SEXO : Troubles de l’érection, libido en berne… Les responsables sont Macron et votre patron

Sujet de préoccupation majeur des individus de tout genre et de tout âge, la sexualité fait pourtant l’objet des analyses et conseils les plus navrants dans notre monde médiatique. D’abord, le discours sur le sexe est encore imprégné d’un sexisme et d’un virilisme assez insupportables, les magazines féminins faisant souvent porter la responsabilité sur la femme (sommée de prendre soin d’elle, de son poids, de ses « dessous sexy »), les publications « pour les hommes » étant quant à elles cruellement dépourvues de réflexion en la matière. Mais d’une façon plus générale, la sexualité est toujours traitée comme un sujet à part, déconnectée du reste de notre vie, tout juste affectée par des paramètres extérieurs flous comme « la fatigue » ou « le stress ». La conclusion la plus souvent émise est que c’est de votre faute : que ce soit vos kilos en trop, votre hypersensibilité ou votre fameux « manque de confiance en vous », c’est vous qui êtes responsables de vos soucis, de vos frustrations, de vos anxiétés. C’est faire abstraction de tous les éléments de contexte, de tout ce que la société a d’influence sur le niveau et l’expression de notre désir, de tout ce qui heurte, dans notre monde capitaliste, la possibilité d’avoir la vie sexuelle que l’on aimerait.

 La thèse de notre nouvelle rubrique « sexo » est simple : féministe, égalitariste et anticapitaliste, le sexe serait meilleur, et nous allons vous le prouver. Premier cas : comment le travail, dans sa dérive néolibérale, nuit à notre vie sexuelle.

La Suite

« Je vais tous vous privatiser » : Comment Macron brade le bien commun  

 

En ce moment même à l’Assemblée Nationale, les débats font rage autour d’une nouvelle vague de privatisation, qui touche cette fois-ci Aéroport de Paris et la Française des Jeux. Cette mesure n’a rien de surprenant quand on connaît le parcours de Macron. L’ancien ministre de l’Économie est un adepte de la grande braderie publique. À son arrivée à Bercy en 2014, il avait déjà annoncé une cession de 10 milliards d’euros d’actifs publics, c’est-à-dire une réduction de la part de capital détenue par l’État dans certaines entreprises. À son tableau de chasse, ou plutôt de ventes, on compte les aéroports de Toulouse, Lyon et Nice. Mais aussi des cessions de participations de l’État dans l’entreprise hautement stratégique Safran (qui produit notamment des avions et hélicoptères militaires), pour une opération globale avoisinant les 2 milliards d’euros. Mais cette nouvelle vague est inquiétante. D’abord, parce que la France a déjà abandonné aux investisseurs privés la plupart des sociétés industrielles, financières et commerciales qu’elle contrôlait. Les futures privatisations concerneront forcément des entreprises qui assument directement des missions de service public. Ensuite, parce que les participations de l’État s’élevaient, au 30 avril 2016, à 90 milliards d’euros. C’est donc plus de 10 % des actifs publics qu’Emmanuel Macron veut vendre, de quoi prendre la mesure de son plan de privatisation. Ces ventes fragiliseront la souveraineté de l’État à court terme, mais seront en plus très peu rentables à long terme. Chronique de l’escroquerie du peuple par les élites, réalisée avant l’été, donc au moment où nous anticipions des projets désormais tous confirmés :

La Suite

Comment les réactionnaires instrumentalisent les frustrations sexuelles

On ne résiste pas à l’envie de vous infliger une illustration du genre de celles qui accompagnent les articles sur les troubles de l’érection : désolé !

Sujet de préoccupation majeur des individus de tout genre et de tout âge, la sexualité fait pourtant l’objet des analyses et conseils les plus navrants dans notre monde médiatique. D’abord, le discours sur le sexe est encore imprégné d’un sexisme et d’un virilisme assez insupportables, les magazines féminins faisant souvent porter la responsabilité sur la femme (sommée de prendre soin d’elle, de son poids, de ses « dessous sexy »), les publications « pour les hommes » étant quant à elles cruellement dépourvues de réflexion en la matière (à l’exception notable de GQ où la chroniqueuse Maïa Mazaurette tient une bonne rubrique sexo).

