Mais c’est quoi son PROJEEET en fait ? – Le vocabulaire sans risque d’Emmanuel Macron

Comme beaucoup, nous sommes depuis des semaines perplexes face à la place de favori de Monsieur Macron dans les sondages. N’est-ce pas quelqu’un qui veut radicaliser la loi Travail,  à laquelle s’opposaient près de 2 français sur 3 ? Ne veut-il pas généraliser le Crédit Impôt Compétitivité, ce pack d’exonérations de cotisations sociales dont le très sérieux organisme France Stratégie a montré dans un rapport qu’il n’avait eu aucun impact sur l’emploi mais qu’il avait augmenté les marges et les dividendes ? N’est-il pas l’ancien secrétaire général puis ministre de l’économie du président le plus impopulaire de la Vème République ? Lui, ses discours creux et ses enfonçages de portes ouvertes, comment peut-il susciter autant d’adhésion ? Nous avons eu la réponse grâce à l’un d’entre nous qui a assisté, courageusement, à son discours de Bercy, le 17 avril dernier. Son discours impeccablement vide et sans aspérité ne dit rien de la société. Il rassure toutes celles et ceux qui ne veulent rien entendre à ce sujet, qui nient la violence qui la traverse car cette société leur convient plutôt bien. Macron parle à toutes celles et ceux qui évoluent dans le monde des cadres supérieurs, des gens aisés et ambitieux qui n’ont jamais été contrôlés par la police ou galéré avec des CDD sous-payés et dont il est un des plus ardents défenseurs.

 

Pas un programme, un projet :

Le fameux « projet » est le mot phare du discours de Macron, et il le répète aussi souvent qu’il peut, comme s’il participait à une sorte de concours. « C’est notre projet » « nous allons mener ce projet » « car c’est ce projet qu’il faut pour la France », et la récurrence de ce terme sans définition me fait penser à mon éphémère passage au catéchisme en classe de 5ème, quand le père Bigot (il s’appelait vraiment comme ça) nous lisait de longs passages du Nouveau Testament où Jésus et ses apôtres serinaient à leur entourage cette « bonne nouvelle » qu’il fallait à tout prix annoncer à tout le monde. Or, la Bible dit très rarement de quoi il s’agit au juste et le sens métaphysique de cette Bonne Nouvelle est donc difficile à saisir pour un collégien distrait. C’est la même chose avec Macron : il a un projet, mais il se garde bien de dire clairement de quoi il s’agit. Et on le comprend : c’est certain que l’harmonisation vers le bas de la fiscalité du capital ou le détricotage de l’impôt de solidarité sur la fortune n’est pas un projet très populaire en France, alors autant dire « le projet », c’est moins douloureux. Quand on sera tous dans la rue après un an de sa présidence il aura beau jeu de nous dire « ah mais c’était ça mon projet ! Surprise ! ».

Pas de classes sociales, des « générations » :

Le discours de Macron s’adresse à tout le monde et à personne à la fois. Ce  lundi à Bercy il n’a quasiment pas prononcé des noms de métiers ou de catégories socio professionnelles (ouvriers, employés, cadres…) et n’a même pas mentionné la fameuse « classe moyenne », marotte des politiques qui s’essayent à parler de la classe sociale à laquelle le plus de monde s’identifie. Non, Macron va plus loin que ça dans le consensuel, il parle de « génération » : le terme apparaît au moment où il évoque dans son discours toute notre histoire contemporaine, de façon disons… synthétique : « Il y a eu une génération, après la guerre, qui a reconstruit et libéré le pays ! Ensuite il y a eu mai 68, et une génération qui a voulu plus de liberté, et qui a fait aller son souffle jusqu’à faire chuter le mur de Berlin en 1989 ! ». Ni classes sociales, ni politique, ni conflits, non, « une génération ». Et maintenant, nous dit-il ensuite, « nous sommes cette génération qui va à son tour reconstruire son pays, une génération débout, une génération en marche !!! ».Cet énoncé provoque cris de joies et applaudissements nourris du public. On ne sait pas quelle génération crie le plus fort, car il y en a pourtant plusieurs dans la salle, de la génération ORTF à la « minikeum génération » en passant par la génération Hélène et les garçons, mais ça n’a pas d’importance parce que « génération » est un terme flou, non conflictuel, qui désigne tout le monde et personne à fois, et qui ne blesse ni n’exclut donc qui que ce soit.

