Frustration n°10 : Macron, métropolisation, crime en col blanc, Pôle Emploi… au programme de votre été

Chères lectrices, chers lecteurs,

La rédaction ainsi que les dix contributrices et illustrateurs qui ont participé à la réalisation de ce numéro sont fièr-e-s de vous annoncer sa sortie en kiosque, Relay et maison de presse, aujourd’hui vendredi 26 mai. 4€90 et 58 pages de reportage, enquêtes, analyses critiques, sans jargon, sans codes culturels excluant, pour le grand public.

// SOMMAIRE :


Dossier : Pour les riches, la fête continue :

– APPEL : Un président à combattre : Le démantèlement du Code du travail prévu cet été.
– REPORTAGE : Bienvenue au Touquet-Paris-Plage, la ville d’Emmanuel Macron
– ENQUÊTE : Depuis quand le train n’est-il plus un service public ?
– GÉOGRAPHIE : Un territoire de plus en plus divisé. Les dégâts de la métropolisation
– CRIMINALITÉ : Le crime parfait en col blanc. L’affaire du délit d’initié d’EADS
– VOTRE ARGENT : Quand vos primes d’assurance financent l’oligarchie
– DÉBAT : Pourquoi en veulent-il à la Sécu ? Nos protections sociales au cœur de la présidentielles.

Mais aussi :

– LIVRES : Dans la tête des bourgeois. Le sentiment de supériorité des classes supérieures vu par trois romans
– HISTOIRE : L’homme providentiel, une hérésie démocratique ? Petite histoire d’un mythe politique, d’hier à aujourd’hui
– ENQUÊTE : Pôle Emploi, mission impossible ? Chercher des emplois dans la pénurie.

Et encore :

– ACTUALITÉS
– COURRIER DES LECTEURS

 

// EDITO DU 20 MAI 2017 :

« MAIS PLUS POUR LONGTEMPS…

En propulsant leur nouvel homme providentiel labellisé « vote utile » à la tête de l’État, les élites, leurs médias, leurs sondeurs, ont réalisé un véritable putsch légal, rendu possible par des institutions qui confèrent à une seule personnalité des pouvoirs immenses.

Ainsi, malgré une légitimité populaire en carton-pâte au regard de la faible proportion des Français qui ont eu un vote de conviction pour le candidat Macron, le nouveau président de la République a déjà prévu une série de mesures qu’il appliquera de manière autoritaire, au premier rang desquelles une radicalisation de la loi Travail par ordonnances, une réforme fiscale avantageuse à l’égard des plus riches et un démantèlement des instances chargées de notre protection sociale.

Les grandes entreprises et leurs actionnaires vont donc pouvoir continuer tranquillement à profiter des largesses d’un État devenu leur providence, tout en traitant d’assisté quiconque ne serait pas assez bien né pour avoir le cursus honorum d’un cadre supérieur ou le capital à investir d’un chef d’entreprise. La remise en cause de leur impunité n’est pas à l’ordre du jour, puisque le programme du président mentionne davantage la lutte contre les chômeurs paresseux et les profiteurs des allocs que la question de la fraude fiscale et du crime en col blanc, qui nous coûtent pourtant bien plus cher. Mais ils ne devraient pas se réjouir si vite, car les choses sont allées trop loin…

Et si, en nous envoyant un président mégalomane, télévangéliste de leurs dogmes économiques éculés et soutenu à l’excès par leurs médias dégoulinants d’amour pour leur nouveau monarque, notre oligarchie avait brisé la mascarade démocratique qu’elle entretenait jusqu’ici pour maintenir la paix sociale ? N’est-il pas imprudent de mettre tous ses œufs dans le même panier ? Alors qu’il n’y a plus de PS pour faire croire tous les cinq ans que « le changement c’est maintenant », alors que La République en marche ! devient le parti vers qui toute notre classe politique se tourne, comment continuer à entretenir l’illusion ?

Les foules grondent déjà. Les sondeurs murmurent, embarrassés, que bien plus de la moitié de nos concitoyens sont plus que sceptiques face au nouveau président. Les manifestants sont déjà sortis la semaine de sa victoire, anticipant les régressions insensées dans lesquelles « le plus jeune président de la Ve République » veut nous entraîner. Au premier tour de l’élection présidentielle, près de 20 % des votants se sont prononcés pour un projet de VIe République et de redistribution des richesses. Et, à voir les murs recouverts d’affiches rouges de nos villes, ses partisans n’ont guère l’intention de rendre les armes.

Après les manifestations massives contre la loi Travail, après l’expérience de Nuit debout, après les sept millions de voix de la France insoumise, il semble bien qu’une force se lève contre l’oligarchie et qu’elle soit en mesure de contrecarrer les délirants projets du président. »

// COMMENT SE PROCURER CE NUMÉRO ?

 

Bonne lecture !

Le comité de rédaction : Nicolas Framont, Benoit Braunstein, Benjamin Esnault, Thibaut Izard