Misère de la lutte contre le FN (2)

Daniel Cohn-Bendit mais aussi Bertrand Delanoë et tant d’autres justifient leur ralliement au néolibéral décomplexé Emmanuel Macron par la nécessité impérieuse de « voter utile » contre le Front national. « Si vous voulez vraiment éviter Marine Le Pen, Emmanuel Macron est le mieux placé aujourd’hui », expliquait sur France Inter le leader en peau de lapin de mai 68. Et nombre de riches diplômés bien pensants leur emboîtent le pas en hurlant au péril fasciste, persuadés de faire une fois encore preuve de leurs qualités visionnaires et profondément humanistes.

Pour commencer, le pronostic politicien n’est pas d’une grande lucidité : Macron est l’adversaire dont Le Pen a toujours rêvé : le champion du système, « mondialiste » décomplexé, qui pense que le CETA est une très bonne chose, qu’il faut une société de winners qui n’ont pas peur de la « formidable ouverture » que représente le libre-échange décomplexé. Vu la popularité de telles idées dans la population française, et en partie chez les classes populaires, on se dit qu’une victoire de Le Pen sera bien possible face à une incarnation parfaite de ce que la majorité des Français détestent depuis les années 1990.

Mais surtout, ce qui écœure dans l’attitude de ces hiérarques bien introduits de notre classe politique et intellectuelle, c’est leur façon d’instrumentaliser le dégoût légitime et nécessaire que provoque Le Pen pour justifier leur propre passage du côté néolibéral, leur propre renoncement à ce à quoi ils ont prétendu croire pendant décennies, bref, leur propre évolution logique de grands bourgeois qui voient d’abord les intérêts de leur classe avant celle du peuple.

Cohn-Bendit était macroniste avant l’arrivée de Macron, exaltant un fédéralisme européen où les peuples rétrogrades auraient moins leur mot à dire, tandis que dès 2008, Bertrand Delanoë ressortait la célèbre phrase de Tony Blair « l’économie n’est ni de droite ni de gauche, l’économie est. » : autrement dit, au revoir la discussion démocratique sur le partage des richesses, laissez faire la Commission européenne et la BCE.

Le Pen ou pas Le Pen, ces gens auraient rejoint Emmanuel Macron, le second souffle que notre classe politique offre aux mécanismes détestés de notre République néolibéralisée. Qu’ils se servent de cette raison légitime pour pouvoir continuer à se regarder dans une glace et être considérés par des éditocrates laquais comme de sympathiques rebelles n’est qu’une infamie de plus dans le parcours particulièrement sinueux de ces « hommes de gauche ».

L’oligarchie flippe sa race

Tout était pourtant tellement bien parti : après avoir fait endosser à un candidat « de gauche » censé être « l’ennemi de la finance » des réformes clefs comme la loi Travail et des cadeaux qui font bien plaisir comme le CICE, nos éditocrates, grands patrons et intellectuels médiatiques avaient le plan idéal pour continuer à se gaver sur le dos des Français : il y a eu d’abord Juppé, dont la victoire était garantie (« la gentille droite modérée » et l’homme « droit dans ses bottes » de 1995 : du solide), puis Fillon, partisan d’une « blitzkrieg sociale » qui faisait saliver d’envie le MEDEF. Enfin, Macron, la synthèse idéale, le poulain parfait, qui satisfaisait tout le monde et confortait les oligarques bien-pensants comme Cohn-Bendit et BHL dans le sentiment de leur propre vertu. Un match était prévu entre ce jeune prodige incarnant à la fois le libéralisme et le « progressisme » et la poisseuse héritière du poujadisme, incarnant la fermeture et le capitalisme national. Un match sans risque, un scénario sécurisant pour nos élites.

Et voici qu’on ne sait comment (« comment est-ce possible ?! » répète désormais chaque soir Ruth Elkrief sur le plateau de BFM TV), le candidat de la France Insoumise, qu’on croyait destiné à un rôle de figuration à la fois rigolo et vintage, s’est invité dans les possibles dénouements de cette présidentielle qui, « décidément est pleine d’imprévus » (disent les éditocrates qui ronronnaient de plaisir devant la fausse alternance PS-Républicains en vigueur depuis 30 ans).

