Les accords majoritaires au sein des entreprises : l’exploitation choisie ?

InflexiblesLogoLa loi El Khomri provient d’une réflexion entamée depuis plusieurs années, et reprend les idées contenues notamment dans le rapport réalisé par Jean-Denis Combrexelle l’année dernière. Dans ce rapport,  il est préconisé de contourner la législation nationale par des accords majoritaires au sein d’entités plus petites : les entreprises. A priori de bon sens, cette nouvelle échelle de négociation est complètement contraire à la cohésion nationale sur le plan social, et surtout est complètement favorable au patronat. Voici un extrait de notre article “qui veut la peau du code du travail?” issu du n°5 de Frustration (et disponible en intégralité ici), nous y expliquons pourquoi.

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Flexibiliser le droit du travail ne peut pas réduire le chômage mais il peut le masquer.

InflexiblesLogoPour faire avaler les sacrifices énormes demandés aux salariés de tout secteur dans le cadre de l’avant-projet de loi El Khomri, le gouvernement et ses partisans ne vont pas manquer de se justifier par l’impérieuse nécessité de tout faire pour réduire le chômage. Mais est-ce vrai ? Ou ces lois de contournement du code du travail ne sont que ce qu’elles ont l’air d’être, des cadeaux au patronat ? Nous diffusons un extrait de notre article “qui veut la peau du code du travail” (ici en intégralité), portant sur cette question. On y explique que la création d’emploi par la précarisation est un mythe, et qu’au mieux on aura plus d’emploi précaires et de travailleurs exploités.

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Qui veut la peau du Code du travail ? – Le plan des élites pour une société sans salariés

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Le retentissant « rapport Combrexelle », remis au Premier ministre début septembre, constitue la tête de gondole des attaques récentes dont est victime le Code du travail. L’un des derniers nés parmi de nombreuses publications qui, sans surprise, fournissent aux gouvernements successifs les conclusions qu’ils souhaitent : il faut injecter plus de flexibilité dans le droit du travail. Le rapport Combrexelle évoque notamment « l’économie digitale dont les responsables soulignent, de façon récurrente, l’inadaptation, voire l’archaïsme, de notre droit du travail au regard des spécificités de ce secteur en pleine révolution. » Par conséquent, il préconise d’adapter le droit du travail au mode de fonctionnement du secteur économique du numérique en donnant « aux chefs d’entreprise en pointe dans l’économie digitale la responsabilité, avec leurs salariés et syndicats, d’innover en la matière et d’inventer, à titre expérimental et dérogatoire, de nouveaux modes de relations sociales. » Pourtant les start-ups numériques veulent des travailleurs corvéables à merci, que le client n’aperçoit même pas, bien à l’abri derrière son smartphone. Serait-ce donc cela l’avenir que nos gouvernants souhaitent pour nous ?

Cet article est extrait du n°5 de Frustration “Tous domestiques : le plan des élites pour une société sans salariés”, disponible au format électronique, en librairie et en commande web.

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Frustration à Montreuil samedi 30 janvier

Samedi 30 janvier nous aurons un stand à Montreuil en Seine St Denis (93) pour l’événement organisé par le Mouvement pour la 6e République : https://www.facebook.com/events/1539426686370741/

Nous aurons des tas d’articles à emporter, nous vendrons notre dernier numéro et nous serons là pour discuter avec tous ceux que la revue et ses idées intéressent !

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Alors que les inégalités ne cessent d’augmenter, que le travail se précarise, que les protections sociales s’affaiblissent sous le coup d’idéalistes libéraux au service des classes supérieures et que notre vie quotidienne en pâtit, il semble que le débat politique ne porte plus que sur des questions identitaires, ou droites et gauches s’affrontent autour de mesures symboliques. Pourtant, les taux d’abstention montrent que nous sommes tous fatigués de cette classe politique, et qu’un changement serait le bienvenu.

