Pourquoi vous ne savez presque rien du clitoris ou de l’endométriose ?

Corps médical vs corps des femmes

 

Quel est ce corps caverneux, mesurant entre 11 et 15 centimètres au repos, uniquement dédié au plaisir, composé de plus de 8 000 terminaisons nerveuses, de la forme d’un papillon ou d’un poulpe, capable de produire plusieurs orgasmes consécutifs ? Le clitoris. Ce grand machin, enserrant le vagin et l’urètre, qui a souvent été limité, dans les manuels scolaires et les cours d’anatomie, à sa partie externe, petite, et ne rendant pas du tout compte de sa taille ni de sa fonction dans le plaisir des femmes.

Vous ne le saviez pas ? Ne vous inquiétez pas, plus de 90 % des jeunes filles ne le savent pas non plus, une fille sur quatre de 16 ans ignore qu’elle a un clitoris.

La Suite

Tout le monde déteste BFM TV

Des journalistes de BFM TV se sont fait poursuivre par la foule à Toulouse samedi. En protestation, nombre de médias locaux ont décidé de boycotter la couverture médiatique du mouvement des gilets jaunes. Parce que désormais, pour apparaître dans les actualités il faudra être gentil avec les journalistes. Un lynchage, c’est violent, choquant, humiliant. Mais la violence, le goût du choc et l’humiliation que génère au quotidien BFM TV, on en parle ?

BFM TV, c’est la chaîne qui est capable de passer la journée de samedi à camper aux Champs-Elysée pour tenir ses images de violence pour ensuite prendre des airs affligés en plateaux avec les invités et répéter toutes les deux phrases “c’est inacceptable”. Limite si ses journalistes n’allaient pas tendre les pavés aux manifestants pour avoir ses images et ensuite pouvoir dire en retour plateau “regardez ces barbares !”. C’est cette chaîne cynique et schizophrène dont on entendait la présentatrice oser dire, sans rire “il ne faut pas oublier que dans tous les autres endroits à Paris et en France la mobilisation se passe dans le calme”… Sans en montrer la moindre image.

BFM TV, cette chaîne qui, on s’en souvient tous, est allé jusqu’à mettre la vie des otages de l’hypercasher en danger pour continuer à faire son beurre sur l’angoisse liée au terrorisme. BFM TV, la chaîne qui fait le plein d’audience et de frics de ses annonceurs quand le pays est en deuil.

BFM TV, “Télé Macron” : Tout le monde se souvient du check entre Ruth Elkrief et Macron. Ces liens sont avérés, et loin du “complotisme” dont les journalistes affublent systématiquement les Français:  En octobre 2016, on apprenait l’entrée dans son équipe de campagne de Bernard Mourad, banquier d’affaires à l’ascension fulgurante, conseiller de Patrick Drahi, propriétaire de BFM TV. Deux ans plus tôt, Macron, donnait le feu vert au rachat de Numéricable par SFR, propriété de Patrick Drahi, un mois après son arrivée à Bercy en août 2014 alors que son prédécesseur, Arnaud Montebourg, freinait cette opération en raison des pratiques d’évasion fiscale de Drahi (qui réside en Suisse, a une holding au Luxembourg et des actions à Guernesey). D’où le renvoi d’ascenseur : Drahi envoie son fidèle lieutenant Mourad assister leur « ami commun » (Challenges, octobre 2016) en tant que conseiller spécial « en charge des questions et relations avec les sphères économiques. Cet ancien banquier d’affaires devrait également apporter une aide précieuse, grâce à ses réseaux, dans la recherche de financements pour la campagne présidentielle ». Alors, on fantasme ?

BFM TV c’est cette chaîne qui ne compte sur son plateau que des éditorialistes, des patrons et des universitaires (généralement hommes et blancs ), chargés de distribuer bons et mauvais points entre les smicards gilets jaunes, les syndicalistes, les usagers et les “casseurs”, au chaud dans leur costard. Et à la fin, c’est toujours Macron qui gagne.

BFM TV c’est Macron s’il était une chaîne de télé : l’élément de l’époque qui concentre le pire de la logique capitaliste, le pire de la collusion entre les élites, le pire du mépris du peuple, le pire de la violence sociale.

