Programme Young Leaders : incubateur d’oligarchie pour Macron et ses amis

Ces derniers mois, Macron a fait plusieurs voyages emblématiques aux États-Unis. Dès le début de l’année 2016, Emmanuel Macron passe ses troupes et ses soutiens en revue, de l’autre côté de l’Atlantique. Alors ministre de l’Économie, il passe notamment par Las Vegas. Cet événement organisé par Business France, dont l’ancienne présidente est aujourd’hui ministre du Travail, a mené à des perquisitions mardi 20 juin 2017 au siège du groupe publicitaire Havas et de l’agence nationale Business France sur ordre de l’Inspection Générale des Finances, dans le cadre d’une enquête préliminaire pour « favoritisme, complicité et recel de favoritisme ». Quasiment un an plus tard, Emmanuel Macron, cette fois candidat officiel, visite New York car « la démocratie n’a pas de prix, mais elle a un coût. » Entre deux levées de fonds traditionnelles aux sommes astronomiques, Emmanuel Macron participe à un petit déjeuner anodin mais fondamental pourtant passé quelque peu inaperçu dans la presse française. Un article de Libération daté du 6 décembre 2016 nous indique sans plus d’analyse que Macron y a rencontré « une trentaine d’invités de la French-American Foundation lors d’un petit-déjeuner au Links Club de l’Upper East Side, un club de gentlemen golfeurs traditionnellement issus de l’ancienne élite bancaire de la ville. Emmanuel Macron est un « Young Leader » de la French-American Foundation, promotion 2012. »

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A Londres et Bruxelles, Macron blanchit les exilés fiscaux

Le 22 février dernier, Emmanuel Macron a fait un court séjour à Londres, pour « peaufiner sa stature internationale », nous dit Le Monde. Ce n’était pas son premier séjour dans la capitale britannique, puisqu’il y a aussi fait un tour en septembre, peu après l’annonce de sa candidature. Il s’est aussi rendu à Bruxelles et à New York. On a appris, au détour des articles, que chaque soirée dans ces métropoles avait été l’occasion de « dîner de levée de fond » pour le candidat. Son parti « en marche » a besoin d’argent et tous ceux qui veulent bien se délester d’au plus 16000€ (à raison de 7500€ par an pour un particulier, le maximum autorisé par la loi), sont les bienvenus. Mais pourquoi ne pas mener ce genre de réjouissance à Paris, où se concentrent pourtant de nombreuses fortunes qui pourraient à elles seules contribuer au financement de sa campagne ?

Parce qu’Emmanuel Macron est le favori de celles et ceux qui peuplent ces villes au delà de nos frontières pour payer moins d’impôt en France. A Londres, Macron est allé draguer les patrons de la « French Tech », label sympathique pour désigner celles et ceux qui ont fait le choix d’installer leur société en Angleterre, quasi paradis fiscal pour les entreprises, plutôt qu’en France. Macron les connaît bien car durant son passage au ministère de l’économie il a contribué à leur réhabilitation symbolique par la promotion du « French Tech Hub », le réseau de ces entreprises exilées, avec l’aide d’Albin Serviant, PDG d’Apartager.com, devenu depuis l’un de ses soutiens. Selon un fonctionnaire du ministère cité par les journalistes Marion L’Hour et Frédéric Says, Macron serait d’ailleurs parti avec les carnets d’adresses de la French Tech, dont les patrons se seraient vus relancés par leur ancien ministre bienfaiteur pour soutenir sa campagne.

Dans le cas de Bruxelles, les choses sont encore plus claires : Macron s’est rendu à Uccle, une banlieue huppée de la capitale, qui concentre une grande partie des exilés fiscaux français. Cette commune est jumelée à Neuilly-Sur-Seine, et se situe à moins de 2h de Paris en TGV. On peut donc mener ses affaires en France et être domicilié en Belgique pour éviter l’ISF.