C’est donc la grande angoisse et Le Figaro a sorti son artillerie lourde, bien rouillée car peu utilisée depuis 1989 : la peur du rouge, tandis que Macron hurlait hier à Besançon, d’une voix de premier de la classe qui aurait eu moins de 18/20 en dictée : « Mélenchon c’est le modèle économique du Vénézuela » « sa paix est celle de Moscou, je n’en veux pas ! ».

Les grands patrons, leurs journaux et leurs candidats s’agitent car ils ont beaucoup à perdre en cas de victoire de la France Insoumise :

– Serge Dassault (Le Figaro) n’aura plus de « ministre de la défense VRP » pour écouler sa camelote guerrière dans toutes les dictatures du monde (un rôle jusque là assuré à la perfection par le cumulard Jean-Yves Le Drian, que Macron prévoit de reconduire à son poste en cas de victoire).

– Vincent Bolloré (Canal+ et Vivendi) ne va sans doute pas pouvoir inviter Mélenchon sur son yacht après sa victoire et il devra reverser une part conséquence de ses 7,3 milliards d’euros à l’État et faire en sorte que son salaire n’excède pas 20 fois celui de son salarié de base (actuellement il touche à peu près 200 SMIC annuels, il va falloir faire des efforts)

– Patrick Drahi (BFM TV, Libération, SFR..) va devoir payer ses impôts sur les sociétés, qu’actuellement il domicilie dans les paradis fiscaux, si toutefois le gouvernement de Mélenchon parvient à mettre en place son système d’impôt universel qui organise l’impossibilité pour les entreprises françaises d’utiliser le prétexte de la domiciliation à l’étranger pour se défiscaliser.

Maintenant que le spectre rouge se rapproche, ces messieurs dames craignent pour leur fortune, leurs exonérations de cotisations sociales, leurs boucliers fiscaux, leurs entreprises publiques rachetées à bas coût… Nul doute que durant cette dernière ligne droite, la presse du CAC 40 va multiplier ce genre de Unes. Quand l’oligarchie est attaquée, l’oligarchie contre-attaque, toujours.

Du positionnement politique d’Emmanuel Macron

Les affaires du candidat Macron sont bien arrangées par les éditorialistes qui font semblant de s’interroger sur son positionnement « centre-gauche ou centre-droit ? » : il sort gagnant dans tous les cas : il se trouve dans la zone centrale de la rationalité (par opposition aux « extrêmes ») et pas trop à droite non plus pour représenter le progressisme (sociétal s’entend).

Pourtant cette soi-disant reconfiguration de « l’échiquier politique » qu’il mène en rassemblant « au-delà des clivages » (la liste de ses soutiens établie par Le Monde qui mériterait d’être actualisée) est en train de réaliser l’UMPS longtemps dénoncé par Marine Le Pen et donc de constituer un pôle extrême des idées politiques en France. Le Premier ministre Bernard Cazeneuve au bureau national du PS le 20 mars, cité par Le Canard, en a pris bonne note : « Si ce “ni-droite ni-gauche” venait à l’emporter, il ne resterait comme alternative que les extrêmes, notamment l’extrême droite ».

La représentation des idées politiques en forme de cercle ou de demi-cercle (qui a une Histoire) est bien commode pour l’esprit, mais surtout bien pratique pour les puissants qui accommodent leurs intérêts à la sauce centro-républicaine. Macron construit un pôle avec ces continuateurs d’un ordre établi profondément inégalitaire, en cela il est en fait un radical, un extrémiste, un fondamentaliste du libéralisme, qui veut perpétuer des logiques libérales néfastes (le développement du libre-échange au détriment de la planète, l’uberisation, l’affaiblissement du droit du travail, des services publics et de la Sécurité sociale), des logiques anti-démocratiques (à l’œuvre dans l’actuelle construction européenne), des logiques inhumaines vis-à-vis des demandeurs d’asile comme des Français les plus pauvres.