Pas le peuple, la « société civile » :

Dans le même genre, Macron multiplie les références à la « société civile », terme qui déclenche les applaudissements nourris du public, en opposition avec la « vieille classe politique » qui suscite des moues de désapprobation. Car Macron veut la renouveler et la sortir de ses vieilles routines, et veut que « chacun et chacune » puisse prendre part aux décisions du pays. Il veut donc rendre le pouvoir au peuple ? Non ! A la « société civile » ! Le terme est séduisant, car la « société civile », ça peut être vous et moi, ça peut être Bernard Arnault ou Philippe Martinez, mais il ne faudra pas non plus s’étonner si « la majorité parlementaire composée pour la moitié de membres de la société civile » que Macron appelle de ses vœux compte plus de Bernard Arnault que de Philippe Martinez. Quand on s’étonnera de la surreprésentation de cadres, de patrons et d’avocats à l’Assemblée Nationale (comme c’est déjà le cas, puisque 81% de nos députés sont cadres et professions intellectuelles supérieures), Il aura beau jeu de nous dire : « ah mais c’était ça ma société civile ! Surprise ! ». Et cela se vérifie déjà dans les comités de soutien En Marche ! montés pour la campagne présidentielle. Un autre membre de la rédaction de Frustration s’est rendu à l’une des réunions de coordination du mouvement organisées dans le 18ème arrondissement fin mars. Le référent du comité était un jeune banquier admiratif depuis longtemps du parcours d’ Emmanuel Macron du temps où celui-ci se taillait une notoriété dans la sphère de la finance. Le reste de l’équipe se composait majoritairement d’étudiants en médecine, à Sciences Po et en école de commerce issus de milieux aisés, peu politisés au départ. Tous avaient été séduits par l’aventure Macron évoquant régulièrement avec émotion leur participation à La “Grande March”e, ce moment d’élaboration du programme de Macron où des “marcheurs” déambulaient questionnaires à la main pour se persuader de faire émerger un programme de la société civile.

Des termes vides de sens ? Pas pour tout le monde.

On pourrait croire que la juxtaposition de ces termes creux, entrecoupée de déclarations d’une platitude quasi insultante pour les spectateurs qui ont fait le déplacement (Macron annonce d’un air exalté qu’il veut porter « la confiance contre la défiance, l’unité contre la division, la lucidité contre les chimères, la générosité contre la cupidité, l’espoir et le courage contre la résignation ») devrait susciter ennui et rejet, y compris de la part de ses fans s’ils avaient un peu d’honnêteté intellectuelle. Mais non, le public de Bercy, dont une bonne partie arbore un tee-shirt « En marche ! » ou « Emmanuel Macron président » dans des tons jaunes délavés, roses pâles ou bleus ciel (qui évoquent les couleurs des glaces en pot de cantines scolaires), agite ses drapeaux européens et ses pancartes aux couleurs vives sans tiquer sur le vide du discours qu’on leur tient. S’il est désormais bien connu que lors de précédent meeting, des dizaines de participants partaient avant la finnon sans témoigner de leur ennui auprès des journalistes, rien de tel ne se produit pourtant au sein de la foule parisienne.

Et c’est compréhensible : pour les plus fervents supporters de Macron, ces termes creux sont chargés de sens, ils sont autant de codes qui peuplent leurs quotidiens et qui rythment leurs vies de citadins qualifiés du secteur tertiaire. Un monde où les « workaholic » du marketing ou de la com’ multiplient le nombre de « projets », un monde où l’important est de mettre en scène sa créativité et sa capacité à « innover » et où donc le projet est un concept phare auquel tout le monde doit s’identifier, de gré ou de force. Cette idéologie du projet s’étend à tous les corps de métiers, et envahit les lycées et les universités, où les étudiants sont sommés de réaliser des affiches et des exposés sur leur « projet professionnel », histoire de leur donner l’illusion que tous finiront par travailler eux aussi dans un open space bien décoré au dixième étage d’une tour en verre ou dans un atelier reconverti avec goût.

