Scandale Volkswagen : On ne peut pas attendre du capitalisme qu’il soit moral ou écologique.

Scandale Volkswagen : On ne peut ni attendre du capitalisme qu’il soit écolo, ni qu’il soit moral. Journalistes, politiques et “experts” qui nous affirment le contraire sont soit très malhonnêtes, soit de gros gros naïfs !

Dans un débat entre un économiste “de gauche” (Alternatives économiques) et un économiste “libéral” (citant à foison le technocrate Jean Tirole), ce matin sur France Inter​, nous pouvions entendre les deux idioties classiques qu’on nous sort en cas de “scandâaale” de ce genre :

1) Position “libérale” : “il faut de la déontologie, il faut dire aux patrons d’être moins méchant et plus “verts”. Le patron de VW est en cause personnellement” : Cette position nous prend pour des crétins ignorants du fonctionnement de l’économie de marché, où l’objectif est de rémunérer ses actionnaires, pas de planter des arbres ou d’être “gentil”.

2) Positions “sociale-démocrate” : “il faut plus de régulation, que les États et la “société civile” aient leur mot à dire pour contrôler ça” : Cette position “bisounours” oublie que les entreprises qu’on souhaite “réguler” sont des monstres financiers, désormais plus riches que les États, dont les dirigeants possèdent journaux et chaines de télé, envoient des milliers de lobbyistes tapiner au parlement européen, et ont pour eux une foule de politiques près à se faire graisser la patte. Même des allemands prétendument vertueux et rigoureux.

Les grandes entreprises du capitalisme contemporain sont trop puissantes pour être “régulées” et encore moins “moralisées”. On n’aurait jamais du laisser des intérêts privés être aussi tentaculaires, et la seule solution pour remettre de la morale dans l’économie mondiale et sauver la planète serait de décapiter ces cartels et de les ramener sous contrôle démocratique.

Une baisse des inégalités, vraiment ?

Depuis ce matin, radios et journaux titrent sur la baisse des inégalités. Un rapport de l’INSEE est en effet sorti, et il porte sur les chiffres de 2013. Selon ce rapport, alors que les inégalités avaient considérablement augmenté entre 2008 et 2012, elles auraient diminué entre 2012 et 2013.

Certains responsables socialistes se félicitent déjà, comme si un gouvernement pouvait avoir fait reculer les inégalités sociales en 6 mois.

A y regarder de plus près, la petite hausse du niveau de vie des pauvres peut en partie s’expliquer par l’augmentation du temps de cotisations des nouveaux chômeurs : Fin 2013, les personnes au chômage étaient en moyenne plus âgées que l’année d’avant. Elles avaient donc cotisé plus longtemps avant de perdre leur emploi et étaient par conséquent mieux indemnisées, nous dit le rapport de l’INSEE.

Ensuite, concernant cette prétendue baisse de la pauvreté, l’Observatoire des inégalités nous rappelle que la pauvreté est calculée à partir d’un pourcentage du revenu médian (celui qui partage 50% de Français touchant plus, et 50% moins). Or, comme celui tend plutôt à stagner ou diminuer, le niveau du seuil de pauvreté diminue et donc des gens “sortent” de la pauvreté théorique. On ne peut donc pas dire qu’il y a moins de pauvres qu’avant : la situation des gens n’a pas changé, mais la définition de la pauvreté est plus restrictive du fait du marasme général.

Que penser ensuite de la baisse de niveau de vie des 10% les plus riches ? Serait-ce l’effet de la politique fiscale agressive de Hollande ? Sans doute pas. Cette baisse est à mettre en parallèle avec la hausse spectaculaire de l’exil fiscal en 2013 : + 40% !
Comme les enquêtes de l’INSEE sont basées sur les revenus déclarés, on peut légitimement penser que l’institut sous-estime nécessairement les revenus des plus riches, passés champions dans l’art de la dissimulation.

Cette capacité des élites à se réjouir et à grossir la moindre enquête qui prouveraient que leurs politiques de classe sont en réalité égalitaires ou efficaces tiennent de la tentative grossière de manipulation. Heureusement les citoyens ne sont pas dupes.

Pourquoi aimer l’impôt

LES CINQ BONNES RAISONS DE NE PAS JETER LE BÉBÉ AVEC L’EAU DU BAIN

La haine de l’impôt est un sentiment qui se répand dernièrement comme une traînée de poudre. Le travailleur qui peine à boucler son mois et le rentier qui veut garder son or se rejoignent pour contester l’impôt. Par haine de l’impôt, nous nous retrouvons à faire preuve d’empathie envers des puissants qui seraient « spoliés » de leurs biens par l’État, et à voir les plus pauvres comme des « assistés ».

Cette mascarade a trop duré. Il est temps de rétablir quelques vérités sur la fiscalité. Vous payez vos impôts la mort dans l’âme ? C’est terminé : Frustration vous donne les cinq bonnes raisons de le faire avec entrain.

La Suite

Service après-vente du capitalisme ? L’École face à la misère sociale

Les enseignants des zones d’éducation prioritaires de Marseille et de région parisienne mènent en ce moment un mouvement de grève et de manifestations, soutenus par les parents d’élèves. Regroupés autour du collectif Touche Pas à Ma ZEP, ils réclament la prise en compte des difficultés qui touchent leurs établissements et l’obtention d’un statut unique et clair pour l’éducation prioritaire. Qui sont ces profs qui amputent leur salaire en poursuivant cette grève depuis la rentrée de janvier ? Pour bien saisir les difficultés considérables et les contradictions auxquelles ils sont soumis, nous republions une analyse en forme de témoignage, réalisé pour notre n°3 par un de nos contributeurs, professeur à Marseille.

La Suite