Enquête : être homosexuel·le en 2018, c’est toujours la merde

De la fin de la discrimination des personnes homosexuelles dans le Code Pénal à la légalisation des mariages entre personnes du même sexe en 2013, les dernières décennies ont permis aux femmes et hommes homosexuels vivant en France de n’être plus pourchassés ou limités dans leurs droits. Mais ces progrès politiques indéniables occultent trop souvent les conditions de vie réelles des 5 à 10 % de Français non-hétéros. Sur le plan économique, ils restent en moyenne moins bien payés que les hétéros ; sur le plan social, ils subissent encore des discriminations ou du mépris qui peuvent prendre des formes variées ; sur le plan psychique, ils sont surexposés au suicide et à la dépression. En 2018, l’homosexualité reste une caractéristique en contradiction avec la norme dominante qui associe masculinité et sexualité hétéro. Celles et ceux qui en sortent en payent toujours le prix.

 Si l’homophobie institutionnelle, celle de l’État, de la justice, de la psychiatrie, etc., recule objectivement et tend vers zéro, l’homophobie plus diffuse incrustée dans nos cerveaux continue d’agir et de peser sur les existences. Dans cet article initié par deux rédacteurs gays, nous nous sommes basés sur nos propres expériences mais aussi celles de proches pour mettre en immersion les lecteurs et les lectrices, qu’ils soient ou non familiers de ces situations, dans ce parcours du combattant que constitue encore le vécu de certaines sexualités. Manière de raconter à celles et ceux qui ne le vivent pas ce qu’il se passe encore et ce qu’on pourrait changer et à celles et ceux qui ont connu ces étapes de contribuer à atténuer la haine de soi et la honte causées par ce qu’ils perçoivent encore, trop souvent, comme un terrible coup du sort.

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L’homophobie en col blanc

Alors que les débats sur la prochaine loi bioéthique réaniment les membres de la mouvance “Manif pour tous” et ravivent leur discours sur l’incapacité des couples homosexuel.les à être de bons parents, les personnes non-hétérosexuelles font encore face à des inégalités et à une hostilité qui va bien au delà de ce courant politique. Sur le plan professionnel par exemple, les hommes homosexuels, à poste et qualification égales, gagnent en moyenne 6,2 % de moins que leurs homologues hétérosexuels dans le secteur privé et 5,5 % dans le public, un écart important, toutefois inférieur à celui des femmes vis-à-vis des hommes. Plus frappant encore, les homosexuels subissent sur le marché du travail un taux de chômage deux fois plus élevé que celui de leurs homologues hétérosexuels. Ces inégalités persistantes ne sont pas le propre des professions les moins qualifiées, théorie que le préjugé qui associe classes populaires et homophobie tend à alimenter. L’homophobie existe fortement dans les milieux qualifiés et prestigieux, parmi nos “élites” dont “l’ouverture d’esprit” et la “tolérance” sont régulièrement louées. Dans cet extrait de notre enquête “être homosexuel en 2018, c’est toujours la merde”, parue dans le numéro 13 de Frustration, nous décrivons cette homophobie “en col blanc”.

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Enquête : Les puissants donateurs qui ont propulsé Macron… et leurs récompenses.

Les révélations de Mediapart sur les “ristournes”, chiffrées désormais à plus de 200 000 euros, dont a bénéficié le président Macron lorsqu’il était candidat remettent en lumière le puissant soutien qu’il a eu de la part des milieux d’affaires. Un soutien moral, médiatique mais aussi financier. C’est pour que les citoyens s’intéressent à celles et ceux qui ont rendu possible Macron, et sur les bénéfices directs que ces gens ont tiré de son élection, que nous publions en intégralité notre enquête, réalisée pour le numéro 13 de Frustration, toujours en kiosque :

