[CINÉMA] En stage d’observation de l’injustice

Le géant pharmaceutique Sanofi demande à ses managers de mal noter des employés pour pouvoir les licencier facilement, c’est ce que vient de révéler une enquête de Radio France.

On en profite pour vous conseiller de voir Maman a tort, un film qui décrivait très bien ce monde de l’entreprise et des compromissions forcées que nous chroniquions dans le numéro 9 : « Car il ne s’agit pas seulement des arnaques à grande échelle révélées par les “lanceurs d’alerte”. Nous on a eu l’impression que le film pointait le problème de la lucrativité de l’entreprise privée capitaliste qui conduit, à différents degrés, les salariés à faire des choses qu’ils ne voudraient pas faire : repousser des paiements aux fournisseurs et sous-traitants, diminuer la qualité des produits utilisés, dire “oui oui” quand on sait très bien que la réponse du patron est “non”. Tous ces petits méfaits qu’on est conduit à commettre, parfois même pour de bonnes raisons comme sauvegarder des emplois dans une petite entreprise. »

C’est ce monde où seul compte le profit, conjugué à l’arbitraire, que les prochaines ordonnances pour casser le droit du travail vont consacrer, lui donnant les plein pouvoirs sur nos vies, quel qu’en soit le coût humain.

Chronique du film Maman a tort, de Marc Fitoussi CINÉMA

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Sur le chemin du collectif : quelques heures avec des sociétaires de la librairie coopérative Les Volcans

Désireux d’en savoir plus sur le fonctionnement de la société coopérative, que nous pensons pouvoir devenir l’une des bases d’un nouveau modèle économique non capitaliste, il nous a paru naturel de nous tourner vers une librairie avec qui nous travaillons depuis longtemps, Les Volcans, à Clermont-Ferrand. Cette institution de la ville, qui avait fermé en février 2014 suite à la liquidation judiciaire du groupe Chapitre, a été reprise par une douzaine de salariés qui sont aujourd’hui les heureux sociétaires d’une librairie coopérative qui a rouvert en août 2014 et qui marche. Ils seront bientôt rejoints en tant que sociétaires par les 24 salariés. Nous avons donc dépêché un membre de notre collectif à la rencontre de deux libraires, avec une montagne de questions. Valériane et Philippe lui ont expliqué l’histoire de la Scop et son fonctionnement. Nous avons retenu principalement les spécificités de l’entreprise coopérative et non ce qui relève de l’expérience du collectif, que beaucoup de personnes peuvent connaître par l’engagement dans des associations ou autre. Il a beaucoup été question de partage : partage d’une aventure, mais aussi partage du capital, de la décision et des compétences.

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