D’une façon générale, la sexualité est toujours traitée comme un sujet à part, déconnectée du reste de notre vie, tout juste affectée par des paramètres extérieurs flous comme « la fatigue » ou « le stress ». La conclusion la plus souvent émise est que c’est de votre faute : que ce soit vos kilos en trop, votre hypersensibilité ou votre fameux « manque de confiance en vous », c’est vous qui êtes responsables de vos soucis, de vos frustrations, de vos anxiétés. C’est faire abstraction de tous les éléments de contexte, de tout ce que la société a d’influence sur le niveau et l’expression de notre désir, de tout ce qui heurte, dans notre monde capitaliste, la possibilité d’avoir la vie sexuelle que l’on aimerait.

Seuls les réactionnaires ont l’habitude de faire le lien entre sexualité et société, avec un certain succès. C’est l’essayiste Éric Zemmour qui a lancé le mouvement en 2006, en publiant Le Premier Sexe (100 000 exemplaires vendus), une longue complainte sur la féminisation des hommes et sur leur incapacité (à cause des féministes) à assumer ce qu’ils sont. Avec un impact dramatique sur la sexualité des hommes, car le respect qu’ils sont maintenant obligés d’accorder aux femmes (on est pourtant douze ans avant l’affaire Weinstein) est un « tue-désir de masse ». L’homme idéal étant maintenant l’homme gay, ce sont les « jeunes arabes » qui sont les derniers hommes virils du pays et qui risquent, en gros, de prendre la place des blancs auprès de leurs douces. Tremblez, hommes blancs.

Zemmour a inspiré toute une génération de youtubeurs aux gros bras comme Alain Soral, Papacito, Le Raptor Dissident, qui expliquent que c’est en réaffirmant sa virilité face à une société de tapettes et de femmelettes que l’on deviendra le mâle alpha et séducteur que l’on rêve d’être. Avec un succès certain, notamment auprès de la jeunesse, masculine évidemment. Soral a ajouté à l’ensemble la touche « rouge-brune », qui consiste à dire que cette perte de virilité est alimentée et voulue par les partisans du néolibéralisme, qui s’assurent ainsi de leur domination sur nos destinées.

Plus récemment, c’est Élisabeth Lévy, rédactrice en chef du journal Causeur, qui a l’habitude d’expliquer que le féminisme et la lutte contre les agressions sexuelles tuent le désir : rien de tel que la domination masculine pour prendre son pied, selon elle. Une analyse que ne renieraient pas Eugénie Bastié, égérie de la droite catholique depuis les débats autour du mariage homosexuel, et Natacha Polony, qui saluait en 2006 l’ouvrage de Zemmour et a publié deux ans plus tard L’Homme est l’avenir de la femme où, en parlant de son fils, elle déclame : « Et en puisant dans la mémoire aujourd’hui délaissée de l’Occident, en s’en retournant aux racines d’une civilisation qui, peut-être plus qu’aucune autre, même si c’est bien imparfaitement, a su marier féminin et masculin, il découvrira que les vertus chevaleresques portées par nos vieux récits sont ce qu’il a de plus grand et de plus respectueux à offrir aux femmes. »

Le point commun entre ces essayistes très médiatiques c’est donc bien l’instrumentalisation décomplexée des contrariétés sexuelles des gens pour alimenter des pseudo-théories visant à fonder empiriquement les idéaux anti-égalitaristes et réactionnaires.

 Aux forces de l’égalité et de l’émancipation de se plonger à leur tour dans la lutte !

Ce texte est extrait de l’article “Troubles de l’érection, libido en berne… Les responsables sont Macron et votre patron”, premier né de notre toute nouvelle rubrique Sexo, publié dans le numéro 15 de Frustration, actuellement en kiosque.

