Qui sommes-nous ?

Quiconque frissonne de bonheur au son des bavardages courtois évitera d’acheter cette revue”
Le Monde Diplomatique,
août 2014

“Frustration donnera des repères à celles et ceux qui cherchent des outils pour comprendre leur propre frustration face à la situation actuelle”
Alternatives économiques, août 2016

Frustration, trimestriel de critique sociale pour le grand public

Frustration mène une critique sociale et politique en mettant à disposition du plus grand nombre des argumentaires pour repolitiser des expériences quotidiennes, se réapproprier des débats tranchés pour nous et tracer des voies alternatives collectives. Si nous écrivons, c’est parce qu’à chaque moment de nos enquêtes (par exemple notre enquête sur l’industrie agroalimentaire ou sur la droitisation du Parti socialiste), de nos analyses (prenant par exemple à contrepied ceux qui estiment que le peuple n’a pas à être trop souvent consulté, ou  montrant que l’uberisation était la réhabilitation de la domesticité) et de nos reportages (sur le fonctionnement d’une librairie coopérative ou sur l’ambitieux projet de coursiers à vélo de gérer eux-mêmes leur plate-forme numérique), nous ne cessons de nous répéter : « et si tout le monde savait ça… »

Une critique offensive

Quand une grande partie de la presse, de plus en plus soumise à des pressions privées, produit du commentaire interchangeable sur les mérites comparés des différents candidats et relaie les obsessions d’éditorialistes, nous voulons contribuer à une information rigoureuse qui démasque les conséquences des régressions sociales actuellement annoncées et ramène les Valls, Macron, Fillon, Le Pen, etc. aux intérêts qu’ils défendent, ceux des classes les plus aisées. Notre revue débarrasse ces programmes politiques de leur emballage et de leurs fausses différences qui visent à tromper les électeurs. Nous produisons donc un état des lieux sur des sujets économiques, sociaux et politiques – l’industrie agro-alimentaire, l’uberisation de l’économie, l’état d’urgence, la loi Travail, etc. – qui met en lumière le fait que nos institutions politiques et notre système économique sont massivement détournés au profit des plus riches. Frustration est garantie 100 % sans admiration béate pour le président Macron, que nous considérons pour notre part comme le meilleur représentant de l’oligarchie que ce pays ait connu, et donc comme le pire représentant du peuple.

Faire confiance au collectif

Plusieurs partis pris forts structurent par conséquent notre ligne éditoriale :

  • Nos lecteurs et les citoyens en général ne sont pas un troupeau de moutons aliénés auxquels il faudrait faire la leçon : Nous pensons au contraire que les mythes qui confortent le pouvoir des puissants font de moins en moins recette dans la population et que notre rôle est de légitimer des analyses et des impressions déjà présentes plutôt que d’amener les gens vers une « prise de conscience ».
  • Nous privilégions les alternatives collectives aux solutions individuelles : Nous estimons que pour changer une société qui contraint les individus à travailler, consommer et vivre d’une certaine façon, on ne peut s’appuyer uniquement sur des solutions individuelles mais on doit aussi transformer les structures collectives.
  • Notre approche est non-dogmatique : Nous souhaitons un autre système économique et politique, mais nous n’apportons pas de vérité révélée. Ni dieu, ni maître à penser.
  • Nous ne nous prétendons pas experts : Nos articles sont le fruit de recherches et de rencontres dans des domaines que nous ne connaissions pas toujours avant.
  • Nous essayons, à travers des témoignages, de restituer au plus près des expériences vécues et la violence actuelle des structures économiques et sociales pour ceux qui la subissent au quotidien. Par exemple, notre dernier numéro proposait le témoignage d’un coursier de Deliveroo, mis en lien avec le contexte d’exploitation d’une fausse indépendance par ces nouvelles entreprises du numérique et proposant des solutions collectives et concrètes pour dépasser l’ubérisation
  • Nous pratiquons une relecture rigoureuse : Un collectif éditorial est chargé de choisir les articles, d’en définir le contenu et le plan avec les contributeurs, de relire le papier rédigé pour en relever les imprécisions ou les ambiguïtés et en améliorer la clarté. Le pouvoir de l’auteur – appelé chez nous rédacteur – sur son article est limité par une discussion démocratique.
  • Nous nous efforçons de faciliter la lecture par la construction et le rythme : Nous sommes attentifs à ce que nos articles contiennent un raisonnement progressif, sans répétition, grâce à une construction explicite et une langue accessible.

Un magazine papier

Nous avons opté pour un média traditionnel, le papier permet la lecture confortable d’enquêtes et d’analyses approfondies et constitue le cœur de notre travail de critique prolongé sur notre site et les réseaux sociaux par un commentaire régulier de l’actualité. Un soin particulier est porté à la maquette et aux illustrations pour produire un magazine original, percutant et agréable à lire. Contrairement à la presse traditionnelle, Frustration n’est pas saturée de publicité, tandis que son faible prix (4,90 €) la distingue des épaisses revues papiers de librairie. Mais c’est une initiative parmi beaucoup d’autres nouveaux médias, à côté de chaînes YouTube, de blogs, de pages Facebook, de fils Twitter, de JT alternatifs, etc.

