Mort aux réseaux

Preuve de son succès, le concept de « réseau » s’applique aujourd’hui aussi bien à la réussite professionnelle qu’à l’organisation de la révolte, à la poursuite de projets économiques, artistiques, politiques, urbanistiques, intellectuels ou encore à la promotion de notre « moi ». Si les révolutions arabes ont réussi, c’est grâce au « réseau » ; si vous lancez un « projet », quel qu’il soit, il devra passer par un « réseau » pour se financer et se promouvoir ; si les ambitieux modernes parviennent aux sommets de la société, c’est grâce à leurs « rencontres » et à leur talent à tisser leur « réseau » ; si vous êtes en quête de reconnaissance ou de réconfort, votre avatar numérique est là pour vous faire exister dans le « network » et c’est tout ce qui compte.

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Manuel du Combattant de l’Intérieur – Partie II

Revenu des petits livres rouges et des réunions de concertation, le combattant de l’intérieur sait que l’élite ne se combat pas uniquement dans les idées mais aussi partout où elle impose sa loi, notamment au travail. Dans un monde où les collectifs salariés ont été quasiment anéantis et où partout la rhétorique des possédants règne, il peut rétablir la solidarité là où règne le chacun-pour-soi encouragé par les nouvelles méthodes de management. Là où règne l’opacité sur les budgets et les effectifs, il peut partager les informations pour réellement permettre débat et conflit. Le combattant de l’intérieur n’est pas un professionnel, il choisit de faire ce qui lui semble juste et il n’attend pas d’en avoir le titre. Il pratique donc l’insurrection au quotidien et non celle qui vient. L’indignation en acte et non en opuscule.

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On attend vos idées

C’est en l’an 0 après Jacques Séguéla que les choses se sont clarifiées. On se souvient de la Rolex à 50 ans, définition ultime du succès social à droite. Réussir c’est avoir de l’argent, beaucoup, une belle femme mannequin avec des actions par centaines et, si c’est possible, être le patron. Dans cette catégorie, Nicolas Sarkozy reste le président. Réussir, c’est plus que gagner sa vie, c’est vivre la gagne.

Mais, tonton Séguéla, toi qui conseillais le PS avant de finir à l’UMP, dis-nous comment c’est si on reste à gauche ? C’est très simple mes petits : quand à droite, être au top c’est « avoir un tableau de maître », à gauche, s’accomplir c’est « créer son propre tableau de maître ».

 La discrimination sociale de gauche met en effet un point d’honneur à faire le distinguo entre le petit-bourgeois « créateur » et le prolo « consommateur ». Le premier est actif, inventif, dynamique et jeune, le second passif, pas très intelligent, mou et tout rabougri. Le premier marque le monde de sa patte jusqu’à 3 h du matin pendant que l’autre mate la télévision sur son canapé en se couchant avec les poules.  

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POURQUOI IL FAUT DÉTESTER LES HUMANITAIRES

« Bonjour m’sieur’dame ! Vous avez perdu quelque chose ! … Oui, une minute de votre temps pour parler avec moi ! Non ? Oooh ». Vous avez déjà dû entendre ce genre de réplique alors que vous parcouriez la rue commerçante de votre ville. Des jeunes gens vêtus de couleurs vives, à l’attitude cool et au sourire colgate veulent vous expliquer « le travail de leur ONG » (organisation non gouvernementale). On connaît maintenant tous le procédé : vous les écoutez vous parler d’action humanitaire, puis, au moment de partir, il devient presque impoli de ne pas leur laisser son RIB. À la longue, vous les évitez. Et vous avez raison. Mais pourquoi vous sentir merdeux de le faire ? Il y a pourtant de bonnes raisons pour snober ou rembarrer les humanitaires sans aucun scrupule et surtout pour ne pas se laisser culpabiliser par ce discours qui n’est pas seulement tenu dans les rues, mais aussi partout dans les médias.

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