Alors est-ce que la rationalité, centrale si l’on veut (peu importe qu’on dessine un demi-cercle, une coquille d’escargot ou une crotte de chien), ce ne serait pas un pôle politique qui s’oppose à ces logiques pour proposer plus de redistribution et d’égalité ? Nous on pense que si.

De Valls à Macron, mode d’emploi pour rester au pouvoir

Vous êtes un gouvernement usé par cinq ans au pouvoir, décrédibilisé par vos multiples trahisons envers les électeurs et lâché par une grande bourgeoisie qui estime que vous n’êtes plus le meilleur cheval ?

Voici le mode d’emploi pour conserver le pouvoir : faites sortir votre plus jeune poulain 6 mois avant l’élection, laissez-le incarner « le renouveau » et « l’antisystème » pendant que vous vous trouvez un candidat fantoche que vous laissez tout seul comme un benêt. Une fois que votre poulain a su conquérir le cœur des électeurs de sa bonne bouille, provoquez le ralliement progressif (pas trop vite, il ne faut pas que ça soit trop flagrant) de l’ensemble du gouvernement. Le ministre de la Défense, des flopées de secrétaires d’Etat opportunistes, tous les hauts fonctionnaires… Et maintenant un premier ministre.

Et hop, si tout va bien, vous serez à nouveau au pouvoir en mai, sans traîner avec vous l’étiquette si embarrassante de « gauche » : désormais, avec Macron, vous serez « progressiste », appellation qui permet de faire du libre-échange agressif en appelant cela de « l’ouverture sur le monde » (VS « le repli sur soi » des syndicalistes), qui permet de poursuivre votre oeuvre de destruction du droit du travail en expliquant que c’est une façon de promouvoir « l’autonomie et l’émancipation » et tout ira pour le mieux.

Sauf si dans les 26 prochains jours les citoyens prennent conscience de la supercherie et vous envoient bouler une bonne fois pour toute.

Macron ment au sujet de ses liens avec Drahi (SFR-BFM TV-Libération)

Le 21 mars dernier, le candidat d’En Marche a déclaré à nos confrères d’Explicite qu’il n’avait joué « aucun rôle » dans le rachat de SFR par Patrick Drahi. Il a prétendu n’avoir eu de contact avec lui que lorsqu’il a voulu s’approcher de Bouygues, et que donc tous les sous-entendus sur ses liens avec le propriétaire de BFM TV seraient diffamatoire. C’est un mensonge :

Lorsque Numericable, propriété de Patrick Drahi, a commencé ses démarches de rachat d’SFR, c’était en effet Arnaud Montebourg qui était ministre. Mais cela a traîné, précisément parce qu’il reprochait à Drahi son évasion fiscale (Il réside en Suisse, a une holding au Luxembourg et des actions à Guernesey). Mais il a quitté Bercy en août 2014, remplacé par Macron, qui fut quant à lui beaucoup plus arrangeant : le 28 octobre, Macron a « discrètement » donné son feu vert au rachat, sans tenir compte des réserves de son prédécesseur

Mais ce n’est pas la seule transaction qui unit les deux hommes : en octobre 2016, on apprenait qu’un des plus proches conseiller de Drahi, Bernard Mourad, quittait SFR pour devenir « conseiller spécial » d’Emmanuel Macron . Or, c’était lui qui avait chapeauté les négociations autour du rachat de SFR par Numericable.

Les liens entre Mourad et Macron d’un coté, Mourad et Drahi de l’autre, ne font aucun doute. Et il est donc tout à fait logique de se questionner sur le rapport du candidat d’En Marche avec une chaîne, BFM TV, qui appartient à un homme dans le parcours duquel il affirme désormais de façon mensongère qu’il n’a joué aucun rôle.

De l’Institut Montaigne à Patrick Drahi, les puissants soutiens d’Emmanuel Macron

Le récit. En marche ! est né du désir d’Emmanuel Macron de donner un nouveau cap à la France, pour la sortir des blocages et « rendre à l’ensemble des Français la place qui n’aurait jamais dû cesser d’être la leur : non pas dans le décor de la vie politique, mais en son cœur » (en-marche.fr). Pour ça, le mouvement compte sur les dons des dizaines de milliers d’adhérents et Macron va « s’endetter personnellement » pour financer sa candidature et « il pourrait tout perdre » (Closer, décembre 2016). Mais c’est le prix à payer pour être indépendant des chapelles et des vieux clivages.

