Frustration sur Public Sénat

Lundi 27 mars, notre co-rédacteur en chef était invité de Public Sénat pour réagir au thème de l’abstention grandissante. Il défend dans cet extrait l’idée que notre système politique n’est pas à proprement parlé démocratique, et que l’affaire Fillon relève la monopolisation de la décision publique par une oligarchie qui n’a aucune idée du monde dans lequel la plupart des gens vit. L’émission est disponible en intégralité ici.

Frustration dans Le Monde Diplomatique

Dans son numéro d’avril, le Monde Diplomatique a recensé le numéro 9 de Frustration :

« L’élite — « le mot désigne un groupe qui a ses clubs, ses écoles, ses restaurants et ses fêtes » — existe. Laquelle détient le pouvoir en France ? Également : enquête sur le monopole des classes supérieures à la télévision. (N° 9, printemps, trimestriel, 4,90 euros. — Paris.) »

De Valls à Macron, mode d’emploi pour rester au pouvoir

Vous êtes un gouvernement usé par cinq ans au pouvoir, décrédibilisé par vos multiples trahisons envers les électeurs et lâché par une grande bourgeoisie qui estime que vous n’êtes plus le meilleur cheval ?

Voici le mode d’emploi pour conserver le pouvoir : faites sortir votre plus jeune poulain 6 mois avant l’élection, laissez-le incarner « le renouveau » et « l’antisystème » pendant que vous vous trouvez un candidat fantoche que vous laissez tout seul comme un benêt. Une fois que votre poulain a su conquérir le cœur des électeurs de sa bonne bouille, provoquez le ralliement progressif (pas trop vite, il ne faut pas que ça soit trop flagrant) de l’ensemble du gouvernement. Le ministre de la Défense, des flopées de secrétaires d’Etat opportunistes, tous les hauts fonctionnaires… Et maintenant un premier ministre.

Et hop, si tout va bien, vous serez à nouveau au pouvoir en mai, sans traîner avec vous l’étiquette si embarrassante de « gauche » : désormais, avec Macron, vous serez « progressiste », appellation qui permet de faire du libre-échange agressif en appelant cela de « l’ouverture sur le monde » (VS « le repli sur soi » des syndicalistes), qui permet de poursuivre votre oeuvre de destruction du droit du travail en expliquant que c’est une façon de promouvoir « l’autonomie et l’émancipation » et tout ira pour le mieux.

Sauf si dans les 26 prochains jours les citoyens prennent conscience de la supercherie et vous envoient bouler une bonne fois pour toute.

Macron ment au sujet de ses liens avec Drahi (SFR-BFM TV-Libération)

Le 21 mars dernier, le candidat d’En Marche a déclaré à nos confrères d’Explicite qu’il n’avait joué « aucun rôle » dans le rachat de SFR par Patrick Drahi. Il a prétendu n’avoir eu de contact avec lui que lorsqu’il a voulu s’approcher de Bouygues, et que donc tous les sous-entendus sur ses liens avec le propriétaire de BFM TV seraient diffamatoire. C’est un mensonge :

Lorsque Numericable, propriété de Patrick Drahi, a commencé ses démarches de rachat d’SFR, c’était en effet Arnaud Montebourg qui était ministre. Mais cela a traîné, précisément parce qu’il reprochait à Drahi son évasion fiscale (Il réside en Suisse, a une holding au Luxembourg et des actions à Guernesey). Mais il a quitté Bercy en août 2014, remplacé par Macron, qui fut quant à lui beaucoup plus arrangeant : le 28 octobre, Macron a « discrètement » donné son feu vert au rachat, sans tenir compte des réserves de son prédécesseur

Mais ce n’est pas la seule transaction qui unit les deux hommes : en octobre 2016, on apprenait qu’un des plus proches conseiller de Drahi, Bernard Mourad, quittait SFR pour devenir « conseiller spécial » d’Emmanuel Macron . Or, c’était lui qui avait chapeauté les négociations autour du rachat de SFR par Numericable.

Les liens entre Mourad et Macron d’un coté, Mourad et Drahi de l’autre, ne font aucun doute. Et il est donc tout à fait logique de se questionner sur le rapport du candidat d’En Marche avec une chaîne, BFM TV, qui appartient à un homme dans le parcours duquel il affirme désormais de façon mensongère qu’il n’a joué aucun rôle.

Frustration n°9 (n°1 en kiosque) sort cette semaine !

