Être homosexuel·le en 2018, c’est toujours la merde

De la dépénalisation de l’homosexualité en 1981 à la légalisation des mariages entre personnes du même sexe en 2013, les dernières décennies ont permis aux femmes et hommes homosexuels vivant en France de n’être plus pourchassés ou limités dans leurs droits. Mais ces progrès politiques indéniables occultent trop souvent les conditions de vie réelles des 5 à 10 % de Français non-hétéros. Sur le plan économique, ils restent en moyenne moins bien payés que les hétéros ; sur le plan social, ils subissent encore des discriminations ou du mépris qui peuvent prendre des formes variées ; sur le plan psychique, ils sont surexposés au suicide et à la dépression. En 2018, l’homosexualité reste une caractéristique en contradiction avec la norme dominante qui associe masculinité et sexualité hétéro. Celles et ceux qui en sortent en payent toujours le prix. Cet article vise à raconter à celles et ceux qui ne le vivent pas ce qu’il se passe encore et ce qu’on pourrait changer et à celles et ceux qui ont connu ces étapes de contribuer à atténuer la haine de soi et la honte causées par ce qu’ils perçoivent encore, trop souvent, comme un terrible coup du sort. Il est extrait de notre enquête “en immersion” disponible en intégralité dans le numéro 13 de Frustration.

La Suite

Derrière le cool Macron, les élites conservatrices et libérales

Samedi, La République En Marche était venu se faire “pinkwasher” à la Marche des Fiertés. Ce terme désigne la façon dont des institutions ou des Etats utilisent la cause homosexuelle pour se donner un coté tolérant et ouvert d’esprit et masquer ainsi la violence de leurs politiques. C’est ainsi que l’Etat d’Israël utilise la réputation “gay-friendly” de Tel Aviv pour gommer le martyre qu’il fait subir aux Palestiniens, et que le président Macron s’est exprimé hier en faveur des droits homosexuels, alors qu’il s’apprête à précariser durablement l’ensemble de la population (homosexuels compris, bien entendu).

Macron joue sur une image “ouverte” et “progressiste”, et pourtant il a accueilli dans son gouvernement des ministres ayant été des opposants actifs à l’ouverture du mariage aux couples homosexuels tandis que LREM a investi un député qui n’hésitait pas à qualifier l’homosexualité d’ “abomination”, rien que ça.

Pendant ce temps, le ministre de l’Intérieur est allé à Calais se borner à envoyer davantage de police et s’est montré sans pitié avec les associations d’aide aux réfugiés, leur demandant, selon Libération, d’aller “déployer leur savoir-faire ailleurs”.

Le “progressisme” de la République En Marche et de notre président, ce n’est que de la gueule. Business is business, et pour exécuter sa mission principale qui consiste à satisfaire les appétits boursiers de notre élite financière, Macron s’entoure de toute personne efficace, se souciant guère de leurs opinions et de leurs idéaux.

La tolérance, l’ouverture d’esprit, la bienveillance, tout cela ne sont qu’éléments marketing pour faire passer la pilule d’un règne violent et répressif.

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