Macron destitution

 

L’Obs, bulletin officiel de la macronie, à l’époque où pour faire monter son candidat préféré il fallait lui faire des yeux plus bleus que bleu.

Pour certaines et certains c’était un fait acquis depuis longtemps, pour d’autres c’est un rêve qui se brise : le “beau”, le “jeune”, “l’audacieux” Macron n’est qu’un petit intriguant ravagé d’ambition de plus. Un de plus à la tête de notre pays. Un de plus à nous faire honte. Parce que notre Constitution permet à des gens élus à l’arrachée de se croire les rois du monde pendant 5 ans, nous faisons face à un scandale d’une ampleur méconnue.

D’heures en heures, ces vérités incroyables s’étayent : le président de la République entretenait une milice privée, au mépris de toutes les règles de droit. Le président de la République, mis devant des faits d’une violence et d’une folie claire et d’une illégalité certaine, a choisi de simplement mettre à pied quinze jours le coupable parce qu’il était un proche. Le président de la République, une fois l’affaire éventée, a menti à tout le pays en indiquant qu’Alexandre Benalla avait été mis au placard : soit disant relégué à des tâches administratives, l’homme gérait la sécurité – et la vitesse – du bus de l’équipe de France il n’y a pas plus tard que 6 jours.

Ironie du sort, l’affaire a éclaté alors que l’Assemblée Nationale débattait en urgence d’un projet de loi réduisant ses propres pouvoirs et augmentant ceux du président. Ce texte n’est que l’énième méfait commis par le président et son gouvernement depuis plus d’un an : Clair représentant de sa classe sociale avant d’être celui du peuple, Macron a multiplié les lois liberticides, antisociales et favorables aux puissants. D’ors et déjà, tous ses riches soutiens ont gagné une législation favorable et des réductions d’impôts d’une ampleur inégalé.

Pendant ce temps, notre modèle social est blessé. Nos droits ne sont plus que formels. Qui est allé faire un tour aux urgences au cours de la dernière année peut constater que son droit à la protection de la santé (constitutionnalisé en 1946) est conditionné à des heures d’attentes et parfois plus assuré du tout. Et ce que Macron et ses députés prévoyaient pour la sécurité sociale avant ce scandale laissait présager le pire. Quant à notre droit du travail, il boîte littéralement. Le pays lui-même est à vendre sous Emmanuel Macron. Nos aéroports, nos entreprises publiques, tout doit disparaître.

Le grand récit macroniste c’était “il faut souffrir pour être beaux”: Oui ça ne fait pas plaisir de réduire le droit du travail, mais ça facilitera les embauches. Oui c’est un peu dur de voir sa CSG augmenter quand l’ISF des riches a été supprimé, mais ça les fera revenir et ils investiront. Oui les pouvoirs du Parlement vont être réduits, mais c’est pour gouverner plus rapidement et efficacement.

Mais une narration sacrificielle ne fonctionne que si celui qui la promeut est un minimum désintéressé. Sauf que “visionnaire”, “passionné par la France”, “très travailleur”, tout ce que ses alliés racontait de Macron et de ce que les citoyens les moins critiques essayaient – de plus en plus difficilement – de croire, est faux. Il n’est qu’un homme, et un grand bourgeois a fortiori. Quelqu’un qui pense d’abord à lui, ensuite à son clan, ensuite à sa classe, puis éventuellement à une idée abstraite de son pays (la “grandeur de la France”). Le peuple, les travailleuses et travailleurs, les retraités, les étudiants, les apprentis : Macron n’a que mépris pour nous. Comme une bonne partie de nos élites, il nous trouve lents, bornés, stupides et indécrottablement antilibéraux.

Retournons contre lui la haine qu’il éprouve depuis toujours à notre égard. Faisons-le souffrir comme il a fait souffrir “ceux qui ne sont rien”. Méprisons-le comme il méprise tous les “fainéants”.

Mettons-le au chômage. 