La réalité. Au moment où les statuts ont été déposés, le siège social d’En marche ! était situé au domicile personnel de Laurent Bigorgne, ex-numéro 2 de Sciences Po Paris et directeur des études de l’Institut Montaigne, think tank libéral présidé par les patrons du groupe Axa, Claude Bébéar puis Henri de Castries. Henri de Castries soutient Fillon, tandis que son adjoint Bigorgne soutient Macron. Mais ce n’est pas tout.

La Suite

A Londres et Bruxelles, Macron blanchit les exilés fiscaux

Le 22 février dernier, Emmanuel Macron a fait un court séjour à Londres, pour « peaufiner sa stature internationale », nous dit Le Monde. Ce n’était pas son premier séjour dans la capitale britannique, puisqu’il y a aussi fait un tour en septembre, peu après l’annonce de sa candidature. Il s’est aussi rendu à Bruxelles et à New York. On a appris, au détour des articles, que chaque soirée dans ces métropoles avait été l’occasion de « dîner de levée de fond » pour le candidat. Son parti « en marche » a besoin d’argent et tous ceux qui veulent bien se délester d’au plus 16000€ (à raison de 7500€ par an pour un particulier, le maximum autorisé par la loi), sont les bienvenus. Mais pourquoi ne pas mener ce genre de réjouissance à Paris, où se concentrent pourtant de nombreuses fortunes qui pourraient à elles seules contribuer au financement de sa campagne ?

Parce qu’Emmanuel Macron est le favori de celles et ceux qui peuplent ces villes au delà de nos frontières pour payer moins d’impôt en France. A Londres, Macron est allé draguer les patrons de la « French Tech », label sympathique pour désigner celles et ceux qui ont fait le choix d’installer leur société en Angleterre, quasi paradis fiscal pour les entreprises, plutôt qu’en France. Macron les connaît bien car durant son passage au ministère de l’économie il a contribué à leur réhabilitation symbolique par la promotion du « French Tech Hub », le réseau de ces entreprises exilées, avec l’aide d’Albin Serviant, PDG d’Apartager.com, devenu depuis l’un de ses soutiens. Selon un fonctionnaire du ministère cité par les journalistes Marion L’Hour et Frédéric Says, Macron serait d’ailleurs parti avec les carnets d’adresses de la French Tech, dont les patrons se seraient vus relancés par leur ancien ministre bienfaiteur pour soutenir sa campagne.

Dans le cas de Bruxelles, les choses sont encore plus claires : Macron s’est rendu à Uccle, une banlieue huppée de la capitale, qui concentre une grande partie des exilés fiscaux français. Cette commune est jumelée à Neuilly-Sur-Seine, et se situe à moins de 2h de Paris en TGV. On peut donc mener ses affaires en France et être domicilié en Belgique pour éviter l’ISF.

C’est d’ailleurs devant des expatriés français à Londres que Macron a choisi d’annoncer sa « refonte » de l’ISF, qui sera supprimé pour sa partie financière (seuls les biens immobiliers resteraient dans l’assiette de l’ISF) parce qu’il « empêcherait d’investir dans les entreprises ». C’est un mensonge, puisque l’Impôt sur la Fortune est précisément dédié à orienter l’investissement des particuliers vers les PME et la recherche, largement déductible de cet impôt qui traque l’argent qui dort. Mais cela a certainement fait son effet sur ces nombreux exilés fiscaux qui, en faisant un chèque à Macron, achètent leur ticket de retour. Après son élection, l’impôt sur les sociétés comme sur le capital fondront comme neige au soleil, et plus besoin de prendre le Thalys et l’Eurostar pour aller bosser : Nos anciens exilés auront trouvé leur nouveau paradis fiscal : la France.