Dans ce monde, être un « acteur de la société civile » est une sorte de titre honorifique qui salue l’appartenance à un univers où la mondialisation est un atout, où de nombreuses « opportunités » sont à saisir et où rien n’est pire que « s’enferrer dans sa petite routine » ou de travailler à un guichet. C’est dans ce monde que la jeunesse est un argument de vente et où la « génération Y » est un thème de débat. Ce monde des cadres et des créatifs des centre-villes, la majorité de la population n’en fait pas partie, mais il constituele modèle que les médias, la fiction et la publicité nous montrent le plus, et Macron en est le stéréotype.

Un journaliste de l’émission Quotidien, Hugo Clément, disait le 4 février dernier, à propos des participants aux meetings de Macron  : « En fait, pour résumer mon impression : Macron attire des gens heureux, qui réussissent. Pas de colère ni de hargne dans ses meetings ». Quelle injustice de saluer l’absence de colère ou de hargne de gens qui sont heureux d’abord parce qu’ils sont plus riches que les autres, et content d’eux-mêmes car ils sont partout érigés en modèle ! Mais comment s’étonner que c’est gens-là adorent l’ambiance consensuelle de ces meetings et des discours qui ne critiquent rien de cette société qui leur profite ?

Ne nous y trompons donc pas : les discours de Macron ne sont pas creux, ne sont pas vides, ils sont saturés de signaux clignotants à destination de ce monde des cadres riches et heureux, content d’eux-mêmes parce qu’ils « créent » et qu’ils « innovent ». Ces gens aisés qui jusqu’à présent votaient tantôt PS  – pour la beauté du geste – tantôt UMP – pour la santé de leur portefeuille – la moindre des syllabes des discours de Macron tentent de leur dire « venez me soutenir, je suis votre candidat ! ». Car,à eux, Macron promet monts et merveille, moins d’impôts et plus d’argent, moins de syndicats et plus de décisions par ordonnances, moins de régulations et plus de libre-échange. Aux autres, il réserve seulement quelques tirades compatissantes et un programme de guerre sociale sur fond d’ubérisation de la société. Espérons que les seconds, majoritaires dans notre société, ne se laissent pas duper par les mots creux pour beaucoup mais en réalité profondément bourgeois d’Emmanuel Macron.

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Misère de la lutte contre le FN (2)

Daniel Cohn-Bendit mais aussi Bertrand Delanoë et tant d’autres justifient leur ralliement au néolibéral décomplexé Emmanuel Macron par la nécessité impérieuse de « voter utile » contre le Front national. « Si vous voulez vraiment éviter Marine Le Pen, Emmanuel Macron est le mieux placé aujourd’hui », expliquait sur France Inter le leader en peau de lapin de mai 68. Et nombre de riches diplômés bien pensants leur emboîtent le pas en hurlant au péril fasciste, persuadés de faire une fois encore preuve de leurs qualités visionnaires et profondément humanistes.

Pour commencer, le pronostic politicien n’est pas d’une grande lucidité : Macron est l’adversaire dont Le Pen a toujours rêvé : le champion du système, « mondialiste » décomplexé, qui pense que le CETA est une très bonne chose, qu’il faut une société de winners qui n’ont pas peur de la « formidable ouverture » que représente le libre-échange décomplexé. Vu la popularité de telles idées dans la population française, et en partie chez les classes populaires, on se dit qu’une victoire de Le Pen sera bien possible face à une incarnation parfaite de ce que la majorité des Français détestent depuis les années 1990.

