Prendre aux pauvres et en même temps… donner aux riches

Le projet de loi de finances est présenté par le gouvernement au Parlement chaque année au début de lʼautomne. C’est toujours un moment crucial de la vie politique française puisque cʼest dans ce projet de loi que sont votées les recettes (impôts, taxes…) et les dépenses autorisées de lʼÉtat pour l’année suivante. Pour son premier projet de loi de finances, le gouvernement a fait son choix : ce sera champagne !… pour les riches. Si le règne de François Hollande a été marqué par un nombre incalculable de renoncements et de faveurs au grand patronat du pays au détriment des salariés, celui d’Emmanuel Macron commence par une facture gigantesque pour l’État de cadeaux fiscaux divers aux plus riches de ce pays. Dans un document du 15 janvier 2018, c’est l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) qui l’affirme, chiffres à l’appui : “Les mesures nouvelles pour les ménages seraient en 2018 largement au bénéfice des 2 % de ménages du haut de la distribution des revenus, détenant l’essentiel du capital mobilier. Pour les ménages du bas de la distribution, les revalorisations en fin d’année des minima sociaux ne compensent pas les hausses de la fiscalité indirecte pour les ménages qui les subissent. Pour les « classes moyennes », ces mesures devraient avoir un impact net nul. Enfin, Les ménages situés au-dessus des « classes moyennes » mais en-dessous des 2 %” 

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Pénicaud, ministre à responsabilité limitée

Le 17 mai 2017, la petite foule des fonctionnaires du ministère du Travail, rue de Grenelle, est réunie dans la cour de l’hôtel du Châtelet pour assister à la passation entre la ministre sortante Myriam El Khomri et la nouvelle entrante Muriel Pénicaud. El Khomri a déjà derrière elle une loi controversée qui a fait descendre dans la rue des centaines de milliers de personnes et c’est avec un certain soulagement qu’elle constate que « les Français se sont donnés pour président de la République le seul candidat qui ne proposait pas son abrogation ». Et de lancer, comme une pique, à celle qui lui succède : « Pire, j’ai compris, chère Muriel, que votre feuille de route allait vous conduire à approfondir ce sillon de la négociation collective dans l’entreprise. » Un silence et puis : « Je vous souhaite bon courage ! ». Cette dernière exclamation n’a pas manqué de faire parcourir dans l’assemblée un petit rire cynique. Quoi qu’il en soit, cette anecdote est révélatrice du climat de tension sociale qui règne entre des ministres soucieux de donner leur nom à des réformes, tout en fragilisant des conquêtes sociales ainsi que la stabilité de vie des classes les plus populaires et des travailleurs, considérés comme enclins à l’immobilisme alors qu’ils ne font que défendre ce qui leur apparaît comme relevant de leur droit, fruit d’une longue histoire de luttes sociales.

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