 

L’industrie pharmaceutique a-t-elle intérêt à nous soigner ? Enquête sur le premier marché mondial

« Alors, je vais vous mettre cinq jours de Doliprane, à prendre le matin et le soir si les douleurs persistent, ça c’est pour la gorge, pas plus d’une pulvérisation toutes les deux heures, et pour le mal de ventre du Gaviscon ». Votre médecin remplit la sacro-sainte ordonnance, de son écriture le plus souvent illisible, et vous patientez en parcourant du regard son bureau encombré. Une règle Sanofi par-ci, un presse-livre Novartis par-là, mais une fois votre Carte Vitale validée, vous ne craignez plus rien. Après être passé à la pharmacie de votre quartier, qui ressemble décidément de plus en plus à un supermarché, avec ses présentoirs colorés et ses alignements de produits de beauté, vous prendrez votre traitement en partie remboursé, en jetant un coup d’œil discret aux notices pléthoriques et aux caractères microscopiques qui accompagnent vos gélules, sachets et comprimés. Vous êtes, comme tous vos compatriotes, un client de l’industrie pharmaceutique. Vous savez, car vous écoutez la radio et regardez la télé, que cette industrie fait partie des secteurs les plus rentables de l’économie mondiale. Peut-être savez-vous aussi qu’il s’agit du premier marché économique du monde en termes de chiffre d’affaires. Vous connaissez quelques scandales dans lesquels cette industrie s’est tristement illustrée : le Dépakine, le Mediator, le Lévothyrox… Et vous savez certainement qu’avec ses visiteurs médicaux et ses lobbyistes, ce secteur a un pouvoir d’influence considérable sur les professionnels de santé et les politiques. Mais comme beaucoup de gens, cette situation vous dépasse. Les médecines alternatives sont là mais quelle efficacité réelle face à des médicaments ? On ne peut en effet pas se passer de médicaments, mais on peut se passer d’industrie pharmaceutique. Voici plusieurs arguments pour défendre la nationalisation de la recherche et de la production de médicament.

La Suite

Les classes populaires à Sciences Po, « social washing » dans l’école des élites ?

C’est bientôt la rentrée universitaire et avec elle les reportages plein de bons sentiments sur telle lycéenne “de banlieue” (un terme qui a du sens pour un journaliste parisien mais pas pour grand-monde, c’est comme “province”) qui entre à Sciences Po grâce à sa célèbre Convention d’Education Prioritaire. Une façon de redorer chaque année le blason d’une école qui est associée – à juste titre – à la reproduction sociale et la revendication par les élites de leur supériorité morale et intellectuelle. Ces reportages ne disent pas grand chose de la réalité. Car elle est la suivante : la convention n’est qu’une nouvelle façon pour les enfants de bourgeois d’entrer à Sciences Po, comme le raconte cette enquête inédite sur le web, publiée initialement dans le numéro 14 de Frustration (été 2018) :

En 2016, plus de 40 % des élèves admis par la filière « convention d’éducation prioritaire » (CEP) de Sciences Po Paris étaient issus de familles CSP+ – pour catégories socio-professionnelles supérieures – selon une étude parue dans Libération en 2017. « Depuis quelques années, il y a à la fois des lycées qui ne sont pas du tout des lieux de mixité sociale qui ont été conventionnés CEP par Sciences Po, type certains lycées ruraux, qui sont tout ce qu’il y a de plus lambda, avec leur lot de bourgeoisie rurale et des gens aisés qui mettent leurs gamins juste pour le lycée, voire juste pour la terminale, dans des lycées conventionnés CEP », précise Garance*, une apprentie journaliste à Sciences Po de 23 ans, non bénéficiaire de cette convention. Un constat terrible alors que ce dispositif, vieux de 17 ans désormais, s’était donné pour objectif de diversifier les profils sociologiques de cette Grande école française, bien connue de nos élites dirigeantes. Une filière parallèle au Bac qui est à l’origine disponible dans sept lycées conventionnés ZEP (zone d’éducation prioritaire), et désormais dans plus d’une centaine éparpillés dans toute la France. Et c’est à se demander si ce dispositif, issu de la « discrimination positive », n’est pas équivalent aux pratiques d’entreprises qui font du « green washing » ou du « pink washing », afin de dissimuler leurs pratiques salariales derrière un écologisme superficiel ou la promotion toute théorique des droits des minorités. Avec cette convention, Sciences Po ne pratique-t-il pas le « social washing », cachant la forêt de l’élitisme et de la reproduction sociale derrière l’arbre d’une ouverture affichée aux classes populaires ?

