ATTENTION LECTEURS, MÉFIEZ-VOUS DES MÉDIAS RUSSES !

Pour la première fois, le président Macron a pris une position ferme sur la question du pluralisme des médias et de leur transformation en outils de propagande. Sputnik et Russia Today, médias russes en France, ont été pointés du doigt par le chef de l’Etat pendant sa conférence de presse avec Poutine (un véritable coût de génie géopolitique cette affaire soit dit en passant, recevoir un dictateur à Versailles, quelle audace, quelle clairvoyance !) : Selon lui, ils “ont été des organes d’influence durant cette campagne et ont à plusieurs reprises produit des contre-vérités infamantes sur [s]a personne”.

Bien envoyé ! Car ce genre de choses n’arrive JAMAIS en France, nos médias sont pluralistes, ne sont pas DU TOUT des organes d’influence (“Faites ce que vous voulez mais votez Macron”, Une de Libération pendant l’entre-deux tours), ils ne produisent JAMAIS des contre-vérités infamantes sur un candidat (“Mélenchon veut faire une alliance militaire avec le Vénézuela” “Mélenchon est pour Bachar Al Assad et soutient les massacres en Syrie” “Poutou s’habille super mal”) et ils sont dotés d’une ETHIQUE qui les empêche de faire de la mise en scène de la vie privée d’un candidat un sujet digne d’intérêt.

Mais surtout ils sont CRITIQUES et ne passent pas leur temps à prendre au pied de la lettre les énoncés et les mensonges proférés par le président de la république.

 

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La politique de la poignée de main : Le virilisme au service du néolibéralisme

La poignée de main de Macron à Trump, longuement commentée par des journalistes de pouvoir au bord de l’orgasme face à leur fantasme présidentiel ultime, la grande taille du premier ministre, dont le coach de boxe fait le tour des reporter extasiés, l’ex-Manif pour tous ministre des comptes publics, Gérald Darmanin ou encore l’indulgence du porte-parole du gouvernement à l’égard des humiliations homophobes de Cyril Hanouna sont autant de signes de l’époque viriliste où nous entrons avec l’arrivée de notre nouveau monarque : Les hommes alpha sont au pouvoir, ils font des sports de mecs, ils serrent la main comme des vrais mecs, ils cautionnent le mépris des pédés comme des vrais mecs.

Mais surtout, ils sont admirés par une troupe de courtisans qui relatent leurs exploits de cour de récré pour remplir leurs chroniques et leurs “éditoriaux géopolitiques” d’un vide viril qui masque la réalité de la poursuite de l’asservissement de notre pays et de sa classe politique aux intérêts de la classe des riches.

Combien d’heures passées à commenter la poignée de main de Macron pour combien de minutes à parler du report de la taxation des transactions financières (un pourcentage infinitésimal des transactions folles qui ravagent notre planète) réclamé par la France ? En projet depuis 2011, cette taxe (dite “Tobin”) devait être enfin mise en vigueur lundi 22 mai et le pays du caïd Macron et du boxeur Philippe l’a annulé. Bruno Le Maire, le ministre de l’économie, y est défavorable, et Macron candidat était en mode “ni-ni”. L’argument de son entourage est simple, habituel chez notre classe politique : Il ne faudrait pas “décourager les investisseurs” et il faut leur offrir des conditions favorables.

Voici la réalité du virilisme de nos vrais mecs au pouvoir : faible avec les forts, carpette devant “les investisseurs”, complice du renoncement de leur propre Etat à réguler un système financier dangereux et économiquement destructeur.

Frustration n°10 : Macron, métropolisation, crime en col blanc, Pôle Emploi… au programme de votre été

Chères lectrices, chers lecteurs,

La rédaction ainsi que les dix contributrices et illustrateurs qui ont participé à la réalisation de ce numéro sont fièr-e-s de vous annoncer sa sortie en kiosque, Relay et maison de presse, aujourd’hui vendredi 26 mai. 4€90 et 58 pages de reportage, enquêtes, analyses critiques, sans jargon, sans codes culturels excluant, pour le grand public.

