Mal-logement : la vie chère est un choix politique

Alors que la Fondation Abbé Pierre publie son rapport annuel qui montre qu’il y a en France 4 millions de personnes mal-logées dont 143 000 à la rue, nous voulons mettre en avant un certain nombre de constats accablants pour ceux qui sont nos dirigeants politiques depuis 30 ans : la vie chère est la conséquence directe de leurs choix politiques de déréglementation au profit du secteur privé et si le droit au logement pour tous n’est pas effectif c’est aussi un choix qui maintient l’épée de Damoclès de la rue au-dessus de nos têtes. Alors à quoi bon « interpeller » ou « sensibiliser » certains candidats à la présidentielle qui ont participé à l’organisation de l’appauvrissement des classes laborieuses ?

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Macron ment : la baisse des cotisations sociales ne crée pas d’emploi

De Le Pen à Macron, la recette miracle à la relance économique semble se trouver dans la baisse des “charges patronales”. Ces candidats font de cette baisse l’alpha et l’oméga de la création d’emploi, Emmanuel Macron allant jusqu’à promettre une baisse durable de 6 points de ces cotisations. Ce discours ne date pas du début de la campagne. Porté par le MEDEF et repris par d’autres organisations patronales comme la CGPME (Confédération générale des petites et moyennes entreprises), il ne cesse de culpabiliser le Français moyen sur le coût qu’il représente en termes de cotisations patronales. D’ailleurs, nos candidats ne parlent pas de cotisations mais de « charges ». Pourtant ce sont bien des cotisations qui nous offrent des assurances (vieillesse, santé, famille…), mais cet aspect des choses est passé sous silence pour mieux stigmatiser le « coût du travail ». Or, cette mesure est non seulement dangereuse mais elle est inefficace en terme de baisse du chômage. Démonstration :

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L’esprit coursier contre le capitalisme : quand les ex-coursiers de l’entreprise Take Eat Easy menacent l’uberisation du travail

On les croit souvent en concurrence, isolés les uns des autres, endormis par des entreprises qui leur promettaient le rêve de liberté des entrepreneurs tout en les rendant plus exploitables que les moins protégés des salariés. Dans les grandes villes de France, on peut les voir filer à toute vitesse, énorme sac cubique sur le dos, pour tenir leur temps de livraison. On peut parfois en voir cinq ou six affalés sur un banc, le vélo posé non loin d’eux, le smartphone à la main, en train de recharger leur batterie ou d’attendre un nouveau trajet. Les coursiers à vélo, auto-entrepreneurs et fiers de l’être, n’avaient sans doute pas l’air à la pointe du combat contre le libéralisme. Après tout, ce n’était pas eux qui débattaient à Nuit Debout et qui tenaient tête au pouvoir dans les cortèges des manifestations contre la loi Travail. Eh bien on se trompait. On avait sous-estimé leur (conscience de) classe et leur débrouillardise, et surtout leur sens de la solidarité. Pour cette fin d’année 2016, nous voulons vous raconter une histoire qui vous donnera foi en vos collègues et vos concitoyens et courage pour vos combats futurs : elle raconte la victoire de l’esprit coursier contre les combines du capitalisme 2.0 [Article extrait du n°8 de Frustration – “L’esprit coursier contre le capitalisme” – octobre 2016]

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« La politique je n’y connais rien »: Pourquoi la compétence politique n’existe pas

« Moi je n’y connais pas grand-chose en politique ». Qui n’a pas déjà entendu cette réaction de la part de parents, d’amis, de collègues, lorsqu’une discussion sur les grands problèmes du pays ou du monde est lancée ? Beaucoup de gens se censurent et s’estiment trop incompétents pour avoir un avis sur notre système économique, nos institutions, nos lois en général. Si l’on côtoie des gens diplômés ou des militants politiques, on entend également ce genre de constat mais pour les autres cette fois-ci : « les gens ne sont pas compétents » pour décider sur telle ou telle question, et il ne faudrait pas multiplier les référendums car non seulement nos concitoyens ne comprendraient pas toujours les enjeux mais en plus ils risqueraient d’y exprimer leurs plus bas instincts.

Il faut dire que nous sommes tous élevés avec l’idée que la politique est une affaire de grands esprits et que le peuple se trompe souvent. Notre classe politique nous le rappelle régulièrement : encore dernièrement, lorsque les citoyens britanniques ont voté pour la sortie de l’Union européenne (le brexit), une grande partie du personnel politique et des éditorialistes français s’est récriée d’une même voix : il ne fallait pas leur demander c’était bien trop sérieux ! Alain Minc, conseiller du pouvoir français depuis des décennies, a exprimé franchement le préjugé : « le Brexit, c’est la victoire des gens peu formés sur les gens éduqués ». Cette croyance en la supériorité de quelques-uns sur la masse est un argument massue pour notre élite, qui peut faire passer en force de nombreuses lois contre l’opinion de la majorité des gens sous prétexte que ceux-ci n’y connaîtraient rien et ne seraient pas aptes à penser le long terme. À Frustration, nous défendons depuis notre premier numéro l’idée que nous sommes tous à égalité face à la politique et que « les gens éduqués » ne sont en rien supérieurs aux « gens peu formés » pour prendre les décisions. Pour que ceux qui se sentent incompétents arrêtent de se censurer et qu’on cesse de suivre aveuglément les « gens cultivés » de tout bord, nous montrons ici que la compétence politique, ça n’existe pas.

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