Jean-Charles Naouri : parcours d’un capitaliste “de gauche”

 Jean-Charles Naouri est l’ancien directeur de cabinet du ministre des Finances du gouvernement socialiste de 1982 à 1986 et il est défini comme l’ « architecte principal de la dérégulation des marchés financiers » par… Wikipédia. Aujourd’hui, le brave homme est à la tête du groupe Casino (Leader Price, Monoprix, Casino) qui vend de la nourriture industrielle dangereuse pour la santé en exploitant les agriculteurs et les petits commerçants en France et dans le monde. Comme beaucoup d’autres, il est coupable d’avoir pris à la collectivité pour donner au secteur privé et, au passage, s’en mettre plein les poches. Portrait d’un homme clef du triomphe contemporain de l’oligarchie française.

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Pour qui travaille Michel Sapin ?

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Michel Sapin est un ministre important du gouvernement de Manuel Valls. Il a été ministre du Travail, puis des Finances et des Comptes publics, attributions auxquelles s’est ajoutée, fin août, l’Économie. Il est à ce titre un chantre de l’austérité et de la prudence budgétaire, incitant les Français à se serrer la ceinture. Or, ce régime a nettement profité aux grandes entreprises, qui ont quant à elles bénéficié des largesses budgétaires et du laxisme réglementaire du gouvernement. Michel Sapin s’est particulièrement illustré dans cette bienveillance générale à l’égard du secteur privé : de sa promotion du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) à sa réalisation d’une loi très molle contre la fraude fiscale (« Sapin 2 »), en passant par son refus de réclamer à Apple les impôts que le géant américain devait à la France, il est devenu de plus en plus évident que l’action du ministre de l’Économie et des Finances ne jouait pas en faveur de la majorité des citoyens. Si Michel Sapin ne travaille pas pour nous, pour qui travaille-t-il donc ?

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Il n’y a pas de lézards mais il y a bien des capitalistes – Comment anti-complotistes et conspirationnistes empêchent la critique des élites

En mars dernier, le magazine Society bombardait les transports en commun de la couverture de son 27e numéro : un doigt accusateur pointé vers nous accompagné du titre : « Enquête : On vous ment ? Comment le complotisme est devenu l’idéologie dominante ». Ce titre alarmiste montre à quel point les « théories du complot » sont devenus l’objet de prédilection des journalistes mais aussi des politiques qui s’emploient à dénoncer leur multiplication. Le ministère de l’Éducation nationale a ainsi mis en place une série de mesures pour lutter contre leur diffusion dans les établissements scolaires. On apprend sur le site Internet dédié[1] que les enseignants doivent impérativement lutter contre tout discours qui décrirait le cours des événements dans le monde (attentats, guerres, mesures politiques, etc.) comme étant manipulé par un groupe caché d’individus. Cette dénonciation du complotisme a la vertu de lutter contre les explications racistes et simplificatrices des choses : on lutte ainsi contre la propension des jeunes à croire que derrière chaque attentat en France il y aurait « les juifs ». Le problème c’est qu’en luttant contre les explications les plus simplistes on élimine au passage des théories réalistes mais qui décrivent elles aussi quelque chose comme l’action concertée d’un groupe d’individus contre l’intérêt général. Ainsi, si l’on parle par exemple de l’action – pourtant avérée – des multinationales pour orienter la recherche scientifique ou les décisions politiques, on sera complotiste. Si l’on s’interroge sur les raisons véritables des interventions militaires occidentales, on sera complotiste. Si l’on dit que les grands bourgeois ont, en France, tout un tas de connexions politiques et administratives qui leur permettent de promouvoir leurs intérêts financiers et patrimoniaux, on « tombera dans la théorie du complot ». À la longue, cette stigmatisation du complotisme, en mettant dans le même panier des choses qui n’ont pourtant pas le même degré de réalité, discrédite toute critique des élites. Beaucoup trop de gens se retrouvent à devoir se taire plutôt que d’exprimer leur révolte face aux inégalités de pouvoir, pour ne pas être taxés de complotistes. Enseignants, journalistes, sociologues proposent des analyses épurées de toute critique des élites pour ne pas être stigmatisés et subir des sanctions. Comment en est-on arrivé là et comment s’en sortir ?

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