Réfléchir à ce que ce changement pourrait être, proposer des solutions crédibles et justes pour aller vers plus d’égalité et de démocratie, c’est un mouvement auquel Frustration contribue. A l’aube de l’année 2016, nous avons décidé de nous développer pour jouer davantage ce rôle :

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Le capitalisme en ligne : Internet n’est pas encore la démocratie rêvée

Cette année, nous avons appris par Michel Sapin, ministre des Finances, que déclarer ses revenus en ligne aux impôts allait – sans doute – devenir obligatoire en 2016. En 2014, pourtant, ce n’étaient que 13 millions de foyers sur les 37 millions de déclarants qui ont préféré Internet à la déclaration papier. Un chiffre en augmentation par rapport aux années précédentes, certes, mais qui nous assure que nous sommes encore loin de la techno-utopie qui voudrait que « tout le monde soit sur Internet ». Une utopie qui va même plus loin, puisque beaucoup vantent les mérites démocratiques du nouveau média : « Internet est le lieu de la démocratie par excellence : du plus pauvre au plus riche, tout le monde y a accès ». Internet irait même jusqu’à permettre aux plus modestes et inconnus de s’enrichir et de trouver un public. Cette position, tenue par quelques observateurs (on les appelle les « web optimistes ») et beaucoup d’autres utilisateurs d’Internet, est plus que discutable. En décembre 2014, l’agence chargée des statistiques officielles de l’Union européenne, Eurostat, a publié une étude dont le résultat est éloquent : 12 % des français interrogés affirmaient n’avoir jamais utilisé Internet de leur vie. Et si l’Internet d’aujourd’hui était le lieu dédié non pas à la démocratie mais au capitalisme des plus traditionnels ?

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La preuve que nous ne sommes pas en démocratie

On s’apprête à installer un champ d’éoliennes sur la crête du bois qui domine ma maison. Que puis-je faire ? Demander des comptes au maire. Problème, c’est lui et son conseil municipal qui ont voté toutes les autorisations préalables à l’installation des éoliennes.

Je pensais partir à la retraite à 60 ans. Finalement ce sera à 62 ans. M’a-t-on consulté pour cette décision grave ? Non. On n’a pas écouté non plus le refus des millions de personnes qui ont manifesté le 12 octobre 2010 (entre 1,23 et 3,5 millions de Français étaient dans les rues).

Nous avons souvent l’impression que les décisions importantes pour notre vie quotidienne se prennent sans nous. Nous ne comprenons pas pourquoi, car on nous apprend depuis la plus tendre enfance que nous avons la chance de vivre en démocratie et que nous avons le devoir de voter parce que nos ancêtres se sont battus, à la Révolution française, pour qu’on ait cette possibilité. Le vote serait si essentiel à la démocratie que certains pensent aujourd’hui à le rendre obligatoire pour lutter contre l’abstention.

Nous élisons donc des responsables qui gouvernent pour nous, quitte à prendre des décisions contraignantes (comme les champs d’éoliennes ou l’âge de la retraite) pour le bien de l’ensemble de la société, l’ « intérêt général » (ici la transition énergétique et les solutions à trouver contre le vieillissement de la population).

Au point que les hommes politiques, qui définissent ce qu’est l’intérêt général en gouvernant, ne reconnaissent plus à « leurs » électeurs la capacité de juger de leur propre situation et de décider pour eux-mêmes. En 2012, le candidat Hollande nous répétait qu’il avait « le devoir de dire la vérité aux Français », comme si nous ne pouvions pas comprendre les problèmes et réfléchir à des solutions et que seuls les hommes politiques étaient investis de cette qualité : connaître la France. Il nous traitait comme des voteurs et non en tant que citoyens.

Alors on regarde les élections en attendant que soit dévoilé le visage du nouveau président, comme on attend de connaître le titre du film qui décrochera la Palme d’or au Festival de Cannes. On attend le renouvellement d’un pouvoir qui est loin, là-bas, dans un palais, mais qui prend pourtant des décisions en notre nom à tous. C’est donc cela la démocratie ?