// SOMMAIRE :

La Suite

Appel : Un président à combattre

« Le renouveau », « le changement », « la rupture avec la politique traditionnelle », personne ne pouvait décemment plus y croire en voyant sur les plateaux de télévision le soir de son élection les soutiens d’Emmanuel Macron : Ségolène Royal, actuelle ministre de l’écologie, François Bayrou, ancien ministre et candidat centriste à plusieurs présidentielles ou encore Gérard Collomb, cumulard (sénateur, maire de Lyon et président de la métropole) sont de vénérables membres du « système » que le candidat prétendait combattre. On sait aussi depuis plusieurs semaines que l’ancien président de la République soutenait celui que les journalistes s’étaient plu à décrire comme un renégat flamboyant, qui avait trahi Hollande pour avoir son indépendance. Manuel Valls, le féroce Premier ministre de l’état d’urgence et de la répression du mouvement contre la loi Travail, est aussi devenu un fervent soutien de Macron, de telle sorte qu’on ne sait plus très bien ce qui distingue le gouvernement sortant de celui qui se prépare, à l’heure où nous écrivons ses lignes, à s’installer dans les hôtels particuliers lambrissés de la République française. Du coup, si nous avons finalement affaire à une rassurante continuité, pourquoi, dès le 8 mai, des manifestants se sont-ils rassemblés dans les grandes villes de France pour constituer un « front social » contre le président, avant même son intronisation ? Pourquoi ont-ils crié le slogan « Macron démission ! Un jour ça suffit ! » alors que son prédécesseur avait eu droit à un round d’observation ?

Parce qu’Emmanuel Macron n’est pas un simple héritier de François Hollande. Il est l’émanation de tout ce qui était antisocial, antidémocratique et autoritaire chez lui, et l’abandon de tout ce qui le rattachait fictivement à « la gauche ». Ce qu’il prévoit est la concrétisation violente et radicale de ce qui se faisait hypocritement et par petites touches sous la présidence de Hollande : la conversion de notre société au modèle néolibéral (baisses d’impôts massives sur le capital, réductions des cotisations sociales) et la destruction progressive de notre modèle social (flicage des chômeurs, réduction à marche forcée des déficits), sous prétexte de sa « nécessaire adaptation » aux enjeux contemporains. En réalité, c’est de son adaptation aux désirs des possédants qu’il s’agit et le nouveau président a d’ailleurs prévenu : il ira vite, pour ne pas connaître les mêmes déconvenues que ses prédécesseurs.

Ses opposants, qui sont déjà majoritaires dans la population, le savent. Et c’est pour cela qu’ils s’organisent, qu’ils manifestent préventivement, qu’ils diffusent, comme nous le faisons, le plus d’informations possibles sur le danger public que constitue ce nouveau président. C’est pourquoi, habités nous aussi par le sentiment d’urgence que provoque l’arrivée de cet homme investi du contentement des plus puissants, nous donnons à nos lecteurs des informations sur le premier projet du président, celui qu’il compte imposer dès cet été, et par ordonnances. Il s’agit de trois textes de loi relatifs au droit du travail, qui ont pour objectif de « simplifier la vie » des chefs d’entreprise et qui vont contribuer à dégrader nettement celle des salariés.

La Suite

Emmanuel Macron, candidat du système : Un contre-portrait

Le nouveau président de la République a fait l’objet, depuis près de deux ans, d’une campagne publicitaire intense, dont il a été un des instigateurs. Il nous est vendu comme le renouveau de la classe politique, « l’outsider » qui va tout changer, l’audacieux qui va sortir notre pays de son triste état. Quel crédit apporter à ce récit ? Absolument aucun. Nous sommes face à l’une des arnaques électorales les mieux ficelées depuis Nicolas Sarkozy, le candidat qui allait changer la France, et qui comme Emmanuel Macron, faisait l’objet d’une attention constante des années avant la présidentielle de 2007. Comme Sarkozy avant lui, Macron est le candidat des élites politico-économiques, appelé à la rescousse pour maintenir leur règne sur une population qui les détestent de plus en plus. Frustration vous révèle la biographie cachée d’Emmanuel Macron et vous propose une contre-histoire de sa rapide ascension, mettant à jour les usurpations d’identités sociales opérés par lui et son entourage pour ne pas passer pour l’homme qu’il est vraiment : un des derniers recours d’une oligarchie à bout de souffle.

La Suite

Sortie du prochain numéro de Frustration

Le numéro 10 de Frustration est en cours de bouclage. Il sera tiré à 10 000 exemplaires et distribué en kiosques, Relay, librairies et maisons de presse partout en France.

Il vient acter de l’élection du président Macron en soulevant les points les plus dangereux de son programme, ceux contre lesquels il va falloir descendre dans la rue dès cet été, ne laissant aucun répit au nouveau président des riches.

Ce dixième numéro parle aussi de la privatisation de la SNCF, de la criminalité en col blanc à travers les délits d’initié, du processus de métropolisation qui creuse les inégalités territoriales, de la bonne conscience des classes supérieures à travers une nouvelle chronique “livres” et de nombreux autres sujets … il dresse donc le portrait d’un pays divisé, fragmenté, et inégalitaire, car si “la République est sauvée”, ce n’est pas par autant qu’il y fait bon vivre, loin de là !

