Frustration n°14 : Solidaires !

Le numéro 14 de Frustration est sorti en kiosque, librairies et maisons de presse ce vendredi 1er juin. Intitulé sobrement “Solidaires”, en soutien aux luttes en cours, ce numéro compte 64 pages. Pour le recevoir, abonnez-vous, réabonnez-vous et abonnez autour de vous !

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AU SOMMAIRE :

Dossier : Ma santé détruite par le capital

-> Criminalité – La mort au travail : des chiffres officiels 10 fois en-dessous de la réalité
-> Cinéma – Corporate ou les harceleurs de bonne foi
-> Enquête – L’industrie pharmaceutique a-t-elle intérêt à nous soigner ?
-> Révélations – Un député actionnaire de Sanofi veut déréglementer les essais cliniques sur les humains

Dossier : La blitzkrieg de Macron
-> Escroquerie – “Je vais tous vous privatiser”, comment Macron brade bien commun
-> Macronie – Ce qu’il nous a déjà pris, les prises de guerre (des classes) de Macron – an I
-> Travail – Formation professionnelle, la prochaine crasse des libéraux

-> Innovation – Le mouvement du Libre contre la start-up nation – Rencontre avec des membres fondateurs de la Maison du Libre et des Communs
-> Reportage – Les classes populaires à Science Po, social-washing dans l’école des élites ?
-> Point de vue – Pour la suppression des grandes écoles
-> Mot-clé – “Parcoursup”, vers des études à prix d’ORE
-> Cinéma – Les héros sont-ils forcément conservateurs ?

Cahier été 
-> Test : Quel.le usager.ère mécontent.e êtes-vous ?
-> Socioscope : qu’allez-vous décider à la place des astres et des puissants ce mois-ci ?

Enquête : être homosexuel·le en 2019, c’est toujours la merde

De la fin de la discrimination des personnes homosexuelles dans le Code Pénal à la légalisation des mariages entre personnes du même sexe en 2013, les dernières décennies ont permis aux femmes et hommes homosexuels vivant en France de n’être plus pourchassés ou limités dans leurs droits. Mais ces progrès politiques indéniables occultent trop souvent les conditions de vie réelles des 5 à 10 % de Français non-hétéros. Sur le plan économique, ils restent en moyenne moins bien payés que les hétéros ; sur le plan social, ils subissent encore des discriminations ou du mépris qui peuvent prendre des formes variées ; sur le plan psychique, ils sont surexposés au suicide et à la dépression. En 2018, l’homosexualité reste une caractéristique en contradiction avec la norme dominante qui associe masculinité et sexualité hétéro. Celles et ceux qui en sortent en payent toujours le prix.

 Si l’homophobie institutionnelle, celle de l’État, de la justice, de la psychiatrie, etc., recule objectivement et tend vers zéro, l’homophobie plus diffuse incrustée dans nos cerveaux continue d’agir et de peser sur les existences. Dans cet article initié par deux rédacteurs gays, nous nous sommes basés sur nos propres expériences mais aussi celles de proches pour mettre en immersion les lecteurs et les lectrices, qu’ils soient ou non familiers de ces situations, dans ce parcours du combattant que constitue encore le vécu de certaines sexualités. Manière de raconter à celles et ceux qui ne le vivent pas ce qu’il se passe encore et ce qu’on pourrait changer et à celles et ceux qui ont connu ces étapes de contribuer à atténuer la haine de soi et la honte causées par ce qu’ils perçoivent encore, trop souvent, comme un terrible coup du sort.

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Un député actionnaire de Sanofi veut déréglementer les essais cliniques sur les humains

Le 9 mai était examinée en commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale une proposition de loi du groupe centriste MODEM, qui porte sur la réforme des « Comités de protection des personnes ». Ces comités ont pour rôle de s’assurer que tout projet de recherche portant sur l’être humain respecte diverses mesures (médicales, éthiques et juridiques) visant à assurer la protection des personnes qui participeront à cette recherche. Il existe une quarantaine de comités en France, composés de chercheurs, de professionnels de santé, d’usagers, d’associations et de psychologues. Ces comités doivent en particulier donner leur aval à des essais cliniques, c’est-à-dire les études qui évaluent l’efficacité et la tolérance d’un traitement. La proposition de loi qui veut réformer le fonctionnement de comité a été conçue par un député fort attentif aux intérêts de l’industrie pharmaceutique…

