Frustration n°13 : Osez l’égalité

Frustration n°13 : Osez l’égalité

SOMMAIRE :

– REPORTAGE : L’Assemblée nationale, zone de non-droit pour les femmes

« Est ce qu’elle a une culotte là-dessous ? », « Cotcotcotcodeq’ », « C’est qui cette nana ? », « mais qui va garder les enfants ? », « NVB suce son stylo très érotiquement », … Ceci est un panel, très succinct, des propos adressés à des femmes politiques, respectivement à Édith Cresson, Véronique Massoneau, Laurence Rossignol, Ségolène Royal, Najat Vallaud-Belkacem. Les médias ont effacé de la mémoire collective les auteurs de ces propos, seules restent en scène, avec cette misogynie qui leur colle aux basques, les femmes qui en ont été les victimes.

– TÉMOIGNAGES : Égalité femmes/hommes en entreprise, au rapport !

Les femmes représentent près de la moitié de la population active et sont toujours victimes de fortes inégalités dans les entreprises. Pourtant, l’objectif d’égalité entre hommes et femmes est affirmé, réaffirmé, la main sur le cœur par les gouvernements successifs. Il y en a même qui jurent en faire une grande cause nationale. Les employeurs aussi arguent œuvrer chaque jour davantage pour gommer les différences de traitement existantes. De nombreux textes ont été instaurés afin d’obtenir une égalité des chances et d’évolution dans la vie professionnelle. Malgré cela, la situation des femmes n’est toujours pas aussi simple et tranquille que celle des hommes. Alors, atteindre une véritable égalité femmes/hommes au travail, une volonté sincère ou de la poudre de perlimpinpin ?

– EN IMMERSION : Être homosexuel·le en 2018, c’est toujours la merde

De la dépénalisation de l’homosexualité en 1981 à la légalisation des mariages entre personnes du même sexe en 2013, les dernières décennies ont permis aux femmes et hommes homosexuels vivant en France de n’être plus pourchassés ou limités dans leurs droits. Mais ces progrès politiques indéniables occultent trop souvent les conditions de vie réelles des 5 à 10 % de Français non-hétéros. Sur le plan économique, ils restent en moyenne moins bien payés que les hétéros ; sur le plan social, ils subissent encore des discriminations ou du mépris qui peuvent prendre des formes variées ; sur le plan psychique, ils sont surexposés au suicide et à la dépression. En 2018, l’homosexualité reste une caractéristique en contradiction avec la norme dominante qui associe masculinité et sexualité hétéro. Celles et ceux qui en sortent en payent toujours le prix.

– HISTOIRE : Le passé est-il (forcément) sexiste ? Trois époques de l’histoire des femmes en Occident

D’un côté, on a parfois l’impression que le chemin vers l’égalité des sexes est un processus linéaire et acquis, presque automatique ; de l’autre, côté réac’, on entend que « les femmes n’incarnent pas le pouvoir » (dixit Zemmour) et que si leur « rôle traditionnel » doit les renvoyer aux fourneaux, ce n’est pas plus mal ! Dans un contexte où la question du rapport femmes-hommes est toujours plus d’actualité, il n’est sans doute pas inutile de prendre quelques siècles de recul et de revisiter trois périodes historiques charriant avec elles un certain nombre d’a priori sur la vie et le statut des femmes. Alors, le passé est-il (forcément) sexiste ?

– MACRONIE: Retour sur investissement. Ce qu’ont déjà gagné les soutiens et donateurs du candidat Macron

Lorsqu’il se lance dans la campagne présidentielle, l’ex-ministre de l’Économie n’a pas d’appareil partisan derrière lui. Pour atteindre les 16,7 millions d’euros qu’il a dépensés dans sa campagne victorieuse, il lui a fallu rassembler des fonds en un temps record. Pour cela, une équipe de « fundraising » a été créée à En Marche, chargée d’organiser une série d’événement avec des « gros donateurs », c’est-à-dire ceux qui donnent le maximum autorisé par la loi, 7 500 € par personne et par an. Des têtes de réseaux (surnommées dans les mails de son équipe, que Wikileaks a fait fuiter en juillet 2017, les « PP » pour « poisson pilote ») ont organisé en France mais aussi auprès des résidents français à l’étranger de nombreux dîners où chacun venait écouter le candidat et donnait un chèque en fonction du profit qu’il espérait tirer de son futur règne. Ces poissons pilotes et ces donateurs étaient en droit d’espérer, pour quelques milliers d’euros lâchés et des dîners organisés, faire gagner un président attentif à leurs intérêts, leurs obsessions et leurs rêves. Six mois après la victoire de leur poulain, leurs désirs ont tous été accomplis. de Paris à Bruxelles en passant par New York, retour sur ces réseaux et leurs récompenses.

