PS, le vote inutile : Un parti conçu pour vous trahir

  Depuis 2012, à chaque élection intermédiaire, les visages se crispent à l’entre-deux-tours. On sait que le PS perd progressivement les postes conquis durant le mandat de Sarkozy et que le FN profite des records d’abstention pour grappiller de nouveaux élus et créer de nouveaux bastions. Alors, le dimanche suivant, on se résigne en traînant les baskets vers le bureau du coin à voter PS ou LR pour contrer Marine Le Pen. « Je l’ai fait sans conviction, hein… » entend-on le lendemain devant la machine à café, le regard fixé au sol. Mais comment des électeurs de gauche peuvent-ils se résoudre à voter pour la droite ou un parti qui les déçoit systématiquement ? Que dire d’un gouvernement indifférent face à ces dérouillées successives et qui préfère gâcher son personnel local (maires, conseillers départementaux et régionaux, etc.), en plus de désespérer son électorat, plutôt que d’appliquer une politique de gauche ? À la télé et la radio, politiques professionnels, experts et journalistes de service se pressent, la mine grave, pour vous exhorter à voter « républicain » ou « faire gagner la gauche » en choisissant PS dès le premier tour. Si vous vous révoltez, on vous montre du doigt et vous accuse de « faire le jeu du FN » ou d’être un « citoyen irresponsable » qui ne comprend rien aux enjeux et fait capoter les stratégies des partis. Bref, on vous engueule et on remet toute la faute sur votre dos. On envisage même de rendre le vote obligatoire avec quelques amendes pour dissuader les abstentionnistes tellement vous vous comportez mal… Et histoire de vous empêcher de faire d’autres bêtises, comme en cas de crise panique lors des dernières élections régionales, les partis ballotés se regroupent sur des listes communes ou se retirent pour laisser plus de place aux copains. Bref, le choix électoral devient de plus en plus un choix contraint.

De là vient l’argument du vote « utile » agité depuis plusieurs décennies. Car mieux vaut un peu de gauche que pas de gauche du tout. Et mieux vaut un peu de droite que l’extrême-droite. Avec ça, le gouvernement est toujours sûr de limiter la casse même en faisant n’importe quoi. Il suffit de lancer un vibrant appel au vote républicain et d’invoquer le rassemblement de la gauche avec quelques trémolos dans la voix pour s’en sortir et continuer tranquillement comme avant l’air de rien. Nous voyons bien que cette attitude devient intenable aujourd’hui. Cela revient à tuer toute alternative politique en reconduisant les mêmes partis majoritaires en faillite depuis trente ans. Le bulletin PS n’est en rien un vote utile, comme le pensent beaucoup d’électeurs, puisqu’il conduit à des politiques dont le rejet renforce progressivement le FN. Les électeurs n’ont pas à se culpabiliser de leur abstention et les plus coupables sont plutôt ceux qui continuent à se mobiliser pour le PS, parti qui ne possède rien de gauche, en se laissant prendre à l’argument du « moins pire ». Cela fait des années pourtant que le PS refuse de tenir ses engagements et tient des politiques en faveur des classes supérieures à chaque prise de pouvoir. Nous devrions être déjà alertés et arrêter de sauver ce parti à chaque gamelle électorale. D’où ce retour sur la trajectoire et l’historique du PS, utile pour en finir avec une prétendue gauche et balayer les incessants « oui, mais… » qu’on vous sert à chaque soirée post-électorale.

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