Mais surtout, ce qui écœure dans l’attitude de ces hiérarques bien introduits de notre classe politique et intellectuelle, c’est leur façon d’instrumentaliser le dégoût légitime et nécessaire que provoque Le Pen pour justifier leur propre passage du côté néolibéral, leur propre renoncement à ce à quoi ils ont prétendu croire pendant décennies, bref, leur propre évolution logique de grands bourgeois qui voient d’abord les intérêts de leur classe avant celle du peuple.

Cohn-Bendit était macroniste avant l’arrivée de Macron, exaltant un fédéralisme européen où les peuples rétrogrades auraient moins leur mot à dire, tandis que dès 2008, Bertrand Delanoë ressortait la célèbre phrase de Tony Blair « l’économie n’est ni de droite ni de gauche, l’économie est. » : autrement dit, au revoir la discussion démocratique sur le partage des richesses, laissez faire la Commission européenne et la BCE.

Le Pen ou pas Le Pen, ces gens auraient rejoint Emmanuel Macron, le second souffle que notre classe politique offre aux mécanismes détestés de notre République néolibéralisée. Qu’ils se servent de cette raison légitime pour pouvoir continuer à se regarder dans une glace et être considérés par des éditocrates laquais comme de sympathiques rebelles n’est qu’une infamie de plus dans le parcours particulièrement sinueux de ces « hommes de gauche ».

De l’Institut Montaigne à Patrick Drahi, les puissants soutiens d’Emmanuel Macron

Le récit. En marche ! est né du désir d’Emmanuel Macron de donner un nouveau cap à la France, pour la sortir des blocages et « rendre à l’ensemble des Français la place qui n’aurait jamais dû cesser d’être la leur : non pas dans le décor de la vie politique, mais en son cœur » (en-marche.fr). Pour ça, le mouvement compte sur les dons des dizaines de milliers d’adhérents et Macron va « s’endetter personnellement » pour financer sa candidature et « il pourrait tout perdre » (Closer, décembre 2016). Mais c’est le prix à payer pour être indépendant des chapelles et des vieux clivages.

La réalité. Au moment où les statuts ont été déposés, le siège social d’En marche ! était situé au domicile personnel de Laurent Bigorgne, ex-numéro 2 de Sciences Po Paris et directeur des études de l’Institut Montaigne, think tank libéral présidé par les patrons du groupe Axa, Claude Bébéar puis Henri de Castries. Henri de Castries soutient Fillon, tandis que son adjoint Bigorgne soutient Macron. Mais ce n’est pas tout.

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A Londres et Bruxelles, Macron blanchit les exilés fiscaux

Le 22 février dernier, Emmanuel Macron a fait un court séjour à Londres, pour « peaufiner sa stature internationale », nous dit Le Monde. Ce n’était pas son premier séjour dans la capitale britannique, puisqu’il y a aussi fait un tour en septembre, peu après l’annonce de sa candidature. Il s’est aussi rendu à Bruxelles et à New York. On a appris, au détour des articles, que chaque soirée dans ces métropoles avait été l’occasion de « dîner de levée de fond » pour le candidat. Son parti « en marche » a besoin d’argent et tous ceux qui veulent bien se délester d’au plus 16000€ (à raison de 7500€ par an pour un particulier, le maximum autorisé par la loi), sont les bienvenus. Mais pourquoi ne pas mener ce genre de réjouissance à Paris, où se concentrent pourtant de nombreuses fortunes qui pourraient à elles seules contribuer au financement de sa campagne ?

Parce qu’Emmanuel Macron est le favori de celles et ceux qui peuplent ces villes au delà de nos frontières pour payer moins d’impôt en France. A Londres, Macron est allé draguer les patrons de la « French Tech », label sympathique pour désigner celles et ceux qui ont fait le choix d’installer leur société en Angleterre, quasi paradis fiscal pour les entreprises, plutôt qu’en France. Macron les connaît bien car durant son passage au ministère de l’économie il a contribué à leur réhabilitation symbolique par la promotion du « French Tech Hub », le réseau de ces entreprises exilées, avec l’aide d’Albin Serviant, PDG d’Apartager.com, devenu depuis l’un de ses soutiens. Selon un fonctionnaire du ministère cité par les journalistes Marion L’Hour et Frédéric Says, Macron serait d’ailleurs parti avec les carnets d’adresses de la French Tech, dont les patrons se seraient vus relancés par leur ancien ministre bienfaiteur pour soutenir sa campagne.