Frustration n°9 est une nouvelle formule pour notre magazine, plus qualitatif et plus adapté à la vente en kiosque : plus long (64 pages contre 48 précédemment), comportant plus d’articles et surtout intégralement en couleurs !

Il a été envoyé aux abonnés et donateurs mardi 21 février, pour une arrivée dans leurs boîte aux lettres jeudi 23 février.

Il sera disponible dans 2800 marchands de presse en France (Kiosque, maison de presse, Relay…) vendredi 24 février. Nous mettrons en ligne une carte vous permettant de localiser le point de vente le plus proche de chez vous.

Il sera distribué en librairie la semaine prochaine, à partir du lundi 27 février.

Le 28 février, il sera disponible en achat en ligne sur notre site web.

Le plus rapide moyen de le recevoir est, en attendant, de vous abonner, par ici !

 

Frustration n°9 – Les élites en campagne (printemps 2017)

Une riche héritière, un ex-banquier d’affaires énarque ami de tous les patrons et deux rentiers de la politique sortant des gouvernements les plus détestés de la Ve République : voici le casting des favoris des sondages pour les élections présidentielles.
Que s’est-il donc passé depuis le printemps dernier, lorsque la grande majorité des Français s’élevait contre la loi Travail, symbole de l’extension infinie de l’influence des patrons et des actionnaires sur notre vie politique ? Deviendrons-nous amnésiques tous les cinq ans ? Non, mais entre les différences de moyens considérables des candidats et la mainmise des médias dominants sur la qualification définitive des programmes – “réalistes” et “pragmatiques” pour les uns, “utopiques” ou “sans aucune chance” pour les autres -, force est de constater que d’autres tentent de choisir pour nous les projets politiques que l’on a le droit de considérer et qui ont pour point commun d’être faussement à notre avantage et vraiment au leur.
À l’approche des présidentielles, Frustration veut remettre les candidats à leur place sociale, celle de puissants qui prétendent devenir, le temps d’une élection, nos représentants.

Pour son premier numéro en kiosque, nous proposons une nouvelle formule, avec une maquette en couleur, plus aérée et un sommaire toujours plus fourni :

Au sommaire :

  • ACTUALITÉS « L’actualité vue par Frustration » – Les commentaires, coups de gueule et espoirs de la rédaction ces trois derniers mois.

DOSSIER : LES ÉLITES EN CAMPAGNE

  • ENQUÊTE : « Qui est l’élite au pouvoir ? » Il est devenu à la mode de taper sur « les élites », et tout le monde s’en donne à cœur joie, de Macron à Le Pen. Des « bobos multiculturels » aux « fonctionnaires privilégiés », on détourne le sens de ce mot pour éviter de parler du groupe dominant dont font partie la plupart de nos candidats. Cette enquête donne, preuves à l’appui, une définition autrement plus rigoureuse que les embrouilles de campagnes ne le font.
  • CONTRE-PORTRAIT : « Emmanuel Macron, candidat du système » – Emmanuel Macron est la coqueluche des médias et beaucoup de citoyens sont conquis par son profil « d’outsider » ou son étiquette « anti-système ». Mais qui est donc cet homme qu’on nous vend ? Frustration a enquêté sur le « produit Macron » et y a trouvé de nombreux éléments qui devrait doucher l’enthousiasme de beaucoup, de ses liens avec le nouveau magnat des médias Patrick Drahi à ses riches donateurs.
  • ENTRETIEN : « Profession chauffeur de ministre : la classe politique est-elle déconnectée ? » – Sous couvert d’anonymat, un chauffeur dans un ministère répond à cette question : la vie des hommes politiques français les condamne-t-elle à se mettre au service du pouvoir des riches ?
  • DÉBAT : « Le revenu universel, une fausse bonne idée » – Idée phare d’un Parti Socialiste en pleine décrépitude, le revenu universel n’est peut-être pas la mesure « très à gauche » que beaucoup décrivent hâtivement. Passant à coté de la nécessaire critique de la façon dont le travail est rémunéré dans ce pays, il pourrait même arranger bien de puissants intérêts.
  • PORTRAIT : « Henri de la Croix de Castries : la finance avec Fillon »  – l’ex-PDG d’Axa est sans doute un des hommes les plus puissants du pays. Représentant de la finance française, il soutient Fillon et pourrait bien devenir – si nous ne faisons rien – son ministre de l’économie. Avec de Castries, la finance a un visage et nous avons voulu vous le montrer.

