Comment l’élite fait le choix de l’inégalité des chances à l’école

L’École est sans cesse au cœur des débats « sociétaux » : elle devrait mieux inculquer les valeurs de la République aux jeunes des banlieues, mais aussi apprendre aux garçons et aux filles à ne pas développer des stéréotypes de genre, et puis encore sensibiliser tantôt aux bienfaits de la colonisation tantôt à ses méfaits. Au gré des évènements de l’actualité et des modes, le ministère de l’Éducation nationale publie une nouvelle circulaire ou lance une nouvelle réforme que les enseignants doivent appliquer illico. La dernière suscite un débat passionné sur les langues rares et les classes européennes qu’il faudrait préserver pour conserver notre « excellence ». Or, pendant qu’on ergote sur ces détails et que des intellectuels s’époumonent dans des tribunes pour sauver Cicéron et une école Républicaine qui n’existe que dans leurs fantasmes germanopratins, l’institution scolaire opère une sélection sociale drastique éliminant systématiquement les enfants de pauvres et permettant aux enfants de l’élite de gagner à tous les coups. Au nom d’un principe d’universalité, l’École ne donne pas aux enfants de milieux défavorisés les moyens nécessaires pour y réussir. Derrière le discours sur l’égalité des chances permettant aux plus intelligents et bosseurs de la Nation d’en devenir les leaders, l’élite fausse la compétition dès le départ et assure une avance confortable à ses rejetons dans la course aux diplômes. Tout ce que vous allez lire est tiré d’expériences et d’enquêtes scientifiques rigoureuses.

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