Dans le cas de Bruxelles, les choses sont encore plus claires : Macron s’est rendu à Uccle, une banlieue huppée de la capitale, qui concentre une grande partie des exilés fiscaux français. Cette commune est jumelée à Neuilly-Sur-Seine, et se situe à moins de 2h de Paris en TGV. On peut donc mener ses affaires en France et être domicilié en Belgique pour éviter l’ISF.

C’est d’ailleurs devant des expatriés français à Londres que Macron a choisi d’annoncer sa « refonte » de l’ISF, qui sera supprimé pour sa partie financière (seuls les biens immobiliers resteraient dans l’assiette de l’ISF) parce qu’il « empêcherait d’investir dans les entreprises ». C’est un mensonge, puisque l’Impôt sur la Fortune est précisément dédié à orienter l’investissement des particuliers vers les PME et la recherche, largement déductible de cet impôt qui traque l’argent qui dort. Mais cela a certainement fait son effet sur ces nombreux exilés fiscaux qui, en faisant un chèque à Macron, achètent leur ticket de retour. Après son élection, l’impôt sur les sociétés comme sur le capital fondront comme neige au soleil, et plus besoin de prendre le Thalys et l’Eurostar pour aller bosser : Nos anciens exilés auront trouvé leur nouveau paradis fiscal : la France.

Emmanuel Macron, candidat du système : Un contre-portrait

Depuis près d’un an, le produit Emmanuel Macron fait l’objet d’une campagne publicitaire intense. Il nous est vendu comme le renouveau de la classe politique, « l’outsider » qui va tout changer, l’audacieux qui va sortir notre pays de son triste état. Quel crédit apporter à ce récit ? Absolument aucun. Nous sommes face à l’une des arnaques électorales les mieux ficelées depuis Nicolas Sarkozy, le candidat qui allait changer la France, et qui comme Emmanuel Macron, faisait l’objet d’une attention constante des années avant la présidentielle de 2007. Comme Sarkozy avant lui, Macron est le candidat des élites politico-économiques, appelé à la rescousse pour maintenir leur règne sur une population qui les détestent de plus en plus. Frustration vous révèle la biographie cachée d’Emmanuel Macron et vous propose une contre-histoire de sa rapide ascension, mettant à jour les usurpations d’identités sociales opérés par lui et son entourage pour ne pas passer pour l’homme qu’il est vraiment : un des derniers recours d’une oligarchie à bout de souffle.

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Macron ment : la baisse des cotisations sociales ne crée pas d’emploi

De Le Pen à Macron, la recette miracle à la relance économique semble se trouver dans la baisse des « charges patronales ». Ces candidats font de cette baisse l’alpha et l’oméga de la création d’emploi, Emmanuel Macron allant jusqu’à promettre une baisse durable de 6 points de ces cotisations. Ce discours ne date pas du début de la campagne. Porté par le MEDEF et repris par d’autres organisations patronales comme la CGPME (Confédération générale des petites et moyennes entreprises), il ne cesse de culpabiliser le Français moyen sur le coût qu’il représente en termes de cotisations patronales. D’ailleurs, nos candidats ne parlent pas de cotisations mais de « charges ». Pourtant ce sont bien des cotisations qui nous offrent des assurances (vieillesse, santé, famille…), mais cet aspect des choses est passé sous silence pour mieux stigmatiser le « coût du travail ». Or, cette mesure est non seulement dangereuse mais elle est inefficace en terme de baisse du chômage. Démonstration :

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Macron, et un candidat de l’oligarchie de plus !

