Pénicaud, ministre à responsabilité limitée

Le 17 mai 2017, la petite foule des fonctionnaires du ministère du Travail, rue de Grenelle, est réunie dans la cour de l’hôtel du Châtelet pour assister à la passation entre la ministre sortante Myriam El Khomri et la nouvelle entrante Muriel Pénicaud. El Khomri a déjà derrière elle une loi controversée qui a fait descendre dans la rue des centaines de milliers de personnes et c’est avec un certain soulagement qu’elle constate que « les Français se sont donnés pour président de la République le seul candidat qui ne proposait pas son abrogation ». Et de lancer, comme une pique, à celle qui lui succède : « Pire, j’ai compris, chère Muriel, que votre feuille de route allait vous conduire à approfondir ce sillon de la négociation collective dans l’entreprise. » Un silence et puis : « Je vous souhaite bon courage ! ». Cette dernière exclamation n’a pas manqué de faire parcourir dans l’assemblée un petit rire cynique. Quoi qu’il en soit, cette anecdote est révélatrice du climat de tension sociale qui règne entre des ministres soucieux de donner leur nom à des réformes, tout en fragilisant des conquêtes sociales ainsi que la stabilité de vie des classes les plus populaires et des travailleurs, considérés comme enclins à l’immobilisme alors qu’ils ne font que défendre ce qui leur apparaît comme relevant de leur droit, fruit d’une longue histoire de luttes sociales.

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Le contribuable escroqué. Retour sur l’affaire Tapie – Lagarde

Le classement estival des 500 plus grandes fortunes de France de l’hebdomadaire Challenges révèle parfois quelques surprises. Cette année, c’est une mystérieuse disparition qui attire notre attention. Bernard Tapie, classé 400e l’an passé, s’est volatilisé de cette galerie de portraits où l’élite du patronat français rayonne. Raison clairement invoquée par le magazine : la décision de justice l’obligeant à rembourser les 400 et quelques millions perçus à l’issue d’un arbitrage des plus partiaux. Tapie n’a pourtant pas remboursé cet argent et, à le croire, n’a nullement l’intention de le faire. Sa fortune réside dans les méandres d’investissements tous plus occultes les uns que les autres et si estimer l’ampleur de son empire financier relève de la gageure, c’est prendre assez peu de risques que d’affirmer que l’homme d’affaires demeure l’un des Français les plus riches. Richesse qu’il doit essentiellement au contribuable français. Retour sur une affaire emblématique de la « République des copains » où se mêlent des figures bien connues du monde des affaires et de la politique et sur laquelle plane, en arrière-fond, l’ombre de Nicolas Sarkozy. [Article du n°11 de Frustration]

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Finance verte pour rire jaune

Le saviez-vous, vos « primes d’assurance », ces redevances annuelles pour votre voiture ou votre habitation, sont investies sur les marchés financiers ? Et notamment dans la « finance verte » que le président Macron met à l’honneur : ces marchés vont contribuer au progrès écologique et au respect de l’accord de Paris… Mais bien sûr. Il y aurait de quoi sourire si l’avenir de la planète n’était pas en jeu. Il y a plutôt de quoi rire jaune.

Extrait de « Quand vos primes d’assurances financent l’Oligarchie », rubrique « Que font-ils de votre argent ? », Frustration numéro 10.

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POUR GATTAZ LE SMIC EST UNE « TRAPPE À CHÔMAGE »

 

Aujourd’hui, nous étions à une conférence de presse de Pierre Gattaz qui s’est fait un plaisir de démonter le SMIC, « trappe à chômage ». Son idée, c’est que pour les jeunes et les chômeurs les plus éloignés de l’emploi, il faut que l’État prenne en charge une partie du SMIC (des emplois aidés +++).

Il semblait donc plutôt ouvert à la prochaine mesure choc du gouvernement : la suppression de l’indexation du SMIC sur l’inflation. L’indexation du SMIC est présentée comme une augmentation annuelle, alors qu’il s’agit en fait de son alignement sur le coût de la vie. En d’autres termes, la désindexation du SMIC est une baisse pure et simple du salaire minimum puisqu’il stagnera pendant que le coût de la vie continuera lui à augmenter. Cette baisse touchera en particulier les travailleurs précaires ou peu qualifiés, ceux-là même qui sont les plus fragiles face aux hausses de loyer, car ils n’ont pas accès à la propriété, de carburant, d’énergie, etc.

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