 

Article 68 de la Constitution
Le Président de la République ne peut être destitué qu’en cas de manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l’exercice de son mandat. La destitution est prononcée par le Parlement constitué en Haute Cour.
La proposition de réunion de la Haute Cour adoptée par une des assemblées du Parlement est aussitôt transmise à l’autre qui se prononce dans les quinze jours.
La Haute Cour est présidée par le président de l’Assemblée nationale. Elle statue dans un délai d’un mois, à bulletins secrets, sur la destitution. Sa décision est d’effet immédiat.
Les décisions prises en application du présent article le sont à la majorité des deux tiers des membres composant l’assemblée concernée ou la Haute Cour. Toute délégation de vote est interdite. Seuls sont recensés les votes favorables à la proposition de réunion de la Haute Cour ou à la destitution.
Une loi organique fixe les conditions d’application du présent article.

 

 

 

 

Avec ou sans Benalla, il y a un gros problème avec notre police

De VRAIS policiers faisant leur travail avec éthique et déontologie lors des manifestations contre la loi travail en 2016

L’affaire Benalla devenue affaire Macron éclate à la gueule du “nouveau monde” souriant et méprisant que l’on nous vend depuis plus d’un an. S’en est finit du mythe de la droiture du président, de son “humanisme” et de son sens moral. Macron ne vaut pas mieux que Sarkozy : lui aussi est un petit rejeton de la bourgeoisie avide de pouvoir et obsédé par le fric. La seule différence c’est qu’il a su séduire la bourgeoisie médiatique et culturelle en se la jouant philosophe et ami des arts quand le second scandalisait le petit monde parisien par ses mauvaises manières. Dans le poulailler de nos élites, les plumes volent et cela s’agite en tout sens : leur candidat, leur héros, le porte-flingue de leurs intérêts du moment ne va bientôt plus rien valoir aux yeux du peuple et sa “courageuse action réformatrice” va devoir s’interrompre en attendant le prochain candidat prêt à nous berner le temps de faire passer les bonnes ordonnances.

Mais il y a quelque chose de dérangeant et de choquant dans les propos tenus un peu partout depuis trois jours : Benalla, usurpateur d’identité de la police, “salirait” son image. Les VRAIS policiers eux, font bien leur travail. Voilà ce qu’on lit et entend depuis que le cataclysme a commencé.

Pardon ? Vous pouvez répéter ? “Les policiers se comportent bien” en temps normal ? Dire une chose pareille sans sourciller implique d’avoir hiberné ces dix, vingt ou trente dernières années et d’avoir une interprétation bien étrange de ce qu’il s’est passé le 1er mai.

Car “l’affaire” elle-même en dit long sur le sens de l’éthique de la “déontologie” de notre police. Le nervis de l’Elysée n’a pas profité d’une porte de fourgon mal fermée pour subtiliser un casque. On lui a donné. La hiérarchie policière présente sur place a couvert l’opération menée par Benalla et deux autres sbires de l’Elysée. Elle leur a accordé le droit de partager avec ses hommes le plaisir raffiné de frapper et de traîner au sol des jeunes hommes et des jeunes femmes. Des gradés ont poussé le zèle a fournir ensuite des copies de la vidéosurveillance de la rue ! Pour expliquer une telle situation, un représentant de cette digne profession ose dire « L’Elysée, ça fout la trouille à tout le monde » (Philippe Capon, du syndicat de gardiens de la paix UNSA-Police). Par contre, voir quelqu’un étrangler un manifestant et lui donner un violent coup de pied alors qu’il est à terre et sans défense, ça fout la trouille à qui dans la profession ? Pas grand monde visiblement.

Ensuite, il faut avoir la décence et le réalisme d’affirmer que les VRAIS policiers chargés du “maintien de l’ordre” savent faire aussi bien que leur indigne usurpateur mais s’en est tellement habituel que nos chers “leaders d’opinion” s’y sont visiblement habitué : Quand le jeune militant de la France Insoumise a diffusé sa vidéo le jour du premier mai, ça n’a pas ému grand monde parmi la presse, comme s’il était acquis que la police a “le monopole de la violence gratuite et acharnée légitime”.

Et ce n’est pas la famille Traoré qui dira le contraire, ni celle de Théo. La violence gratuite de la police, les habitants des quartiers populaires y sont habitués. Ils sont aussi habitués à l’indulgence de nos élites de tout bord et de toute rédaction : le combat contre les violences policières passe pour une niche d’extrême-gauche, un dossier lassant dont on se sent obligé de parler un peu quand la mort est au rendez-vous.