 

C’est aux révérences de leurs larbins que l’on distingue les puissants

Nos larbins de médias nous surprendront toujours. Depuis hier se succèdent les articles dégoulinant d’empathie pour l’ex-PDG de Renault et Nissan. Rendez-vous compte, il a été cueilli par la police “dans son jet privé”, il est en garde à vue et ne dispose que de “trois bols de riz” par jour. C’est bien rare que nos élites s’intéressent aux conditions de vie des détenus, ni même que nos médias nous disent ce qu’il se passe derrière les murs des prisons.

C’est vraiment dans de ce genre de moment qu’on sent ce qu’est une caste au pouvoir. Une coterie d’intérêts liés, d’amis et de parents de longue d’attente, dont l’empathie n’est dirigée que les uns vers les autres. Le reste du monde ? Il peut crever. Jamais ces gens se se sont émus de la façon dont les citoyens lambda sont cueillis par la police (brutalement), des lieux où ils sont entassés, de l’humiliation et de la mort sociale et économique qu’ils subissent du fait de l’incarcération.

Mais eux, les DSK et les Carlos Ghosn, c’est différent. Ce sont des héros de leur monde, des “monstres sacrés” comme dit le Figaro, qui ont un bilan glorieux à leur actif. Avoir été l’artisan du virage à droite de la sociale-démocratie française pour l’un, et le “cost killer” de Renault-Nissan pour l’autre. 21 000 salariés sur le carreau pour Ghosn, ça vaut bien un peu de “gratitude” non ? C’est en tout cas ce que pense l’économiste libéral Elie Cohen.

C’est ça un puissant : quelqu’un pour qui les règles ordinaires ne s’appliquent pas. Quelqu’un qui, comme Nicolas Sarkozy, a le droit de revenir dormir chez lui quand il est en garde à vue. Quelqu’un qui a le droit de frauder, de mentir, de blesser sans en avoir à payer le prix.

 

Gilets jaunes : le mépris puant de la bourgeoisie

Depuis samedi le pays est agité par un mouvement d’une forme inédite et d’une intensité rare. Parce que les journalistes sont attirés par la nouveauté comme les pies le sont par tout ce qui brille, la couverture médiatique est très importante. Tout comme les commentaires, surtout pour le pire. On voit donc se succéder les moqueries des “twittos” issus de la bourgeoisie culturelle sur les “chenilles” qui sont menées durant les blocages (essayez de tenir un point de blocage en bord de route dans le froid en restant droit comme un piquet pour voir) aux “analyses” de la bourgeoisie éditorialistes qui ne s’interdit pas de qualifier les plus de 300 000 personnes mobilisées de “cons” et de “beaufs”, voir, comme le fait le Monde dans un dessin bien pourave,”d’abrutis”  (une insulte qui, adressée aux journalistes, provoque l’union de toutes les rédactions, mais sur des français anonymes on a bien le droit).

Cette France “provinciale”, des salariés du privé et des artisans, provoque le dégoût de classe des classes supérieures, qui ne s’embarrasse pas de convenance pour l’exprimer. Pour elles, “défendre la bagnole” est une hérésie et ses membres sont infoutus de comprendre que plus personne ne vit dans les centre-villes qu’ils ont colonisés par leur gentrification, leurs bars concepts et leurs foutus “pieds à terre”. Ou plutôt ils s’en foutent, car ce qui caractérisent de plus en plus nos “commentateurs” c’est leur indifférence criante et revendiquée à l’égard des conditions de vie de leurs concitoyens.

Les salaires baissent, stagnant sous le niveau de l’inflation, et les impôts ont globalement augmenté, pour le bonheur des plus riches qui en payent moins. C’est ça la réalité de ce que vivent les gens. Et si nos bourgeois sont capables de gober le prétexte de la transition écologique pour ce qui n’est qu’un greenwashing du rééquilibrage fiscal en faveur des riches –  et ce alors même que le très peu gauchiste Nicolas Hulot a affirmé que toute réunion portant sur l’état de la planète accueillait à l’Elysée le lobbyiste de la branche concernée – c’est parce que cette classe a toujours nimbée son exploitation d’autrui de prétexte vertueux : Avant-hier le mépris du travailleur était enrobé de religiosité, hier de “mérite” éclatant, aujourd’hui d’écologie et de bon goût : sus au “beauf” qui fait la chenille pendant les mariages et qui roule au diesel. Vive nous les riches qui avons bon goût pendant les mariages et prenons notre vélo (entre deux vols long courrier).