Lorsqu’il se lance dans la campagne présidentielle, l’ex-ministre de l’Économie n’a pas d’appareil partisan derrière lui. Pour atteindre les 16,7 millions d’euros qu’il a dépensés dans sa campagne victorieuse (celle de Hamon a coûté 15 millions, celle de Mélenchon 10 millions), il lui a fallu rassembler des fonds en un temps record. Pour cela, une équipe de « fundraising » a été créée à En Marche, chargée d’organiser une série d’événement avec des « gros donateurs », c’est-à-dire ceux qui donnent le maximum autorisé par la loi, 7 500 € par personne et par an. Des têtes de réseaux (surnommées dans les mails de son équipe, que Wikileaks a fait fuiter en juillet 2017, les « PP » pour « poisson pilote ») ont organisé en France mais aussi auprès des résidents français à l’étranger de nombreux dîners où chacun venait écouter le candidat et donnait un chèque en fonction du profit qu’il espérait tirer de son futur règne. Ces donateurs ont été déterminants : en mars 2017, ils représentaient à eux seuls 45 % de la collecte totale. L’équipe du candidat a préféré communiquer sur les « petits donateurs » qui offraient quelques dizaines d’euros via un site web, mais nos informations montrent que leur impact a été faible : le démarrage de la campagne (au printemps 2016) a uniquement été rendu possible par de riches compagnons de route. Pourquoi l’ont-ils fait ? D’abord parce que pour des PDG et des rentiers, 7 500 € ne représentent pas grand-chose, d’autant moins que le don à un candidat donne droit à une réduction d’impôts à 66 %. Ensuite parce qu’ils partagent certainement la vision du monde du candidat, et son coté europhile et pro-libre-échange n’est sans doute pas étranger à la surreprésentation des Français résidant à l’étranger ou dirigeants de filiales de multinationales parmi les donateurs. Il existe aussi des raisons très personnelles qui ont poussé des « poissons pilotes » à offrir leur salon et leur réseau au futur président. Le cas de Gilles de Margerie, organisateur d’un dîner en juillet 2016 et devenu directeur de cabinet de la ministre de la Santé deux semaines après la victoire de Macron, est à cet égard révélateur. Enfin, les gros donateurs ont agi par conscience de classe : ils étaient en droit d’espérer, pour quelques milliers d’euros lâchés et des dîners organisés, faire gagner un président attentif à leurs intérêts, leurs obsessions et leurs rêves. Six mois après la victoire de leur poulain, leurs désirs ont tous été accomplis.

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Égalité femmes/hommes en entreprise, au rapport !

Les femmes représentent près de la moitié de la population active et sont toujours victimes de fortes inégalités dans les entreprises. Pourtant, l’objectif d’égalité entre hommes et femmes est affirmé, réaffirmé, la main sur le cœur par les gouvernements successifs. Il y en a même qui jurent en faire une grande cause nationale. Les employeurs aussi arguent œuvrer chaque jour davantage pour gommer les différences de traitement existantes. De nombreux textes ont été instaurés afin d’obtenir une égalité des chances et d’évolution dans la vie professionnelle. Malgré cela, la situation des femmes n’est toujours pas aussi simple et tranquille que celle des hommes. Alors, atteindre une véritable égalité femmes/hommes au travail, une volonté sincère ou de la poudre de perlimpinpin ?

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Ce qu’ont déjà gagné les gros donateurs de Macron (partie II)

Lorsqu’il se lance dans la campagne présidentielle, le ministre de l’Économie Emmanuel Macron n’a pas d’appareil partisan derrière lui. Pour atteindre les 16,7 millions d’euros qu’il a dépensés dans sa campagne victorieuse (celle de Hamon a coûté 15 millions, celle de Mélenchon 10 millions), il lui a fallu rassembler des fonds en un temps record. Pour cela, une équipe de « fundraising » a été créée à En Marche, chargée d’organiser une série d’événement avec des « gros donateurs », c’est-à-dire ceux qui donnent le maximum autorisé par la loi, 7 500 € par personne et par an. Des têtes de réseaux (surnommées dans les mails de son équipe, que Wikileaks a fait fuiter en juillet 2017, les « PP » pour « poisson pilote ») ont organisé en France mais aussi auprès des résidents français à l’étranger de nombreux dîners où chacun venait écouter le candidat et donnait un chèque en fonction du profit qu’il espérait tirer de son futur règne. Ces donateurs ont été déterminants : en mars 2017, ils représentaient à eux seuls 45 % de la collecte totale. L’équipe du candidat a préféré communiquer sur les « petits donateurs » qui offraient quelques dizaines d’euros via un site web, mais nos informations montrent que leur impact a été faible : le démarrage de la campagne (au printemps 2016) a uniquement été rendu possible par de riches compagnons de route. Pourquoi l’ont-ils fait ? D’abord parce que pour des PDG et des rentiers, 7 500 € ne représentent pas grand-chose, d’autant moins que le don à un candidat donne droit à une réduction d’impôts à 66 %. Ensuite parce qu’ils partagent certainement la vision du monde du candidat, et son coté europhile et pro-libre-échange n’est sans doute pas étranger à la surreprésentation des Français résidant à l’étranger ou dirigeants de filiales de multinationales parmi les donateurs. Il existe aussi des raisons très personnelles qui ont poussé des « poissons pilotes » à offrir leur salon et leur réseau au futur président. Le cas de Gilles de Margerie, organisateur d’un dîner en juillet 2016 et devenu directeur de cabinet de la ministre de la Santé deux semaines après la victoire de Macron, est à cet égard révélateur. Enfin, les gros donateurs ont agi par conscience de classe : ils étaient en droit d’espérer, pour quelques milliers d’euros lâchés et des dîners organisés, faire gagner un président attentif à leurs intérêts, leurs obsessions et leurs rêves. Six mois après la victoire de leur poulain, leurs désirs ont tous été accomplis. Pour cette deuxième partie de notre enquête publiée dans le numéro 13 de Frustration (sortie le 23 février), nous nous sommes attardés sur trois villes où Macron et son équipe ont levé des fonds : Bruxelles, Londres et New York :