Scandale Volkswagen : On ne peut pas attendre du capitalisme qu’il soit moral ou écologique.

Scandale Volkswagen : On ne peut ni attendre du capitalisme qu’il soit écolo, ni qu’il soit moral. Journalistes, politiques et « experts » qui nous affirment le contraire sont soit très malhonnêtes, soit de gros gros naïfs !

Dans un débat entre un économiste « de gauche » (Alternatives économiques) et un économiste « libéral » (citant à foison le technocrate Jean Tirole), ce matin sur France Inter​, nous pouvions entendre les deux idioties classiques qu’on nous sort en cas de « scandâaale » de ce genre :

1) Position « libérale » : « il faut de la déontologie, il faut dire aux patrons d’être moins méchant et plus « verts ». Le patron de VW est en cause personnellement » : Cette position nous prend pour des crétins ignorants du fonctionnement de l’économie de marché, où l’objectif est de rémunérer ses actionnaires, pas de planter des arbres ou d’être « gentil ».

2) Positions « sociale-démocrate » : « il faut plus de régulation, que les États et la « société civile » aient leur mot à dire pour contrôler ça » : Cette position « bisounours » oublie que les entreprises qu’on souhaite « réguler » sont des monstres financiers, désormais plus riches que les États, dont les dirigeants possèdent journaux et chaines de télé, envoient des milliers de lobbyistes tapiner au parlement européen, et ont pour eux une foule de politiques près à se faire graisser la patte. Même des allemands prétendument vertueux et rigoureux.

Les grandes entreprises du capitalisme contemporain sont trop puissantes pour être « régulées » et encore moins « moralisées ». On n’aurait jamais du laisser des intérêts privés être aussi tentaculaires, et la seule solution pour remettre de la morale dans l’économie mondiale et sauver la planète serait de décapiter ces cartels et de les ramener sous contrôle démocratique.

Une baisse des inégalités, vraiment ?

Depuis ce matin, radios et journaux titrent sur la baisse des inégalités. Un rapport de l’INSEE est en effet sorti, et il porte sur les chiffres de 2013. Selon ce rapport, alors que les inégalités avaient considérablement augmenté entre 2008 et 2012, elles auraient diminué entre 2012 et 2013.

Certains responsables socialistes se félicitent déjà, comme si un gouvernement pouvait avoir fait reculer les inégalités sociales en 6 mois.

A y regarder de plus près, la petite hausse du niveau de vie des pauvres peut en partie s’expliquer par l’augmentation du temps de cotisations des nouveaux chômeurs : Fin 2013, les personnes au chômage étaient en moyenne plus âgées que l’année d’avant. Elles avaient donc cotisé plus longtemps avant de perdre leur emploi et étaient par conséquent mieux indemnisées, nous dit le rapport de l’INSEE.

Ensuite, concernant cette prétendue baisse de la pauvreté, l’Observatoire des inégalités nous rappelle que la pauvreté est calculée à partir d’un pourcentage du revenu médian (celui qui partage 50% de Français touchant plus, et 50% moins). Or, comme celui tend plutôt à stagner ou diminuer, le niveau du seuil de pauvreté diminue et donc des gens « sortent » de la pauvreté théorique. On ne peut donc pas dire qu’il y a moins de pauvres qu’avant : la situation des gens n’a pas changé, mais la définition de la pauvreté est plus restrictive du fait du marasme général.

Que penser ensuite de la baisse de niveau de vie des 10% les plus riches ? Serait-ce l’effet de la politique fiscale agressive de Hollande ? Sans doute pas. Cette baisse est à mettre en parallèle avec la hausse spectaculaire de l’exil fiscal en 2013 : + 40% !
Comme les enquêtes de l’INSEE sont basées sur les revenus déclarés, on peut légitimement penser que l’institut sous-estime nécessairement les revenus des plus riches, passés champions dans l’art de la dissimulation.

Cette capacité des élites à se réjouir et à grossir la moindre enquête qui prouveraient que leurs politiques de classe sont en réalité égalitaires ou efficaces tiennent de la tentative grossière de manipulation. Heureusement les citoyens ne sont pas dupes.