Faire le procès de Macron, de son équipe et de ses pratiques oui. Faire le procès de notre police, de ses violences gratuites, de ses accointance avec l’extrême-droite (car même les services de renseignement s’en inquiètent), ce serait aussi le moment. Cessons de croire qu’assurer notre sécurité implique nécessairement de lâcher la bride juridique et morale à toute une profession. On est en droit d’exiger une police qui ne frappe pas des sans raison, qui ne fasse pas de contrôle au faciès, qui permette aux victimes de viols et d’agression de se sentir légitime à porter plainte et qui exerce sa mission sous contrôle citoyen et non sous la coupe d’hommes de main du président.

L’heure du grand ménage a sonné. Tâchons de ne pas laisser de la poussière dans les coins.

 

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Le mouvement du Libre contre la start-up nation

Rencontre avec des membres fondateurs de la Maison du Libre et des Communs

 

Dans le langage d’Emmanuel Macron, la France est la Nation des start-ups, écrin de choix dédié au développement de la FrenchTech, label créé pour les entreprises françaises du numérique « innovantes », tant vantée par Macron. C’est sur ces jeunes pousses que reposerait la prospérité économique future du pays selon les gouvernements qui se succèdent depuis six ans. Ce discours est renforcé par notre président et sa clique qui béatifient ces beaux entrepreneurs blancs, jeunes et blonds, logés par le milliardaire Xavier Niel dans son incubateur de la Station F et dont les idées sont considérées comme les nouveaux puits de pétrole du xxie siècle. C’est pour leurs beaux yeux que le président a annoncé début mai dans le magazine américain Forbes qu’il allait supprimer l’ « exit tax », cette imposition des départs de capitaux, qui rapporte tout de même 800 millions d’euros aux finances publiques.

La Suite

Quand les nervis d’En Marche commandaient des armes

Qui aurait eu l’idée de taper “armes” dans le moteur de recherche des “Macron Leaks”, cette fuite de mail de l’équipe de campagne d’En Marche orchestrée par WikiLeaks ? Nous qui travaillions sur ses gros donateurs, nous ne l’avons pas fait. Mais depuis qu’on sait ce qu’ont fait le collaborateur de Macron Alexandre Benalla (le même qui, avant hier, faisait foncer le bus des bleus au milieu de la foule déçue pour ramener la coupe à Macron), et le sbire Vincent Crase, l’image “libérale-progressiste” du mouvement présidentiel, déjà sérieusement écornée depuis la loi Asile et Immigration, explose au profit du profil inquiétant et fascisant de ses membres.

Dans cet échange de mail entre les deux hommes, à l’époque en charge de la sécurité du candidat Macron, on trouve une impressionnante liste de course, clairement inadaptée à la sécurité d’un mouvement politique.

“Faites ce que vous voulez mais votez Macron” titrait Libération pendant l’entre-deux-tours et hurlaient les antifascistes de salon que nous n’avons eu de cesse de dénoncer dans nos colonnes. Comme ils ont eu tort : un président dont l’obsession est de faire passer des “réformes impopulaires” a forcément besoin de s’entourer d’hommes de fer capable de cracher – et à l’occasion frapper – le peuple pour lui faire avaler la potion néolibérale qu’il recrache avec acharnement depuis vingt ans.

CHÔMAGE PARTIEL POUR LES OUVRIERS DE FIAT, 30 MILLIONS PAR AN POUR RONALDO

Un syndicat d’ouvriers de l’usine automobile Fiat de Melfi (Italie du sud) a prévu de se mettre en grève du 15 juillet au soir au 17 juillet au matin, lors de la présentation de la star portugaise Cristiano Ronaldo dans son nouveau club de foot de la Juventus Turin. Celui-ci arrive du Real Madrid contre 112 millions d’euros et percevra un salaire de 30 millions d’euros.