La Suite

Polluer plus pour gagner plus : Ce n’est pas à vous de culpabiliser sur l’état de la planète, c’est aux riches !

Plus on est riche, plus on pollue. C’est ce que l’ONG britannique Oxfam a démontré dans un rapport intitulé « Inégalités extrêmes et émissions de CO2 » en 2015. Pourtant, à l’heure où le gratin international multiplie les déclarations de bonnes intentions environnementales et les confessions larmoyantes, les gouvernements occidentaux, à commencer par le gouvernement français, s’entêtent à répéter qu’il est question de prise de conscience individuelle. Et tant que l’on continue de dénoncer la paille dans l’œil du voisin, on ne regarde pas la poutre dans le sien. Habile. Mais les « petits gestes pour la planète » ne suffiront pas. C’est le pouvoir des très riches qu’il faut réduire. Et la neutralisation de leur pouvoir de nuire commence par comprendre comment ils nous enfoncent dans la crise écologique. Décryptage.

La Suite

Le mouvement du Libre contre la start-up nation

Rencontre avec des membres fondateurs de la Maison du Libre et des Communs

 

Dans le langage d’Emmanuel Macron, la France est la Nation des start-ups, écrin de choix dédié au développement de la FrenchTech, label créé pour les entreprises françaises du numérique « innovantes », tant vantée par Macron. C’est sur ces jeunes pousses que reposerait la prospérité économique future du pays selon les gouvernements qui se succèdent depuis six ans. Ce discours est renforcé par notre président et sa clique qui béatifient ces beaux entrepreneurs blancs, jeunes et blonds, logés par le milliardaire Xavier Niel dans son incubateur de la Station F et dont les idées sont considérées comme les nouveaux puits de pétrole du xxie siècle. C’est pour leurs beaux yeux que le président a annoncé début mai dans le magazine américain Forbes qu’il allait supprimer l’ « exit tax », cette imposition des départs de capitaux, qui rapporte tout de même 800 millions d’euros aux finances publiques.

La Suite

Socioscope : Qu’allez-vous décider à la place des astres et des puissants cet été ?

Dans les journaux gratuits ou les magazines féminins, les horoscopes sont des récits inventés par des sous-traitants, avec un angle exclusivement individualiste (votre promotion, votre vie sentimentale, votre budget) et qui se nourrissent des injonctions de la société capitaliste (à la compétition, à la réussite, à l’accumulation). Ça donnerait quoi un horoscope collectif, revendicatif et émancipateur ? Un socioscope !

 

Bélier

 Travail : Vous travaillez trop, n’oubliez pas que la durée hebdomadaire légale est de 35 h et que toute heure supplémentaire doit donner lieu à une rémunération supplémentaire. Si vous êtes cadre, c’est pareil, sauf mise en place d’une convention de forfait-jour, négociable uniquement avec les organisations syndicales.

 Relationnel : Célibataire, n’oubliez pas que c’est au travail que l’on rencontre le plus souvent son conjoint ou sa conjointe. Mais ne pas compter ses heures n’est pas une solution : passés 40 ans, les heures supplémentaires réduisent votre espérance de vie et donc la possibilité de profiter de votre amour.

 Argent : Si vous avez le droit à des allocations ou des minima sociaux, n’oubliez pas d’en faire la demande. Selon une étude du Secours catholique, 40 % des gens éligibles au RSA n’en ont pas fait la demande, ainsi que 29 % de ceux qui sont éligibles aux allocations familiales. Or, il s’agit d’un droit chèrement acquis dont on ne doit éprouver nulle honte.

 

Gémeaux

 Travail : Si votre entreprise ou association compte 11 salariés et salariées ou plus, votre employeur doit organiser des élections professionnelles. S’il ne le fait pas c’est un délit d’entrave, sanctionné par 7 500 € d’amende (avant la loi Macron de 2015, cela pouvait donner lieu à une peine d’emprisonnement). N’hésitez pas à vous présenter pour défendre les droits de vos collègues. Si vous êtes élu, vous serez protégé : votre employeur devra obtenir l’accord de l’Inspection du travail pour vous licencier.