Notre parcours

En 2013, à la fin de nos études, nous écrivions entre amis un numéro pilote d’une revue que nous avons nommée Frustration, pour que celles et ceux qui partagent ce sentiment – la frustration de vivre dans cette société qui promet la prospérité alors qu’elle creuse les inégalités, qui exalte l’égalité alors qu’elle favorise ceux qui ont déjà tout, qui prône le vivre-ensemble alors que ses politiques et grands journalistes ont fait du mépris du pauvre leur thème favori puissent voir leurs doutes étayés par nos recherches, leurs malaises exprimés dans nos lignes. A la suite de cette première expérience d’un numéro 0 à tirage limité, nous avions obtenu par une levée de fonds de 1 500 € pour lancer le numéro 1 en juin 2014, à 300 exemplaires, et pour le diffuser dans un réseau de librairies indépendantes. Au début, nos articles étaient volontiers pamphlétaires, attaquant de façon radicale les puissants et dénonçant les hypocrisies de notre époque. Puis nous avons appris à adopter une écriture plus inclusive, et grâce aux retours de nos lecteurs nous avons été en mesure de diversifier nos formats d’articles, développant par exemple des enquêtes à partir de notre numéro 4 puis des reportages sur des professions ou des alternatives à l’économie capitaliste, avec l’arrivée de contributeurs et de nouveaux membres permanents. Avec le soutien de nos fidèles lecteurs, leurs encouragements et leurs dons, et de tous ceux qui ont contribué à faire connaître notre travail (particuliers, libraires, journalistes…) nous avons étendu notre diffusion à 45 librairies en France et atteint 100 abonnés à l’automne dernier pour la parution du numéro 8.

Depuis février 2017, nous avons franchi un nouveau cap : la diffusion en kiosque, avec un tirage à 10 000 exemplaires. Désormais, vous pouvez très facilement acheter Frustration près de chez vous, en trouvant ici le marchand de journaux le plus proche de votre domicile ou de votre lieu de travail.

Malgré son développement, Frustration est restée une association loi 1901 éditant un trimestriel peu onéreux et sans publicité, car son but n’est pas d’installer une rédaction professionnelle mais d’être une manière de s’engager en politique pour ceux qui n’y trouvent pas leur place et une tribune pour amener à l’écriture des citoyens qui ne sont pas des professionnels du journalisme. Voilà pourquoi tous les postes de référents au sein de l’association sont bénévoles (nous rémunérons seulement un.e illustrateur.trice à qui nous passons commande et dont le travail artistique est le moyen de subsistance). Nous sommes profondément attachés au côté artisanal de Frustration. C’est l’investissement de ses membres et le travail collectif qui en fait la qualité. C’est pourquoi l’abonnement est essentiel pour nous soutenir sur le long terme !


La rédaction

Contributeurs occasionnels, membres fondateurs ou plus récemment engagés, voici ceux qui composent l’équipe de Frustration depuis le n° 4 :

Thomas Amadieu enseigne actuellement la sociologie à l’étranger. Il a notamment travaillé sur les jeux d’argent comme impôt déguisé envers les classes populaires. C’est lui qui a introduit le genre du portrait d’un grand capitaliste dans Frustration.

Benoit Braunstein arbore fièrement le même patronyme que Trotsky. Il enchaîne les emplois dans l’édition ou la presse avec une curiosité toujours renouvelée. Depuis la création de Frustration, il ne jure plus que par le travail collectif.

Bourrieu, sociologue désabusé, écume les colonnes des journaux financiers, traquant d’un œil inquisiteur le crime en col blanc, à la recherche d’indices pour faire tomber ces puissants qu’on voit bien trop dans les pages people et pas assez dans les rubriques « criminalité » des canards.

Hadrien Clouet, doctorant en sociologie (Centre de sociologie des organisations), mène une thèse sur l’orientation des chômeurs vers le temps partiel par les agences pour l’emploi en France et en Allemagne. Il a décidé de travailler avec nous pour le numéro 10 après les derniers propos d’Emmanuel Macron sur les obligations faites aux chômeurs.

Selim Derkaoui, étudiant en journalisme, s’intéresse de près à l’évolution de la société algérienne sous le prisme de ses médias et réseaux sociaux. Dopé à la critique médiatique d’inspiration bourdieusienne, il est passionné par les questions européennes. Garanti sans la moindre once d’europhilie aiguë.

Manon D., est étudiante en sciences de l’environnement. Elle a supprimé les mots croissance, rentabilité et compétitivité de son vocabulaire afin de devenir une militante de l’écologie décroissante.