Nous, on a décidé qu’on allait rassembler ici un faisceau de preuves pour faire la démonstration mathématique que non, nous ne sommes pas en démocratie. Le pouvoir actuel se nomme lui-même « démocratie ». Il a accaparé le mot à son profit (« dans nos démocraties occidentales »). Mais il est le contraire. Attention, le contraire de la démocratie, ce n’est pas une dictature militaire. Le contraire de la démocratie, c’est quand ce n’est pas le peuple (le plus grand nombre de la population) qui exerce le pouvoir. Et aujourd’hui, on est dans ce cas. En voici la preuve.

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Perdu au supermarché : Comment reprendre le pouvoir sur notre alimentation ?

Désormais, presque tout le monde fait ses courses au supermarché. On y trouve tout au même endroit, de l’alimentaire à l’électroménager en passant par les produits culturels. Le supermarché nous fait gagner du temps et la nourriture déjà préparée nous facilite l’élaboration de nos repas. Tout est plus simple, que l’on trouve ces endroits déprimants ou non. La diversité des marques présentes dans un supermarché masque en revanche le fait que, depuis 30 ans, moins d’une dizaine de multinationales contrôlent le plus gros de la production de denrées alimentaires que nous consommons quotidiennement, et les rares études en la matière nous montrent qu’elles provoquent obésité, dépendance au sucre et au gras. En France, la moitié des adultes sont en surcharge pondérale et 1 sur 6 est obèse (étude nationale nutrition santé[1]).

Les classes sociales ne sont pas à égalité devant le phénomène. L’obésité est deux fois plus répandue chez les ouvriers et employés que chez les cadres, selon un rapport de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM)[2]. Or, être en surpoids est source de discrimination, de mauvaise santé et de mortalité précoce. Le développement de maladies cardio-vasculaires, devenues la deuxième cause de décès en France, est un phénomène qui accompagne cette augmentation du surpoids. Le gouvernement écrit des petits messages en bas des publicités, enjoignant les gens à « bouger », alors que ça ne compense pas le mal qui est fait par une nourriture trop grasse et trop sucrée, comme l’ont montré récemment trois chercheurs anglais dans le British Journal of Sports Medicine[3]. Ça revient donc à dire que les « gros » sont responsables de leur malheur et que l’industrie agro-alimentaire n’y est pour rien.

Bien manger devient une source de distinction sociale, un luxe, et pendant ce temps la publicité exalte la minceur à longueur d’affiche. Un nouveau business a émergé pour nous vendre du sain et du bio, parfois simples branches de ces mêmes industries qui nous intoxiquent donc d’une main et nous soignent de l’autre pour beaucoup plus cher.

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Vivent les abstentionnistes !

Au premier tour des élections régionales, un Français sur deux s’est abstenu. En ajoutant les votes blancs et nuls, et ceux qui ne se sont pas inscrits, 58 % des gens n’ont pas voté pour les partis en lice. Durant l’entre-deux tours, ces millions de personnes, dont nous faisons partie, ont été insultés sur les réseaux sociaux, condamnés par une grande partie des chroniqueurs radios et des éditorialistes de la presse écrite, quand ils n’étaient pas décrits comme une masse perdue et qu’il fallait ramener vers la lumière de la démocratie. Mais qui tient le plus à la démocratie ? Ceux qui se méfient des partis politiques, de leurs alliances, leurs guerres de postes, leurs fausses promesses et beaux discours ? Ou ceux qui soutiennent encore et toujours qu’on a bien de la chance de pouvoir voter pour nos chefs ? Dans la période sombre que nous vivons, où les élites économiques gagnent chaque jour du terrain, où le peuple perd chaque mois des revenus et des droits, l’abstention est le seul signe d’espoir, le signe que le peuple n’est pas dupe du jeu malsain qui se joue contre lui. Pas étonnant que de plus en plus de citoyens soient tentés par l’abstention, et qu’une bonne partie de ceux qui votent encore ne le fasse plus qu’à reculons.

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Le numéro 5 “Tous domestiques” en librairie et en commande web !

FRUSTRATION est une jeune revue qui s’adresse À TOUS, une revue INDÉPENDANTE réalisée par des BÉNÉVOLES. Nous donnons des ARGUMENTS et non des leçons, CONTRE LES ÉLITES qui s’approprient le bien commun, et recherchons modestement des solutions pour REPRENDRE LE POUVOIR afin d’instaurer une société PLUS JUSTE.

