Pôle emploi : mission impossible ? – Chercher des emplois dans la pénurie

La culpabilisation des chômeurs a été un thème à la mode pendant la campagne présidentielle et, puisqu’il compte supprimer 120 000 postes de fonctionnaires et rendre les normes salariales toujours plus flexibles, notre président a pour unique plan de lutte contre le chômage la contrainte toujours plus forte des demandeurs d’emploi. Ses grands mots sur l’obligation pour un chômeur d’accepter le deuxième emploi qu’on lui propose se heurtent pourtant à une réalité de terrain dont nous avons voulu rendre compte : notre service public d’accompagnement pour l’emploi semble incapable de remplir un tel rôle, faute de moyens et de définition claire de ses fonctions. Nos lectrices et nos lecteurs qui sont passés par les guichets de Pôle emploi ont pu constater par eux-mêmes sa situation. Pour les autres, les choses sont sans doute moins évidentes : ressemble-t-il à ces administrations cruelles et absurdes mises en scène dans le film de Ken Loach, Moi, Daniel Blake, Palme d’or 2016 ? Pour comprendre les contradictions et rendre compte de l’expérience des agents de Pôle emploi, Hadrien Clouet, sociologue, a mené une enquête de terrain durant plusieurs mois à leurs côtés. Il nous livre dans cet article ses constats.

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La famille Mulliez : 1300 hypocrites règnent sur le secteur de la grande distribution

 

Votre père est patron d’Auchan, votre frère dirige Decathlon, votre beau-frère possède Cultura, et votre petit-cousin vient d’arriver à la tête de Norauto. Lors de vos repas de famille, vous tenez une assemblée générale d’actionnaires qui commence par une messe et se termine par des attributions d’enseignes de la distribution française aux nouveaux entrants. Si votre vie de famille ressemble à ça, c’est que vous faites partie de la famille Mulliez, qui représente la troisième fortune française et possède une grande partie des enseignes de distribution et de commerce de détail du pays. Si ce n’est pas le cas, alors vous faites probablement partie de leurs salariés et/ou de leurs clients, parce que vous avez sans doute fréquenté leurs rayons frais (à Auchan), leurs garages (Norauto), leurs magasins de vêtements (Jules, Kiabi ou Pimkie), leurs magasins d’ameublement et de bricolage (Leroy Merlin, Saint-Maclou), leurs enseignes culture et multimédia (Cultura). Réputés pour leur discrétion, les membres de la famille jouissent d’une bonne image médiatique. Sans doute parce que les Mulliez représentent l’incarnation du capitalisme bien de chez nous, et que le patriarche, Gérard Mulliez, est réputé pour ses positions modérées par rapport au reste du patronat français. Originaire de Roubaix, la famille Mulliez est connue comme fervente catholique, défenseuse de la production française et respectueuse de ses salariés comme de ses clients. Pourtant, la saga Mulliez comporte de l’évasion fiscale, la bétonisation de nos campagnes et l’exploitation mortelle de travailleurs bangladais. Enquête sur une famille pas si parfaite.

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