînait des milliers de citoyens-soldats dans une guerre stupide en Egypte, enlisant progressivement son armée, et finissant par l’abandonner. La commande de ce tableau visait a redorer l’image de Bonaparte alors que sa volonté d’euthanasier les pestiférés de son armée est rapportée par la presse anglaise, ainsi qu’à faire oublier que la veille de cette visite aux pestiférés, à la suite du siège de Jaffa, il avait fait massacrer 3000 prisonniers qu’il estimait ne pas pouvoir faire garder et nourrir.

A l’époque les larbins de la propagande n’était pas chroniqueurs BFM TV mais peintres, et à force de tableaux mettant en valeur le futur empereur dans une “épopée égyptienne” pourtant dévastatrice, nos livres d’Histoire ont fini par décrire cette intervention militaire foireuse comme une belle aventure légitimant la prise de pouvoir de Bonaparte devenu Napoléon, et la démonstration de son ouverture et de sa grandeur d’âme. Dans ce tableau, il n’était pas comparé à Jupiter lui, mais à Apollon.

Plus de deux siècles plus tard, le président de notre République toute gangrenée de bonapartisme vient voir les habitants de Saint-Martin qui se remettent mal d’un cyclone dévastateur et qui subissent la précarité endémique qu’engendre notre système de relation outremer – métropole. Il ose toucher un délinquant, preuve de sa grande magnanimité (et de son courage : pour un grand bourgeois le contact du pauvre est quelque chose de rare, troublant et parfois érotisant), et lui conseille quoi faire de sa vie : traverser la rue, trouver un emploi en claquant des doigts, dans une île où le taux de chômage est de plus de 33%.

Puis il retournera à Paris, dans son univers de patrons et de hauts-fonctionnaires, pour qui l’abandon et l’exploitation des classes populaires, ultramarins, ouvriers, employé, est un impératif financier.

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FRUSTRATION EST UN MAGAZINE TRIMESTRIEL. SON DERNIER NUMÉRO “LES RICHES NOUS TUENT” EST DISPONIBLE EN KIOSQUE OU PAR ABONNEMENT

Revenu universel d’activité : la mesure anti-pauvres par excellence

Hier après-midi, BFM TV a fait venir une experte pour décrypter le discours de Macron et que disait-elle ? Qu’avec son revenu universel d’activité, Macron “fait un pas important vers les plus modestes” et que c’est un “virage à gauche”. Pardon ?? A gauche du FN c’est ça ?! Le revenu universel d’activité est LA mesure régressive de l’année, voici pourquoi :

1 – Concrètement, elle va mettre sous condition de recherche d’emploi, comme pour les allocations chômage, nombre de prestations qui étaient attribuées selon une autre logique, comme les APL. L’allocataire devra signer un contrat et faire la preuve de sa recherche, et ne pourra pas refuser deux offres d’emploi. Pour continuer à toucher des prestations et ne pas crever de faim il sera fliqué en permanence et devra accepter le premier boulot de merde venu. Comme l’a dit Buzyn sur France Inter ce matin, il s’agit “d’aider les gens à s’en sortir par eux-mêmes”, et non de les aider tout court. Ce faisant, le gouvernement se situe dans la droite ligne de Sarkozy lorsqu’il a transformé le RMI et RSA : bougez-vous les pauvres !

2 – Bien entendu, ce revenu se contente de fusionner des prestations déjà existantes, il n’ajoute aucun nouveau revenu pour les 9 millions de pauvres. Il y aura d’ailleurs des perdants, comme l’explique le rapport de France Stratégie commandé par le gouvernement pour anticiper les différents scénarios de fusion. Comme on harmonisera des critères d’attributions de prestations très différentes, le rapport nous apprend que les chômeurs en fin de mois perdront de l’argent, ainsi que les personnes seuls. ça suffit les cassos !

3 – Ce qui est génial quand on fusionne des trucs, c’est qu’on peut tout raboter au passage l’air de rien. Puisqu’on ne sait rien des modalités de cette fusion, on peut supposer qu’il s’agit là d’un potentiel plan d’économie pour le gouvernement, qui adore couper les vivres aux pauvres. Un virage à gauche vous dites ?