Loin de nous l’idée de critiquer des « millionnaires qui tapent dans un ballon », ce serait bien trop facile alors que les médias ne critiquent pas d’autres millionnaires qui apportent un divertissement jugé plus noble (les acteurs) ou les fortunes des grandes familles actionnaires rentières qui font encore beaucoup moins pour le bien commun. Mais force est de constater que Ronaldo n’est pas non plus un exemple puisqu’il a récemment accepté de verser 18,8 millions d’euros au fisc espagnol afin d’échapper à une peine de prison pour plusieurs délits fiscaux pour lesquels il a plaidé coupable. Après ça c’est facile d’avoir un engagement humanitaire pour lustrer son image. Avec ce transfert, il pensait être tranquille loin de l’Espagne. C’était sans compter l’action des ouvriers de Fiat écœurés par les inégalités de traitement entre salariés d’un même patron.

Car qu’est-ce qui pose problème au syndicat USB au juste ? Ils ont les mêmes actionnaires majoritaires que le club de football piémontais, la famille Agnelli. Pendant qu’eux subiront des périodes de carence imposées jusqu’en 2022, la famille Agnelli consent des dépenses faramineuses. Autrement dit leurs sacrifices servent in fine à engraisser Ronaldo.

Voici leur communiqué :
« Il est inacceptable que l’on dépense des centaines de millions d’euros pour l’achat d’un joueur alors que l’on demande dans le même temps à nous, travailleurs, des sacrifices.
On nous dit que les temps sont difficiles, qu’il faut recourir à des plans sociaux en attendant le lancement de nouveaux modèles qui n’arrivent jamais.
Alors que les salariés et leurs familles se serrent de plus en plus la ceinture, l’entreprise décide d’investir énormément d’argent sur un seul homme.
Est-ce juste ? Est-ce normal qu’un seul individu gagne des millions et que des milliers de familles n’arrivent pas à terminer le mois ?
Nous dépendons tous du même patron et ce traitement inégal ne peut être toléré.
Les salariés ont fait la fortune des propriétaires depuis trois générations, et en retour, ils n’ont reçu qu’une vie de misère[…] »

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Versailles, ses jardins, sa galerie des glaces et les milliers de morts de sa construction, symbole du mépris historique de nos élites envers le peuple

A Versailles, les riches s’amusent comme des fous pendant que les pauvres crèvent dans leur taudis. Mais QU’EST-CE QUE C’EST JOLI !
Macron reçoit cette après-midi les députés et sénateurs à Versailles, il va leur faire un beau discours puis se tirer, et eux pourront en débattre entre eux. Imaginez la scène : un pote vous fait venir dans sa grosse baraque avec héliport et jacuzzi, il vous dit que vous coûtez un pognon de dingue et que vous êtes tous une bande de fainéants, et se tire dans sa limousine, vous laissant en discuter avec les autres invités. C’est un peu ce qui va arriver aux députés et sénateurs, et on ne va pas pleurer sur le sort de ces masos qui acceptent de se faire traîner dans le Palais des oppresseurs de la France pendant des siècles sous prétexte de respecter une disposition de la Constitution mise en place sous le règne du mafieux notoire Sarkozy.
 
Oppresser le peuple depuis Versailles est un sport national pour nos délites, et ce depuis le début du XVIIe siècle : à cette époque que les gens de droite estiment être “l’âge d’or de la Fraaaance” (notamment parce que ses armateurs partait en Afrique charger à ras bord des navires d’esclaves enchaînés à même le sol puis les amener en Amérique dont les habitants étaient méthodiquement exterminés), un petit roi paranoïaque et fébrile nommé Louis XIV décidait d’entamer un chantier pharaonique, mobilisant plus de 30 000 ouvriers, et ayant provoqué des milliers de morts, jusqu’à 10 000 selon les sources.
 
Des milliers de morts pour kiffer la vibe avec sa famille et une horde de nobles venus de toute la France pour accepter de jouer les pots de fleurs à tout moment de la journée du monarque. ça le vaut non ?
 