 Relationnel : Une panne d’érection est plus souvent liée à un stress d’origine professionnelle qu’à une profonde baisse du désir.

 Argent : Si vous gagnez plus de 3 200 € nets par mois, vous faites partie des 10 % de Français les mieux payés. Ne dites donc pas que vous faites partie de « la classe moyenne », cela fausse tout.

La Suite

L’esprit coursier contre le capitalisme : Quand les livreurs à vélo défient l’uberisation du travail

On les croit souvent en concurrence, isolés les uns des autres, endormis par des entreprises qui leur promettaient le rêve de liberté des entrepreneurs tout en les rendant plus exploitables que les moins protégés des salariés. Dans les grandes villes de France, on peut les voir filer à toute vitesse, énorme sac cubique sur le dos, pour tenir leur temps de livraison. On peut parfois en voir cinq ou six affalés sur un banc, le vélo posé non loin d’eux, le smartphone à la main, en train de recharger leur batterie ou d’attendre un nouveau trajet. Les coursiers à vélo, auto-entrepreneurs et fiers de l’être, n’avaient sans doute pas l’air à la pointe du combat contre le libéralisme. Après tout, ce n’était pas eux qui débattaient à Nuit Debout et qui tenaient tête au pouvoir dans les cortèges des manifestations contre la loi Travail. Eh bien on se trompait. On avait sous-estimé leur (conscience de) classe et leur débrouillardise, et surtout leur sens de la solidarité. Pour l’été, nous voulons vous raconter une histoire qui vous donnera foi en vos collègues et vos concitoyens et courage pour vos combats futurs : elle raconte la victoire de l’esprit coursier contre les combines du capitalisme 2.0. Réalisée en 2016, cette enquête a été mise à jour à partir des évolutions récentes d’un combat qui se poursuit.

La Suite

Ce qu’il nous a déjà pris : Les prises de guerre (des classes) de Macron – an I

On parle souvent, notamment ici dans les colonnes de Frustration, du CNR (Conseil national de la Résistance) pour évoquer les grandes conquêtes sociales encore en vigueur de nos jours, quoique largement affaiblies. Son action ne fut pas aussi unitaire qu’il y paraît : il n’eut pas d’existence institutionnelle – il n’y a pas eu de gouvernement du CNR – mais la réunion des mouvements de Résistance sous l’égide de Jean Moulin en 1943 aboutit à un « plan d’action immédiate » de libération ainsi qu’à un programme socio-économique intitulé « Les Jours heureux », paru en mars 1944, qui rassemblait derrière lui les diverses tendances politiques participant à la Résistance, et grandement nourri par le Parti communiste, seul parti entré en résistance, et qui allait inspirer les gouvernements de l’immédiat après-guerre (Voir le documentaire de Gilles Perret, Les Jours heureux, qui donne la parole à des membres du CNR qui expliquent le sens quasi révolutionnaire que ce programme politique allait donner à une Résistance menée en grande partie par des militants communistes et socialistes).

Résister, pour quoi ? Ce programme donnait un sens quasi révolutionnaire à la Résistance :  il comprenait des mesures pour rétablir des mécanismes démocratiques (suffrage universel, indépendance de la presse vis-à-vis des capitaux de l’industrie) et aller vers une économie plus progressiste et sociale « impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie » (la nationalisation des grandes entreprises exploitées par l’Allemagne nazie, le renouveau de la représentation syndicale), « un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État » (assurance contre la maladie maladie, retraites pour tous les salariés). Un programme articulant épuration et partage des pouvoirs et des richesses, dans la lignée des avancées sociales créées par le Front populaire avant guerre. C’est ce qui donna naissance au « modèle social » français, un compromis entre capitalisme et socialisation. Un compromis fragile que Macron et ses prédécesseurs s’emploient à briser dans le sens des intérêts de la bourgeoisie.

La Suite

Le nouveau numéro de Frustration est sorti ! Pour vous le procurer, abonnez-vous ou commandez-le en ligne via la boutique du site ! Ignorer