Et aussi :

  • TÉLÉVISION : « Météo des neiges, télé de riches » – N’est-ce pas étrange que la météo des neiges squatte nos chaînes tous l’hiver alors que moins de 8% des Français ont les moyens de partir au ski ? Dans cet article on apprend que les cadres sont 6 fois plus présents à la télé qu’ils ne le sont dans la société. Les ouvriers et employés y sont quasi invisibles ou cantonnés à certains programmes. Avec des conséquences inévitables sur nos perceptions de la société et de la vie « normale » que peu ont pourtant les moyens de vivre.
  • HISTOIRE : « De « Jeanne, au secours » à « Marianne n’est pas voilée » – mise au point sur les usages politiques de l’Histoire » – Premier article pour Frustration d’Histony, youtuber spécialiste des questions historiques, qui décrypte ici les abus politiques sur l’Histoire et donne des pistes pour un usage raisonné des références du passé.
  • CINÉMA : « En stage d’observation (de l’injustice) – chronique du film Maman a tort de Marc Fitoussi » – Le monde du travail est rarement représenté au cinéma, alors le stage obligatoire en classe de 3e, vous pensez ! Ce film nous offre une vision réaliste de la sauce à laquelle les enfants seront mangés dans l’entreprise privée capitaliste.

En vente ici.

Enquête : Hamon est-il un candidat « très à gauche » ?

Le lendemain de la désignation du candidat du parti au pouvoir pour les prochaines élections, le journal Libération affichait son visage en Une accompagné de la sentence: “Une gauche de gauche”. Le quotidien restant pour beaucoup, malgré son appartenance au groupe SFR Presse du milliardaire Patrick Drahi, la référence en terme de délivrance de ce label de “gauche”, nombre de nos concitoyens en ont déduit que le Parti Socialiste était redevenu fidèle à son passé social. Finies les trahisons de Hollande, le libéralisme économique de Valls, l’autoritarisme et la répression de Cazeneuve durant le printemps 2016. Oubliés les gazs lacrymogènes contre la CGT et les matraquages de lycéens : le PS a non seulement un candidat  de gauche, mais d’une “gauche de gauche”. Qu’en est-il vraiment ? A-t-on de bonnes raisons de croire que Benoît Hamon sera ce candidat rêvé, ni “gauche de droite” (trop Valls), ni “gauche radicale” (trop Mélenchon) ?

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Les Fillon passent, les pratiques restent : Pour l’abolition des privilèges

 

« Je pense qu’on ne peut pas diriger la France si on n’est pas irréprochable »

Voici ce que déclarait François Fillon en novembre 2016 pour discréditer ses rivaux à la primaire de la droite, Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Maintenant que l’on soupçonne qu’il entretenait son épouse avec l’argent du contribuable, on peut moquer chacune de ses prises de paroles antérieures et dénoncer avec encore plus de virulence ses attaques régulières contre les « assistés », qui sont en réalité de pauvres gens qui vivent le plus souvent sous le seuil de pauvreté, tandis qu’à eux deux les époux Fillon ont vécu des années durant au crochet de l’État pour plus de dix mille euros par mois. Mais ce qui frappe aussi, c’est le sentiment d’impunité dans lequel était monsieur Fillon pour pouvoir endosser ces derniers mois un rôle de père la vertu. Ne se rendait-il pas compte de l’énormité de sa contradiction ? N’imaginait-il pas le dégoût qu’il provoquerait lorsque ses pratiques supposées seraient rendues publiques ?

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Macron ment : la baisse des cotisations sociales ne crée pas d’emploi

De Le Pen à Macron, la recette miracle à la relance économique semble se trouver dans la baisse des « charges patronales ». Ces candidats font de cette baisse l’alpha et l’oméga de la création d’emploi, Emmanuel Macron allant jusqu’à promettre une baisse durable de 6 points de ces cotisations. Ce discours ne date pas du début de la campagne. Porté par le MEDEF et repris par d’autres organisations patronales comme la CGPME (Confédération générale des petites et moyennes entreprises), il ne cesse de culpabiliser le Français moyen sur le coût qu’il représente en termes de cotisations patronales. D’ailleurs, nos candidats ne parlent pas de cotisations mais de « charges ». Pourtant ce sont bien des cotisations qui nous offrent des assurances (vieillesse, santé, famille…), mais cet aspect des choses est passé sous silence pour mieux stigmatiser le « coût du travail ». Or, cette mesure est non seulement dangereuse mais elle est inefficace en terme de baisse du chômage. Démonstration :

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