Katelin Dorveaux est enseignant en SES au lycée. Lectrice de longue date, elle a eu beau dégommer avec brio les discours sur le « coût du travail », ça n’a pas suffi à éviter l’arrivée de Macron au pouvoir.

Camille D. a longtemps œuvré pour la découverte de la marionnette par tous les publics dans un théâtre aux mains nues, avant de s’adonner à des activités relatives à la communication dans une grande institution patrimoniale où elle trouve tous les jours matière à réfléchir sur le mépris de classe, la persistance des clichés de genre et une vision élitiste de la culture.

Benjamin Esnault pourrait vous parler en japonais des raisons qui l’ont pousser à participer à la création de Frustration. Mais c’est encore par le dessin qu’il s’exprime le mieux. Il est le concepteur graphique et l’illustrateur de Frustration.

Silvio Florio est enseignant à Marseille, expérience qu’il a souhaité partager dans le numéro 4 de Frustration.

Nicolas Framont travaille à l’Assemblée nationale, pour le groupe parlementaire France insoumise. Avant d’en arriver là, il enseignait la sociologie et s’est essayé au journalisme. Son dernier livre, Les Candidats du système, sociologie du conflit d’intérêts en politique. Au milieu de tout ça, c’est Frustration qui fixe son cap depuis sa création.

Aurélie Garnier a réalisé plusieurs couvertures et illustrations. Les gens sont à la base de son travail. Le matin, elle s’installe à la terrasse d’un café toulousain et se nourrit du bruit des conversations qu’elle entend. Ce bruit, Aurélie en prend note dans son carnet et y revient plus tard quand les mots ont perdu leurs contextes. Mettre en image les mots permet alors de leur réinventer un sens, au fil des souvenirs, de l’actualité et de ses préoccupations personnelles. aurelie-garnier-illustratrice.tumblr.com

Jarvis Glasses est un artiste illustrateur à lunettes touche-à-tout. Il met en scène des personnages déambulant dans un univers naïf et coloré, héros malgré eux de scènes souvent absurdes. Un joyeux bazar teinté de poésie influencé par la pop culture. www.jarvisglasses.com

Godefroy Guibert est enseignant en lycée. Pour Frustration, il a participé à la rédaction d’un reportage sur Nuit Debout dont il a été un fervent participent.

Hugo Hanry est étudiant en sciences politiques et attaché parlementaire auprès d’un député de la France insoumise. Dans Frustration, il s’attache à expliquer simplement les mécanismes politiques qu’il connaît sur le bout des doigts.

Histony, qui aime à se définir comme le « Hanouna de l’Histoire », est l’animateur vedette de sa chaîne YouTube intitulée Veni Vidi Sensi. « Je suis Venu, j’ai Vu, j’ai donné du Sens », c’est ainsi qu’il détourne la sentence de Jules César pour exprimer une conception de l’Histoire : se plonger dans les sources, étudier en détail les faits et leur donner une portée critique utile pour nous aujourd’hui. Une grande série sur la Révolution française est actuellement en cours.

Thibaut Izard a très tôt rejoint l’aventure Frustration avec une première enquête sur la privatisation du littoral français. Décidé cependant à ne pas jouer le rôle d’éternel plagiste dans l’équipe, il continue d’explorer les sujets les plus brûlants avec une approche inspirée par les sciences sociales et la philosophie.

F. J. fonctionnaire dans une administration centrale a réalisé une enquête sur les déménagements à marche forcée des ministères, qui, grâce aux partenariats-public-privé, engraissent quelques copains du BTP tout en ménageant les palais pour nos politiciens-rois.

Edouard Le Dornois, après avoir musardé à l’Université, d’abord en droit puis en Histoire et archéologie, a fini par en sortir diplômé. Spécialiste de l’Occident médiéval, il a travaillé sur le mouvement communal au XIIe siècle, mais comme tout le monde il aime Indiana Jones, la légende des Templiers et Kaamelott.

Frédéric Luczak exerce plusieurs activités honorables : opposant à la loi Travail, employé d’un institut national de statistique publique (qui souhaite garder l’anonymat), parent, bûcheron, auteur-photographe… Il lui manquait contributeur à Frustration. Face au mépris envers les subalternes (« alcooliques, paresseux et violents » mais inventeurs de la grève générale, des congés payés et de la journée de 8 heures), il souhaite redorer une certaine histoire populaire et réhabiliter les créations sociales qui la jalonnent.

Mencob et Gabriel La Harpe, plongés dans le monde de la finance et de l’assurance comme des bébés phoques dans une mer infestée de requins, sont les éminents titulaires de la chaire « Que font-ils de votre argent ? » à Frustration, parce qu’ils savent mieux que quiconque qui sont et que font vraiment les banquiers, les assureurs, les financiers.

Matthieu Vicente est doctorant en droit du travail. Ses recherches portent sur la recomposition du droit syndical provoquée, directement ou indirectement, par l’économie numérique.


Frustration sur les réseaux sociaux

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