Le capitalisme en ligne : Internet n’est pas encore la démocratie rêvée

Cette année, nous avons appris par Michel Sapin, ministre des Finances, que déclarer ses revenus en ligne aux impôts allait – sans doute – devenir obligatoire en 2016. En 2014, pourtant, ce n’étaient que 13 millions de foyers sur les 37 millions de déclarants qui ont préféré Internet à la déclaration papier. Un chiffre en augmentation par rapport aux années précédentes, certes, mais qui nous assure que nous sommes encore loin de la techno-utopie qui voudrait que « tout le monde soit sur Internet ». Une utopie qui va même plus loin, puisque beaucoup vantent les mérites démocratiques du nouveau média : « Internet est le lieu de la démocratie par excellence : du plus pauvre au plus riche, tout le monde y a accès ». Internet irait même jusqu’à permettre aux plus modestes et inconnus de s’enrichir et de trouver un public. Cette position, tenue par quelques observateurs (on les appelle les « web optimistes ») et beaucoup d’autres utilisateurs d’Internet, est plus que discutable. En décembre 2014, l’agence chargée des statistiques officielles de l’Union européenne, Eurostat, a publié une étude dont le résultat est éloquent : 12 % des français interrogés affirmaient n’avoir jamais utilisé Internet de leur vie. Et si l’Internet d’aujourd’hui était le lieu dédié non pas à la démocratie mais au capitalisme des plus traditionnels ?

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