Hélas, ce chantier à 10 000 morts n’aura pas suffit à protéger Louis XVI de la foule venu le chercher, lui et sa famille, en 1789. Si une foule de bigot nostalgique fête depuis ce décès officiel de la monarchie, Versailles est resté, monarchie ou pas, le symbole du pouvoir et de la hargne anti-peuple des gens qui règnent sur nous depuis. Napoléon, qui a perpétué la tradition de la boucherie sur peuple, y a fait quelques bricoles, puis la bourgeoisie régnante y a fuit en 1871 quand le peuple de Paris a voulu prendre son destin en main. C’est depuis Versailles que le premier ministre Adolphe Thiers, dont nombre de nos rues et boulevard portent le nom, a déclenché une invasion militaire contre sa propre capitale. Rue par rue depuis le sud-ouest Paris fut repris depuis Versailles, tandis que les anciens ennemis prussiens assiégeaient le coté Nord-Est (C’est beau l’amitié entre Nation quand il s’agit de canarder le peuple). Et le mouvement ouvrier fut exterminé ou exilé pour 10 ans.
 
Pendant le vingtième siècle, le peuple a pu un peu domestiquer sa bourgeoisie, bien que celle-ci ait reconduit la tradition tribale de la boucherie populaire en 14-18. Versailles est devenu un musée, où on n’apprend cependant guère le prix humain de sa “magnificence”. D’illustres énarques y sont nommés et touchent un salaire mirobolant tandis que des grandes entreprises comme Vinci subventionnent tel ou tel rénovation de tel allégorie de Louis XIV jouant de la harpe d’or, pour redorer leur blason et toucher la petite réduction d’impôt qui va bien.
 
Avec les résistances populaires qui s’effilochent, le triomphe du néolibéralisme contre les peuples et les succès des forces de droite ou de gauche-de droite puis “ni gauche ni gauche, de droite”, pas étonnant que les présidents et leurs fidèles se remettent à baver sur Versailles. Comme tous les enfants mégalomanes de riches, ils pensent qu’un “destin exceptionnel” les attend, et donc tout ce qu’a touché un Louis XIV ou un Napoléon leur donne la trique. Est-ce pour cela que Sarkozy a modifié en 2008 la constitution pour avoir le droit d’y faire une apparition régulière devant le parlement ? Est-ce pour cela que Macron y rassemble aujourd’hui un public dévoué alors qu’il n’a rien de spécial à dire ?
 
Ce qui est sûr, c’est qu’en ce début de siècle où notre grande bourgeoisie a repris tout le poil de la bête après quelques décennies compliquées, Versailles est redevenu le meilleur endroit depuis lequel les puissants peuvent nous regarder et nous dire combien ils nous méprisent. De notre coté, ça reste le meilleur endroit pour aller les cueillir et leur rappeler que si la France semble être toujours le pays des mégalos puérils, elle doit toujours un peu être celui d’un peuple rebelle et qu’il ne faut pas pousser dans les retranchements de sa dignité.

Pourquoi le remplacement de “sécurité sociale” par “protection sociale” dans la Constitution est le coup de semonce précédent la bataille contre notre modèle social

L’amendement qui dissout la sécurité sociale
C’est un petit amendement d’apparence inoffensive qui est venu, lors de l’examen à l’Assemblée du projet de loi de révision constitutionnelle, révéler les pires intentions des macronistes pour la sécurité sociale : jusqu’à présent, notre Constitution mentionnait la sécurité sociale, désormais elle mentionnera la « protection sociale ». Voici pourquoi ce changement ouvre la porte à la dilution puis la liquidation de la sécurité sociale.

 

  • Alors que « sécurité sociale » faisait référence à un système d’assurance collective face aux risques de la vie (santé, vieillesse, famille, accident du travail…) qui fonctionne par la cotisation et est gérée par les travailleurs pour l’ensemble de la population, « protection sociale » est le terme générique qui désigne toutes les institutions d’assurances : la sécu oui, mais aussi les assurances-privées, les mutuelles, les complémentaires…. Autrement dit, la Constitution modifiée par les macronistes permettra au gouvernement et au parlement de légiférer sur nos droits à la protection et à la santé au sein d’un champ plus vaste que la seule sécurité sociale. Les assurances-privées deviendront une option constitutionnellement viable.

 

 

  • A cause de ces plans d’austérité, la France est passée de meilleure système de santé du monde en 2000 à un pays où des gens meurent aux urgences faute de prise en charge rapide et où nos anciens sont maltraités dans des EHPAD par des personnels sous pression. Les macronistes ont poursuivi ce mouvement en votant fin 2017 le plus important plan d’économie sur la sécurité sociale depuis les années 1990 : 4,2 milliards sur l’assurance-maladie.