Mais comme chaque numéro de Frustration, il porte un message d’espoir : Si des intérêts particuliers et bien introduits ont pu nous amener dans cette situation, alors le retour en force d’une conscience de classe et populaire durant cette élection peut nous en faire sortir !

Notre président a le pouvoir bien en main, mais sa légitimité est friable. Alors oui, “pour les riches, la fête continue”, mais plus longtemps…

La légitimité friable de notre nouveau président


Le record de vote blanc et d’abstention fait d’Emmanuel Macron un président très mal élu, surtout si l’on considère qu’il était face au Front National, tant détesté en France. Quand on sait que 43% de ses électeurs disent l’avoir choisi pour faire barrage à Marine Le Pen, alors ce n’est que 25% des citoyens ayant le droit de vote qui ont adhéré à ses idées.

Maintenant, on aura beau se répéter ça, notre système politique centralisé et la bienveillance médiatique (le mot est faible) dont dispose le nouveau président font de lui un souverain aux prérogatives intactes. Ses soutiens et futurs ministres ont déjà beau jeu de dire sur les plateaux télés que “65% des Français l’ont choisi”.

Alors que faire ? Résistez, comme nous l’avons fait sous Hollande et Sarkozy, face à un pouvoir central illégitime de fait car n’ayant pas besoin de l’assentiment du peuple pour pouvoir agir. Nous battre contre une réforme du code du travail qui va détruire des décennies de conquêtes sociales et achever la précarisation du salariat français. Dénoncer les accointances entre ce nouveau président des riches et le patronat français et européen. Espérer, encore et toujours, et construire un avenir meilleur, sans absurdité démocratique de ce genre et avec un pouvoir enfin rendu au peuple.

Votez Macron, bande de cons ! La “lutte antifasciste” des élites et la nôtre

« Abstention, piège à cons ». C’est le titre d’une énième tribune visant à « convaincre » les abstentionnistes de voter pour Emmanuel Macron, et qui se lamente :  « Que leur dire à ces malheureux inconscients si ce n’est les sommer de se ressaisir, si ce n’est leur répéter la parfaite dangerosité de leur raisonnement, si ce n’est leur mettre le nez dans le premier livre d’histoire venu afin de leur faire comprendre où ce genre de raisonnements nous conduit tout droit ? ». C’est une chronique signée d’un romancier sur le journal en ligne Slate.fr, et elle ressemble à toutes celles qui envahissent nos écrans, nos journaux et nos radios depuis le lendemain du premier tour des élections présidentielles. Ce phénomène de lutte contre l’abstention par l’injonction à voter n’est pas nouveau. Les Raphaël Enthoven et les Thomas Legrand n’ont pas attendu l’approche du second tour de l’élection présidentielle de 2017 pour cracher sur ceux qui ne se rendaient pas aux urnes. En effet, les membres de l’élite sont profondément contrariés par ce phénomène, principalement parce qu’ils sont incapables de le comprendre : eux qui aiment tant notre système politique, qui sont proches de celles et ceux qui en font partie, qui se divertissent des alternances (qui n’en sont pas) et des renouveaux (dans la continuité) ne comprennent donc pas qu’une bonne moitié de la population soit régulièrement tentée par la non-participation à ce qui lui semble être une mascarade qu’on lui demande de cautionner avec son bulletin de vote.

Mais cette fois-ci, éditorialistes, rédacteurs en chefs et chroniqueurs sont outrés par la possibilité même que des gens osent s’abstenir en masse dimanche 7 mai. Tous ceux qui ont fait passer un Macron à la base électorale très friable au premier tour en prônant le vote utile commencent à craindre que leur baudruche dégonfle brusquement. Cette masse informe et incomprise d’abstentionnistes pourrait bien gâcher leur fête, le plébiscite de leur candidat, celui que leurs titres font monter à coup de Unes depuis deux ans. Saint Macron, « la fusée Macron », « le renouveau Macron », « la surprise Macron », « la sensation Macron », l’habitué des couvertures de leurs magazines et de leur reportages, le mari de Brigitte, l’homme qui avait pour eux déjà gagné, car se retrouvant dans la configuration idéale : face à Marine Le Pen, celle-qui-sera-à-coup-sûr-au-second-tour-mais-qui-perdra-à-coup-sûr, ce qui présente donc « le scénario parfait dont le marché rêvait désespérément » (de l’extrême droite au deuxième tour, donc). Cette situation tant attendue, qui a permis à Macron et ses amis de fêter leur victoire avant même le second tour (et à L’Express de titrer en Une « IL A GAGNÉ son pari ») est en train d’être piétinée par toutes celles et ceux qui refusent de choisir entre cet ange tombé du ciel et l’incarnation de Belzébuth.

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