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Dans sa nouvelle loi, le ministre de l’économie Emmanuel Macron veut adapter notre droit du travail aux évolutions des entreprises du numérique : contrats courts, temps de travail dérégulé, négociations à l’échelle de l’entreprise plutôt qu’au niveau de la loi, et tout le monde sera touché par ces réformes… Le gouvernement et les grands médias nous présentent la précarisation de l’emploi, le développement du multitâche et la compression infinie des coûts de production comme des évolutions nécessaires et modernes. Flexibiliser l’emploi irait dans le sens de l’Histoire et serait la seule façon de faire baisser le chômage.  Épouvantail bien pratique, justification à tous les reculs, le chômage à 10 % est un moyen confortable de nous garder à genoux. Nos gouvernants ont-ils d’ailleurs déjà eu l’intention de le faire baisser, tant il est pratique pour maintenir leurs profits et leur pouvoir ? Pour reprendre le pouvoir de décider de décider de nos conditions de travail et donc de nos vies,  Frustration commence, dans ce numéro 5, par donner des arguments qui légitiment notre méfiance envers ces élites qui jouent pour leurs propres intérêts.

Vous avez sans doute pu vous rendre compte que ce gouvernement est le plus agressif que nous ayons connu envers le Code du travail, qu’il accuse de tous les maux. C’est une démarche à la fois malhonnête, mensongère et destructrice pour la qualité de vie de millions de salariés. Alors pourquoi nos élites s’acharnent-elles ? Pour quels intérêts ? C’est ce que nous nous employons à découvrir dans notre premier article, « Qui veut la peau du code du travail ? Le plan des élites pour une société sans salariés »

Si les grandes entreprises et leurs alliés politiques arrivent à faire croire que leurs régressions sociales du côté de la modernité, c’est sans doute parce que nous autres consommateurs ne percevons au quotidien que les effets positifs de cette mise sous pression des salariés : après tout, ne pouvons nous pas voyager pour moins cher, faire nos courses en ligne, nous sentir choyés et respectés par des entreprises qui nous envoient à longueur de temps des questionnaires de satisfaction ? Mais à quel prix ? Et qui bénéficie vraiment des prix cassés, des compagnies low-cost et de la déréglementation des professions ? Pas tout le monde, et c’est le thème d’un deuxième article intitulé « Les nouveaux domestiques : comment la nouvelle économie numérique dresse les consommateurs contre les salariés ».

Malheureusement, on ne les entends pas beaucoup, les salariés. On ne les voit pas beaucoup non plus, à la télé comme au cinéma, où cadres et riches sont surreprésentés. Ou bien, lorsque cela arrive, c’est caméra à l’épaule, lumière grise et ton désabusé, comme dans le film La Loi du marché, de Stéphane Brizé, sorti cette année au cinéma. Heureusement, il y a aussi eu Discount, qui met en scène des salariés de supermarché révoltés, à l’enthousiasme communicatif. Pourquoi la façon de montrer le travail au cinéma compte pour réactiver nos solidarités ? C’est l’objet de notre article « Solidaires ! La Loi du marché et Discount : deux manières de mettre en scène les travailleurs au cinéma ».

Enfin, après l’été, nous avons choisi de dresser un bilan de l’aménagement de nos littoraux. En France, ils sont protégés et considérés comme des biens publics. Mais c’est sans compter sur l’appétit des riches qui, ces derniers temps, se sentent le droit de reprendre nos plages et nos côtes pour les privatiser, pour leur usage propre ou le dégagement de profit. Un mouvement inquiétant sur lequel nous alerte notre article « Les riches à l’assaut des côtes : des petits arrangements avec la protection du littoral ».

Cet automne, Frustration, est disponible en librairie ou en ligne, via notre site Internet. Nous allons bientôt proposer un abonnement. N’hésitez pas à nous écrire pour nous faire part de vos impressions, critiques, encouragements, et propositions !