 

  • Les quelques évolutions qu’ils décident, comme un meilleur remboursement des prothèses dentaires et des lunettes, repose entièrement sur les mutuelles complémentaires. L’idée est bien, pour s’assurer collectivement, de ne plus passer par la sécu mais par le privé. Et comme ils n’ont eu de cesse de briser la sécu, tous ceux qui en ont les moyens seront bien content de pouvoir un jour rendre une Carte Vitale qui ne vaut plus rien. Une sécurité sociale pourrie pour les pauvres, des assurances-privées pour les autres : c’est ce à quoi conduit la politique macroniste, rendue désormais acceptable du point de vue de notre constitution avec cet amendement scélérat.

 

Il est possible de s’opposer à cette ultime crasse qui révèle l’ampleur antisociale du projet macroniste. L’amendement n’a été votée qu’en commission et, avec une mobilisation suffisamment grande, pourrait passer à la trappe d’un gouvernement qui se sait de plus en plus haï. Cette crasse macroniste doit aussi nous redonner des ambitions populaires : le projet des fondateurs de la Sécurité Sociale était qu’à terme, elle soit l’unique système d’assurance face aux risques de la vie. Finies les complémentaires, finies les assurances privées, finie le reste à charge pour les assurés sociaux : dans un pays aussi riche et productif que le nôtre, le système qui consiste à dire “à chacun selon ses besoins, à chacun selon ses besoins” peut assurer la protection de toutes et tous. Et éradiquer le mutualisme dévoyé, l’assurance-privé coûteuse et la dépense individuelle dispendieuse et inégalitaire.

 

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Geoffroy Roux de Bézieux, grand bourgeois banal et chiant, est le nouveau porte-flingue de la grande bourgeoisie

Un bon vieux capitaliste bien de chez nous.

Cet homme dont le nom reflète la classe sociale a été élu nouveau président du MEDEF. On pensait toucher le fond aristocratique avec Pierre Gattaz, qui était le fils d’Yvon Gattaz, ancien président du CNPF (ancien nom du MEDEF), mais non : Geoffroy Roux de Bézieux est l’héritier d’une famille de banquiers lyonnais (depuis au moins Louis XV) croisée avec une famille aristocratique au 19e siècle : c’est cette subtile alliance de nobles et de bourgeois qui a formé la grande bourgeoisie française qui règne toujours et plus que jamais sur nos vies.

Geoffroy Roux de Bézieux (on dira « GRDB » pour ne pas postillonner notre conscience de classe) est un cliché social vivant, une preuve à balancer à tous ceux qui sont encore capables de dire « maaais la bourgeoisie ça n’existe plus enfiiiin ! » : établissement privé catholique à Neuilly, prestigieuse école de commerce, haut cadre de l’Oréal puis associé d’un fond d’investissement dans le numérique, il est – naturellement « père comblé de 4 enfants » et passionné de rubgy (il a acheté son propre club). Catholique pratiquant comme les Mulliez (Auchan) ou de Castries (Axa), il était contre le mariage pour tous. Mais avant tout, GRDB est très peiné que les Français aient des a priori sur des patrons et c’est pourquoi il a publié en 2007 un bouquin, tellement c’est triste. Persuadé que les patrons sont les vrais martyrs de notre époque, il est allé jusqu’à inventer de toute pièce le fait qu’un patron de PME se suiciderait tous les deux jours.

En 2008, GRDB pensait que la solution à la crise était plus de capitalisme, et c’est donc en toute logique qu’il est plus macroniste que Macron. En octobre, face aux manifestants contre les ordonnances travail il l’enjoignait à « ne pas céder » car « Ceux qui manifestent sont obnubilés par l’égalitarisme », le péché suprême pour les grands bourgeois.