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Les inégalités sociales face au risque industriel

17 février, une explosion dans une usine « soumise à autorisation administrative d’exploitation » à Dieppe. Des morts parmi les employés d’un sous-traitant qui intervenaient sur le site. Au-delà du drame, il faut rappeler que le risque industriel est très inégalement réparti dans la population. Dans le numéro 13 de Frustration (en kiosques et librairies vendredi prochain, 23/02), l’article « Polluer plus pour gagner plus ; Ce n’est pas à vous de culpabiliser sur l’état de la planète, c’est aux riches ! [rubrique Criminalité] » revient sur quelques idées reçues, notamment celle comme quoi : « Nous sommes tous égaux face aux désastres ». Beau mais complètement faux !

« Il existe également en France près de 700 sites industriels classés “Seveso”, c’est-à-dire des zones soumises à des réglementations strictes car potentiellement sujettes à des accidents industriels majeurs. Les deux tiers de la population résidant dans ces zones sont des habitants de zones urbaines sensibles. Autrement dit des quartiers en difficulté économique et sociale, confrontés plus qu’ailleurs au chômage et à des inégalités d’accès aux services publics. »

 

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La ruée vers l’or blanc

À en croire les grands médias, aujourd’hui la France part en vacances au ski. Pourtant ce n’est clairement pas le cas : une semaine de vacances pour une famille de 4 personnes dans les Alpes revient en moyenne à 3 600 euros, soit plus de trois mois de smic. Malgré la vision que les riches métropolitains imposent dans leurs médias et malgré la massification de ce tourisme, on est encore loin d’un loisir accessible au plus grand nombre.

Et faut-il souhaiter que ce loisir se développe ? Le réchauffement climatique est toujours plus visible et les pouvoirs publics continuent à aménager la montagne comme si de rien de rien n’était. Dans la station de Macron (La Mongie, Hautes-Pyrénées), pas moins de 29 canons à neige (« enneigeurs » comme on dit poliment) ont été installés avant la saison hivernale ! Et les saisonniers qui permettent que toute cette économie tourne ont un statut de misère. Alors faut-il maintenir sous perfusion d’argent public un secteur économique loin d’être d’intérêt public ?

Dans le numéro 13 de Frustration (en kiosques et librairies vendredi prochain, 23/02), nous avons enquêté sur les dégâts sociaux et écologiques de l’économie de l’or blanc dans les Pyrénées. Extrait.

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Être homosexuel·le en 2018, c’est toujours la merde

De la dépénalisation de l’homosexualité en 1981 à la légalisation des mariages entre personnes du même sexe en 2013, les dernières décennies ont permis aux femmes et hommes homosexuels vivant en France de n’être plus pourchassés ou limités dans leurs droits. Mais ces progrès politiques indéniables occultent trop souvent les conditions de vie réelles des 5 à 10 % de Français non-hétéros. Sur le plan économique, ils restent en moyenne moins bien payés que les hétéros ; sur le plan social, ils subissent encore des discriminations ou du mépris qui peuvent prendre des formes variées ; sur le plan psychique, ils sont surexposés au suicide et à la dépression. En 2018, l’homosexualité reste une caractéristique en contradiction avec la norme dominante qui associe masculinité et sexualité hétéro. Celles et ceux qui en sortent en payent toujours le prix. Cet article vise à raconter à celles et ceux qui ne le vivent pas ce qu’il se passe encore et ce qu’on pourrait changer et à celles et ceux qui ont connu ces étapes de contribuer à atténuer la haine de soi et la honte causées par ce qu’ils perçoivent encore, trop souvent, comme un terrible coup du sort. Il est extrait de notre enquête “en immersion” disponible en intégralité dans le numéro 13 de Frustration.

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Ce qu’ont déjà gagné les gros donateurs de Macron

Les courageux journalistes d’investigation du Monde et consorts ont bien du courage d’attaquer Jean-Luc Mélenchon, une cible facile si on veut être sûr de ne vexer aucun actionnaire ni aucun confrère. De notre côté, nous avons préféré nous pencher sur le financement de la campagne de Macron. Vous vous souvenez des Macron Leaks ? L’ensemble des mails de l’équipe de Macron ont été diffusés sur le web en juillet 2017, et à l’époque personne n’y a trouvé grand chose. Pourtant, cette correspondance montre que dès avril 2016, du temps où il était encore ministre de l’économie, Macron s’est pressé de dîners en cocktails, organisés par des gros bonnets à gros réseaux appelés par son équipe “poissons pilotes”, pour rassembler en un temps record l’argent nécessaire au lancement de sa campagne “hors parti”. Quelques noms en disent long sur la logique implicite de ces dîners pas désintéressés. Voici quelques noms, issus de notre enquête “Retour sur investissement, ce qu’on déjà gagné les soutiens et donateurs du candidat Macron”, qui paraîtra le 23 février :

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