Solidaires ! La Loi du marché de Stéphane Brizé et Discount de Louis-Julien Petit : deux manières de mettre en scène les travailleurs au cinéma

vignette 5Cinq mois séparent la sortie au cinéma de deux films qui se jouent (tout ou partie) au sein d’un supermarché, côté salariés. Quand en janvier 2015 sortait Discount de Louis-Julien Petit, c’est en mai de la même année qu’apparaissait sur les écrans La Loi du marché de Stéphane Brizé. Deux films, donc, qui mettent en scène un monde que l’on voit encore trop rarement au cinéma : le travail. Alors que La Loi du marché nous présente le salarié en crise comme isolé, victime individuelle d’un monde cruel qui ne vaut pas qu’on se batte pour lui, le premier met en scène la solidarité d’un collectif qui, sans naïveté, croit qu’on peut et doit faire des choses pour les autres.

Pour lire ce qui suit, il n’est pas nécessaire d’avoir vu les films en question. Tout (on l’espère du moins !) est clarifié. Ce qui suit n’est pas non plus une critique « ciné » visant à donner ou non l’envie de se jeter sur le coffret « 3 films de Stéphane Brizé avec Vincent Lindon. » Loin de là.

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Que contient l’avant-projet de loi El Khomri ?

visuel9MARSL’avant-projet de loi El Khomri sera discuté en conseil des ministres le 9 mars. Il sera ensuite examiné à l’Assemblée nationale en avril, puis au Sénat en mai. Le Gouvernement laisse déjà entendre qu’il pourrait faire l’objet d’un passage en force au moyen de l’article 49.3. Et on comprend pourquoi : Ce texte est la plus grande attaque contre le droit du travail depuis plusieurs décennies. En précarisant les salariés français, en organisant un dumping social à l’intérieur même du territoire national, puisque les entreprises vont pouvoir faire la course au moins disant social, en affaiblissant le pouvoir des syndicats par le biais des “accords majoritaires”, le gouvernement “socialiste” offre le plus grand cadeau au patronat et à l’actionnariat français depuis des décennies. Personne n’a osé faire une chose pareille depuis la seconde guerre mondiale. Nous sommes horrifiés et profondément écœurés, mais nous vous laissons faire votre avis vous-même. Voici un court résumé des principales mesures qu’il contient, basé sur les analyses du quotidien économique Les Échos, du journal économique en ligne La Tribune, du quotidien généraliste Le Monde et des textes du ministère du Travail.

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Les accords majoritaires au sein des entreprises : l’exploitation choisie ?

InflexiblesLogoLa loi El Khomri provient d’une réflexion entamée depuis plusieurs années, et reprend les idées contenues notamment dans le rapport réalisé par Jean-Denis Combrexelle l’année dernière. Dans ce rapport,  il est préconisé de contourner la législation nationale par des accords majoritaires au sein d’entités plus petites : les entreprises. A priori de bon sens, cette nouvelle échelle de négociation est complètement contraire à la cohésion nationale sur le plan social, et surtout est complètement favorable au patronat. Voici un extrait de notre article “qui veut la peau du code du travail?” issu du n°5 de Frustration (et disponible en intégralité ici), nous y expliquons pourquoi.

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Flexibiliser le droit du travail ne peut pas réduire le chômage mais il peut le masquer.

InflexiblesLogoPour faire avaler les sacrifices énormes demandés aux salariés de tout secteur dans le cadre de l’avant-projet de loi El Khomri, le gouvernement et ses partisans ne vont pas manquer de se justifier par l’impérieuse nécessité de tout faire pour réduire le chômage. Mais est-ce vrai ? Ou ces lois de contournement du code du travail ne sont que ce qu’elles ont l’air d’être, des cadeaux au patronat ? Nous diffusons un extrait de notre article “qui veut la peau du code du travail” (ici en intégralité), portant sur cette question. On y explique que la création d’emploi par la précarisation est un mythe, et qu’au mieux on aura plus d’emploi précaires et de travailleurs exploités.

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Qui veut la peau du Code du travail ? – Le plan des élites pour une société sans salariés

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Le retentissant « rapport Combrexelle », remis au Premier ministre début septembre, constitue la tête de gondole des attaques récentes dont est victime le Code du travail. L’un des derniers nés parmi de nombreuses publications qui, sans surprise, fournissent aux gouvernements successifs les conclusions qu’ils souhaitent : il faut injecter plus de flexibilité dans le droit du travail. Le rapport Combrexelle évoque notamment « l’économie digitale dont les responsables soulignent, de façon récurrente, l’inadaptation, voire l’archaïsme, de notre droit du travail au regard des spécificités de ce secteur en pleine révolution. » Par conséquent, il préconise d’adapter le droit du travail au mode de fonctionnement du secteur économique du numérique en donnant « aux chefs d’entreprise en pointe dans l’économie digitale la responsabilité, avec leurs salariés et syndicats, d’innover en la matière et d’inventer, à titre expérimental et dérogatoire, de nouveaux modes de relations sociales. » Pourtant les start-ups numériques veulent des travailleurs corvéables à merci, que le client n’aperçoit même pas, bien à l’abri derrière son smartphone. Serait-ce donc cela l’avenir que nos gouvernants souhaitent pour nous ?

Cet article est extrait du n°5 de Frustration “Tous domestiques : le plan des élites pour une société sans salariés”, disponible au format électronique, en librairie et en commande web.

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Frustration à Montreuil samedi 30 janvier

Samedi 30 janvier nous aurons un stand à Montreuil en Seine St Denis (93) pour l’événement organisé par le Mouvement pour la 6e République : https://www.facebook.com/events/1539426686370741/

Nous aurons des tas d’articles à emporter, nous vendrons notre dernier numéro et nous serons là pour discuter avec tous ceux que la revue et ses idées intéressent !