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L’homophobie en col blanc

Alors que les débats sur la prochaine loi bioéthique réaniment les membres de la mouvance “Manif pour tous” et ravivent leur discours sur l’incapacité des couples homosexuel.les à être de bons parents, les personnes non-hétérosexuelles font encore face à des inégalités et à une hostilité qui va bien au delà de ce courant politique. Sur le plan professionnel par exemple, les hommes homosexuels, à poste et qualification égales, gagnent en moyenne 6,2 % de moins que leurs homologues hétérosexuels dans le secteur privé et 5,5 % dans le public, un écart important, toutefois inférieur à celui des femmes vis-à-vis des hommes. Plus frappant encore, les homosexuels subissent sur le marché du travail un taux de chômage deux fois plus élevé que celui de leurs homologues hétérosexuels. Ces inégalités persistantes ne sont pas le propre des professions les moins qualifiées, théorie que le préjugé qui associe classes populaires et homophobie tend à alimenter. L’homophobie existe fortement dans les milieux qualifiés et prestigieux, parmi nos “élites” dont “l’ouverture d’esprit” et la “tolérance” sont régulièrement louées. Dans cet extrait de notre enquête “être homosexuel en 2018, c’est toujours la merde”, parue dans le numéro 13 de Frustration, nous décrivons cette homophobie “en col blanc”.

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Enquête : Les puissants donateurs qui ont propulsé Macron… et leurs récompenses.

Les révélations de Mediapart sur les “ristournes”, chiffrées désormais à plus de 200 000 euros, dont a bénéficié le président Macron lorsqu’il était candidat remettent en lumière le puissant soutien qu’il a eu de la part des milieux d’affaires. Un soutien moral, médiatique mais aussi financier. C’est pour que les citoyens s’intéressent à celles et ceux qui ont rendu possible Macron, et sur les bénéfices directs que ces gens ont tiré de son élection, que nous publions en intégralité notre enquête, réalisée pour le numéro 13 de Frustration, toujours en kiosque :

Lorsqu’il se lance dans la campagne présidentielle, l’ex-ministre de l’Économie n’a pas d’appareil partisan derrière lui. Pour atteindre les 16,7 millions d’euros qu’il a dépensés dans sa campagne victorieuse (celle de Hamon a coûté 15 millions, celle de Mélenchon 10 millions), il lui a fallu rassembler des fonds en un temps record. Pour cela, une équipe de « fundraising » a été créée à En Marche, chargée d’organiser une série d’événement avec des « gros donateurs », c’est-à-dire ceux qui donnent le maximum autorisé par la loi, 7 500 € par personne et par an. Des têtes de réseaux (surnommées dans les mails de son équipe, que Wikileaks a fait fuiter en juillet 2017, les « PP » pour « poisson pilote ») ont organisé en France mais aussi auprès des résidents français à l’étranger de nombreux dîners où chacun venait écouter le candidat et donnait un chèque en fonction du profit qu’il espérait tirer de son futur règne. Ces donateurs ont été déterminants : en mars 2017, ils représentaient à eux seuls 45 % de la collecte totale. L’équipe du candidat a préféré communiquer sur les « petits donateurs » qui offraient quelques dizaines d’euros via un site web, mais nos informations montrent que leur impact a été faible : le démarrage de la campagne (au printemps 2016) a uniquement été rendu possible par de riches compagnons de route. Pourquoi l’ont-ils fait ? D’abord parce que pour des PDG et des rentiers, 7 500 € ne représentent pas grand-chose, d’autant moins que le don à un candidat donne droit à une réduction d’impôts à 66 %. Ensuite parce qu’ils partagent certainement la vision du monde du candidat, et son coté europhile et pro-libre-échange n’est sans doute pas étranger à la surreprésentation des Français résidant à l’étranger ou dirigeants de filiales de multinationales parmi les donateurs. Il existe aussi des raisons très personnelles qui ont poussé des « poissons pilotes » à offrir leur salon et leur réseau au futur président. Le cas de Gilles de Margerie, organisateur d’un dîner en juillet 2016 et devenu directeur de cabinet de la ministre de la Santé deux semaines après la victoire de Macron, est à cet égard révélateur. Enfin, les gros donateurs ont agi par conscience de classe : ils étaient en droit d’espérer, pour quelques milliers d’euros lâchés et des dîners organisés, faire gagner un président attentif à leurs intérêts, leurs obsessions et leurs rêves. Six mois après la victoire de leur poulain, leurs désirs ont tous été accomplis.

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