En appelant sa fusion “revenu universel”, Macron a été malin : il a face à lui pléthore de journalistes débordés et complètement incultes politiquement, qui gobent ses détournements orwelliens sans trop broncher. Le plan de com’ pour cette rentrée c’est d’avoir l’air “social”, et il peut compter sur BFM TV pour affirmer sans rire, face caméra, qu’une fusion de prestation potentiellement rabotée et désormais conditionnée à la recherche frénétique et surveillée de n’importe quel emploi, pour éviter l’oisiveté des pauvres, est une mesure “de gauche”.

Mais nous tous, on nous la fera pas.

Plan pauvreté : derrière le pathos de Macron, une approche bourgeoise et paternaliste

 

“Faire plus pour ceux qui ont moins”, est, sans rire, le slogan du discours de Macron sur la pauvreté, qui se tient ce jeudi matin. Après avoir faire tout pour ceux qui ont tout, le président se penche la larme à l’œil sur “les pauvres”. Comme d’habitude, la presse a repris complaisamment les éléments de communication du président, et l’a accompagné dans sa volonté de montrer un “visage social” aux Français qui désormais le détestent très majoritairement.  Ainsi entends-on parler d’un “virage social” du gouvernement. Après avoir gavé les riches, est venu le moment de donner quelques miettes aux pauvres, et les bourgeois ont la larme à l’œil devant tant de bonté. Pourtant, à y regarder de près, le plan pauvreté du gouvernement n’a absolument rien d’un cadeau aux “pauvres”. Voici pourquoi :

  • Le leitmotiv du gouvernement est “l’accompagnement”. Des allocataires du RSA, des demandeurs d’emploi, etc. Plutôt que d’augmenter le niveau des prestations, l’objectif est de fliquer tout le monde, pour vérifier que chacun prend la route de l’emploi (de merde et mal payé de préférence).
  • A l’anglo-saxonne, le gouvernement se concentre sur “les plus en difficulté”. Après avoir dégradé l’assurance-maladie pour tout le monde, il propose d’étendre un peu la CMU-C, cette complémentaire santé à bas coût pour les bas revenus. Après avoir précarisé l’ensemble des salariés, dont les salaires n’augmentent plus, il fait tout pour donner n’importe quel emploi aux gens. Après avoir fermé les portes de l’université à tous les jeunes de milieux populaires, il va faire quelques mesurettes pour aider les plus pauvres d’entre eux à ne pas décrocher à l’école.
  • Macron a introduit son discours en définissant la pauvreté comme, on cite “le résultat d’accident de la vie, de batailles perdues…”. Ce faisant, il fait de la pauvreté un coup de malchance, un accident de parcours individuel bien triste mais qui ne remet en aucun cas en cause le système. Avec Macron et son “plan pauvreté”, il n’y a plus d’exploitation, d’aliénation, de mépris de classe et de mauvaise répartition des richesses : il n’y a que des petits accidents bien tristes et des individus qu’il faut “accompagner” de façon paternaliste.
  • La philosophie de tout ça c’est que le modèle social doit être destiné, de façon très fliquée, aux “plus en difficulté”, qu’on considère de haut et avec la plus bourgeoise des compassions. Là où le combat ouvrier avait permis la mise en place d’un système de solidarité globale ponctionnant les revenus du capital, les libéraux rêvent d’un modèle où seuls les “nécessiteux” bénéficient d’un petit transfert de richesses. Et encore pas vraiment, puisque la plupart des dispositifs reposent sur des ressources de l’Etat, collectée par l’impôt de tout le monde, et non sur les cotisations, qui ponctionnent les richesses produites par l’économie capitaliste.
  • D’ailleurs, Macron a bien rappelé que pour aider les “derniers de cordée”, il fallait des “premiers de cordée”, et que notre système productif actuel est indispensable pour sauver les pauvres, alors que c’est précisément l’inverse qui se passe. Bref, le salut des pauvres, ce sont les riches : il fallait oser.

Bref, il n’y aucun “virage social” dans ce plan pauvreté. Il se situe en grande cohérence avec l’action de torpillage de notre modèle social issu du combat de classe à la Libération. A travers les miettes qu’il nous donne, Macron continue de voler ce qu’on a.

Macron destitution

 

L’Obs, bulletin officiel de la macronie, à l’époque où pour faire monter son candidat préféré il fallait lui faire des yeux plus bleus que bleu.