N’hésitez pas à venir nous voir !

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Bonjour,

Voici une bonne nouvelle : vous pouvez maintenant vous abonner à Frustration via la plate-forme HelloAsso ici

Alors que les inégalités ne cessent d’augmenter, que le travail se précarise, que les protections sociales s’affaiblissent sous le coup d’idéalistes libéraux au service des classes supérieures et que notre vie quotidienne en pâtit, il semble que le débat politique ne porte plus que sur des questions identitaires, ou droites et gauches s’affrontent autour de mesures symboliques. Pourtant, les taux d’abstention montrent que nous sommes tous fatigués de cette classe politique, et qu’un changement serait le bienvenu.

Réfléchir à ce que ce changement pourrait être, proposer des solutions crédibles et justes pour aller vers plus d’égalité et de démocratie, c’est un mouvement auquel Frustration contribue. A l’aube de l’année 2016, nous avons décidé de nous développer pour jouer davantage ce rôle :

Maintenant que nous avons réussi à lancer 5 numéros d’affilée, nous nous sentons la force de lancer un abonnement. Les tarifs postaux obtenus, nous pouvons vous proposer un abonnement à l’année au tarif de 18€80 pour 4 numéros.

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Le capitalisme en ligne : Internet n’est pas encore la démocratie rêvée

Cette année, nous avons appris par Michel Sapin, ministre des Finances, que déclarer ses revenus en ligne aux impôts allait – sans doute – devenir obligatoire en 2016. En 2014, pourtant, ce n’étaient que 13 millions de foyers sur les 37 millions de déclarants qui ont préféré Internet à la déclaration papier. Un chiffre en augmentation par rapport aux années précédentes, certes, mais qui nous assure que nous sommes encore loin de la techno-utopie qui voudrait que « tout le monde soit sur Internet ». Une utopie qui va même plus loin, puisque beaucoup vantent les mérites démocratiques du nouveau média : « Internet est le lieu de la démocratie par excellence : du plus pauvre au plus riche, tout le monde y a accès ». Internet irait même jusqu’à permettre aux plus modestes et inconnus de s’enrichir et de trouver un public. Cette position, tenue par quelques observateurs (on les appelle les « web optimistes ») et beaucoup d’autres utilisateurs d’Internet, est plus que discutable. En décembre 2014, l’agence chargée des statistiques officielles de l’Union européenne, Eurostat, a publié une étude dont le résultat est éloquent : 12 % des français interrogés affirmaient n’avoir jamais utilisé Internet de leur vie. Et si l’Internet d’aujourd’hui était le lieu dédié non pas à la démocratie mais au capitalisme des plus traditionnels ?

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La preuve que nous ne sommes pas en démocratie

On s’apprête à installer un champ d’éoliennes sur la crête du bois qui domine ma maison. Que puis-je faire ? Demander des comptes au maire. Problème, c’est lui et son conseil municipal qui ont voté toutes les autorisations préalables à l’installation des éoliennes.

Je pensais partir à la retraite à 60 ans. Finalement ce sera à 62 ans. M’a-t-on consulté pour cette décision grave ? Non. On n’a pas écouté non plus le refus des millions de personnes qui ont manifesté le 12 octobre 2010 (entre 1,23 et 3,5 millions de Français étaient dans les rues).

Nous avons souvent l’impression que les décisions importantes pour notre vie quotidienne se prennent sans nous. Nous ne comprenons pas pourquoi, car on nous apprend depuis la plus tendre enfance que nous avons la chance de vivre en démocratie et que nous avons le devoir de voter parce que nos ancêtres se sont battus, à la Révolution française, pour qu’on ait cette possibilité. Le vote serait si essentiel à la démocratie que certains pensent aujourd’hui à le rendre obligatoire pour lutter contre l’abstention.

Nous élisons donc des responsables qui gouvernent pour nous, quitte à prendre des décisions contraignantes (comme les champs d’éoliennes ou l’âge de la retraite) pour le bien de l’ensemble de la société, l’ « intérêt général » (ici la transition énergétique et les solutions à trouver contre le vieillissement de la population).

Au point que les hommes politiques, qui définissent ce qu’est l’intérêt général en gouvernant, ne reconnaissent plus à « leurs » électeurs la capacité de juger de leur propre situation et de décider pour eux-mêmes. En 2012, le candidat Hollande nous répétait qu’il avait « le devoir de dire la vérité aux Français », comme si nous ne pouvions pas comprendre les problèmes et réfléchir à des solutions et que seuls les hommes politiques étaient investis de cette qualité : connaître la France. Il nous traitait comme des voteurs et non en tant que citoyens.

Alors on regarde les élections en attendant que soit dévoilé le visage du nouveau président, comme on attend de connaître le titre du film qui décrochera la Palme d’or au Festival de Cannes. On attend le renouvellement d’un pouvoir qui est loin, là-bas, dans un palais, mais qui prend pourtant des décisions en notre nom à tous. C’est donc cela la démocratie ?

Nous, on a décidé qu’on allait rassembler ici un faisceau de preuves pour faire la démonstration mathématique que non, nous ne sommes pas en démocratie. Le pouvoir actuel se nomme lui-même « démocratie ». Il a accaparé le mot à son profit (« dans nos démocraties occidentales »). Mais il est le contraire. Attention, le contraire de la démocratie, ce n’est pas une dictature militaire. Le contraire de la démocratie, c’est quand ce n’est pas le peuple (le plus grand nombre de la population) qui exerce le pouvoir. Et aujourd’hui, on est dans ce cas. En voici la preuve.

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