AGIR CONTRE L’AGRO-BUSINESS

Sur son site Internet, le ministère de l’Agriculture et de l’alimentation publie sobrement une liste de deux pages de produits retirés de la vente en France, essentiellement des gaufres et des brownies industriels, souvent bon marché (marques propres Leader Price, Lidl…), goûters familiaux en cette rentrée des classes. La cause ? Du fipronil à une concentration supérieure à la limite réglementaire (0,005 mg/kg de produit). Mais n’ayez crainte, ces produits ne représentent « pas de risque pour la santé, ils sont listés dans un souci d’information du consommateur ». Alors pourquoi tout ce pataquès ? Parce que le fipronil est un anti-poux hautement toxique, interdit pour les poules d’élevages destinées à la consommation, mais qui aurait malgré tout été retrouvé dans 250 000 œufs selon France Info. L’impact sur un adulte serait négligeable, il faudrait consommer plus de 10 œufs contaminés par jour, mais trois seulement pour un enfant de 3 à 10 ans. S’en suivrait des trouble neurologiques, des dommages au niveau du foie, de la thyroïde et des reins. Une fois de plus, on nous prend pour des crétins. Ce modèle agricole intensif, ces industriels qui nous gavent de saloperies, nous tuent à petit feu, y compris la planète, sans oublier les agriculteurs et éleveurs. Dans cette histoire, seuls les actionnaires des grands groupes se portent bien.

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Quels projets politiques pour l’agriculture ? Trions le troupeau des candidats

Le Salon de l’Agriculture 2017 a ouvert ses portes samedi dernier. Plus de 3 000 animaux exposés, plus de 600 000 visiteurs attendus. La « Ferme France » est à nouveau en vitrine à Paris, les hommes politiques et candidats à l’élection se succèdent pour tapoter le cul de vaches et causer aux agriculteurs (la prime à celui qui restera le plus longtemps), les racines gauloises liées à la Terre et au Terroir sont vantées, c’est reparti pour un tour.

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De la laiterie à nos assiettes : enquête sur une agriculture prisonnière des grands groupes

La crise des producteurs du lait et leur conflit avec le groupe Lactalis n’a été qu’un épisode dans la descente aux enfers de l’agriculture française. Lors de ces crises, on entend parler de beaucoup de choses qu’il est difficile à comprendre : la fixation des prix, le rôle de la grande distribution, des divers intermédiaires. Les questions agricoles semblent techniques et pourtant on sent bien qu’il y a quelque chose qui cloche. Dans Frustration n°7, nous nous sommes penchés sur l’agriculture et nous avons décidé de faire un état des lieux de son fonctionnement et de sa crise, tout en cherchant les responsables. Nous diffusons cet extrait de notre enquête « Comment reprendre le pouvoir sur notre alimentation #2 : Enquête sur l’agriculture capitaliste sous perfusion », consacré à l’état de l’agriculture et les principales causes du drame écologique, social et économique qu’elle traverse. Sans surprise, les responsables ne sont ni les producteurs ni une seule entreprise : c’est toute la transformation capitaliste et néolibérale de l’agriculture qui est en train de rendre notre production de plus en plus absurde et dangereuse pour les agriculteurs, les consommateurs et les citoyens de France et du monde.

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SI NOUS NE VOULONS PAS DE LEUR MONDE, QUE VOULONS-NOUS ? – FRUSTRATION N°7

La loi Travail à laquelle s’opposent des centaines de milliers de personnes depuis trois mois n’a pas grand chose pour elle : des effets contre le chômage très discutables, une transgression évidente des grands principes du code du travail, une logique anti-sociale claire et le reniement des nos conquis sociaux les plus fondamentaux. Mais elle a un argument incontournable en sa faveur : dans ce monde concurrentiel et fonctionnant selon la logique du profit, elle est potentiellement indispensable.

Sauf ses milliers d’opposants et nous ne nous sommes pas contentés cette fois-ci de mener une guerre défensive, un combat d’arrière-garde. Nous sommes en train de dessiner les contours d’un monde où la loi Travail serait inutile. Mieux, un monde où la loi Travail figurerait dans la mémoire commune comme la dernière violence infligée au peuple par un ancien régime aux abois.

C’est pour contribuer à la critique du vieux monde et aux propositions pour le nouveau que nous avons réalisé ce numéro 7, dont nous avons la joie de vous annoncer la sortie le vendredi 17 juin. Plus long que d’ordinaire (56 pages), il contient :

UN EDITO : Et si 2016 était le début de la fin des mouvements sociaux défensifs ? Imparfaitement, en ordre dispersé et avec le côté laborieux des Nuit Debout, ne sommes-nous pas enfin en train de dessiner une alternative crédible et pragmatique au capitalisme ? – « En découdre pour reprendre le pouvoir » – 4ème de couverture et ici

UNE ENQUETE : Il y a un an, nous avions enquêté sur les industries agro-alimentaires, leur moyen de contrôle de l’information et de la législation pour nous empêcher d’y voir clair dans notre assiette. Nous avons récidivé sur ce thème en nous interrogeant sur l’agriculture. Comment un système qui nous coûte tant de subventions publiques peut-il aller aussi mal ? Car il est lui aussi à la merci de quelques grandes multinationales.- “Comment reprendre le pouvoir sur notre alimentation #2 – Enquête sur l’agriculture capitaliste sous perfusion” p. 39

UN DOSSIER : La loi Travail est décrite par les économistes comme une mesure incontournable dans le monde complexe qui nous entoure. Mais qui sont ces nouveaux grands prêtres qui nous prodiguent leurs prophéties ? Pour se désintoxiquer de leurs discours, nous donnons quelques conseils pour sortir du cercle infernal des lois économiques techniques qui nous échappent et pour revenir à une réflexion économique politique et démocratique. – “Repolitiser l’économie” p. 9

UN TEMOIGNAGE : A Nuit Debout Paris, la commission économie politique a tenté de rendre le débat économique accessible à tous. Gràce à des règles de fonctionnement strictes et une recherche acharné de l’accessibilité elle a pu montrer que même en économie le collectif pouvait raisonner mieux que l’individu.  – “Une soirée ordinaire à la commission économie politique de Nuit Debout Paris” p. 21
UN REPORTAGE : Et si on redonnait le pouvoir de décision aux salariés plutôt qu’aux actionnaires ? C’est ce qui se pratique dans les entreprises coopératives. Loin d’être folklorique, ce secteur permet d’illustrer ce que serait en actes une économie non-capitaliste et ce que cela change au quotidien de travailler dans une coopérative. Nous sommes allés voir ce que cela donnait dans une grande librairie de centre-ville reprise par ses salariés.- “Sur le chemin du collectif. Quelques heures avec des sociétaires de la librairie les Volcans à Clermont Ferrand” p. 31

UNE MISE AU POINT : En voulant combattre le développement des théories du complot sur internet dans les écoles, le gouvernement tente au passage de rendre impossible la critique des élites. Il peut s’appuyer sur des chercheurs soit disant “neutres” mais qui ne le sont pas vraiment. Lorsque les élites complotent, que faire si l’on ne veut pas tomber dans le complotisme ? – “Il n’y a pas de lézards mais il y a bien des capitalistes ! Comment complotistes et anti-complotistes empêchent la critique des élites” – p. 1

 

FRUSTRATION N°7, 56 pages, 4€70

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