“Beaufs”, “abrutis”, “cons” sont autant de manifestations d’un dégoût de classe à peine masqué ou totalement assumé par des gens qui ne vivent qu’entre eux et qui, le soir venu, après avoir déversé leur venin sur les citoyens moins riches qu’eux, n’en croiseront pas dans leurs quartiers gentrifiées, leurs rues privées, leurs boulevards pavés de bonne conscience. Il y aurait pourtant beaucoup à dire sur ce mouvement – loin d’être parfait, loin d’être magique, où l’on trouve la colère du peuple mais aussi des expressions d’homophobies, de racisme et d’islamophobie. Mais rien à attendre des “analyses” foireuses d’une élite autoproclamée qui squatte nos télés depuis plus de trente ans pour nous vendre la merde néolibérale de leur classe sociale.

Dégagez les blaireaux déconnectés. Allez vous enfermer dans votre Île de Ré, on bloquera le pont derrière vous.

Raphaël Glucksmann, la gauche à visage bourgeois

“C’est l’illibéralisme à visage humain”, vient de raconter un chroniqueur du Figaro sur le plateau de “C à vous”. Raphaël, tout le monde se l’arrache. Enfin “tout le monde”, “tous les journalistes” hein, pour qui le monde se résume à eux-mêmes et à une centaine de gens sur Twitter. En quelques jours, la couverture presse du bonhomme est impressionnante et produit ce mécanisme moutonnier-satisfait si rigolo dans le monde médiatique : “puisque tout le monde parle du même mec, il faut tous qu’on parle du même mec puisque tout le monde parle de ce même mec”. Tout tourne donc en rond autour de Raphaël Gluscksmann, nouvel espoir “de la gauche”.

Consensuel comme tout, poli, parisien, qui se sent plus chez lui “à Londres ou à New York qu’en Picardie” – c’est ce qu’on apprend à Science Po, la mondialisation heureuse d’un coté, les ploucs de province de l’autre – Glucksmann est le fils du philosophe du même nom, qui a marqué (ou pas) son époque par ses envolées lyriques floues et consensuelles.

Il est le candidat idéal des journalistes, car plein de bonnes intentions, de belles idées, de certitudes pas dérangeantes du tout et qui ne préconise aucune mesure qui mette quiconque en danger – ni les sous de quiconque en danger, évidement. Il veut donc “sauver la démocratie libérale” contre “les populismes”, il veut “lutter contre les inégalités sociales qui menacent nos démocraties” sans parler de riches, de classes sociales ou de mouvement social : Les bourgeois respirent, personne n’est montré du doigt.

Glucksmann est l’énième figure permettant à nos élites de frissonner un peu au son des slogans et des grandes idées mais sans devoir mettre les pieds dans une manifestation (le bruit, la foule, brrr quel cauchemar) ni s’engager à faire quoi que ce soit ou à changer un iota de leur mode de vie. Mais offre le privilège de pouvoir répéter toute la journée que “l’écologie c’est très TRÈS important”, “les inégalités sociales c’est GRAVE olala” et puis “la montée des populismes m’inquiète ÉNORMÉMENT” .

Et tout ce beau monde ira voter Macron ou n’importe quel candidat de la finance quand il leur faudra choisir entre leur portefeuille et leurs belles idées – celles-ci n’engageant de toute façon à rien en terme de fiscalité, de restriction des vols Paris-New York (“j’ai plein d’amis là-bas”) et de changement institutionnel (“on a quand même besoin d’une élite politique”). Entre temps, Raphaël leur aura donné de bons petits moments de politiques “de gauche”, comme l’avait fait Benoît avant lui, de bons petits “débats avec des intellectuels”, de bonnes petites pétitions bien tournées, de belles photos avec un regard mi-taquin mi tournée vers l’Espoir.

De quoi se tenir chaud dans sa bonne conscience et sa résidence secondaire en Corse.

 

Frustration est un magazine trimestrielle, réalisé par des gens qui se sentent plus chez eux en Picardie qu’à New York, qui cible des responsables aux inégalités sociales et qui défend un changement radical de société. 

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