– MOT-CLÉ : Fisc Wars : La guerre contre les fraudeurs du fisc freinée par le verrou de Bercy

« Je n’ai pas, je n’ai jamais eu de compte en Suisse, à aucun moment, et la réponse apportée aux autorités françaises par la Suisse, permettra, je l’espère, très vite, et le plus vite serait le mieux, d’en finir, avec ces saletés », déclarait l’ancien ministre délégué au Budget Jérôme Cahuzac en 2013, depuis condamné à trois ans de prison ferme et cinq ans d’inéligibilité en première instance pour fraude fiscale et blanchiment de fraude fiscale. En parallèle, la banque suisse Reyl, qui avait participé à cacher cet argent, et le banquier de Jérôme Cahuzac ont également été condamnés à respectivement 1,875 million et 375 000 euros d’amende. On pourrait penser que cette affaire serait emblématique de la faute morale et du mensonge maladif d’un seul homme, mais elle révèle l’absurdité d’un système dont l’une des pierres angulaires est ce que l’on appelle dans le jargon fiscal le « verrou de Bercy ». En réalité, le verrou de Bercy est bien plus qu’un simple cadenas institutionnel dans le processus de poursuites judiciaires pour fraude fiscale, il en est la clef de voûte.

– ENQUÊTE : La ruée vers l’or blanc. Enquête sur la fuite en avant d’un modèle touristique insensé

Pendant les fêtes de fin d’année, les télévisions nous ont abreuvés d’images volées d’un chef de l’État descendant tout sourire les pistes du Grand Tourmalet – le domaine skiable de la station de La Mongie (Hautes-Pyrénées) dont il est un habitué depuis son plus jeune âge – entouré de nombreux gardes du corps, s’arrêtant seulement pour confirmer qu’il fallait davantage contrôler les chômeurs. Il est bon de rappeler que les sports d’hiver sont un loisir que seuls 8 % de Français privilégiés peuvent s’offrir régulièrement. Alors pourquoi en parler dans Frustration ? Parce que les sports d’hiver, c’est aussi une économie, celle de l’ « or blanc » qui, durant des décennies d’exode rural, a certes limité les dégâts dans les vallées en sauvegardant de l’emploi local, mais au prix d’aménagements de tourisme de masse ruineux, incompatibles avec la sauvegarde d’un environnement sauvage et qui profitent finalement peu à l’économie locale et à ses travailleurs. La question qui se pose est : faut-il maintenir sous perfusion d’argent public un secteur économique loin d’être d’intérêt public ?

– CRIMINALITÉ : Polluer plus pour gagner plus. Ce n’est pas à vous de culpabiliser sur l’état de la planète, c’est aux riches !

Plus on est riche, plus on pollue. C’est ce que l’ONG britannique Oxfam a démontré dans un rapport intitulé « Inégalités extrêmes et émissions de CO2 » en 2015. Pourtant, à l’heure où le gratin international multiplie les déclarations de bonnes intentions environnementales et les confessions larmoyantes, les gouvernements occidentaux, à commencer par le gouvernement français, s’entêtent à répéter qu’il est question de prise de conscience individuelle. Et tant que l’on continue de dénoncer la paille dans l’œil du voisin, on ne regarde pas la poutre dans le sien. Habile. Mais les « petits gestes pour la planète » ne suffiront pas. C’est le pouvoir des très riches qu’il faut réduire. Et la neutralisation de leur pouvoir de nuire commence par comprendre comment ils nous enfoncent dans la crise écologique. Décryptage.

– SPECTACLE : Blockbuster, un mash-up anti-élites

« Blockbuster », c’est le nom du mash-up joué par les comédiens liégeois du Collectif mensuel, qu’on peut voir ce printemps sur les planches de nombreux théâtres de France. Le concept du mash-up, c’est de détourner des films hollywoodiens en faisant un nouveau montage à base d’extraits de films avec doublage, musique et bruitage parodiques. Le mash-up le plus connu est sans doute celui réalisé par Michel Hazanavicius (OSS 177) dans les années 1990 : La Classe américaine (Le Grand Détournement). L’originalité du mash-up qui nous occupe, c’est qu’il est réalisé en direct sur scène.

– ET AUSSI : Nos actualités du semestre passé et la présentation de l’équipe de rédaction, qui a bien grandi (16 personnes ont travaillé à l’élaboration de ce numéro)

 

Sortie le 23 février 2018 en kiosque et librairie.

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