C’est d’ailleurs devant des expatriés français à Londres que Macron a choisi d’annoncer sa « refonte » de l’ISF, qui sera supprimé pour sa partie financière (seuls les biens immobiliers resteraient dans l’assiette de l’ISF) parce qu’il « empêcherait d’investir dans les entreprises ». C’est un mensonge, puisque l’Impôt sur la Fortune est précisément dédié à orienter l’investissement des particuliers vers les PME et la recherche, largement déductible de cet impôt qui traque l’argent qui dort. Mais cela a certainement fait son effet sur ces nombreux exilés fiscaux qui, en faisant un chèque à Macron, achètent leur ticket de retour. Après son élection, l’impôt sur les sociétés comme sur le capital fondront comme neige au soleil, et plus besoin de prendre le Thalys et l’Eurostar pour aller bosser : Nos anciens exilés auront trouvé leur nouveau paradis fiscal : la France.

Enquête : Hamon est-il un candidat « très à gauche » ?

Le lendemain de la désignation du candidat du parti au pouvoir pour les prochaines élections, le journal Libération affichait son visage en Une accompagné de la sentence: “Une gauche de gauche”. Le quotidien restant pour beaucoup, malgré son appartenance au groupe SFR Presse du milliardaire Patrick Drahi, la référence en terme de délivrance de ce label de “gauche”, nombre de nos concitoyens en ont déduit que le Parti Socialiste était redevenu fidèle à son passé social. Finies les trahisons de Hollande, le libéralisme économique de Valls, l’autoritarisme et la répression de Cazeneuve durant le printemps 2016. Oubliés les gazs lacrymogènes contre la CGT et les matraquages de lycéens : le PS a non seulement un candidat  de gauche, mais d’une “gauche de gauche”. Qu’en est-il vraiment ? A-t-on de bonnes raisons de croire que Benoît Hamon sera ce candidat rêvé, ni “gauche de droite” (trop Valls), ni “gauche radicale” (trop Mélenchon) ?

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Fillon ou Juppé : Bourgeoisie vraiment affamée cherche candidats faussement « modérés »

Les grands vainqueurs du premier tour de la primaire de la droite (et soi-disant du centre) sont ceux qui, pour prendre le contrepied du petit teigneux Sarkozy, ont joué le rôle des grands garçons sages et modérés, Fillon et Juppé, Juppé et Fillon. Pourtant leur sagesse et leur modération se révèlent un grave danger pour la très grande majorité de la population puisque l’un comme l’autre promettent un « choc libéral » à la Thatcher et demandent aux Français de « faire des efforts » (travailler plus en gagnant moins ou troquer des statuts un minimum protecteurs pour celui d’auto-entrepreneur). Juppé a prévenu : « Il faut des réformes radicales, ça va être difficile » (Tf1 le 6 novembre). Services publics, droit du travail, protections sociales : ils veulent tout détruire. Il n’y en a pas un pour rattraper l’autre, le deuxième tour de la primaire sera donc un duel fratricide : candidat des riches contre candidat des riches.

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Macron, et un candidat de l’oligarchie de plus !

Aujourd’hui, l’ancien ministre de l’Économie de François Hollande a annoncé sa candidature à la présidentielle. Quel scoop ! Un faux suspense savamment calculé par Macron et son équipe et transformé en feuilleton politique vaguement excitant par une presse totalement soumise au plan de communication de celui qu’ils décrivent comme le « trublion » ou le « briseur de tabous » de la présidentielle à venir. De l’Express (qui a ouvertement pris parti pour lui) à l’Obs (qui frissonne de plaisir à l’entendre dire que les 35 heures sont de l’histoire ancienne), en passant par les grandes chaînes de télé et radio, un seul mot d’ordre : Macron est le candidat du renouveau. Mais ce discours s’auto-alimente sans reposer sur le moindre fondement. Le programme du candidat, à peine évoqué, donne pourtant de nombreux indices sur le degré de « nouveauté » ou la posture « anti-système» de l’ancien secrétaire général adjoint de l’Élysée. Quant à son parcours, il met plutôt en lumière l’appartenance de classe d’Emmanuel Macron. Rétablissons donc les faits : Macron est un membre de l’oligarchie dont le programme politique est l’extension de ses profits et de ses privilèges, grâce à des réformes économiques nous ramenant au 19e siècle.

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