Comme tout grand bourgeois qui se respecte, GRDB estime que notre dette publique est colossale, et que la priorité qu’il veut faire porter par le MEDEF est – très original – la baisse des dépenses publiques. Naturellement ce mec se fout des services publics, et comme Macron il doit penser qu’on met un « pognon de dingues » dans nos minima sociaux. Mais votre vie, il arrive à peine à s’y intéresser : interrogé le 29 juin sur le montant du SMIC, il s’est trompé de 110€. Alors vous pensez bien que vos 5€ d’APL, il n’en a rien à carrer, bande d’égalitaristes.

Geoffroy Roux de Bézieux, grand bourgeois banal et chiant, mais éminent ennemi du peuple.

 

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Sous coke, le président vous fait un “brief” expliquant pourquoi vous coûtez trop cher, les gueux

 

Toute fière, la directrice de la communication du président a publié sur twitter hier soir cette vidéo montrant le président recadrer ses collaborateurs sur un discours qu’il prononcera aujourd’hui sur les “aides sociales” (on a hâte !).

Complètement fébrile, il raconte pourquoi les minima sociaux coûtent “un pognon dingue” et sont inefficaces. La clef ? “responsabiliser les acteurs”, pour que les chômeurs arrêtent de partir au Bahamas, les familles arrêtent de faire des enfants pour toucher les allocs, les allocataires du RSA arrêtent de s’acheter des grandes télés. Le bureau présidentiel c’est un café du commerce croisé avec un open space de start uppers friqués.

Inefficace notre modèle social ? C’est ce que pense le président des riches et la classe qu’il défend ! Pourtant, selon Alternatives économiques, “notre système socio-fiscal réduit les inégalités et la pauvreté. Les 10 % les plus riches gagnent vingt fois plus que les 10 % les plus pauvres, mais après impôts et redistributions ils ne gagnent plus « que » six fois plus. Le taux de pauvreté est d’environ 14 % après redistribution ; sans cette redistribution, il serait un peu supérieur à 20 %.”

Mais la réduction des inégalités, Macron et ses sbires s’en cognent ! Au contraire, ils veulent éliminer la dimension redistributive de notre modèle social. Eux veulent un système charitable, où on donne un petit pécule aux “accidentés de la vie”, pour avoir bonne conscience et contenter la populace et ses bons sentiments. Tous les autres doivent se démerder et arrêter de ponctionner les riches.

C’est le rêve américain : des inégalités immenses, un petit “welfare” pour les très pauvres, à peine de quoi les empêcher de crever (mais ils crèveront quand même), et des réductions d’impôts massives et continues pour les riches. Voilà ce qui arrive quand on élit un riche millionnaire qui a avalé le pire de la culture d’entreprise des années 2000 : le mépris du peuple devient la seule politique possible.

PS : Le Crédit Impôt Compétitivité des Entreprises (CICE) mis en place sous Macron ministre et reconduit sous Macron président, a déjà coûté plus de 100 milliards d’euros, “un pognon dingue” comme il dirait, sans aucune contrepartie, aucun contrôle, etaurait détruit plus d’emploi qu’il n’en aurait créée, selon les rapports de la commission des finances. Mais quand il s’agit des entreprises et des riches, il n’est jamais question de “responsabiliser”, c’est open bar, champagne à volonté, caviar plein la gueule, sous vos yeux ébahis, les gueux !

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L’État, victime consentante de l’industrie pharmaceutique

L’annonce du déremboursement de plusieurs traitements contre la maladie d’Alzheimer, fin mai, a beaucoup choqué. De la part de la ministre de la santé qui met sous pression les hôpitaux et demande aux malades d’aller plutôt vers la médecine libérale, cela ressemble fort à un nouveau tour de vis dans les finances de santé. Mais il n’en est rien : ces traitements étaient inutiles. Depuis 2011, la Haute Autorité de Santé, chargée d’estimer le Service Médical Rendu d’un médicament pour lui fixer son taux de remboursement, était au courant. Mais il a fallu des années pour agir et faire cesser ce gaspillage sur le dos des assurés sociaux. Les industriels du secteur pharmaceutique, premier marché mondial, savent jouer avec nos institutions de santé pour faire passer pour nécessaire des produits qui ne le sont pas. Dans une enquête publiée dans le numéro 14 de Frustration, nous expliquons les ressorts des truquage des industriels et des politiques complaisants pour faire rembourser ce qui ne devrait pas l’être.

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