Aujourd’hui, l’ancien ministre de l’Économie de François Hollande a annoncé sa candidature à la présidentielle. Quel scoop ! Un faux suspense savamment calculé par Macron et son équipe et transformé en feuilleton politique vaguement excitant par une presse totalement soumise au plan de communication de celui qu’ils décrivent comme le « trublion » ou le « briseur de tabous » de la présidentielle à venir. De l’Express (qui a ouvertement pris parti pour lui) à l’Obs (qui frissonne de plaisir à l’entendre dire que les 35 heures sont de l’histoire ancienne), en passant par les grandes chaînes de télé et radio, un seul mot d’ordre : Macron est le candidat du renouveau. Mais ce discours s’auto-alimente sans reposer sur le moindre fondement. Le programme du candidat, à peine évoqué, donne pourtant de nombreux indices sur le degré de « nouveauté » ou la posture « anti-système» de l’ancien secrétaire général adjoint de l’Élysée. Quant à son parcours, il met plutôt en lumière l’appartenance de classe d’Emmanuel Macron. Rétablissons donc les faits : Macron est un membre de l’oligarchie dont le programme politique est l’extension de ses profits et de ses privilèges, grâce à des réformes économiques nous ramenant au 19e siècle.

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Les nouveaux domestiques: Comment la nouvelle économie numérique dresse les consommateurs contre les salariés

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« Le client est roi » était le mot d’ordre du nouveau management dans les années 90. Au nom de cet impératif, vendeurs, guichetiers ou encore hôtes d’accueil devaient se montrer souriants, prévenants, et mettre de côté leurs affects, encaissant sans broncher les humeurs de leurs clients. Du côté des consommateurs, on peut désormais se sentir un peu fier d’avoir pu négocier un smartphone avec son forfait, d’avoir réservé un billet d’avion à prix cassé, et, lorsqu’un produit est estampillé « satisfait ou remboursé ! », le fait de savoir qu’on pourra toujours gueuler en cas de déconvenue est presque une satisfaction (même si l’on sait qu’on n’en aura jamais le temps). Peu à peu, ces dernières décennies, il est devenu plus courant d’entendre quelqu’un se vanter d’avoir remis en place un vendeur de téléphone mobile pas assez réactif plutôt que d’avoir tenu tête à son patron. Car le « client roi » a créé le salarié soumis. Or, cela ne va pas s’arranger, car une nouvelle vague de management par la vénération du consommateur est en train de se mettre en place à mesure que l’économie du client roi se déplace sur Internet.

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Les accords majoritaires au sein des entreprises : l’exploitation choisie ?

InflexiblesLogoLa loi El Khomri provient d’une réflexion entamée depuis plusieurs années, et reprend les idées contenues notamment dans le rapport réalisé par Jean-Denis Combrexelle l’année dernière. Dans ce rapport,  il est préconisé de contourner la législation nationale par des accords majoritaires au sein d’entités plus petites : les entreprises. A priori de bon sens, cette nouvelle échelle de négociation est complètement contraire à la cohésion nationale sur le plan social, et surtout est complètement favorable au patronat. Voici un extrait de notre article « qui veut la peau du code du travail? » issu du n°5 de Frustration (et disponible en intégralité ici), nous y expliquons pourquoi.

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Flexibiliser le droit du travail ne peut pas réduire le chômage mais il peut le masquer.

InflexiblesLogoPour faire avaler les sacrifices énormes demandés aux salariés de tout secteur dans le cadre de l’avant-projet de loi El Khomri, le gouvernement et ses partisans ne vont pas manquer de se justifier par l’impérieuse nécessité de tout faire pour réduire le chômage. Mais est-ce vrai ? Ou ces lois de contournement du code du travail ne sont que ce qu’elles ont l’air d’être, des cadeaux au patronat ? Nous diffusons un extrait de notre article « qui veut la peau du code du travail » (ici en intégralité), portant sur cette question. On y explique que la création d’emploi par la précarisation est un mythe, et qu’au mieux on aura plus d’emploi précaires et de travailleurs exploités.

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