Les Fillon passent, les pratiques restent : Pour l’abolition des privilèges

 

« Je pense qu’on ne peut pas diriger la France si on n’est pas irréprochable »

Voici ce que déclarait François Fillon en novembre 2016 pour discréditer ses rivaux à la primaire de la droite, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Maintenant que l’on soupçonne qu’il entretenait son épouse avec l’argent du contribuable, on peut moquer chacune de ses prises de paroles antérieures et dénoncer avec encore plus de virulence ses attaques régulières contre les « assistés », qui sont en réalité de pauvres gens qui vivent le plus souvent sous le seuil de pauvreté, tandis qu’à eux deux les époux Fillon ont vécu des années durant au crochet de l’État pour plus de dix mille euros par mois. Mais ce qui frappe aussi, c’est le sentiment d’impunité dans lequel était monsieur Fillon pour pouvoir endosser ces derniers mois un rôle de père la vertu. Ne se rendait-il pas compte de l’énormité de sa contradiction ? N’imaginait-il pas le dégoût qu’il provoquerait lorsque ses pratiques supposées seraient rendues publiques ?

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Jean-Charles Naouri : parcours d’un capitaliste « de gauche »

 Jean-Charles Naouri est l’ancien directeur de cabinet du ministre des Finances du gouvernement socialiste de 1982 à 1986 et il est défini comme l’ « architecte principal de la dérégulation des marchés financiers » par… Wikipédia. Aujourd’hui, le brave homme est à la tête du groupe Casino (Leader Price, Monoprix, Casino) qui vend de la nourriture industrielle dangereuse pour la santé en exploitant les agriculteurs et les petits commerçants en France et dans le monde. Comme beaucoup d’autres, il est coupable d’avoir pris à la collectivité pour donner au secteur privé et, au passage, s’en mettre plein les poches. Portrait d’un homme clef du triomphe contemporain de l’oligarchie française.

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Pour qui travaille Michel Sapin ?

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Michel Sapin est un ministre important du gouvernement de Manuel Valls. Il a été ministre du Travail, puis des Finances et des Comptes publics, attributions auxquelles s’est ajoutée, fin août, l’Économie. Il est à ce titre un chantre de l’austérité et de la prudence budgétaire, incitant les Français à se serrer la ceinture. Or, ce régime a nettement profité aux grandes entreprises, qui ont quant à elles bénéficié des largesses budgétaires et du laxisme réglementaire du gouvernement. Michel Sapin s’est particulièrement illustré dans cette bienveillance générale à l’égard du secteur privé : de sa promotion du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) à sa réalisation d’une loi très molle contre la fraude fiscale (« Sapin 2 »), en passant par son refus de réclamer à Apple les impôts que le géant américain devait à la France, il est devenu de plus en plus évident que l’action du ministre de l’Économie et des Finances ne jouait pas en faveur de la majorité des citoyens. Si Michel Sapin ne travaille pas pour nous, pour qui travaille-t-il donc ?

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Nouvelle rubrique web : « Le visage des puissants »

Chères lectrices et chers lecteurs,

Frustration est avant tout une revue papier, mais nous fonctionnons sur nos deux jambes grâce à internet qui nous permet de rencontrer de nouveaux lecteurs et de communiquer avec eux. C’est pourquoi nous produisons aussi des contenus inédits destinés à la lecture sur le Web. C’est pour cet usage que nous ouvrons une nouvelle rubrique de chroniques web, intitulée « le Visage des puissants ». Cette rubrique fait écho au fameux discours de campagne de François Hollande, début 2012, dans lequel il fustigeait furieusement un adversaire qui n’aurait « pas de nom, pas de visage » et qui « pourtant gouverne ». Cet adversaire soi-disant invisible, c’était le « monde de la finance ». Depuis, le pouvoir socialiste nous a rappelé que le monde de la finance gouverne à visage découvert et qu’il n’est ni de droite ni de gauche. Ses nombreux visages sont présents dans notre paysage politique et médiatique, depuis des décennies comme Michel Sapin ou Pierre Moscovici ou arrivés plus récemment comme Emmanuel Macron. Décideurs et « capitaines d’industrie » comme Jean-Charles Naouri ou détenteurs d’un pouvoir d’influence comme Nicolas Baverez, nous vous proposons donc une série de mini-biographies, pour bien se souvenir de ces visages et démasquer leurs intérêts.

Bonne lecture !

La rédaction