Certaines et certains nous suivent depuis nos débuts il y a 5 ans et collectionnent les numéros du magazine papier chez eux. D’autres sont arrivés ces dernières semaines, tagués par un ami sur une de nos publications. Alors, on en profite pour souhaiter la bienvenue aux nouveaux et nouvelles arrivantes.

Frustration, c’est pour qui ?

  • Si la matinale de France Inter vous étrangle, BFM vous oppresse, la pensée sociale d’Anne-Sophie Lapix vous donne des boutons et l’écharpe de Christophe Barbier régulièrement envie de le pendre avec, vous êtes ici chez vous. On assume un journalisme engagé mais pas militant, subjectif et honnête. Vous y trouverez de la critique média construite et enragée, de la presse/communication quotidienne régionale aux médias nationaux. Sans viser certains et certaines journalistes dans leur individualité car parfois de bonne volonté en rédaction (et oui, ça existe !), nous réfléchissons aux structures sociales, politiques et économiques qui souvent les dépasse et ne leur permet d’enquêter pleinement. Mais encore, afin de mieux comprendre leurs réflexes parfois primaires, formatés et bêtifiants en regardant d’où ils parlent, telles que leurs formations ou leur classe sociale : la bourgeoisie culturelle “cool” et progressiste, ça vous dit quelque chose ?
Qui sommes nous ? Tout, sauf ça (et cela vaut pour la chemise de rédaction parisienne)
  • Si vous souffrez à votre travail, détestez votre patron, doutez des bons sermons sur votre potentiel à fonder une boîte et “innover dans le secteur du digital”, on est entre amis. Si vous vous sentez discriminées, jugés sur ce que vous êtes, infériorisées pour ce qu’on vous attribue, mais que la seule chose qu’on vous répond c’est “République et Universalité”, vous pourriez trouver ici de quoi vous réchauffer. Pas d’antiracisme moral à la sauce SOS racisme chez nous : il est politique et vise essentiellement nos institutions et le système capitaliste dans son ensemble. Nous ne défendons pas “les minorités” mais la majorité des gens qu’on infériorise parce qu’il ne correspondent pas au canon bourgeois.

  • Si vous voulez changer le monde, ou du moins inverser le cours capitaliste des choses, mais vous ne croyez pas au potentiel salvateur des petits gestes individuels écolos du quotidien transposé dans des tribunes superficielles et dépolitisantes, pas plus que vous ne faites une confiance aveugle dans les partis politiques et en notre chère Ve République monarcho-gaulliste, ne bougez surtout plus : vous êtes au bon endroit. 
*Climat : Mort au capitalisme ou jamais
  • Plus généralement, vous souhaitez mettre des mots sur vos colères, mais des mots qui ne sont pas prétentieux tirés de théories grandiloquentes et surplombantes, vous voulez convaincre autour de vous qu’on pourrait vivre autrement et que résister peut être une option, mais vous ne voulez pas prendre les gens de haut et donner des leçons, Frustration est fait pour vous. Nous souhaitons partir le plus souvent de l’expérience vécue et donner des outils de compréhension de notre monde néo-libéral et capitaliste, sans tomber dans un flot de concepts farfelus qui, à défaut de faire avancer certaines luttes, créent une distance supplémentaire avec leurs objets. C’est-à-dire : nous tous. 

Frustration, c’est quoi ?

Un site web totalement indépendant composé de bénévoles motivés à renverser la table et mettre des mots sur nos frustrations quotidiennes, après avoir été pendant 5 ans un trimestriel papier diffusé à 10 000 exemplaires en France. Loin des discours convenus sur l’union de la gôche ou le populisme comme horizon indépassable, nous sommes liés à aucun parti et financé par aucune personnalité politique (on ne vise personne ici). Nous n’avons ainsi peur de fâcher personne dans le petit monde parisiano-centré politique ou militant : mine de rien ça nous donne une grande liberté de dire ce qu’on pense et ressent. Enfants de prolos ou de la petite classe moyenne, nos parents ne peuvent pas non plus nous donner d’argent pour nous aider à développer Frustration, en plus de notre argent de poche mensuel.

Evidemment, les puissances d’argent sont très éloignées de notre conscience professionnelle et surtout de notre porte monnaie, car notre seul actionnaire, c’est vous, ainsi que vos dons (enfin, surtout vos dons, quand même). Ces dons sont utiles pour payer les graphistes, améliorer notre site web et espérer pouvoir rémunérer nos contributions sur le long terme. Pourquoi pas un jour, effectuer une importante levée de fonds pour payer des salaires et faire un site encore plus beau, être au taquet sur les réseaux sociaux et avoir le budget pour partir faire des reportages dans tout le pays. 

Vous lirez sur notre site des entretiens, enquêtes, éditoriaux, réalisés pour la diffusion web – nous aimions le papier mais nous sommes des bénévoles, nous n’aimons demander de l’argent à personne et s’endetter, car ce n’est pas dans notre/votre intérêt afin de garantir une totale indépendance éditoriale. Nous écrivons en parallèle de notre travail, nourris par nos professions, nos chômages, nos démissions et nos colères.

Frustration, c’est qui ?

L’équipe web, dont l’effectif varie au gré des envies, est pour le moment animée par Nicolas Framont, qui est sociologue de formation et en ce moment expert auprès des élus salariés des CHSCT et CSE (Comité d’hygiène de sécurité et des conditions de travail et comité social et économique) – il en voit des vertes et des pas mûres et beaucoup de patrons voyous – et Selim Derkaoui, producteur d’une émission télé qui ne se reconnaît pas dans les réflexes et les tropismes bourgeois de sa profession. 

La plupart de nos articles ne sont pas signés : d’abord parce que dans le fond nous avons souvent tendance à penser que la propriété intellectuelle est collective : les idées que nous développons dans Frustration sont issues de décennies de combats, d’expériences vécues et d’idées accumulées de génération en génération, pas de notre petite individualité géniale. Ensuite, ne pas signer est une façon de se protéger, par exemple vis-à-vis de son employeur, et de pouvoir s’exprimer tout à fait librement. Tout contributeur se voit cependant proposer la signature ou l’anonymat, à sa guise.

Bienvenue chez nous. C’est aussi chez vous. 

Vous pouvez nous écrire ici : redaction@frustrationlarevue.fr