Pour certaines et certains c’était un fait acquis depuis longtemps, pour d’autres c’est un rêve qui se brise : le “beau”, le “jeune”, “l’audacieux” Macron n’est qu’un petit intriguant ravagé d’ambition de plus. Un de plus à la tête de notre pays. Un de plus à nous faire honte. Parce que notre Constitution permet à des gens élus à l’arrachée de se croire les rois du monde pendant 5 ans, nous faisons face à un scandale d’une ampleur méconnue.

D’heures en heures, ces vérités incroyables s’étayent : le président de la République entretenait une milice privée, au mépris de toutes les règles de droit. Le président de la République, mis devant des faits d’une violence et d’une folie claire et d’une illégalité certaine, a choisi de simplement mettre à pied quinze jours le coupable parce qu’il était un proche. Le président de la République, une fois l’affaire éventée, a menti à tout le pays en indiquant qu’Alexandre Benalla avait été mis au placard : soit disant relégué à des tâches administratives, l’homme gérait la sécurité – et la vitesse – du bus de l’équipe de France il n’y a pas plus tard que 6 jours.

Ironie du sort, l’affaire a éclaté alors que l’Assemblée Nationale débattait en urgence d’un projet de loi réduisant ses propres pouvoirs et augmentant ceux du président. Ce texte n’est que l’énième méfait commis par le président et son gouvernement depuis plus d’un an : Clair représentant de sa classe sociale avant d’être celui du peuple, Macron a multiplié les lois liberticides, antisociales et favorables aux puissants. D’ors et déjà, tous ses riches soutiens ont gagné une législation favorable et des réductions d’impôts d’une ampleur inégalé.

Pendant ce temps, notre modèle social est blessé. Nos droits ne sont plus que formels. Qui est allé faire un tour aux urgences au cours de la dernière année peut constater que son droit à la protection de la santé (constitutionnalisé en 1946) est conditionné à des heures d’attentes et parfois plus assuré du tout. Et ce que Macron et ses députés prévoyaient pour la sécurité sociale avant ce scandale laissait présager le pire. Quant à notre droit du travail, il boîte littéralement. Le pays lui-même est à vendre sous Emmanuel Macron. Nos aéroports, nos entreprises publiques, tout doit disparaître.

Le grand récit macroniste c’était “il faut souffrir pour être beaux”: Oui ça ne fait pas plaisir de réduire le droit du travail, mais ça facilitera les embauches. Oui c’est un peu dur de voir sa CSG augmenter quand l’ISF des riches a été supprimé, mais ça les fera revenir et ils investiront. Oui les pouvoirs du Parlement vont être réduits, mais c’est pour gouverner plus rapidement et efficacement.

Mais une narration sacrificielle ne fonctionne que si celui qui la promeut est un minimum désintéressé. Sauf que “visionnaire”, “passionné par la France”, “très travailleur”, tout ce que ses alliés racontait de Macron et de ce que les citoyens les moins critiques essayaient – de plus en plus difficilement – de croire, est faux. Il n’est qu’un homme, et un grand bourgeois a fortiori. Quelqu’un qui pense d’abord à lui, ensuite à son clan, ensuite à sa classe, puis éventuellement à une idée abstraite de son pays (la “grandeur de la France”). Le peuple, les travailleuses et travailleurs, les retraités, les étudiants, les apprentis : Macron n’a que mépris pour nous. Comme une bonne partie de nos élites, il nous trouve lents, bornés, stupides et indécrottablement antilibéraux.

Retournons contre lui la haine qu’il éprouve depuis toujours à notre égard. Faisons-le souffrir comme il a fait souffrir “ceux qui ne sont rien”. Méprisons-le comme il méprise tous les “fainéants”.

Mettons-le au chômage. 

 

Article 68 de la Constitution
Le Président de la République ne peut être destitué qu’en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat. La destitution est prononcée par le Parlement constitué en Haute Cour.
La proposition de réunion de la Haute Cour adoptée par une des assemblées du Parlement est aussitôt transmise à l’autre qui se prononce dans les quinze jours.
La Haute Cour est présidée par le président de l’Assemblée nationale. Elle statue dans un délai d’un mois, à bulletins secrets, sur la destitution. Sa décision est d’effet immédiat.
Les décisions prises en application du présent article le sont à la majorité des deux tiers des membres composant l’assemblée concernée ou la Haute Cour. Toute délégation de vote est interdite. Seuls sont recensés les votes favorables à la proposition de réunion de la Haute Cour ou à la destitution.
Une loi organique fixe les conditions d’application du présent article.